Samedi 31 mai 2008
La montée d'un capitalisme du désastre



Qu'y a-t-il de commun entre le coup d'Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, le naufrage de l'épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l'Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l'année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux - Abou Ghraïb ou Guantànamo - aujourd'hui ?. Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l'avènement d'un "capitalisme du désastre". Approfondissant la réflexion militante entamée avec son best-seller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l'existence d'opérations concertées clans le but d'assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d'un ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation. Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l'investigation journalistique, s'affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.


Naomi Klein
   
Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l'auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s'est rendue en Irak pour le magazine Harper's. En 2004, elle a réalisé un film documentaire. The Take, sur l'occupation des usines en Argentine, qu'elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis.

Fiche de l'ouvrage :

    Editeur : Actes Sud
    Date de parution : 01/05/2008
    Collection : Questions De Societe
    Format : 15 cm x 24 cm
    ISBN 2742775447
    Nombre de pages : 593

    Disponible à la
Fnac et ailleurs...


Exceptionnel :

    -
Naomi Klein est l'invitée de l'émission "
Les Matins" de France Culture du mercredi 28 mai .
      Ecoute de l'émission complète :
ici (durée env. 2heures)

   - Ecoute de la même émission, réduite aux interventions de Naomi Klein :
ici 
      (durée env. 50 mn )
    
   
    
Voir aussi sur Contre Info :
   
    
Naomi Klein : A qui profitent les crises ? 
   
    
Naomi Klein : La stratégie du choc , avec une vidéo de Naomi Klein et Alfonso Cuaron
    
     
   
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Mercredi 16 avril 2008

Un livre de Michel Demurget, chercheur à l'INSERM


Résumé

En examinant la réalité statistique et humaine des Etats-Unis, l'auteur découvre qu'il existe un univers inattendu, embusqué à mille lieues des chimères médiatiques sans cesse réaffirmées. Il constate que le mythique modèle américain dissimule une brutalité dont peu d'Européens semblent avoir conscience. Il se demande si c'est vraiment ce modèle que les Européens voudraient importer chez eux.


Quatrième de couverture

En Amérique, le libéralisme est source de prospérité pour le plus grand nombre ? Faux. En Amérique, «tout est possible» pour ceux qui travaillent dur ? Faux. En Amérique, le taux de chômage est dérisoire ? Faux. En Amérique, l'indigence est relative et les pauvres vivent «comme des Européens modestes» ? Faux. En Amérique, les exclus du système de santé reçoivent des soins gratuits lorsqu'ils en ont vraiment besoin ? Faux et archi-faux.

De tous les pays développés, l'Amérique présente les niveaux de pauvreté, de mortalité infantile et d'inégalité les plus élevés. Des millions d'enfants se voient refuser jusqu'au droit à une éducation décente, et imposer de la publicité pendant les cours. Des millions d'individus travaillent à plein-temps (ou plus) pour des salaires inférieurs au seuil de pauvreté. Des millions de salariés, révocables sans préavis, sont dépourvus de congés payés, d'assurance santé, de plans de retraite et de couverture chômage. Des femmes accouchent et retournent au travail dès le lendemain faute d'avoir accès à des congés maternité indemnisés. Des retraités sont contraints de revendre, pour subsister, des canettes de Coca-Cola vides, ramassées dans les poubelles. Le taux d'incarcération des plus défavorisés est tel qu'il biaise jusqu'aux chiffres du chômage...

Pourtant, nombre d'hommes politiques européens continuent d'ériger le «modèle américain» en référence salvatrice. Combien de temps encore devrons-nous subir une telle fable ? Ce livre noir dévoile tous les chiffres et les scandales qui constituent l'Amérique d'aujourd'hui. Des dizaines de témoignages en font une enquête à couper le souffle.



Michel Desmurget est chercheur à l'INSERM. Il a vécu, étudié et travaillé huit ans aux États-Unis.

Extrait de l'introduction

J'ai vécu près de huit ans aux États-Unis. Depuis que je suis rentré en France, courant 2006, je ne compte plus les témoignages de généreuse compassion : «Ça doit être difficile de revenir comme ça. Ici c'est dur, ce n'est pas comme en Amérique, mais bon, on n'a pas toujours le choix.» L'idée que l'on puisse, par simple aspiration, rejoindre l'Hexagone et l'Europe paraît, sur le fond, totalement inaccessible à la majorité de mes compatriotes. Il faut dire que le «Nouveau Monde» ressemble apparemment pour ces derniers à une splendide terre de cocagne : un niveau de vie sans égal, une remarquable parcimonie fiscale, des entre­preneurs audacieux, un chômage dérisoire, des hôpitaux de pointe, un système éducatif exemplaire, une justice implacable, une mobilité sociale sans faille et l'assurance immuable de voir la richesse se donner au travail plus qu'à l'hérédité. Bien sûr, ce tableau idyllique ne prend son véritable sens qu'en négatif, par comparaison à l'univers supposé sclérosé de notre «Vieille Europe». Nos concitoyens seraient ainsi écrasés d'impôts, nos entreprises épuisées de charges, nos jeunes tristement paresseux, notre chômage endémique, nos systèmes de santé déliquescents, nos universités délabrées, nos écoles tragiques, notre justice servile et notre modèle social basé sur un assistanat inique par lequel la sueur des productifs nourrirait la paresse d'une légion de sangsues.

«Les pièges de l'assistanat», «La France assistée», «La grande colère des classes moyennes : déclassées, assommées d'impôts, désabusées de la croissance», pouvait-on lire ces derniers mois, à la une de plusieurs grands hebdomadaires français. «Depuis 25 ans, tout est fait pour décourager le travail, pénaliser l'effort, dissuader le mérite (...). Ceux qui travaillent gagnent parfois moins que ceux qui vivent de l'assistanat», tonnait Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007. Ces idées sont si fortement ancrées au coeur de notre inconscient collectif qu'une grande marque de voiture a même récemment choisi d'en faire le centre de sa campagne publicitaire : entrepreneurs, l'état vous saigne, il vous prend tout, ne vous laissant à la fin du mois que vos yeux pour pleurer ; par chance, Fiat est là pour vous comprendre et vous aider avec des prix aussi modiques qu'inégalables.

Malheureusement, il y a souvent loin du mythe aux faits. L'Amérique dont on nous parle à longueur de journée n'est, je le crains, qu'une chimère médiatique dépourvue de substance. «Nos» États-Unis sont un leurre. Par ignorance ou à dessein, on nous abreuve d'informations fautives, pour ne pas dire félonnes. Il est vrai que l'air du temps n'est pas à la subtilité. Pour les hommes politiques et autres journalistes, le monde ne semble exister que dans ses dimensions élémentaires. Il y a les bons et les méchants, les gagnants et les perdants, les actifs et les profiteurs, les pragmatiques et les utopistes, les progressistes et les ringards. Au coeur de cet espace bipolaire, aucune échappatoire, il faut choisir son camp, périr ou s'adapter. Triste carcan réductionniste qui dissout le réel et offre nos consciences au néant heuristique des grandes dichotomies. De la philosophie, de l'histoire, des sciences, nous aurions pourtant dû apprendre que la réalité du monde est rarement blanche ou noire. Comme l'a montré Haffner à propos du nazisme, c'est dans le détail des fortunes individuelles que se terre immanquablement l'essence des destinées collectives. Rien n'existe dans l'absolu. On ne peut proclamer la pertinence universelle d'un modèle sans considérer les effets concrets de ce modèle. On ne peut élever une pensée socio-économique au rang de paradigme souverain sans mesurer les fruits palpables de cette pensée. On ne peut pénétrer l'intime réalité d'un pays sans apprécier les conditions matérielles faites à ses habitants. Ces Américains que nous idéalisons jusqu'à l'ivresse, comment vivent-ils ? Qu'en est-il de leur système social, de leurs écoles, de leur justice ? Leur chômage est-il aussi famélique qu'on le prétend ? Leurs hôpitauxsont-ils effectivement les meilleurs et les plus sûrs de la planète ? Souhaitons-nous voir demain le «modèle américain» gouverner la vie de nos enfants ? Voilà sans doute des questions que nous devrions nous poser avant de proclamer l'archaïsme de nos valeurs et la modernité de l'Amérique contemporaine. Nous serions sans doute surpris des réponses obtenues, comme le montrent les quelques exemples suivants. Ces exemples et les conclusions qu'ils inspirent seront bien sûr largement étayés au sein des chapitres à venir. Mon objet n'est ici que d'offrir au lecteur un bref avant-goût des mythes qui structurent notre vision de l'Amérique moderne.
   


     Auteur :Michel Desmurget
     Editeur : Max Milo
     Date de parution : mars 2008
     Collection : L'inconnu
     ISBN : 2353410375


     Disponible à la
Fnac , 19€
     
      
    
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Mercredi 9 avril 2008
De la CIA aux faucons du Pentagone
   
   


Présentation de l'éditeur
   
Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les mensonges réitérés de Reporters sans frontières, le tout au service d'une cause sans rapport avec les objectifs affichés. Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l'Occident veut soumettre et son silence face aux concentrations économiques dans les médias des pays riches. Notons sa mansuétude envers les "bavures" de l'US Army, ses "oublis" dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes. Ce livre dévoile les paravents de la CIA qui alimentent RSF en dollars : le Center for a Free Cuba et la National Endowment for Democracy (NED) via l'United States Agency for International Development (USAID). Et il n'y a pas qu'eux: l'Open Society Institute du milliardaire et magnat international de la presse George Soros, ami personnel de Bush, qui s'agite partout où peut être mis en place un gouvernement pro-états-unien, fait partie aussi des généreux financiers de RSF. Alors, RSF ??? Association humanitaire ou bras médiatique européen de la CIA et des faucons du Pentagone ? 
   
   
Biographie de l'auteur
  
Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d'Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié sept livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d'articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.
  •  
         
    Broché :
    266 pages
  • Editeur : Aden (16 novembre 2007)
  • Langue : Français
  • ISBN : 978-2930402697

        Disponible chez
    Amazon et à la Fnac
    

 
[
Le Grand Soir - 28 novembre 2007 ]

Des années de travail et d'investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.
  
Le 6 avril 2006, parce que j'avais, au détour d'une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m'avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice".
  
Au nom de la liberté d'expression ? m'étonné-je.
  
Quoi qu'il en soit, j'offre aujourd'hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d'ONG...
   
  
La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone).

Quand on voit dans un champ une grande chose blanche, avec des taches noires, avec des cornes, qui mange de l'herbe, qui donne du lait et qui fait MEUUUH, on peut raisonnablement en conclure qu'il s'agit d'une vache. Ajoutons que si un cow-boy traîne dans les parages, lui caresse l'échine et vante ses mérites, la tentation est grande de classer l'animal dans la famille des bovinés, surtout quand on le surprend à brouter son foin au râtelier d'un ranch.
  
Reporters sans frontières est-elle une fausse ONG qui égare les médias par ses informations choisies ?
  
Voici les paravents à peine opaques de la CIA qui alimentent RSF en dollars : le Center for a Free Cuba et la National Endowment for Democracy (NED) via l'United States Agency for International Development (USAID).
   
Voici deux personnages qui ont occupé des hautes fonctions dans ces généreuses officines : l'activiste Otto Reich qui travailla à la direction de la CIA et John Negroponte, ex-ambassadeur en Irak occupé, qui fut, jusqu'au début de 2007, patron de l'ensemble des services de renseignements US.
  
Voici un autre sponsor : l'Open Society Institute du milliardaire et magnat international de la presse George Soros, ami personnel de Bush, qui s'agite partout où peut être mis en place un gouvernement pro-états-unien.
  
Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les vérités évolutives, les mensonges réitérés de RSF, le tout au service d'une cause sans rapport avec les objectifs affichés.
  
Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l'Empire veut soumettre et son silence sur les effets de la financiarisation de la presse dans les pays riches.
  
Notons sa mansuétude envers les « bavures » de l'US Army, ses « oublis » dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes et posons la dernière pièce : le clin d'œil appuyé de Colin Powell à cette ONG (et à elle seule) dans un volumineux rapport qui détaille les modalités prévisionnelles de gestion, sous protectorat US, d'un pays d'Amérique latine prioritairement ciblé par RSF.
  
Alors, association humanitaire ou bras médiatique européen de la CIA et des faucons du Pentagone ?
  
Au lecteur de dire si le puzzle ici assemblé fait MEUUUH !
  

Maxime Vivas

   
  
Voir également le dossier du site
Le Grand Soir.
    




 [ Michel Collon ]

Préambule du livre La Face cachée de Reporters sans Frontières.


RSF ne prétend pas lutter pour le droit du public à bénéficier d'une information vraie. Le lecteur a peu à voir dans cette affaire. Le centre du combat, c'est le journaliste. Il faut qu'il ait le droit de publier ses articles. N'importe lesquels, quitte à raviver la douleur des victimes d'un génocide. Dans un débat au Québec devant un public nombreux, le 28 avril 2005,(1) il revendiqua le droit pour les journalistes d'écrire des articles « révisionnistes et négationnistes ».

Au cours d'une intervention prononcée le 8 novembre 2002 lors d'un colloque à l'Université de la paix et au Centre mondial de la paix de Verdun, André Lewin, ancien ambassadeur de France, ancien porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, s'est étonné du contenu du livre de Robert Ménard « La censure des bien-pensants» (écrit avec son épouse, Emmanuelle Duverger) : « Pour Robert Ménard, après réflexion, l'appel au génocide[ici au Rwuanda] ne peut servir d'argument à quelque censure que ce soit, du moment qu'il émane d'un journaliste, car ce serait selon lui l'expression d'une opinion. D'ailleurs, en toute logique, Robert Ménard écrit ensuite que Faurisson, l'universitaire négationniste bien connu, a le droit de prétendre que l'holocauste n'a pas pu exister et donc n'a pas eu lieu, il a le droit de l'écrire et même de l'enseigner à ses étudiants. Cette « dénégation» d'un fait avéré n'est en réalité pas une opinion, mais un mensonge. Et pour Robert Ménard, finalement un mensonge une fois imprimé n'est plus tout à fait un mensonge, puisqu'il a acquis en quelque sorte droit de cité.»(2)
Ce n'est donc pas la vérité qui est au cœur du combat de Robert Ménard.

Le bourrage de crâne de la population états-unienne par des médias surabondants (les USA comptent 1.700 quotidiens, 11.000 stations de radio, 2.000 chaînes de télévision et 11.500 magazines) alertant à l'unisson sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein ne lui inspira pas une campagne de presse (...).
Ce qui émeut RSF, ce n'est pas le licenciement des journalistes exempts de faute professionnelle mais cependant victimes d'une restructuration par les magnats de la presse, princes de l'industrie et de la finance, ni le fait que ces patrons disposent du droit (dont ils usent plus ou moins délicatement) de dicter une ligne éditoriale à des journaux prétendus objectifs.
Non, ce que veut RSF c'est que partout, toujours, les journalistes qui contestent un pouvoir populaire aient les mêmes débouchés pour le même discours (et qu'importe s'il véhicule des mensonges) que ceux qui soutiennent, en groupe serré, les pouvoirs au service des oligarchies. Ainsi l'unanimisme médiatique fera-t-il un grand pas en avant, grimé en pluralité.
Quand la presse pauvre des pays riches, la voix des citoyens les moins favorisés, sera absorbée par les banques, on ne recueillera pas dans l'oreille le moindre soupir de RSF. Quand la presse pauvre des pays pauvres, celle qui rend compte d'une politique d'indépendance et de récupération pour tous des richesses nationales, affronte en un combat inégal une presse riche, militante et phagocytaire, RSF s'inquiète des entraves législatives qui freineraient cette dernière dans sa marche gloutonne. Quand la presse des pays envahis est soumise aux diktats des militaires étrangers, RSF parle de liberté retrouvée.
Dans chacun de ces cas, la pensée unique triomphe, masquée par une pléthore de titres véhiculant le même credo. C'est la loi du plus fort, c'est celle de l'Empire qui se proclame emblématique de la démocratie, tandis que les cris du faible sont dénoncés comme dictatoriaux.
Qu'importe le contenu, dit en substance RSF, parlons du droit des contenants.

Or, la dissociation du droit de dire et du devoir de ne pas mentir est une escroquerie intellectuelle et une atteinte à la démocratie. L'absence d'analyse des répercussions de la mainmise de l'argent sur la presse en est une autre. Clamer que le journaliste doit pouvoir écrire sans ajouter que le lecteur a le droit de savoir, c'est mépriser ce dernier. Rechigner à désavouer les trucages, les impostures, les mystifications, les falsifications, c'est décrédibiliser toute la corporation. Agir comme si le journalisme était une profession à part, plus qu'un autre intouchable, c'est fabriquer un clan, c'est le désigner comme mafia(3). Exalter les réflexes de solidarité corporatiste dès qu'un organe de presse est mis en cause, c'est afficher que ce pouvoir-là ne supporte pas un contrepouvoir. Poser en principe que la possession d'une carte de presse, l'accès à un micro, confèrent un droit au monologue est révélateur d'un penchant autocratique.

Oui, la liberté d'écrire des contrevérités ou des vérités partielles, de façonner l'opinion par les choix de thèmes arbitrairement priorisés, d'en occulter d'autres, de ne pas rendre de comptes, cette liberté-là est liberticide.
L'affirmation selon laquelle la démocratie fleurit là où paraît une presse nombreuse est aussi une duperie. Non ! La démocratie est là où la presse dit vrai. Mille journaux qui mentent valent moins qu'une pauvre feuille de chou qui rapporte les faits réels. Quand le secrétaire général de RSF explique : « J'ai 52 ans, je suis de la génération d'après mai 68, et j'ai toujours pensé que le journalisme était une manière, pas seulement de commenter le monde, mais de le changer. »(4), il nous dit tout de go que le travail d'un journaliste consiste à donner son avis et à intervenir politiquement. Il évacue son premier travail : apporter de l'information, vérifiée, sincère, objective, aussi complète que possible.

Oublier que les lecteurs ont connu les mêmes écoles que les journalistes (et parfois plus longtemps), ont eu les mêmes maîtres et se sont construits à la lecture des mêmes penseurs, c'est accorder indûment aux seconds une supériorité intellectuelle qui résiste rarement à la confrontation entre le producteur de copies et le consommateur.
Soutenir que l'Etat ne doit pas intervenir (légiférer) dans le domaine de la presse, c'est accorder un pouvoir sans partage aux puissances d'argent, ouvrir un boulevard à tous les bonimenteurs sans vergogne, encourager à toutes les surenchères racoleuses, à toutes les manipulations, à tous les complots, à tous les putschs, c'est dérouler les barbelés de la propagande camouflés sous le duvet de l'information.
Pour que la presse fasse son travail, que les journalistes soient respectés, que le lecteur puisse lire, écouter, visionner en confiance, il faut des médias dont le rôle, les droits et les devoirs sont cadrés par la loi, des journalistes dont la hiérarchie est du métier et non de la finance ; il faut des conditions favorables à une minimum d'indépendance sans laquelle il n'y a pas de déontologie autre que proclamée, c'est-à-dire un supra mensonge qui couronne tous les autres en essayant de les nier.

[...] Si le grand public connaît les noms des syndicats des autres salariés, des étudiants et du patronat, si chacun sait ce que recouvrent les sigles CGT, UNEF, MEDEF, qui peut dire comment les journalistes sont organisés, qui a entendu une déclaration d'un de leurs syndicats quand un grand reporter est enlevé ou tué ou licencié, ou contraint par l'actionnaire principal de jeter son papier dans la corbeille ? Un usurpateur s'est substitué à eux, un coucou a pondu un œuf dans leur nid, un intrus y est né, y a grossi démesurément. Il s'appelle Reporters sans frontières, aberration génétique dont le bec s'ouvre sur un estomac insatiable qui engloutit argent des contribuables français et européens, dons de richissimes sponsors privés, contributions d'anonymes compatissants et, plus discrètement, les billets verts de l'Oncle Sam qui n'a jamais confondu organisation humanitaire et relais médiatique de sa politique guerrière. Parce que Reporters sans frontières ne répugne pas à propager des fausses nouvelles utiles à l'Empire, parce qu'elle s'évertue à minimiser les crimes de l'US Army contre les grands reporters, parce qu'elle revendique son mutisme sur les effets pervers de la concentration de la presse dans les mains des puissances financières, parce qu'elle dirige l'essentiel de ses tirs idéologiques sur les plus faibles, elle n'aide ni ne protège les journalistes, elle participe à la déconsidération dont ils souffrent. Elle les met en danger.
C'est ce qui sera démontré [en 36 chapitres et 272 pages] dans les pages qui suivent.


Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d'Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d'articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.


(1) Ménard ne fait là que répéter une antienne. Dans son livre « Ces journalistes que l'on veut faire taire » (Albin Michel, mars 2001, il qualifie d'« anomalie contre laquelle nous luttons » la loi Gayssot à laquelle il reproche de renforcer « les sanctions visant les propos racistes, antisémites, xénophobes. » (Page 168).
Voir la vidéo sur Google : www.ebabylone.com/encyclopedie_Reporters_sans_fronti%E8res.html (et cliquer tout en bas de la page sur Vidéo) [ ndlr : la vidéo est
ici Elle provient du Cerium (Université de Montréal - Canada - 2005) ]
[ Le 16 août 2007, sur France Culture, il justifiera crûment le recours à la torture « sans aucune limite ». Voir détails page 265 ]

(2) afnu.france.free.fr/doc%20lewin/Verduncolloque.doc

(3) 115 syndicalistes ont été assassinés dans le monde en 2005. La Colombie est le pays le plus dangereux pour eux : 70 y ont trouvé la mort. Or, le syndicalisme est nécessaire à la démocratie. Pourquoi n'est-ce pas dit plus fort, plus souvent ? La vie de ces hommes qui, partout dans le monde, ont rendu possible les conquêtes sociales et ont fait avancer le droit du travail (dont bénéficient aussi les journalistes) vaut-elle moins que d'autres ?

(4) forum.nouvelobs.com/archives/forum_284.html

    
    
   
  

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Jeudi 13 mars 2008

 

  

    « J’ai fait un rêve », slogan repris à Martin Luther King, fut l’un des moteurs de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Tout a été dit sur cette victoire sauf peut-être l’essentiel : et si elle correspondait au triomphe d’une nouvelle forme d’imaginaire politique ?
Mona Chollet décortique les principaux éléments de l’univers sarkozyste : la « machine de guerre fictionnelle » que représente la success story, le mythe du self-made man, l’identification illusoire aux riches et aux puissants, le mépris des « perdants », l’individualisme borné, le triomphe de l’anecdote et du people…

    Aux antipodes de la fascination béate et complaisante d’une Yasmina Reza, elle critique les impostures idéologiques du nouveau pouvoir : un démontage sans concession des valeurs de la droite bling bling, dans un style incisif, souvent drôle, toujours fin, mêlant l’enquête journalistique, l’écriture littéraire et la critique sociale.

    Lucide, elle pointe également la faiblesse alarmante de l’imaginaire de gauche, radicalement incapable de relever le défi. Contre le cynisme et les renoncements, il est urgent de réinventer un nouvel imaginaire émancipateur, en commençant par se réapproprier l’aspiration légitime à l’épanouissement personnel, aujourd’hui fourvoyée dans les mirages de la « société-casino »

   

Parution :06/03/2008
Format 200 x 135 mm
Pages : 128
Prix : 10 euros
ISBN : 2-355-22011-5

Disponible à la fnac

A noter : 

    Le contenu des livres de la collection Zones est disponibles gratuitement sur le site de l'éditeur.

Lire : Rêves de droite. Défaire l'imaginaire sarkozyste par Mona Chollet


    Il faut saluer cette initiative qui permet de faire connaître les auteurs et de mettre à la disposition directe du public des points de vue multiples.

    Mais il ne faut pas oublier que c'est la vente des livres qui permettent de rémunérer l'auteur, l'éditeur et le libraire, et  qui permet de proposer de nouveaux ouvrages !

    

 

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Lundi 10 mars 2008


[ Michel Collon ]

Comment se préparent les agressions de Bush (Venezuela, Palestine Liban, Irak, Afghanistan, Kosovo...) ? Par une intense "guerre psychologique" basée sur la désinformation et organisée par la CIA.
Pour bien évaluer cette activité de la CIA, il faudrait connaître les théories qui la fondent. Pas facile. Elle a pour principe d’être discrète. Heureusement pour nous, un militaire britannique l’a été beaucoup moins…
 

   
Code Chavez, CIA contre Vénézuela
Extrait de la préface rédigée pour l'ouvrage d'Eva Golinger - Code Chavez, CIA contre Venezuela, page 24

    En 1970, après avoir « brillamment » servi dans la répression des mouvements anticoloniaux au Kenya, en Malaisie, à Chypre, le général britannique Kitson est nommé en Irlande, avec pour mission d’y coordonner la répression. Cette expérience, il va l’exposer dans un livre exceptionnel, et très cynique, intitulé « Opérations de basse intensité – Subversion, insurrection et maintien de la paix ». Livre publié en 1971 et très vite retiré de la circulation . Kitson y expose toute sa doctrine de la « guerre spéciale »…

   

Kitson, leur père à tous

    Tout général qu’il soit, Kitson considère que la répression militaire et policière classique n’a aucune chance de réussir sans une « campagne pour gagner les cœurs et les esprits », qu’il appelle « guerre psychologique stratégique ». Que recouvre ce terme mystérieux ? Cela se clarifie quand on examine l’ensemble des méthodes prônées, et utilisées, par Kitson :

- Former tous les cadres importants des ministères (Armée, Affaires étrangères…) aux techniques de « psy ops » (manipulations psychologiques de l’opinion).

- Monter de « pseudo-gangs » qui recueilleront un maximum d’informations. Mais qui, surtout, en menant des « coups » attribués à l’ennemi, permettront de le discréditer.

- Employer les « forces spéciales » (SAS) pour réaliser des attentats qui seront attribués à l’ennemi afin d’augmenter la tension et justifier la répression.

- Créer des diversions, par exemple en provoquant une « guerre de religions ».

- Fabriquer de faux documents (« black propaganda ») qui seront attribués à l’ennemi afin de le discréditer.

- Infiltrer des agents, ou recruter des traîtres (par chantage ou corruption), au sein des organisations de l’adversaire toujours afin de le discréditer, voire de provoquer des scissions.

- Militariser l’info de la BBC et y censurer totalement le point de vue adverse.

- Filtrer l’information à destination de la presse internationale, et s’y assurer des complicités.

- Fournir des documents photographiques pour influencer l’opinion.

- Utiliser des journalistes comme espions sur le terrain.

- Utiliser la musique pour attirer des jeunes avec un message apparemment « dépolitisé ».

- Mettre en place et populariser de faux mouvements « spontanés », présentés comme neutres et indépendants, en réalité financés et téléguidés afin de diviser et affaiblir le soutien au camp adverse.

    Ce dernier point est particulièrement important. En Irlande, Kitson mit en place un « Mouvement pour la Paix », que la presse internationale présenta comme une initiative « spontanée », mais qui était en réalité financé par Londres et Washington. Deux femmes, dont le passé fut soigneusement caché, furent présentées comme des « citoyennes ordinaires » et reçurent tous les fonds et la publicité nécessaire pour se créer une large réputation et diminuer le soutien à l’IRA. En Irlande même, elles furent, après un an et demi, démasquées et discréditées, mais pas à l’étranger.

    Pseudo-gangs, pseudo-attentats, opérations « psy ops », contrôle et manipulation de l’info, faux documents, infiltration d’agents, recrutement de traîtres, fabrication de faux « mouvements spontanés ». Toutes ces méthodes forment un tout : la doctrine Kitson. Que son auteur résume de la façon suivante :

    « La guerre psychologique stratégique poursuit des objectifs à long terme et principalement politiques. Elle a pour but de détruire la volonté d’un ennemi ou d’un groupe hostile, de combattre et de réduire sa capacité à poursuivre la guerre. Elle peut être dirigée contre le parti politique dominant dans le pays ennemi, le gouvernement et/ou la population toute entière (nous soulignons) , ou des éléments particuliers de cette dernière. Tout cela est planifié et contrôlé par la plus haute autorité. » (p.101)

Cette citation résume l’essence de la « doctrine Kitson » :

1. L’ennemi n’est pas seulement un adversaire armé. C’est toute une population.
2. Ce qui est décisif, c’est la « bataille des idées et de l’information ». Pour la gagner, tous les moyens sont bons.
3. Toute cette bataille est placée sous le commandement global des autorités politiques et militaires.

    Cette doctrine Kitson ne s’applique-t-elle qu’à des situations d’occupation militaire et de résistance ? Non. Kitson avertit : « L’armée doit se préoccuper et se préparer à faire face aux mouvements populaires longtemps avant qu’ils ne prennent la forme d’un soulèvement violent. » (p.32)
(...)

La pieuvre à l’oeuvre

    Après ses succès en Irlande, la doctrine Kitson devint la doctrine officielle des services britanniques et occidentaux, et celle de l’OTAN. On la retrouvera appliquée dans tous les grands conflits de ces dernières années. Particulièrement dans les programmes que Washington appelle « changements de régime » et qu’il faudrait plutôt appeler « coups d’Etat ».

    Extrait de la préface rédigée pour l'ouvrage d'Eva Golinger - Code Chavez, CIA contre Venezuela, page 24
http://www.michelcollon.info/commander.php


Michel Collon

  

    Source : Michel Collon

  

  

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Mercredi 20 février 2008

 
    L'art de raconter les histoires a investi la politique et les entreprises par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l'appellation de storytelling. Une réflexion sur le hold-up de l'imagination des humains.

  

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[ Quatrième de couverture ]

   

Depuis qu'elle existe, l'humanité a su cultiver l'art de raconter des histoires, un art partout au coeur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux États-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l'appellation anodine de «storytelling» : celui-ci est devenu une arme aux mains des «gourous» du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi dans l'ombre des campagnes électorales victorieuses, de Bush à Sarkozy, se cachent les techniciens sophistiqués du storytelling management ou du digital storytelling.

C'est cet incroyable hold-up sur l'imagination des humains que révèle Christian Salmon dans ce livre, au terme d'une longue enquête consacrée aux applications toujours plus nombreuses du storytelling : le marketing s'appuie plus sur l'histoire des marques que sur leur image, les managers doivent raconter des histoires pour motiver les salariés, les militaires en Irak s'entraînent sur des jeux vidéo conçus à Hollywood et les spin doctors construisent la vie politique comme un récit...

Christian Salmon dévoile ici les rouages d'une «machine à raconter» qui remplace le raisonnement rationnel, bien plus efficace que toutes les imageries orwelliennes de la société totalitaire. Ce «nouvel ordre narratif» va au-delà de la création d'une novlangue médiatique engluant la pensée : le sujet qu'il veut formater est un individu envoûté, immergé dans un univers fictif qui filtre les perceptions, stimule les affects, encadre les comportements et les idées...

   

Christian Salmon est écrivain, membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (Centre national de la recherche scientifique - Ecole des hautes études en sciences sociales).

 

  • Broché: 239 pages
  • Editeur : Editions La Découverte (7 mai 2007)
  • Collection : Cahiers libres
  • Langue : Français
  • ISBN : 978-2707149558

        Disponible à la fnac

   

Sur la Toile

    Une machine à fabriquer des histoires (Christian Salmon - Le Monde diplomatique - nov. 2006). 
    A lire en priorité. Cet article est pratiquement un petit résumé du livre.

   

    Le magicien de la Maison Blanche (Christian Salmon - Le Monde diplomatique - déc. 2007)

   

 
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Dimanche 10 février 2008

La CIA en France    Depuis sa création en 1947, la CIA n'a cessé d'intervenir en France. Pendant soixante ans, des dizaines d'agents américains, agissant le plus souvent sous couverture officielle, ont mené dans l'hexagone d'innombrables opérations clandestines, infiltrant, finançant et manipulant des syndicats, des partis politiques, des fondations, des instituts, des agences de presse. des journaux ou encore des associations culturelles. La CIA est parvenue à pénétrer la haute administration, le monde universitaire et intellectuel, et à surveiller étroitement la recherche nucléaire et aéronautique française. Aujourd'hui, la CIA poursuit ses activités, plus discrètement, dans le domaine de l'espionnage industriel. Après une longue et délicate enquête. menée dans les coulisses du renseignement français et américain, La CIA en France lève le voile sur ce tabou que constitue l'intervention clandestine des Etats-Unis dans l'hexagone. Nourrie de témoignages inédits et d'archives officielles, ce livre retrace plus d'un demi-siècle d'opérations secrètes et met en scène les acteurs de cette politique ininterrompue d'ingérence.

Frédéric Charpier, journaliste d'investigation est l'auteur de nombreux ouvrages. Il a publié au Seuil Génération Occident (2005).

  • Broché: 364 pages
  • Editeur : Seuil ( janvier 2008)
  • Collection : H.C. ESSAIS
  • Langue : Français
  • ISBN : 978-2020818810
  •      
  • Disponible la Fnac
Lire la Table des matières (pdf, 4 pages)

   
Sur la Toile : 

    Voir sur le site Bakchich.info les bonnes feuilles de cet ouvrage :

              Les belles aventures de la CIA en France, par Vincent Nouzille
             
Partie 1    -    Partie 2    -    Partie 3 

     


   
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Vendredi 18 janvier 2008



Emission de France Culture. Enjeux Internationaux. 
         
Emission du 15/01/2008 : Nouvel ordre mondial
          Ecouter l'émission : Fichier mp3 (4,17 Mo - env. 10mn) 

   

Transcription et adaptation (Opus Incertum)

  

Thierry Garcin reçoit Pierre Hillard

   

Thierry Garcin ― Bonjour Pierre Hillard. Vous êtes l’auteur d’un ouvrage qui vient de paraître, un recueil de chroniques : La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, chez François-Xavier de Guibert. Vous défendez la thèse qu’il a un projet mondial américain pour imposer la composition de grands groupes régionaux économiques plus ou moins balkanisés et fondés sur l’affaiblissement des Etats et le développement de souverainetés locales ou régionales afin de constituer à terme une sorte de grand empire transatlantique, plus apatride que cosmopolite et qui proposerait une sorte de gouvernance mondiale ou de gouvernement du monde. Est-ce bien cela ? Et d’abord, pourquoi mondialisme et pas mondialisation ?

Pierre Hillard ― La mondialisation, se sont des échanges de biens, de moyens financiers et de personnes, avec une accélération progressive due au développement de la technique ; c’est donc une évolution géoéconomique normale. En revanche, le mondialisme, c’est une idéologie qui a pour objectif d’abattre les nations pour aboutir à une sorte de gouvernance mondiale. Cette idéologie est sous-tendue par un arrière fond métaphysique que nous n’avons pas le temps d’évoquer ici. L’objectif est d’abord de créer de grands blocs continentaux unifiés. L’Union européenne est un exemple ; d’ou cette volonté acharnée de mettre en place ce fameux traité de Lisbonne, avec la personnalité juridique, la supériorité du droit européen sur le droit national, … alors que les Français et Hollandais ont dit non, on passe outre malgré tout. Il y a symétriquement la volonté de créer un grand bloc nord américain, une Union Nord Américaine.

   

T.G. ― Votre ouvrage est très documenté. Vous êtes très familier d’un certain nombre de ces institutions et  organismes transatlantiques qui fourmillent et vous montrez que ces idées  contaminent les élites, qui sont un peu schizophréniques dans leurs relations à l’égard de Washington. Plus elles sont fédéralistes plus les liens qu’elles ont avec les américains sont complexes.

P.H. ― Toutes ces élites travaillent ensemble et tout est lié. Par exemple, cette Union Nord Américaine qu’on veut mettre en place qui réunirait les Etats-Unis, le Canada et le Mexique et qui formerait un bloc unifié politique économique et militaire a été lancé par le Concil on Foreign Relations (CFR) et lancée officiellement en mars 2005 à Waco. Les auditeurs peuvent vérifier cela sur YouTube en cherchant « North American Union » ou « Amero », parce qu’il y a la volonté de remplacer le dollar américain, le dollar canadien et le peso mexicain par une nouvelle monnaie qui s’appellerait l’Amero, ou dollar Nord-Américain, le nom n’est pas encore fixé ; ce serait l’équivalent de l’euro de l’Union européenne, avec une banque centrale nord-américaine, une sorte de super-FED. Et l’objectif est à partir de ce pôle nord-américain et du pôle européen de créer une assemblée transatlantique qui régirait l’ensemble. Tout cela est développé par une fondation très puissante qui est la Fondation Franco-Américaine lancée en 76 par Valéry Giscard d’Estaing et le président des Etats-Unis de l’époque Gérald Ford, avec l’aide, entre autres du CFR. Cette fondation recrute l’élite politique, économique et journalistique américaine et française dans le cadre de ce qu’on appelle les Young Leaders.

   

T.G. ― L’objection qu’on peut vous faire, c’est que dans le domaine lourd des relations internationales, interétatiques ou non, la théorie du complot est quelque chose qu’on approche avec beaucoup de prudence car elle a des défauts : elle est souvent psychologique, elle est systématique et elle est totalisante. Et puis elle est panacée, c’est à dire qu’elle donne une solution qui exclut toutes les autres, ce qui évidemment n’intègre pas la contradiction.

P.H. ― Evidemment ici il n’est pas question de complot puisque tous les documents cités sont archi-officiels.

T.G. ― Et vous en citez énormément…

P.H. ― Oui et uniquement sur des preuves que tout le monde peut obtenir. Je citais l’exemple de cette Fondation Franco Américaine […] qui a pour objectif de resserrer les liens franco-Américains dans tous les domaines. Elle recrute des Young Leaders, des personnalités éminentes américaines et françaises. Dans le cas français, on y trouve par exemple François Hollande, Pierre Moscovici,  Nicolas Dupont-Aignan, Arnaud Montebourg, mais aussi Alain Juppé et Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva,  Jean-Marie Colombani, et du côté américain, vous avez le couple Clinton, ou le général Westley Clark.…

T.G. ― C’est très éclectique…

P.H. ― Ces gens là se trouvent aux sommets politique, économique, militaire et journalistique : Ils créent un pôle d’entente et d’échange.

    

T.G. ― Cela peut faire partie de traditions transatlantiques bien chevillées au corps dans la société politique et donc chez les élites françaises.
Vous parlez aussi de l’affaiblissement des Etats. On peut vous objecter que depuis le 11 septembre, il y a un Etat qui trône à nouveau en majesté, ce sont les Etats-Unis. Depuis le 11 septembre il y a un retour de la puissance étatique et de la souveraineté des pouvoir publics. Le retour de l’Etat est magistral, pas seulement aux Etats-Unis d’ailleurs.

P.H. ― Je dirais plutôt qu’il y a un transfert dans le cas américain, puisque comme je le disais, il y a volonté de créer une Union Nord Américaine. D’ailleurs David Rockefeller dans ses mémoires sorties en 2006 dit bien, en gros, qu’il faut créer une gouvernance mondiale. Ce sont des propos qui rejoignent ceux de Jacques Attali dans son Dictionnaire du XXIè siècle. 

  

T.G. ― Est-ce utopique de la part d’un certain nombre de ces responsables, une sorte de vision irénique ?

P.H. ― C’est un projet ancien. Je vais peut-être surprendre, mais le projet politique, a été annoncé il y longtemps. Il suffit de lire le livre d’Aldous Huxley , Le Meilleur des Mondes, sorti en 1931 qui décrit en gros cet Etat mondial avec des continents politiques unifiés européens, nord américains etc.. et au sein de ces continents standardisés, régis par les mêmes lois, des nations qui ont été broyées. Sur la couverture de mon livre, vous avez cette carte du Proche Orient du colonel Ralph Peters, extraite de la revue militaire américaine AFJ (Armed Forces Journal – le journal des forces armées). Je présente plusieurs cartes, dont cette carte du Proche Orient aux frontières complètement modifiées.

T.G. ― C’est en fait, la carte des peuples, des confessions, des ethnies…

P.H. ― En fonction de ces critères, des frontières ethniques et religieuses, une balkanisation… dans mon ancien livre La décomposition des nations européennes, je présentais une carte similaire de l’Europe. Tout cela est cohérent.

   

T.G. ― On va vous dire, Pierre Hillard que ce projet irénique globalisant reste quand même terriblement occidental. Que se passera-t-il avec les mondes asiatiques, à commencer par le monde Chinois, dans les 20 ou 50 années à venir ?

P.H. ― Ce que vous dites est juste. Il y a malgré tout une interdépendance ne serait-ce qu’entre les mondes chinois et américain. Mais je rappelle quand même, qu’il y a eu fin 2006 la création d’une Union asiatique, comme il y eu en 2004 la volonté de créer un Etat sud américain (la fameuse déclaration de Cuzco).

   

T.G. ― Cela soulève une question classique dans les relations internationales : est-ce que les Etats-Unis ont une vision du monde essentiellement économique ? Quand ils veulent proposer la démocratie ou la promouvoir, est-ce essentiellement pour des raisons de marché ? Cela avait été dit presque tel quel par Condoleezza Rice il y a quelques années…

P.H. ― Il faut uniformiser les esprits pour faire des consommateurs raisonnant de la même manière et utilisant les mêmes produits, peu importe le continent dans lequel ils vivent. C’est cette volonté de créer ce monde unifié évidemment mené par les Etats-Unis qu’évoque David Rockefeller. […]

  

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Vendredi 18 janvier 2008

L'échec de la tour de Babel n'est pas fatal

   

P. Hillard - La marche irrésistible du ouvel ordre mondialToutes les époques ont leur idéologie. En ce début du XXIe siècle, le seul débris qui surnage après un siècle chaotique et tragique, c'est le mondialisme.

Dans l'esprit de ses promoteurs, bien au-delà d'une coopération mondiale nécessaire et légitime, il s'agit d'abattre toutes les cloisons, et d'abord nationales, afin d'aboutir d'emblée à ce fameux village global décrit par le sociologue canadien Herbert Marshall Mciuhan. Comme le dit Guy Sorman : Le monde est ma tribu.

Le but est de créer de grands blocs géoéconomiques standardisés européens, nord-américains, sud-américains, asiatiques, etc., au sein desquels les nations seront broyées et dont la réunion constituera l'armature d'une gouvernance mondiale. Comme le rappelle Jacques Attali dans son ouvrage Dictionnaire du XXe siècle : Après la mise en place d'institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l'urgente nécessité d'un gouvernement mondial.

Ainsi, ces blocs corsetés par la même idéologie et dont les populations auront été au préalable alignées dans leur structure mentale sur les critères édictés au sommet, accoucheront d'une humanité unie, interchangeable et nomade.

Cependant, l'aboutissement de ces ambitions longtemps prophétisées devra passer par des étapes bouleversant les structures politico-économiques des sociétés, qui ne seront pas sans conséquences militaires. Dans ces événements, la vie humaine comptera peu.

D'ores et déjà, avec la mort probable de la Belgique, les réveils régionalistes en Espagne et en Italie, l'Europe de Bruxelles qui a programmé depuis longtemps la mise sous tutelle, sinon la destruction des nations, risque d'être exaucée dans ses entreprises au-delà de ses espérances. De leur côté, à travers le sanglant bourbier irakien, les États-Unis préparent activement la recomposition du Moyen-Orient... La tour de Babel tiendra-t-elle ?

  

          Broché: 165 pages 
          Editeur : François-Xavier de Guibert (29 novembre 2007)
          Collection : Essais et romans religieux 
          ISBN: 978-2755401998

        Sur Amazon

    Pierre Hillard est professeur d'histoire-géographie et docteur en sciences politiques


Sur la Toile : 

    France Culture. Enjeux Internationaux. Emission du 15/01/2008 : Nouvel ordre mondial
         Ecouter l'émission : Fichier mp3 (4,17 Mo - env. 10mn)
 
         
Lire la transcription

    Sur Diploweb.com : L'architecture du bloc euro-atlantique

 

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Lundi 14 janvier 2008

   

Mise à jour du 14 janvier : Ajout en fin d'article de liens vers les chapires  4  et  9  de l'ouvrage.
A ne pas manquer.

   W Engdahl - Pétrole Une guerre d'un siècle

    Cet ouvrage remet radicalement en cause l’idée que l’on se fait communément de la politique internationale et de ses enjeux. Il décrit les moyens extrêmes que les Anglo-Américains sont prêts à mettre en œuvre pour conserver une suprématie née en 1815 et renforcée au prix des deux Guerres mondiales.

    Nous savons, depuis l’élection de George W. Bush que la politique américaine et le pétrole entretiennent une relation intime. William Engdahl montre que l’économie des Etats-Unis repose sur un approvisionnement en pétrole bon marché et illimité et la suprématie du dollar sur les autres monnaies.

    Vous découvrirez comment le premier choc pétrolier fut une incroyable et cynique manipulation conçue par Henry Kissinger pour opérer un transfert planétaire de capitaux vers les banques de Londres et de New York, au prix de la ruine des pays du Tiers-monde ; comment ces pays en faillite, contraints de s’endetter auprès du FMI, se virent prêter à grands frais ces mêmes capitaux dont ils avaient été auparavant spoliés. Vous verrez comment la géopolitique du pétrole est à l’origine de l’effondrement de l’Union soviétique, de l’éclatement de la Yougoslavie, et de l’arrivée au pouvoir puis de la chute des Talibans.

   Vous serez surpris d’apprendre comment, dans les années 1970, les mouvements écologistes anti-nucléaires, financés par les grandes compagnies pétrolières, devinrent le cheval de bataille visant à entraver l’indépendance que l’énergie nucléaire aurait pu procurer à nombre d’Etats, afin de les maintenir dans l’orbite des pétroliers. Vous comprendrez enfin que la décision d’envahir l’Irak fut prise pour assurer l’hégémonie de la puissance anglo-américaine et le contrôle de l’économie mondiale pour les 50 ans à venir.

   

    Broché: 331 pages
    Editeur : Jean-Cyrille Godefroy (17 septembre 2007)
    Langue : Français
    ISBN: 978-2865532001

   Disponible à la Fnac

 


Biographie de l'auteur :
William Engdahl, né en 1944, est économiste et écrivain. Il a étudié les sciences politiques à l'université de Princeton et l'économie à l'université de Stockholm. Il publie depuis plus de 30 ans sur les questions énergétiques, la géopolitique et l'économie, et intervient dans les conférences internationales. Il est conseiller indépendant pour plusieurs grandes banques d'investissement.

Site : www.engdahl.oilgeopolitics.net


Pétrole Une guerre d'un siècle

Par William Engdahl

Préface à l’édition française

    Ce livre est une histoire du pouvoir, un pouvoir qui s’est emparé de nations ou de continents entiers. Il montre comment le pétrole, par son importance vitale, en temps de paix comme en temps de guerre, a été le vecteur de ce pouvoir sans pareil. Henry Kissinger l’a formulé de façon saisissante lors du premier choc pétrolier : « Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations. »

    Le rôle de la France dans cette histoire fut parfois éminent, parfois peu reluisant. Mais toujours, elle fut partie prenante de la pièce qui se jouait. Depuis les premiers forages pétroliers de Mésopotamie à la veille de la Première Guerre mondiale jusqu’aux honteux accords Sykes-Picot qui organisèrent secrètement le dépeçage de l’Empire ottoman par les Français, les Russes et les Anglais, la France resta un acteur majeur. Après l’échec décisif de l’expédition du capitaine Marchand face aux troupes de lord Kitchener à Fachoda (1898), la France fut prise dans un réseau d’alliances dirigé contre l’Allemagne qui aboutit à la boucherie que l’Histoire appelle la Grande Guerre. Dans cette guerre, et dans toutes celles qui ont suivi jusqu’à l’occupation de l’Iraq par une soi disant « coalition des volontés », le pétrole a joué un rôle décisif, mais occulte. Par ses décisions unilatérales, cette coalition des volontés, conduite par un président américain, a peut-être annoncé la fin irréversible de l’ère américaine.

    La France a participé à la plupart de ces aventures, ainsi qu’à la ruée vers l’or noir. Dans le passé, les élites françaises ont toujours tenté de définir pour leur pays une politique aussi indépendante que possible de la « perfide Albion », comme le général de Gaulle se plaisait à appeler la Grande-Bretagne. De nos jours, une perfidie plus dangereuse que celle qui entraîna la Première Guerre mondiale et ses lendemains tumultueux menace l’existence de notre planète.

    La France ne dispose que d’une faible marge de manœuvre pour façonner le futur d’un monde dans lequel une superpuissance nucléaire unique revendique le rôle de maître incontesté. Le contrôle mondial de l’approvisionnement pétrolier est l’arme de cette domination absolue.

    La guerre d’Iraq de mars 2003 ne fut guère qu’une farce. Les moyens démesurés de la fameuse opération « Choquer pour terrifier » lancée contre une petite puissance qui ne disposait ni d’armes de destruction massive ni de la possibilité de contrer une force de projection aussi colossale que celle mise en œuvre par le Pentagone, relevaient plus de la mise en scène que de la guerre véritable. Les gouvernements français, russe et allemand, dont les deux premiers disposent d’un droit de veto au Conseil de Sécurité de l’Onu, tentèrent un moment de s’unir pour arrêter la guerre. Ils échouèrent, et la pression de Washington sur la France pendant cette période y est pour beaucoup.

    Après quatre ans de déclarations unilatérales de guerre au terrorisme des Américains, soutenus par l’allié britannique de toujours, le monde a fini par réaliser que cette guerre n’avait rien à voir avec un Oussama ben Laden évanescent ou avec les grottes de Tora Bora. Il s’agit de fait d’une guerre contre l’Islam. Comme d’autres guerres des cent dernières années, cette guerre préméditée vise un but. Le pétrole, mais souvent aussi la volonté de cacher son importance, est au cœur de cette grande stratégie d’un géant américain endetté, décadent, dont les fondations reposent désormais sur l’argile plutôt que sur le roc. Car pour la grande majorité des dirigeants américains, la préservation de l’Empire américain passe par le contrôle du pétrole.

    Non pas, comme le prétendent certains, que le monde occidental soit en passe de manquer de pétrole bon marché. Le pétrole est surabondant. Mais ses réserves sont contrôlées par des compagnies nationales dans des pays tels que l’Iraq, le Soudan ou le Venezuela, au lieu de dépendre des quatre grandes compagnies anglo-américaines : Exon Mobil, Chevron Texaco, British Petroleum et Royal Dutch Shell. Situation insupportable pour l’administration Cheney-Bush qui décida d’y mettre fin. Comme le montre cet ouvrage, les conséquences en sont catastrophiques pour le monde entier.

    La vision du général de Gaulle qui envisageait l’Europe de l’Atlantique à l’Oural a été perdue par l’actuelle génération. C’est pourtant dans cette direction que la France et d’autres puissances eurasiatiques majeures, ainsi qu’une Russie revitalisée, pourraient tenter de constituer un contrepoids à la domination des États-Unis sur tous les fronts.
Ce livre est une tentative modeste pour présenter quelques faits ensevelis, nous permettant ainsi de comprendre les dangers qui nous menacent aujourd’hui. Depuis Fachoda, un fil rouge court à travers l’Histoire, trempé de sang et de pétrole. Ce livre, qui ne s’adresse pas aux esprits bien pensants, vise à provoquer la réflexion et la discussion parmi ceux qui voient au-delà de la manipulation quotidienne de la réalité qu’on appelle l’information.

William Engdahl, mai 2007

Source : Éditions Jean-Cyrille Godefroy 

   

Les chapitres 4 et 9, extraits du site de Michel Collon :

    Chapitre 4 : 1914 - 1918 : le pétrole déjà (pdf)

    Chapitre 9 : Qui est à l’origine du choc pétrolier des années soixante-dix ? (pdf)

     

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