[ Courrier International - 26 février 2008 ]
Quarante ans après l'assassinat de Martin Luther King, certains Américains craignent que le sénateur de l'Illinois subisse le même sort, explique
le New York Times. Le candidat, lui, reste serein. Et dûment protégé.
Une sourde inquiétude parcourt les rangs des partisans de Barack Obama, d'Etat en Etat, de meeting en meeting : leur candidat est-il en sécurité ?
Deux sœurs originaires du Colorado avouent prier pour lui tous les jours. Au Nouveau-Mexique, une fille a convaincu sa mère de voter pour Obama malgré la peur de mettre la vie du candidat en
danger en l'aidant à remporter l'investiture démocrate. Lors d'une réunion, une supportrice dit craindre que le message de paix et de changement du sénateur de l'Illinois, ainsi que sa couleur de
peau, ne fassent de lui une cible. "J'ai la meilleure protection du monde", se contente de répondre le candidat à ses partisans. "Ne vous en faites pas."
Et pourtant, ils sont inquiets. Le souvenir du printemps 1968, durant lequel Martin Luther King et de Robert Kennedy ont été assassinés à deux
mois d'intervalle, est resté gravé dans les mémoires. Obama n'avait que 6 ans à l'époque, et, à l'instar de nombreux Américains, c'est dans les livres qu'il a découvert le choc qu'ont provoqué
ces deux assassinats dans la conscience collective du pays. Ce sont surtout les seniors qui évoquent ce souvenir alors qu'ils assistent, fascinés, à la progression du candidat avec à l'esprit un
sombre pressentiment à mesure qu'approchent les dernières échéances.
Obama a été le premier candidat à bénéficier d'un service de sécurité – dès le mois de mai 2007. Et plus ses meetings ont gagné en affluence, plus
sa sécurité s'est renforcée, au point d'atteindre aujourd'hui celle d'un président en exercice. Le candidat évoque pourtant rarement le danger. "J'ai choisi de participer à cette campagne",
explique-t-il. "Je pense que tous les candidats à une élection présidentielle sont conscients des risques qu'ils prennent."
Il y a peu, plusieurs de ses conseillers craignaient que certains électeurs noirs renoncent à voter pour lui dans le seul but de le protéger d'une
éventuelle agression. Pour Obama, "la peur de voir leur poulain échouer" pouvait également expliquer les réticences de certains citoyens. Aujourd'hui, cette peur de l'échec est écartée, mais les
craintes pour sa sécurité demeurent.
Le représentant démocrate du Mississippi Bennie Thompson a adressé en janvier dernier une lettre aux services de sécurité. Alors que le candidat
bénéficiait déjà d'une protection personnelle, Thompson y expliquait que l'intérêt suscité par Obama justifiait qu'il fasse l'objet d'un dispositif renforcé. "En tant que citoyen
africain-américain, j'ai été témoin de certains des jours les plus sombres de notre histoire et je sais personnellement que la haine peut conduire à des actes de violence extrêmes", écrivait-il.
"Il suffit de se remémorer les assassinats de Martin Luther King et du candidat à la présidentielle Robert Kennedy en 1968." "La candidature d'Obama est tellement unique et importante que la
dernière chose que l'on puisse souhaiter est qu'il ne puisse pas la mener jusqu'au bout", explique-t-il aujourd'hui. "J'ai écrit cette lettre par mesure de précaution plutôt que de me contenter
de prier et de croiser les doigts."
Selon Gerald Posner, auteur d'ouvrages sur la mort de John F. Kennedy et de Martin Luther King, Obama n'est pas plus menacé que Bush ou Hillary
Clinton. Si les craintes sont plus vives à son sujet, c'est uniquement parce qu'il est le premier candidat noir à parvenir aussi près d'une investiture à l'élection présidentielle.
A Dallas, les souvenirs ont resurgi dans les conversations des quelque 17 000 personnes venues assister à un meeting d'Obama la semaine dernière.
"Le mémorial John Kennedy se trouve juste derrière. Autour de moi, tout le monde ne parlait que de ça", relate Imogene Covin, une militante démocrate. "Je pense qu'il n'est pas exclu que quelque
chose lui arrive. Mais vous savez pourquoi je crois que tout ira bien ? Parce qu'il a énormément de monde derrière lui."
Cet après-midi-là, le cortège du sénateur Obama a traversé Dealey Plaza et est passé devant les entrepôts d'où avaient été tirés les coups de feu
sur le président Kennedy en 1963. Plusieurs conseillers du candidat scrutaient les fenêtres, enregistrant en silence la scène. Mais pas Obama, qui a reconnu plus tard ne pas avoir remarqué qu'il
empruntait cet itinéraire fatal. "Je dois avouer que je n'y pensais pas, a-t-il déclaré, je pensais surtout à ne pas attraper froid et au besoin de me moucher avant d'entrer dans l'arène."
Source : Courrier
International, d'après The New York
Times
Auteur : Jeff Zeleny
© Courrier international 2008
[ de defensa - 26 février 2008 ]
…Mais est-il si bien protégé, après tout ?
Une lectrice attentive (nous la remercions) nous signale, sitôt lecture faite de notre Bloc Notes de ce jour sur la sécurité d’Obama selon le New York
Times, qu’il existe sur le terrain de la campagne électorale quelques indications alarmantes. Celle-ci, par exemple, venue du quotidien de Fort Worth (Texas), le Star Telegraph, via UPI le 21 février. Courte dépêche, que nous donnons
pour l’essentiel.
« The Secret Service told Dallas police to stop screening for weapons while people were still arriving at a campaign rally for Barack
Obama, a report said.
» Police stopped checking people for weapons at the front gates of Reunion Arena more than an hour before the Democratic
presidential hopeful appeared on stage Wednesday, the Fort Worth (Texas) Star-Telegram reported. Police said the order to stop using metal detectors and checking purses and laptop bags
constituted a security lapse, the newspaper reported.
» Dallas Deputy Police Chief T.W. Lawrence – who heads the department's homeland security and spécial operations divisions – told
the Star-Telegram the order had been intended to speed up seating of the more than 17,000 people who came to hear the candidate speak.
» Lawrence said he was concerned about the large number of people being let in without being screened, but that the crowd seemed
''friendly,'' the newspaper said. Several Dallas police officers – speaking on condition of anonymity because the order came from federal officers – told the newspaper it was worrying to see
so many people get it without even a cursory inspection.»
Source de
defensa
Date : 26 février 2008
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