Jeudi 6 mars 2008

 

 [ Les Echos - 5 mars 2008 ]

   

Les entreprises accordent davantage d'augmentations générales en raison de la poussée inflationniste, mais aussi d'une remise en cause des vertus supposées des hausses purement individuelles.

   

    Les négociations salariales de cette année marquent le retour des augmentations générales. AXA, PSA, Air France, Renault : tour à tour, les grandes entreprises, mais aussi de nombreuses PME, ont fait le choix de rogner sur l'enveloppe des augmentations individuelles pour saupoudrer les hausses de salaires. Après une décennie d'individualisation croissante des rémunérations, la conjoncture explique en partie ce changement. Dans un contexte de poussée inflationniste et de tension sociale, « il est impossible de demander à certains salariés d'attendre un an avant de voir leur salaire progresser », expliquent en privé nombre de DRH.

     Mais le phénomène répond aussi à des évolutions plus structurelles. « On sent la problématique monter depuis deux ans. Après avoir développé de nombreuses formes de rémunération variable, les entreprises constatent que les résultats ne sont pas aussi bons qu'escompté », explique Eric Wuithier, directeur associé au sein du cabinet Towers Perrin. Notamment parce que les objectifs individuels sont souvent mal définis, trop facilement atteignables ou irréalistes (voire contradictoires), et que certains salariés sont lassés par la course à la performance et la perte de l'esprit d'équipe. « On se rend compte qu'on a été trop loin dans l'individualisation, qui en privilégie certains au détriment du plus grand nombre », constate aussi Bernard Brunhes, vice-président de BPI (Conseil).

    Les entreprises commencent à corriger le tir. Les primes variables purement individuelles laissent notamment place « à des primes plus collectives, basées sur les résultats d'une équipe ou d'un projet », note Eric Wuithier, qui estime que « le retour des augmentations générales, limitées mais régulières, devrait se confirmer pour les non-cadres ces prochaines années ».

La question des cadres

     Reste à savoir si le phénomène gagnera aussi les cadres. Les bons résultats enregistrés encore récemment par les grands groupes ont permis aux employeurs de leur distribuer des primes variables et de l'intéressement assez conséquent pour leur faire accepter la stagnation de leur salaire fixe. Mais si les performances des entreprises s'inversaient, limitant ainsi les bonus versés, il est fort à parier qu'à leur tour les cadres exigeront de redécouvrir les charmes des augmentations générales.

   

    Source : Les Echos
    Auteur :
D. P.
    Date : 5 mars 2008
    
    Tous droits réservés - Les Echos 2008

   

 

par Admin publié dans : Revue de presse
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