Lundi 11 février 2008

   
    Alain Badiou, interrogé par Raphaël Enthoven, pose avec une clarté stupéfiante des questions qui détonnent et qui risquent de déranger les philosophes de salon qu'on a l'habitude de voir.

    France Culture vient de consacrer une série d'émissions consacrées aux pathologies de la démocratie.
(Les nouveaux chemins de la connaissaince - Raphaël Enthoven, du 4 au 8 février).

    Ecouter l'émission d'Alain Badiou (fichier mp3 de 29 Mo, 30 mn, qu'on peut écouter ou télécharger)

   

    Voici les autres émissions de la série, avec les liens vers le site de France Culture. Il est possible d'écouter les émissions pendant quelques semaines :

      4 février : Cynthia Fleury          5 février : Alain Badiou          6 février : Olivier Mongin

      7 février : Pierre Manent          8 février : Jacques Julliard


  
Alain Badiou, philosophe et enseignant à l'ENS, a publié récemment :

Circonstances - Volume 4, De quoi Sarkozy est-il le nom ?
Nouvelles éditions Lignes - 2007

  


   

Complément (11 février 2008)

Deux citations extraites de "De quoi Sarkozy est -il le nom ?"

   

  1. Badiou, commente devant son auditoire de l'Ecole Normale Supérieure le résultat de l'élection présidentielle de 2007 en france :
   

Entre nous, ce n’est pas parce qu’un président est élu que, pour des gens d’expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...]
On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pense que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer. Donc, ce qui vous déprime, c’est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur.
 
   

    2. 
   

Dans la critique radicale du régime démocratique, Platon note qu'un tel régime considère que ce sur quoi une politique doit se régler, est l'anarchie des désir matériels. Et que, en conséquence, un gouvernement démocratique est inapte au service de quelque Idée vraie que ce soit, parce que si la puissance publique est au service des désirs et de leur satisfaction, au service finalement de l'économie, au sens large du mot, elle n'obéit qu'à deux critères : la richesse, qui donne le moyen abstrait le plus stable de cette satisfaction, et l'opinion, qui décide des objets du désir et de la force intime avec laquelle on croit devoir se les approprier.

  


Complément (27 février 2008)

    Voir sur Rue89 :
Alain Badiou : Y a-t-il une barbarie sarkozienne ( 26 janvier 2008)
     
     L'article publié à la sortie du livre "De quoi Sarkozy est-il le nom ?", comporte notamment un entretien avec Alain Badiou (vidéo)

   

 

par Admin publié dans : Revue de presse
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