Samedi 16 août 2008


 [ RIA Novosti - 14 août 2008 ]

 L'étrange silence des Etats de l'OTSC et de l'OCS

 Par Leonid Bondarets, expert en matière de sécurité régionale, pour RIA Novosti


Début août, on a appris qu'une grande quantité d'armes à feu et de munitions avaient été découvertes et saisies dans une maison louée par des citoyens américains dans la capitale du Kirghizstan. Deux employés de l'ambassade des Etats-Unis et dix soldats américains étaient également présents.
  
L'ambassade des Etats-Unis a instantanément réagi, en déclarant que ces militaires se trouvaient au Kirghizstan car ils avaient été invités par le gouvernement kirghiz à effectuer des exercices antiterroristes pour ses différents ministères. Cependant, la plupart de ces ministères ont tout d'abord démenti cette information.
  
Ce n'est que deux jours plus tard que le gouvernement a reconnu qu'un groupe de spécialistes américains s'était rendu à Bichkek pour effectuer des exercices visant à renforcer les capacités antiterroristes du pays. Par la suite, les armes devaient rester au Kirghizstan.
  
Plus tard, un journal kirghiz a fait savoir que c'était déjà la troisième fois depuis 2003 que des entraînements de ce genre étaient organisés. On affirme que les entraînements précédents s'étaient déroulés en secret, compte tenu du caractère confidentiel de l'activité des services secrets.
     
Mais de nombreuses questions restent sans réponse. Ainsi, pourquoi les services secrets kirghiz ont-ils besoin d'armes américaines? Ont-ils déjà entamé un processus de réarmement en vue de passer aux standards de l'OTAN? Ou bien encore, pourquoi la coopération avec les Américains en vue de renforcer les capacités antiterroristes du pays s'effectue-t-elle en secret? Les dirigeants militaires et politiques du pays préfèrent-ils coopérer avec les Américains plutôt que dans le cadre de l'OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) et de l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai)?
  
Un transfert d'armes aussi confidentiel au Kirghizstan suscite une certaine méfiance. En règle générale, les Américains font une large publicité autour de leur "aide". Faut-il en déduire que les armes découvertes n'ont rien à voir avec un quelconque renforcement des capacités antiterroristes du Kirghizstan? S'il en est ainsi, pourquoi le gouvernement de ce pays induit-il en erreur, pour ne pas dire plus, ses alliés au sein de l'OTSC et de l'OCS?
  
A la lumière des événements en Ossétie du Sud, la découverte d'un stock d'armes américaines suppose autre chose. Le soutien apporté par les Etats-Unis aux actions des dirigeants géorgiens et la participation de spécialistes militaires américains aux opérations de guerre ayant pour but de massacrer le peuple d'Ossétie du Sud témoignent que Washington est très intéressé par le fait d'attiser les conflits armés aux frontières de la Russie. Il n'est pas exclu qu'un scénario similaire soit également élaboré pour le Kirghizstan.
  
Les experts prévoient pour l'automne des actions massives de protestation en raison de la hausse considérable des prix des produits alimentaires, des fréquentes coupures de courant et d'une multitude d'autres facteurs.
  
Il convient de rappeler, entre autres, qu'au cours des événements tragiques qui ont eu lieu dans le sud du Kirghizstan en 2002, des armes non enregistrées dans la république avaient également été utilisées contre le peuple.
  
En outre, les islamistes radicaux pourraient également profiter d'une situation du même genre. Dans ces conditions, l'arsenal américain pourrait facilement refaire surface. C'est parfaitement possible, compte tenu de l'implication des Etats-Unis dans les événements d'Andijan. Il y a peu de temps, les services secrets ouzbèkes ont rendu publics les documents de l'enquête témoignant que les Etats-Unis avaient bel et bien contribué à la préparation des participants les plus actifs à l'affrontement.
  
On retient également que les séparatistes ouïgours ont repris ces derniers temps leur activité dans la région autonome chinoise du Xinjiang, limitrophe du Kirghizstan. Selon les informations de plusieurs agences, depuis le début de cette année, à Kachgar, ville située dans le Nord-Ouest du Xinjiang, près de la jonction des frontières de l'Ouzbékistan et du Kirghizstan, la police a démantelé 12 cellules terroristes financées par l'étranger et envoyées par les groupements "Turkestan oriental" et Hizb-ut-Tahrir. Selon des sources chinoises, les armes saisies étaient américaines.
  
Cependant, à en juger par les actions des autorités kirghizes, ces faits n'ont donné lieu à aucune analyse détaillée ni à aucun examen. L'absence d'évaluation officielle de la situation en Ossétie du Sud est également étonnante. Cela concerne non seulement le Kirghizstan, mais aussi tous les Etats membres de l'OTSC et de l'OCS. Tout porte à croire que leurs gouvernements attendent de voir qui sera le plus fort afin de savoir qui soutenir.
  
Compte tenu de la gravité de la situation qui est en train de se créer, la nécessité de revoir les rapports entre les Etats membres de l'OTSC et de l'OCS en vue de les rendre conformes aux exigences des statuts de ces organisations se fait pressante. Il est nécessaire de mettre un terme aux ingérences des Etats inamicaux dans l'activité des pays faisant partie de ces organisations. Il convient probablement de revoir et de corriger les rapports qu'entretiennent les membres de l'OTSC et de l'OCS avec l'OTAN dans le cadre du Partenariat pour la paix (PPP).
   
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


    Source :
RIA Novosti
    Auteur : Leonid Bondarets
    Date : 14 août 2008
    
   

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Jeudi 14 août 2008

Les récents évènements de Géorgie suggèrent de relire avec attention cet important discours prononcé par Vladimir Poutine le 10 février 2007, lors de la 43e Conférence internationale sur la politique de sécurité, à  Munich.

C'est un morceau d'anthologie !


(Texte intégral)

Madame la chancelière fédérale, Monsieur Teltschik, Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie pour cette invitation à participer à une conférence aussi représentative, qui a réuni hommes politiques, militaires, entrepreneurs et experts de plus de 40 pays du monde.

Le format de conférence me permet d'éviter les formules de politesse superflues et de recourir aux clichés diplomatiques aussi agréables à entendre que vides de sens. Le format de la conférence me permet de dire ce que je pense des problèmes de la sécurité internationale et, si mes jugements vous semblent inutilement polémiques ou même imprécis, je vous demande de ne pas m'en vouloir. Ce n'est qu'une conférence et j'espère que dans deux ou trois minutes Monsieur Teltschik n'allumera pas la "lampe rouge".

On sait que les problèmes de la sécurité internationale sont bien plus larges que ceux de la stabilité militaro-politique. Ces problèmes concernent la stabilité de l'économie mondiale, la lutte contre la pauvreté, la sécurité économique et le développement du dialogue entre les civilisations.

Le caractère universel et indivisible de la sécurité est reflété dans son principe de base: "la sécurité de chacun signifie la sécurité de tous". Franklin Roosevelt avait déclaré au début de la Seconde Guerre mondiale: "Où que la paix soit rompue, c'est le monde entier qui est menacé".

Ces paroles restent valables aujourd'hui. D'ailleurs, le sujet de notre conférence en témoigne: "Les crises globales impliquent une responsabilité globale".

Il y a vingt ans, le monde était divisé sur le plan économique et idéologique et sa sécurité était assurée par les potentiels stratégiques immenses des deux superpuissances.

La confrontation globale reléguait les problèmes économiques et sociaux urgents à la périphérie des relations internationales et de l'agenda mondial. De même que n'importe quelle guerre, la guerre froide nous a laissé, pour ainsi dire, des "obus non explosés". Je pense aux stéréotypes idéologiques, aux doubles standards et autres clichés hérités de la mentalité des blocs.

Le monde unipolaire proposé après la guerre froide ne s'est pas non plus réalisé.

Certes, l'histoire de l'humanité a connu des périodes d'unipolarité et d'aspiration à la domination mondiale. L'histoire de l'humanité en a vu de toutes sortes.

Qu'est ce qu'un monde unipolaire? Malgré toutes les tentatives d'embellir ce terme, il ne signifie en pratique qu'une seule chose: c'est un seul centre de pouvoir, un seul centre de force et un seul centre de décision.

C'est le monde d'un unique maître, d'un unique souverain.
En fin de compte, cela est fatal à tous ceux qui se trouvent au sein de ce système aussi bien qu'au souverain lui-même, qui se détruira de l'intérieur.

Bien entendu, cela n'a rien à voir avec la démocratie, car la démocratie, c'est, comme on le sait, le pouvoir de la majorité qui prend en considération les intérêts et les opinions de la minorité.

A propos, on donne constamment des leçons de démocratie à la Russie. Mais ceux qui le font ne veulent pas, on ne sait pourquoi, eux-mêmes apprendre.


J'estime que le modèle unipolaire n'est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu'il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d'un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner: contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c'est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur la base morale et éthique de la civilisation contemporaine.

Cependant, tout ce qui se produit actuellement dans le monde - et nous ne faisons que commencer à discuter à ce sujet - est la conséquence des tentatives pour implanter cette conception dans les affaires mondiales: la conception du monde unipolaire.

Quel en est le résultat?

Les actions unilatérales, souvent illégitimes, n'ont réglé aucun problème. Bien plus, elles ont entraîné de nouvelles tragédies humaines et de nouveaux foyers de tension. Jugez par vous-mêmes: les guerres, les conflits locaux et régionaux n'ont pas diminué. Monsieur Teltschik l'a mentionné d'une manière très délicate. Les victimes de ces conflits ne sont pas moins nombreuses, au contraire, elles sont bien plus nombreuses qu'auparavant.

Nous sommes en présence de l'emploi hypertrophié, sans aucune entrave, de la force - militaire - dans les affaires internationales, qui plonge le monde dans un abîme de conflits successifs. Par conséquent, aucun des conflits ne peut être réglé dans son ensemble. Et leur règlement politique devient également impossible.

Nous sommes témoins d'un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d'un seul Etat, avant tout, bien entendu, des Etats-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines: dans l'économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d'autres Etats. A qui cela peut-il convenir?

Dans les affaires internationales, on se heurte de plus en plus souvent au désir de régler tel ou tel problème en s'inspirant de ce qu'on appelle l'opportunité politique, fondée sur la conjoncture politique.

Evidemment, cela est très dangereux, personne ne se sent plus en sécurité, je tiens à le souligner, parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international. Evidemment, cette politique est le catalyseur de la course aux armements.

La domination du facteur force alimente inévitablement l'aspiration de certains pays à détenir des armes de destruction massive. Qui plus est, on a vu apparaître des menaces foncièrement nouvelles qui étaient connues auparavant, mais qui acquièrent aujourd'hui un caractère global, par exemple, le terrorisme.

Je suis certain qu'en ce moment crucial il faut repenser sérieusement l'architecture globale de la sécurité.

Il faut rechercher un équilibre raisonnable des intérêts de tous les acteurs du dialogue international. D'autant plus que le "paysage international" change très rapidement et substantiellement en raison du développement dynamique de toute une série d'Etats et de régions.

Mme la chancelière fédérale l'a déjà mentionné. Ainsi, le PIB commun de l'Inde et de la Chine en parité de pouvoir d'achat dépasse déjà celui des Etats-Unis. Le PIB des Etats du groupe BRIC - Brésil, Russie, Inde et Chine - évalué selon le même principe dépasse le PIB de l'Union européenne tout entière. Selon les experts, ce fossé va s'élargir dans un avenir prévisible.

Il ne fait pas de doute que le potentiel économique des nouveaux centres de la croissance mondiale sera inévitablement converti en influence politique, et la multipolarité se renforcera.

Le rôle de la diplomatie multilatérale s'accroît considérablement dans ce contexte. L'ouverture, la transparence et la prévisibilité en politique n'ont pas d'alternative raisonnable et l'emploi de la force doit effectivement être une ultime mesure, de même que la peine de mort dans les systèmes judiciaires de certains Etats.

Aujourd'hui, au contraire, nous observons une situation où des pays dans lesquels la peine de mort est interdite même à l'égard des assassins et d'autres dangereux criminels participent allégrement à des opérations militaires qu'il est difficile de considérer comme légitimes et qui provoquent la mort de centaines, voire de milliers de civils!

Une question se pose en même temps: devons-nous rester impassibles face à divers conflits intérieurs dans certains pays, aux actions des régimes autoritaires, des tyrans, à la prolifération des armes de destructions massive? C'est le fond de la question posée à la chancelière fédérale par Monsieur Lieberman, notre vénérable collègue. Ai-je bien compris votre question (dit-il en s'adressant à Joseph Lieberman)? Bien entendu, c'est une question importante! Pouvons-nous assister impassiblement à ce qui se produit? J'essaierai de répondre à votre question. Bien entendu, nous ne devons pas rester impassibles. Bien sûr que non.

Mais avons-nous les moyens de faire face à ces menaces? Oui, nous les avons. Il suffit de se rappeler l'histoire récente. Le passage à la démocratie n'a-t-il pas été pacifique dans notre pays? Le régime soviétique a subi une transformation pacifique, malgré la grande quantité d'armes, y compris nucléaires, dont il disposait! Pourquoi donc faut-il bombarder et pilonner aujourd'hui à tout bout de champ? Manquerions-nous de culture politique, de respect pour les valeurs démocratiques et le droit, en l'absence d'une menace d'extermination réciproque?

Je suis certain que la Charte des Nations unies est l'unique mécanisme d'adoption de décisions sur l'emploi de la force en tant que dernier recours. Dans cet ordre d'idées, ou bien je n'ai pas compris ce qui vient d'être déclaré par notre collègue ministre italien de la Défense, ou bien il ne s'est pas exprimé clairement. En tout cas, j'ai entendu ce qui suit: l'usage de la force ne peut être légitime que si cette décision a été prise par l'OTAN, l'Union européenne ou l'ONU. S'il l'estime effectivement, alors nos points de vue sont différents. Ou bien j'ai mal entendu. L'usage de la force n'est légitime que sur la base d'un mandat des Nations unies. Il ne faut pas substituer l'OTAN et l'Union européenne à l'Organisation des Nations unies. Lorsque l'ONU réunira réellement les forces de la communauté internationale qui pourront réagir efficacement aux événements dans certains pays, lorsque nous nous débarrasserons du mépris du droit international, la situation pourra changer. Sinon, elle restera dans l'impasse et les lourdes erreurs se multiplieront. Il faut oeuvrer pour que le droit international soit universel aussi bien dans sa compréhension que dans l'application de ses normes.

Il ne faut pas oublier qu'en politique, le mode d'action démocratique suppose nécessairement une discussion et une élaboration minutieuse des décisions.

Mesdames et messieurs !

Le risque potentiel de déstabilisation des relations internationales tient également à l'absence évidente de progrès dans le domaine du désarmement.

La Russie se prononce pour la reprise du dialogue à ce sujet.

Il est très important d'appliquer les normes juridiques internationales en matière de désarmement, tout en poursuivant la réduction des armements nucléaires.

Nous avons convenu avec les Etats-Unis de ramener nos charges nucléaires équipant les vecteurs stratégiques à 1700 - 2 200 unités d'ici au 31 décembre 2012. La Russie a l'intention de respecter strictement ses engagements. Nous espérons que nos partenaires agiront en toute transparence, eux aussi, et ne garderont pas sous le coude quelques centaines de charges nucléaires pour les "mauvais jours". Donc, si le nouveau ministre américain de la Défense annonce que les Etats-Unis se garderont de mettre leurs charges excédentaires en stock, ni de les dissimuler "sous un coussin" ou "sous une couverture", je vous demanderai de vous lever pour applaudir ses paroles. Ce serait une déclaration très importante.

La Russie respecte strictement le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et le régime multilatéral de contrôle de la technologie des missiles, et elle a l'intention de les respecter à l'avenir également. Les principes à la base de ces documents revêtent un caractère universel.

A cette occasion, je tiens à rappeler que dans les années 1980, l'URSS et les Etats-Unis ont signé un Traité sur l'élimination des missiles à moyenne et plus courte portée sans toutefois conférer de caractère universel à ce document.

A l'heure actuelle, toute une série de pays possèdent des missiles de cette classe: la République populaire démocratique de Corée, la République de Corée, l'Inde, l'Iran, le Pakistan, l'Etat d'Israël. De nombreux autres pays sont en train de concevoir ces systèmes et envisagent d'en doter leurs forces armées. Or, seuls les Etats-Unis d'Amérique et la Russie restent fidèles à leur engagement de ne pas construire ces armes.

Il est clair que dans ces conditions nous sommes obligés de veiller à assurer notre sécurité.

En même temps, il faut empêcher l'apparition de nouveaux types d'armes de pointe susceptibles de déstabiliser la situation. Je ne parle pas des mesures visant à prévenir la confrontation dans de nouveaux milieux, surtout dans l'Espace. On sait que les "guerres des étoles" ne relèvent plus de la fiction, mais de la réalité. Dès le milieu des années 1980, nos partenaires américains ont réussi à intercepter un de leurs satellites.

Selon la Russie, la militarisation de l'Espace est susceptible d'avoir des conséquences imprévisibles pour la communauté mondiale, conséquences qui ne seraient pas moins graves que l'avènement de l'ère nucléaire. C'est pour cela que nous avons maintes fois lancé des initiatives visant à prévenir le déploiement d'armes dans l'Espace.

Aujourd'hui, je tiens à vous dire que nous avons préparé un projet de Traité sur le non-déploiement d'armes dans l'Espace. D'ici peu, nous l'enverrons à nos partenaires en qualité de proposition officielle. Je propose de travailler ensemble sur ce document.

En ce qui concerne les projets prévoyant le déploiement en Europe d'éléments du système de défense antimissiles, ils ne manquent pas non plus de nous inquiéter. Qui a besoin d'une nouvelle relance - inévitable en l'occurrence - de la course aux armements? Je doute fort que ce soient les Européens.

Aucun des pays dits "à problèmes" ne possède de missiles ayant une portée de l'ordre de 5 000 à 8 000 kilomètres et susceptibles de menacer l'Europe. Mieux, dans un avenir prévisible, leur apparition dans ces pays n'est pas envisageable. Je dirais même plus: une tentative de lancer un missile nord-coréen, par exemple, vers les Etats-Unis via l'Europe serait contraire aux lois de la balistique".

Profitant de mon séjour en Allemagne, je tiens à évoquer la crise que traverse le Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe.

Signé en 1999, ce Traité était adapté à une nouvelle réalité géopolitique: le démantèlement du bloc de Varsovie. Sept ans se sont écoulés depuis, mais il n'a été ratifié que par quatre pays, dont la Fédération de Russie.

Les pays de l'OTAN ont ouvertement déclaré qu'ils ne ratifieraient pas le Traité, dont les dispositions relatives aux limitations dans la zone des "flancs" (déploiement sur les "flancs" d'un certain nombre de forces armées) tant que la Russie ne procéderait pas au retrait de ses bases de la Géorgie et de la Moldavie. Le retrait de nos troupes de la Géorgie est en cours et ce, à un rythme accéléré. Tout le monde sait que nous avons déjà réglé ces problèmes avec nos collègues géorgiens. Quant à la Moldavie, on y trouve pour le moment une formation de 1 500 militaires chargés de maintenir la paix et de protéger les entrepôts de munitions qui y subsistent depuis l'époque soviétique. Nous discutons en permanence de cette question avec Monsieur Solana: il connaît bien notre position. Nous sommes prêts à aller plus loin dans cette direction.

Mais que se passe-t-il pendant ce temps-là? Eh bien, on voit apparaître en Bulgarie et en Roumanie des "bases américaines légères avancées" de 5 000 militaires chacune. Il se trouve que l'OTAN rapproche ses forces avancées de nos frontières, tandis que nous - qui respectons strictement le Traité - ne réagissons pas à ces démarches.

Il est évident, je pense, que l'élargissement de l'OTAN n'a rien à voir avec la modernisation de l'alliance, ni avec la sécurité en Europe. Au contraire, c'est un facteur représentant une provocation sérieuse et abaissant le niveau de la confiance mutuelle. Nous sommes légitimement en droit de demander ouvertement contre qui cet élargissement est opéré. Que sont devenues les assurances données par nos partenaires occidentaux après la dissolution du Pacte de Varsovie? Où sont ces assurances? On l'a oublié. Néanmoins, je me permettrai de rappeler aux personnes présentes dans cette salle ce qui a été dit. Je tiens à citer des paroles tirées du discours de M. Werner, alors Secrétaire général de l'OTAN, prononcé à Bruxelles le 17 mais 1990: "Que nous soyons prêts à ne pas déployer les troupes de l'OTAN à l'extérieur du territoire de la RFA, cela donne à l'Union soviétique des garanties sûres de sécurité". Où sont aujourd'hui ces garanties?

Les blocs de béton et les pierres du Mur de Berlin sont depuis longtemps des souvenirs. Mais il ne faut pas oublier que sa chute est devenue possible notamment grâce au choix historique de notre peuple - le peuple de Russie - en faveur de la démocratie et de la liberté, de l'ouverture et du partenariat sincère avec tous les membres de la grande famille européenne.

Or, maintenant, on s'efforce de nous imposer de nouvelles lignes de démarcation et de nouveaux murs. Même s'ils sont virtuels, ils ne manquent pas de diviser, de compartimenter notre continent. Faudra-t-il à nouveau des années et des décennies, une succession de plusieurs générations de responsables politiques pour démanteler ces murs ?

Mesdames, Messieurs!

Nous préconisons le renforcement du régime de non-prolifération. L'actuelle base juridique internationale permet de mettre au point des technologies de production de combustible nucléaire pour l'utiliser ensuite à des fins pacifiques. Et bon nombre d'Etats veulent, à juste titre, développer leur propre nucléaire civil en tant que base de leur indépendance énergétique. En même temps, nous comprenons que ces technologies peuvent se transformer rapidement en know-how pour la production de matériaux nucléaires militaires.

Cela suscite une grave tension internationale. La situation autour du programme nucléaire iranien en est un exemple éclatant. Si la communauté internationale n'élabore pas de solution raisonnable à ce conflit d'intérêts, le monde sera ébranlé, à l'avenir également, par ce genre de crises déstabilisatrices, car l'Iran n'est pas l'unique pays du seuil, et nous ne le savons que trop, nous et vous. Aussi, nous serons en permanence confrontés à la menace de prolifération des armes de destruction massive (ADM).

L'année dernière, la Russie a proposé de créer des centres d'enrichissement d'uranium multinationaux. Nous acceptons que de tels centres se créent non seulement en Russie, mais aussi dans d'autres pays où le nucléaire civil se développe sur une base légale. Les Etats cherchant à développer leur nucléaire civil pourraient recevoir du combustible, en participant directement au travail de ces centres, évidemment, sous le contrôle rigoureux de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Or, les dernières initiatives du président des Etats-Unis, George W. Bush, sont à l'unisson de cette initiative russe. Je pense que la Russie et les Etats-Unis sont objectivement et également intéressés au durcissement du régime de non-prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs. Et ce sont justement nos deux pays, leaders pour leur potentiel nucléaire et balistique, qui doivent, eux aussi, devenir leaders de la mise au point de nouvelles mesures plus rigoureuses en matière de non-prolifération. La Russie est prête à effectuer un tel travail. Nous menons des consultations avec nos amis américains.

Somme toute, il doit y être question de la mise en place de tout un système de leviers politiques et de stimulants économiques qui n'incitent pas les Etats à créer leurs propres capacités en matière de cycle du combustible nucléaire, mais leur permettent de développer leur nucléaire civil, en renforçant ainsi leur potentiel énergétique.

A cette occasion, je tiens à parler plus en détail de la coopération énergétique internationale. Mme la chancelière fédérale en a parlé, elle aussi, bien que brièvement. Dans la sphère énergétique, la Russie s'oriente vers l'élaboration de principes de marché et de conditions transparentes qui soient les mêmes pour tous. Il est évident que le prix des hydrocarbures doit être établi par le marché et ne doit pas faire l'objet de spéculations politiques ni de pressions ou de chantages économiques.

Nous sommes ouverts à la coopération. Des compagnies étrangères participent à nos plus grands projets économiques. Selon différentes évaluations, jusqu'à 26% de l'extraction de pétrole en Russie reviennent - réfléchissez bien à ce chiffre - jusqu'à 26% de l'extraction de pétrole en Russie reviennent au capital étranger. Essayez donc de me citer un exemple de présence aussi large du business russe dans les branches clés de l'économie des Etats d'Occident. Il n'y en a pas !

Je tiens aussi à rappeler la proportion d'investissements arrivant en Russie et partant de Russie vers d'autres pays du monde. Ce rapport est à peu près de quinze pour un. Voilà un exemple éclatant de l'ouverture et de la stabilité de l'économie russe.


La sécurité économique est une sphère où tous doivent s'en tenir à des principes uniques. Nous sommes prêts à une concurrence loyale.

L'économie russe a de plus en plus de possibilités pour cela. Cette dynamique est objectivement évaluée par des experts et nos partenaires étrangers. Récemment, par exemple, la Russie a été mieux notée au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE): notre pays est passé notamment du groupe à risque 4 au groupe 3. Profitant de l'occasion, ici, aujourd'hui à Munich, je voudrais remercier tout particulièrement nos collègues allemands de leur concours à l'adoption de la décision évoquée.

Continuons. Comme vous le savez, le processus d'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) est entré dans sa phase finale. Je rappellerai qu'au cours des négociations longues et difficiles, nous avons plus d'une fois entendu des paroles sur la liberté d'expression, la liberté de commerce et des possibilités égales, mais seulement quand il s'agissait du marché russe.

Et encore un thème très important qui influe directement sur la sécurité globale. On parle beaucoup aujourd'hui de la lutte contre la pauvreté. Mais qu'est-ce qui se produit en réalité? D'une part, des ressources financières - et souvent importantes - sont allouées à des programmes d'assistance aux pays les plus pauvres. Quoi qu'il en soit, et beaucoup le savent ici également, il n'est pas rare que les compagnies des pays donateurs eux-mêmes "les utilisent". D'autre part, l'agriculture dans les pays industrialisés est toujours subventionnée, alors que l'accès des hautes technologies est limité pour d'autres.

Appelons donc les choses par leurs noms: il s'avère qu'une main distribue les "aides caritatives", alors que l'autre entretient l'arriération économique, mais récolte aussi des bénéfices. La tension sociale surgissant dans de telles régions dépressives se traduit inévitablement par la croissance du radicalisme et de l'extrémisme, tout en alimentant le terrorisme et les conflits locaux. Et si tout cela se produit de surcroît, par exemple, au Proche-Orient dans le contexte d'une vision aggravée du monde extérieur, en tant que monde injuste, une déstabilisation globale risque de se produire.

Il va sans dire que les principales puissances mondiales doivent voir cette menace et organiser, par conséquent, un système plus démocratique et plus équitable de rapports économiques qui donne à tous une chance et une possibilité de développement.

Intervenant à une conférence sur la sécurité, on ne peut pas, non plus, Mesdames et Messieurs, passer sous silence l'activité de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). L'OSCE a été créée pour examiner tous les aspects, je tiens à le souligner, tous les aspects de la sécurité, qu'il s'agisse des aspects politico-militaires, économiques ou humanitaires et ce, dans leurs rapports réciproques.

Mais que voyons-nous aujourd'hui en réalité? Nous voyons que cet équilibre est manifestement perturbé. On essaie de transformer l'OSCE en instrument vulgaire au service des intérêts politiques extérieurs d'un seul pays ou d'un groupe de pays à l'égard d'autres Etats. Et c'est pour cette tâche, que l'on a aussi "monté de toutes pièces" l'appareil bureaucratique de l'OSCE qui n'est nullement lié aux Etats fondateurs. On a "monté de toutes pièces" pour cette tâche également les procédures d'adoption des décisions et d'utilisation des fameuses "organisations non gouvernementales (ONG)". Formellement, il s'agit effectivement d'organisations indépendantes, mais financées rationnellement et, par conséquent, contrôlées.

Conformément aux documents fondateurs, dans la sphère humanitaire, l'OSCE est appelée à accorder aux pays membres, à leur demande, un concours en matière de respect des normes internationales dans le domaine des droits de l'homme. C'est une importante mission. Nous la soutenons. Mais cela ne signifie pas qu'on peut s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays et encore moins tenter de leur dicter la manière dont ils doivent vivre et se développer.

Il est parfaitement évident qu'une telle ingérence ne contribue pas du tout à la maturation d'Etats authentiquement démocratiques. Par contre, elle les rend dépendants, avec comme conséquence l'instabilité sur les plans économique et politique.

Nous espérons que l'OSCE se guidera sur ses tâches immédiates et organisera ses relations avec des Etats souverains sur la base du respect, de la confiance et de la transparence.

Mesdames, Messieurs!

En conclusion, je voudrais retenir ceci. Nous entendons très souvent - et je les entends personnellement - les appels de nos partenaires, y compris nos partenaires européens, exhortant la Russie à jouer un rôle de plus en plus actif dans les affaires internationales.

Je me permettrai à cette occasion une petite remarque. Nous n'avons pas besoin d'être éperonnés ou stimulés. La Russie a une histoire millénaire, et pratiquement elle a toujours eu le privilège de pratiquer une politique extérieure indépendante.

Nous n'avons pas l'intention aujourd'hui non plus de faillir à cette tradition.
En même temps, nous voyons que le monde a changé et nous évaluons avec réalisme nos propres possibilités et notre propre potentiel. Et évidemment nous voudrions aussi avoir affaire à des partenaires sérieux et tout aussi indépendants avec lesquels nous pourrions travailler à l'édification d'un monde plus démocratique et plus équitable, tout en y garantissant la sécurité et la prospérité non seulement des élites, mais de tous.

Je vous remercie de votre attention.


    Source :
Le Blog - Russie et Nouveaux Etats Indépendants
   
   
   

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Lundi 4 août 2008

   
En complément à un
 
article précédent, lors de la parution de son dernier livre "La marche irrésistible du nouvel ordre mondial" voici un entretien avec Pierre Hillard, professeur d'histoire-géographie et docteur en sciences politiques.

Un point de vue assez saisissant ...
  


Une vidéo en 6 parties d'environ 10 mn, envoyée par
tommeight (janvier 2008), disponible sur DailyMotion


1ère partie





2ème partie




3ème partie




4ème partie




5ème partie




6ème partie




par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Dimanche 15 juin 2008

Il existe un projet de renforcement des relations entre l'Union Européenne et l'Etat d'Israël, qui devrait conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE.

  

[ Le Monde - Ed. du 8 juin 2008 ]
   
  

Les Palestiniens critiquent les liens renforcés UE-Israël (Extraits)
  
  
Le projet de renforcement des relations entre l'Union européenne (UE) et l'Etat d'Israël, qui doit être débattu lors du prochain conseil des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept, prévu le 16 juin à Luxembourg, se heurte à l'opposition résolue de l'Autorité palestinienne. Dans une lettre envoyée en mai, le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, exhorte ses homologues européens à rejeter cette initiative "jusqu'à ce qu'Israël se conforme aux lois internationales et aux droits de l'homme, y compris par le gel de la colonisation".
  
Initié en mars 2007, à la demande de la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni, ce projet s'intègre dans la politique dite "de voisinage" de l'UE. Il vise à aboutir à une révision à la hausse de l'accord d'association signé en 2000, qui définit le cadre de la coopération entre les deux partenaires. Cette ambition pourrait se traduire par une intégration renforcée d'Israël dans le marché unique et les institutions européennes (présence des ministres israéliens dans les conseils européens, participation d'experts israéliens dans l'ensemble des programmes et des groupes de travail européens), ce qui équivaudrait à conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE.
   
Toujours au stade de la réflexion, ce projet pourrait être, sinon adopté, du moins conforté lors de la réunion du Conseil d'association Israël-UE du 16 juin. Tzipi Livni, qui a fait de ce dossier son cheval de bataille, table sur l'impact conjugué des soixante ans d'Israël et de la présidence française de l'Union européenne, effective à partir du 1er juillet, pour conclure les négociations d'ici à la fin de l'année. Soutien déclaré de l'Etat hébreu, le président français, Nicolas Sarkozy, doit d'ailleurs effectuer une visite dans ce pays entre le 22 et le 24 juin prochain.
  
[...]
  
  
Source :
Le Monde
Edition du 08.06.08

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Dimanche 15 juin 2008

Après le résultat du vote irlandais, nombre de médias ont suggéré que les électeurs irlandais avaient pu être influencés par la presse néoconservatrice (Exemple, Le Monde : L'euroscepticisme irlandais nourri par la presse de Murdoch). Une façon de discréditer le peuple Irlandais qui aurait agi en irresponsable... comme les peuples français et néerlandais l'avait fait avant lui.

Pour connaître où sont réellement les intérêts, il faut lire le discours prononcé à Londres par Mme Victoria Nuland, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'OTAN, et épouse de Robert Kagan, l'une des têtes pensantes néoconservatrices les plus éminentes.

Lire ci-dessous :

  
L'Union transatlantique, par Victoria Nuland, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'OTAN 
  

  
On pourra profiter de cette lecture pour comparer les visions de Mme Nuland et celle de Nicolas Sarkozy pour ce qui concerne le rôle de l'Union Européenne et de sa défense.
Un exercice instructif...

Rien à craindre, l'Union Européenne avancera dans la "bonne direction" quelle que soit la volonté des peuples concernés et son expression.
   

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Dimanche 15 juin 2008

 [ Diploweb - 1er mai 2008 ]

Par Victoria NULAND,
Ambassadeur des États-Unis d'Amérique auprès du Conseil de l'Atlantique Nord
.


L'ambassadeur américain auprès de l'Otan, Mme Victoria Nuland, a prononcé deux discours fin février 2008, l'un à Londres le 25 février et l'autre à Paris le 22 février. Elle appelle à une nouvelle Union transatlantique, passant notamment par le renforcement de l'Europe de la défense, celle-ci trouvant sa place pour agir indépendamment. L'UE comme l'Otan pourront alors travailler ensemble. Ayant de nombreux passages communs, les discours se ressemblent. Le plus révolutionnaire est celui de Londres, même si les extraits significatifs de celui de Paris sont également présentés (http://nato.usmission.gov/ ).

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, le diploweb.com vous présente ce document initialement publié dans le revue Défense nationale et sécurité collective, avril 2008, pp. 29-34. Nous vous invitons à visiter son site à l'adresse http://www.defnat.com
  
   

Extraits du DISCOURS À LA LONDON SCHOOL OF ECONOMICS LE 25 FÉVRIER 2008

   
(...) LAISSEZ-MOI POURSUIVRE avec quelque chose que vous pouvez trouver totalement surprenant, surtout venant de moi : vous qui êtes les diplomates, journalistes, parlementaires, juristes internationaux et les hommes d'affaires de demain, j'espère que vous estimerez que votre première responsabilité, en plus de construire la Grande-Bretagne et l'Otan les plus solides possible, consiste à renforcer et construire les capacités de l'Union européenne. Vous trouverez cela étrange et même un peu louche d'avoir l'ambassadeur américain à l'Otan qui se tient devant vous et qui préconise que vous, les dirigeants britanniques et internationaux de demain, construisiez une UE plus forte. Pourquoi donc ai-je un tel discours ?

  
Si nous avons appris une chose depuis le 11 septembre 2001, ou même, en l'occurrence, depuis soixante voire cent ans, c'est que les États-Unis et le Royaume-Uni n'ont pas seulement besoin l'un de l'autre, mais qu'ils ont besoin d'une Europe forte. Nous, aux États-Unis, avons besoin d'une Europe qui soit aussi unie que possible, prête à porter toute sa part des responsabilités et à défendre notre sécurité commune et promouvoir nos valeurs partagées. Et les Britanniques, comme tous les Européens, ont besoin d'une Amérique qui est engagée, consultant l'Europe et coopérant avec elle afin de trouver des solutions communes à des défis communs (...).

   
Aujourd'hui, les défis que nous devons surmonter ensemble vont du terrorisme, de l'extrémisme violent et des armes à effet de masse jusqu'au besoin d'abaisser notre dépendance envers l'énergie fossile, de réagir à la pauvreté, aux maladies et à la faim qui touchent encore trop de gens dans le monde. Ensemble, nous devons composer avec un Kremlin qui a fermement renforcé son pouvoir d'État, qui s'est retiré du traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE) et qui menace de pointer ses missiles contre ses voisins, même si nous travaillons de concert avec la Russie sur l'Iran, la Corée du Nord et d'autres intérêts communs de première importance. Nous devons maintenir envers l'Iran la juste proportion de diplomatie, d'ouvertures politiques et économiques, et de pression pour qu'il recommence à coopérer avec le Conseil de sécurité, abandonnant toute idée terroriste et procurant à son peuple le futur qu'il mérite. Et nous devons encourager la Chine à utiliser sa puissance croissante à la stabilité et la paix, dans son voisinage ou dans les affaires du monde. En bref, nous vivons dans un monde compliqué et dangereux qui nécessite de la part de ceux qui ont la chance de vivre dans des sociétés libres de réunir leurs forces pour protéger ce que nous avons chez nous et pour consolider et élargir la communauté démocratique.

     
L'UE indispensable

  
Quand nous, les États-Unis, cherchons de par le monde les partenaires qui peuvent répondre à ces défis, nous voyons bien sûr nos alliés d'Asie et les autres démocraties puissantes à notre sud et à notre est ; mais souvent, nous nous arrêtons d'abord à l'UE. Nous consulterons toujours Londres en premier, tout comme les autres capitales, mais de plus en plus souvent nous nous tournons également vers les institutions européennes.

  
Avec maintenant quinze missions sur trois continents, l'UE a prouvé sa capacité à constituer un ensemble plus grand que la somme de ses parties. Aujourd'hui, l'UE fournit de l'aide au développement, des droits de l'homme, des programmes anticorruption, des formateurs de police, des facultés d'encadrement et, le plus important, la capacité de réunir toutes ces choses dans la juste proportion pour faire face au problème du moment. La Grande-Bretagne a été pilote pour construire ces capacités dans l'UE et elles sont fructueuses : à preuve, la mission civilo-militaire de l'UE en Bosnie, les missions de police au Timor oriental et à Rafah, et les efforts de maintien de la paix au Tchad. Nous soutenons le leadership européen dans chacun de ces cas.

   
Mais alors que la capacité européenne à conduire des actions communes en matière de puissance douce (soft power) s'est accrue, notre engagement transatlantique en matière de puissance dure (hard power) a objectivement décru.

  
(...) Déjà, au Tchad, les nations européennes qui participent à la mission découvrent que même pour organiser une modeste opération de soutien de la paix, il faut des hélicoptères de manœuvre, des avions de transport à long rayon d'action ; des moyens de renseignement, de surveillance et de reconnaissance sophistiqués ; des moyens de communication modernes et interopérables. Toute l'aide au développement du monde, tout le soutien à la bonne gouvernance et tous les entraînements de police du monde ne servent à rien si vous ne pouvez d'abord fournir de la sécurité aux personnes que vous cherchez à aider.

   
Besoin d'Europe
  
L'organisation où je sers, l'Otan, tire les mêmes enseignements en Afghanistan. C'est pourquoi je suis à Londres aujourd'hui pour dire que les États-Unis, que le Royaume-Uni, que l'Otan et le monde démocratique ont besoin d'une capacité de défense européenne plus forte et plus puissante. Une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) qui ne ferait que de la puissance douce ne suffit pas. Cela impose que la Grande-Bretagne utilise avec détermination son leadership en Europe pour que les dépenses européennes de défense augmentent à nouveau : il faut améliorer les moyens militaires européens investis dans des domaines négligés comme les hélicoptères, les drones, les forces spéciales ; disposer de communications interopérables et de soldats entraînés à la lutte antirébellion. C'est notre intérêt commun parce que les Américains et les Britanniques ne peuvent continuer à porter une telle part du fardeau global sans davantage d'aide de nos Alliés et amis.
   
(...) Cela me ramène à mon idée première : nous avons besoin d'une UE plus forte, nous avons besoin d'une Otan plus forte, et si l'Afghanistan nous a appris une chose, c'est que nous avons besoin de relations plus proches et confiantes entre elles. J'irai plus loin : si de part et d'autre de l'Atlantique nous croyons réellement à une approche globale de la sécurité, qui réunisse le meilleur de notre puissance, dure et douce à la fois, nous avons besoin d'un endroit où nous pouvons planifier et nous entraîner à de telles missions, comme une famille Otan-UE.
   
N'ayez pas peur, je ne suis pas en train de parler du rapprochement d'institutions ou même de la fusion de leurs mandats. Ça n'aurait de sens ni pour l'Europe ni pour l'Amérique. L'Europe a besoin d'un espace où elle puisse agir indépendamment, et nous avons besoin d'une Europe capable et déterminée à le faire, dans la défense de nos intérêts et valeurs communs.
  
Pourtant, nous ne pouvons continuer à partir chacun de notre côté dans des contrées éloignées du monde, et choisir à chaque fois nos partenaires. Les coalitions de volontaires ont leur limite. Nous devons apprendre à penser, se préparer et agir ensemble, tout en préservant l'autonomie de chaque institution. Pas seulement en Afghanistan et au Kosovo, où l'Otan comme l'UE sont engagées ; mais chaque fois que l'on nous appellera à soutenir la sécurité et le développement, que ce soit dans les territoires palestiniens, en Afrique ou pour les prochains défis à peine imaginables aujourd'hui. Si nous pouvons le réaliser en tant que communauté transatlantique, nous pourrons également, en tant que membres au cœur de la famille des Nations unies, renforcer les efforts de l'organisation.

    
Conjonction favorable
   
La bonne nouvelle, c'est que les astres paraissent se conjuguer pour favoriser une telle cohérence. À Paris, nous avons un président qui veut utiliser sa présidence de l'UE pour renforcer l'Europe de la défense, et ensuite ramener la France dans une Otan rénovée. À Washington, les dirigeants de tous côtés appellent à plus et non moins d'Europe. Et à Londres, David Miliband nous demande de soutenir la vague civile du monde en faveur de la démocratie, avec la puissance douce comme la dure.
   
Ainsi, les vieux contentieux et autres disputes s'apaisent sur les deux rives de l'Atlantique. Nous devons maintenant montrer une sagesse égale afin d'abaisser les barrières entre les organisations. Du côté européen, un partenaire comme la Turquie qui contribue généreusement aux missions de l'UE et veut coopérer à l'Agence européenne de défense doit être accueilli : on doit le consulter et lui offrir un accord de sécurité et des droits proportionnés à ses contributions et à son potentiel. En échange, l'Otan doit ouvrir ses portes à un partenariat complet avec Chypre et finaliser un accord de sécurité, tout en encourageant Malte à revenir dans le Partenariat pour la Paix. Des membres anciens de l'UE et de l'Otan comme le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne détiennent les clés de ce grand arrangement. Les États-Unis restent prêts à les aider, mais les Européens doivent prendre l'initiative de faire fondre les glaciers de l'absurde « conflit gelé » entre les deux organisations (...).
   
(...) Ma génération est prête à entamer le travail pour élaborer l'un des plus grands partenariats de l'histoire, l'Union transatlantique, afin de répondre aux défis les plus récents qui affectent notre sécurité et notre liberté.


EXTRAITS DU DISCOURS AU CLUB DE LA PRESSE À PARIS LE 22 FÉVRIER 2008


(...) L'organisation où je sers, l'Otan, tire les mêmes enseignements en Afghanistan. Aussi quand le président français Nicolas Sarkozy déclare en novembre 2007 devant le Congrès américain : « L'Europe doit maintenant reprendre le dossier majeur de ses capacités militaires... il y a plus de crises qu'il n'y a de capacités pour s'en occuper », aucun Américain ne le désapprouve.

  
Nous sommes d'accord avec la France : l'Europe, les États-Unis, l'Otan et le monde démocratique ont besoin d'une capacité de défense européenne plus forte et plus puissante. (...) parce que le président Sarkozy a raison : « l'Otan ne peut pas être partout ».

  
(...) Avec ces défis à l'esprit, nous accueillons avec grand plaisir la déclaration du président français, « la France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps que nécessaire, parce que ce qui est en jeu, c'est l'avenir de nos valeurs et de l'Alliance atlantique ». Avec des forces à Kaboul, des équipes intégrées d'entraînement prêtes sans restriction, des Mirage dans le Sud et l'annonce récente de renforts prévisibles, nous voyons que la France joue un rôle croissant dans ce combat.

   
(...) Nicolas Sarkozy veut utiliser la présidence de l'UE pour renforcer l'Europe de la défense, et ensuite ramener la France dans une Otan rénovée. Avec un moteur français dans les deux organisations, nous pouvons les rapprocher encore plus. À Washington, les dirigeants de tous côtés appellent à plus et non moins d'Europe et applaudissent à l'appel du président français pour que l'Union européenne et l'Otan « marchent la main dans la main ».

   
(...) Cela nécessitera du courage, de la créativité et un esprit visionnaire. Cela nécessitera considérablement plus d'investissement de la part de chacun d'entre nous. Mais si Washington et Lafayette ont pu joindre leurs forces pour repousser les vareuses rouges, alors, sûrement, notre génération pourra élaborer l'un des plus grands partenariats de l'histoire, l'Union transatlantique, afin de répondre aux défis les plus récents qui affectent notre sécurité et notre liberté.
  
  

NDLR : Cet article a été initialement publié dans la revue Défense nationale et sécurité collective, avril 2008, pp. 29-34. Nous vous invitons à visiter son site.


Copyright février 2008-Nuland


 Source :
Diploweb
   
    
  

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 mai 2008

Par Paul Craig Roberts

 [
Questions Critiques - 1er mai 2008 ]

C'est 1939 qui recommence. Le monde attend, impuissant, le prochain acte d'agression de la part des Etats voyous. Sauf que cette fois-ci, les Etats voyous ne sont pas le Troisième Reich et l'Italie Fasciste. Ce sont les Etats-Unis et Israël.
 
Les futures victimes ne sont pas la Pologne et la France, mais l'Iran, la Syrie, les restes de la Cisjordanie et le Sud-Liban.
   
Les médias américains sont fous de joie. La couverture de la guerre attire les téléspectateurs et fait vendre de la publicité.
   
Les néoconservateurs sont en extase. L'hégémonie "über alles" est de retour.
   
L'US Air Force est impatiente "de montrer ce qu'elle est capable de faire".
   
Les contractants de la défense font des profits infinis.
   
Sous couvert de désordre et de propagande, Israël peut accaparer les restes de la Cisjordanie et faire une autre tentative pour mettre la main sur les ressources aquifères du Sud-Liban.
   
Contrairement aux Etats-Unis et à Israël, l'Iran n'occupe aucun territoire étranger, ni ne menace d'envahir un autre pays. Cela n'empêche pas les bouches étasuniennes et israéliennes de débiter à une vitesse croissante leur propagande contre l'Iran. Un mensonge après l'autre roule sur la langue des dirigeants des "deux grandes démocraties".
  
Le 27 avril, l'Amiral Mike Mullen, président de l'état-major interarmes, a accusé l'Iran d'avoir une "influence maléfique et de plus en plus létale" en Irak. L'Amiral Mullen a-t-il oublié que ce sont les Etats-Unis, et non pas l'Iran, qui sont responsables d'au moins un million de morts irakiens et de quatre millions de déplacés, les "dommages collatéraux" d'une "guerre facile" qui est maintenant dans sa sixième année ?
  
Le 26 avril, le Washington Post a rapporté que "le Pentagone prépare des actions militaires potentielles" contre l'Iran. Le conseiller à la sécurité nationale du Régime de Bush dit que l'Iran est une menace en Irak, une accusation reprise sans fin par le secrétaire à la défense Robert Gates, la secrétaire d'Etat Rice, le vice-président Cheney et le président Bush. Les Etats-Unis, qui ont 150.000 soldats en Irak ne constituent pas une menace. Les troupes américaines protègent l'Irak de l'Iran, d'al-Qaïda et des Taliban. Il suffit de demander à FOX News !
   
Apportant sa contribution pour pousser à la guerre contre l'Iran, l'émission d'information de la TV américaine "60 Minutes", a donné du temps d'antenne au commandant de l'Armée de l'Air d'Israël, le Général Eliezer Shkedi, qui a déclaré dans une interview spéciale que le président iranien Ahmadinejad était le nouvel Hitler et que nous ne devons pas refaire la même erreur de ne pas croire un Hitler. Il y a de meilleurs candidats pour ce rôle qu'Ahmadinejad !
   
Le Général Shkedi lui-même nous rappelle Hitler accusant la Pologne d'avoir commencé la deuxième guerre mondiale. Ahmadinejad n'a attaqué aucun pays, alors qu'Israël a envahi régulièrement ses voisins et poursuit ses occupations depuis 40 ans des territoires palestinien et syrien.
   
Ainsi que Noam Chomsky l'a écrit, le gouvernement des Etats-Unis pense qu'il est le propriétaire du monde (Chomsky aurait pu ajouter qu'Israël pense être propriétaire du Proche-Orient et de l'Amérique). Les Américains peuvent se vautrer dans l'indignation à propos de l'occupation du Tibet par la Chine et se satisfaire pleinement de leur occupation de l'Afghanistan et de l'Irak. Israël peut disserter avec éloquence sur le "terrorisme palestinien", tandis que son armée et ses colons sionistes terrorisent les Palestiniens.
   
Les Américains ne voient aucune hypocrisie lorsque "leur" gouvernement accuse la Russie de s'opposer à l'incorporation de ses anciens satellites et éléments territoriaux dans une alliance militaire étasunienne.
   
Les Américains voient un destin manifeste, pas une agression de leur part, lorsque "leur" gouvernement largue des bombes sur la Serbie, l'Irak, l'Afghanistan, le Soudan et le Pakistan. Les Américains ne pensent pas qu'il s'agisse d'une agression lorsqu'ils mettent au point des plans de guerre pour attaquer l'Iran, la Chine ou la Corée du Nord, ou qui que ce soit d'autre, ou lorsqu'ils maintiennent des centaines de bases militaires partout sur la planète. Ces mêmes Américains qui deviennent hystériques à propos de "l'influence iranienne en Irak" et des "projets d'al-Qaïda d'amener la guerre en Amérique".
   
Ainsi que Chomsky le dit : le monde nous appartient. Rien d'autre ne compte, sauf Israël.
   
Israël compte tellement que tous les candidats présidentiels ont déclaré leur volonté de répandre tout le sang américain et l'argent nécessaires "pour protéger Israël". Il n'y a aucune limite à la promesse "de défendre Israël", peu importe ce qu'Israël fait, peu importe si Israël initie (encore et toujours) la guerre avec ses voisins, peu importe si Israël continue de chasser les Palestiniens de leurs maisons et de leurs villages afin de "créer un espace de vie" pour les Israéliens.
   
Avec cette sorte de promesse, pourquoi Israël devrait-il accepter moins que "le Grand Israël" ?
    
Exactement comme il a lancé son invasion illégale de l'Irak sur le dos de mensonges à propos d'armes de destruction massive et de champignons atomiques, le gouvernement étasunien prétend que s'il n'attaque pas l'Iran, l'Iran construira une arme nucléaire. Le Régime de Bush a appris à ne jamais se défaire d'un mensonge tant qu'il fonctionne.
   
Ce mensonge fonctionne pour le Congrès, les médias et une grande partie du public américains, mais il ne tient pas debout à l'étranger. Le 27 avril, le quotidien britannique, The Independent, répondait à la récente affirmation du gouvernement américain que l'installation attaquée en septembre dernier par Israël, dans un acte d'agression non déguisé, était un réacteur nucléaire construit par la Corée du Nord : "Il n'y a aucun moyen indépendant de vérifier tout ceci, surtout depuis que cette installation a été détruite. Nous devons compter sur l'intégrité des services de renseignement israéliens et étasuniens. C'est là où nous rencontrons un problème. L'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell avait présenté une preuve similaire au Conseil de Sécurité des Nations Unies en février 2003, montrant ce que l'on nous disait être une preuve sérieuse du stockage d'armes de destruction massive par l'Irak. Comme nous le savons tous, ces renseignements se sont avérés être bidons". 
   
Une guerre inutile, un pays détruit, tout ça pour des renseignements bidons !
   
Pourquoi devons-nous répéter notre crime en Iran ? Pourquoi persistons-nous dans notre crime en Irak ? Le 27 avril, McClatchy Newspapers rapportait que 50 dirigeants politiques irakiens, représentant de nombreux groupes politiques, dont des Sunnites, se sont rendus à Sadr City pour protester contre le siège par l'armée américaine.
   
Pourquoi Sadr est-elle entièrement assiégée ?
  
[Muqtada al-Sadr] a appelé à l'arrêt du bain de sang entre Irakiens, à "notre libération et celle de notre terre des occupants", à "un vrai gouvernement et à une vraie souveraineté". Cependant, pour le Régime de Bush, la rhétorique sur "la liberté et la démocratie" n'est rien d'autre qu'un masque derrière lequel imposer un gouvernement fantoche au service des Etats-Unis. Les véritables leaders irakiens, comme al-Sadr, sont des "terroristes" qui doivent être éliminés.
  
Pourquoi le peuple américain et "ses" représentants au Congrès continuent-ils de tolérer un Régime Bush criminel qui se sert de mensonges et de la propagande pour masquer ses actes d'agression flagrante, des crimes de guerre selon les normes de Nuremberg ?
   
Pourquoi le reste du monde continue-t-il de recevoir des représentants d'un gouvernement coupable de crimes de guerre ?
   
Que se passerait-il si le reste du monde disait aux Américains de fermer leurs bases, leurs ambassades, leurs opérations de la CIA et de rentrer chez eux ?
   
Les Américains auto-satisfaits considéreraient de telles exigences comme de l'effronterie ! Le monde nous appartient.
   
   
    Source :
Questions Critiques, d'après CounterPunch
    Article original : The Iraq War Morphs Into the Iran War
    Traduction : JFG-QuestionsCritiques
    Date : 1er mai 2008
    
    
Paul
Craig Roberts a été sous-Secrétaire américain du Trésor, chargé de la Politique économique sous l’administration Reagan.
    
    
   
par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 mai 2008

 

[ RIA Novosti - 26 mars 2008]
  
   
Les avertissements faits par nombre d'experts avant l'indépendance du Kosovo commencent à se réaliser: tous les attributs d'une grande base militaire de l'OTAN et des Etats-Unis apparaissent en catimini sur le territoire enlevé à la Serbie. La décision du président George W. Bush de commencer à livrer des armes au Kosovo est l'un des derniers indices en date de ce processus. Moscou a insisté sur la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil Russie-OTAN, qui se tiendra vendredi 28 mars à Bruxelles. D'ailleurs, il est douteux qu'il soit possible de persuader ce conseil d'intervenir, car il s'est toujours révélé peu utile. A propos, le président Bush a pris cette décision deux jours après la visite à Moscou de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et du secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui ont appelé à renforcer la coopération, à étendre les consultations et, en général, à assurer la transparence.

La précipitation avec laquelle le Pentagone accorde sa protection à l'oisillon encore sans plumes qu'est le Kosovo ne peut témoigner que d'une chose: l'Occident n'est pas certain que la paix règnera dans les Balkans aussitôt après la séparation du Kosovo d'avec la Serbie. Cependant, c'est bien sur la rhétorique de la nécessité de mettre fin à la crise yougoslave que l'Occident s'est appuyé pour justifier son soutien aux séparatistes kosovars. De quelle paix peut-il s'agir dès lors qu'on arme une partie contre l'autre? On est tout simplement en train de verser de l'essence sur un brasier déjà très chaud...

Les Serbes l'ont déjà compris. Dans la ville de Kosovska Mitrovica (Nord du Kosovo), ils se sont mis à défendre avec l'acharnement des désespérés leur dernier refuge: le tribunal où siégeaient jadis les magistrats serbes et où siègent aujourd'hui des juges internationaux qui prévoient à terme de transmettre leurs fonctions à des juristes albanais. Du sang a été versé lors d'affrontements avec les forces de la KFOR. Les manifestations en soutien à la minorité serbe du Kosovo se succèdent à Belgrade.

La ville de Kosovska Mitrovica, coupée en deux par le fleuve Ibar en communautés albanaise et serbe, sera désormais et pour longtemps une pomme de discorde entre les parties opposées. Belgrade a déjà envoyé à l'ONU un message exigeant d'attribuer à la Serbie le Nord de la province, attenant à Kosovska Mitrovica, où résident de façon compacte environ 100.000 Serbes. Ces derniers ont besoin d'une protection physique élémentaire. Mais il est peu probable que cela touche les partisans de l'indépendance du Kosovo à l'ONU. Dans la première moitié des années 90, les pays occidentaux avaient fermé les yeux sur l'exil de 300.000 Serbes de Croatie. Peuvent-ils donc se soucier à présent de 100.000 Serbes? "Si 300.000 oiseaux avaient quitté tout à coup une région, le monde serait bouleversé. Mais l'humanité n'a pas remarqué la tragédie des Serbes", dit-on tristement à Belgrade.

L'intention des Etats-Unis de commencer à livrer des armes au Kosovo s'explique, entre autres, par la volonté de retenir au sein de la province Kosovska Mitrovica, ville serbe insoumise, mais importante d'un point de vue stratégique. Mais il y a également un objectif plus important: donner carte blanche aux Kosovars pour la répression des actions de protestation dans les enclaves serbes à l'échelle de toute la province, estime Elena Gouskova, directrice du Centre d'étude de la crise balkanique contemporaine de l'Institut d'études slaves de l'Académie russe des sciences.

Les livraisons d'armes aux Kosovars sont une sorte de légalisation des futures actions des Albanais ayant pour but d'évincer la minorité serbe de la province. Autrement dit, les pays occidentaux assurent aux Kosovars la possibilité d'achever un processus déjà entamé: nettoyer la province de la population non-albanaise, mais à condition qu'ils le fassent eux-mêmes, pour éviter de compromettre les soldats de la paix de l'OTAN faisant partie de la KFOR et, à plus forte raison, l'Amérique.

Il semble également que la province du Kosovo soit appelée à devenir le premier Etat dans l'histoire se trouvant sous protectorat de l'OTAN. Les soldats de la paix de l'Alliance, au sein de la KFOR, maintiennent l'ordre dans la province depuis déjà neuf ans. Si l'on prend en considération l'admission prévue à l'organisation de l'Albanie, de la Macédoine et de la Croatie au cours du sommet de l'OTAN qui se tiendra du 2 au 4 avril à Bucarest, la province du Kosovo pourrait devenir le plus puissant appui de l'Alliance dans les Balkans. La base militaire américaine de Camp Bondsteel, la plus grande des Etats-Unis hors de leur territoire, y est déjà installée. Et le Pentagone a abordé la construction d'une deuxième base militaire au Kosovo, rappelle Elena Gouskova.

Leonid Ivachov, président de l'Académie des problèmes géopolitiques, se dit certain que la stabilité dans les Balkans, et même en Europe, n'est pas nécessaire à Washington, en tout cas en ce qui concerne l'administration actuelle. "Dans une situation de stabilité, les Etats-Unis ne peuvent pas influer sur les événements. Si le calme règne en Europe, l'Amérique n'aura rien à y faire. La stratégie politique des Etats-Unis consiste à diriger par le chaos", affirme le général Ivachov. Selon ses renseignements, l'Amérique prévoit de livrer au Kosovo des armes d'infanterie légères et des véhicules blindés sans matériel lourd. Mais, à l'étape suivante, des cadres albanais seront formés pour l'aviation et les unités de chars.

Que peut faire la Russie dans ces conditions? Hélas, pas grand chose. Elena Gouskova et Leonid Ivachov estiment qu'en plus de l'aide humanitaire aux habitants des enclaves serbes du Kosovo, déjà annoncée, le Kremlin pourrait poser la question de l'introduction d'un contingent de paix russe dans la région de Kosovska Mitrovica. Les experts russes discutent également de l'introduction de forces de paix russes dans le Sud de la Serbie, limitrophe du Kosovo. Mais il est peu probable que le président pro-européen Boris Tadic se risque à adresser une telle demande à la Russie. Par conséquent, Moscou ne peut employer que des moyens purement diplomatiques pour influer sur la situation. Quant aux moyens économiques, à savoir la participation du Kosovo au projet de gazoduc South Stream, la Russie n'y a pas eu recours, faute d'en avoir eu la possibilité, ou tout simplement parce qu'elle n'a pas souhaité le faire.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
   
   
    Source :
RIA Novosti
    Auteur : Tamara Zamiatina, pour RIA Novosti
    Date : 
26/03/2008
    
   
L'intérêt stratégique des Etats-Unis pour le Kosovo, à proximité des champs pétroliers de la Caspienne, s'est traduit dès 1999 par l'établissement du Camp Bondsteel, le plus grand des camp américain situés hors du territoire des Etats-Unis.

Voir :
Jean-Michel Vernochet Les enjeux stratégiques du Kosovo
    Sur Wikipedia : Le camp Bondsteel
    Sur GlobalSecurity.org : Camp Bondsteel (en)
     
   

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 mai 2008

  
Georges Stanechy, dans son excellent blog A contre courant nous montre comment le bashing, une technique organisée de dénigrement systématique sur tout une palette de thèmes, alimente la désinformation. Il s'agit de d'influencer, voire d'intimider les pays qui posent problème aux "occidentaux".
  
Souvenons-nous du French bashing qui avait été mené par l'ensemble de la presse anglo-saxonne en 2002-2003 alors que se préparait la guerre d'agression contre l'Irak...

    
   

 [ A contre courant - 24 avril 2008 ]

Dans le tour d'horizon sur la désinformation et la propagande auquel je me livre, dans ce blog, existe une expression anglaise qui n'a pas son équivalent en français, le : « bashing ». Dans son sens premier en français, c'est la "raclée". Mais, dans les techniques de propagande et de désinformation, il s'applique à une activité bien précise : dénigrer, harceler, diffamer, à tout propos et de façon systématique.
 
  
L'industrie occidentale du "bashing"
  
Cette technique, parfaitement rodée, est de plus en plus utilisée. Son organisation et son niveau de technicité ont été fortement améliorés au cours des dernières années. Notamment, pour la coordination entre pays, et entre médias, occidentaux. Remarquez la totale intégration des médias en matière "d'information", réagissant au quart de tour, au doigt et à l'oeil.
  
Souvenons-nous des campagnes de
l'hystérie islamophobe, lors de la "loi sur le voile", en France, ou encore contre la communauté musulmane de Malaisie, dans tous les pays occidentaux. Dans un autre registre, simultanément dans tous les pays occidentaux encore, les campagnes anti-Poutine, anti-Chavez, etc. A présent c'est la Chine qui est au premier plan. Nous vivons donc le : « China bashing ». Qui va s'accentuer jusqu'aux Jeux Olympiques...
   
En général, le bashing varie les angles d'attaque. Pour éviter la saturation de l'opinion publique. Depuis ces dernières semaines, comme on a pu s'en rendre compte, on assiste à une campagne de grande intensité sur le Tibet, sur fond de "droits de l'homme" et de "liberté de la presse". Mais, il y avait eu, antérieurement, un galop d'essai. Souvenons-nous, à la rentrée de l'été dernier, une campagne qui avait atteint son pic au mois d'octobre 2007. Dans tous les pays occidentaux en même temps, là encore.
  
Elle avait pour thème l'empoisonnement, auquel se livreraient les "sournois" Chinois, avec de la peinture toxique sur des jouets, et autres pièces dangereuses pour nos bambins. Avec en première ligne l'entreprise américaine
MATTEL, afin de crédibiliser les assertions. Elle avait dû, par la suite, présenter ses excuses à la Chine. Incapable de justifier, devant les commissions d'enquête chinoises, ce qu'elle avançait dans les médias occidentaux... Car, il s'agissait, en fait, d'une campagne « bidon ».

Un regard sur quelques uns de ces "angles d'attaque"...
  
[...]
  

    
Lire la suite sur A contre courant
   
    
   

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
commentaires (0)    recommander
Dimanche 27 avril 2008

 [ RIA Novosti - 22 avril 2008 ]
   
MOSCOU, 22 avril - RIA Novosti. Les services secrets occidentaux ont mis au point dans les années 1990 un plan visant à rendre effective l'indépendance de la Tchétchénie vis-à-vis de la Russie, affirme un documentaire intitulé "Plan Caucase" qui sera diffusé mardi soir sur la chaîne publique russe Pervi Kanal.
   
Selon un communiqué publié par la chaîne, la France imprimait des passeports d'Itchkérie (le nom donné à la république par les séparatistes), et des armements étaient acheminés vers la république à travers la Géorgie dans le cadre de cette opération.
   
Le citoyen turc d'origine tchétchène Aboubakar, connu depuis 40 ans sous le pseu