Dimanche 29 juin 2008

Etienne Chouard n'est pas un professionnel de la politique. Professeur d'informatique près de Marseille, il a acquis une certaine notoriété depuis la campagne référendaire pour le Traité Constitutionnel, en 2005, lorsqu'il a il a entrepris d'analyser très précisément sur son site le contenu du traité proposé.
 
Dans cet article de Marianne, il explique que dans une vraie démocratie, une constitution ne peut pas être écrite par ceux qui gouvernent car "ils ont un intérêt personnel dans les règles qu'ils instituent" et que les représentants élus pour gouverner n'ont pas de légitimité à priver la puissance publique de la souveraineté, ni politique, ni monétaire.

Dans d'autres interventions, il milite pour l'introduction d'une dose de hasard (tirage au sort) pour déterminer la représentation nationale, afin de prévenir l'apparition de castes dirigeantes autoreproductrices.

Les réflexions d'Etienne Chouard, éclairent crûment les dévoiements de nos systèmes politiques et montrent une audace intellectuelle et une hauteur de vue tout à fait exceptionnelles qu'on aimerait trouver chez d'autres représentants de "nos élites".




[
www.marianne2.fr - 28 juin 2008 ]


Le Non crié le 12 juin 2008 par les Irlandais contre le pouvoir illégitime européen - pouvoir qui s'impose aux citoyens d'Europe par la ruse et le mensonge (et bientôt la force ?) depuis cinquante ans - est une énième péripétie de l'idée démocratique, toujours voulue par les peuples et toujours refusée par les chefs. Ce troisième rejet populaire de l'union européenne des industriels et des banquiers m'inspire deux réflexions importantes et pourtant absentes du débat public, l'une juridique, l'autre économique : les peuples se voient confisquer leur souveraineté politique et leur souveraineté monétaire, et les deux sont étroitement interdépendantes.
  

• Sur le plan juridique
   
Les peuples méconnaissent une clef indispensable pour reprendre le contrôle de leurs représentants, une vieille clef cachée, une clef logique pour enfin instituer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes au lieu de subir éternellement le droit des élus à disposer des peuples.
  
Cette clef de la démocratie, aussi méconnue que décisive, peut se résumer ainsi : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir. Ce n'est pas aux ministres, ce n'est pas aux parlementaires, ce n'est pas aux juges, d'écrire ou de réviser la Constitution, car ces hommes-là sont, en cette occurrence précise, à la fois juges et parties : ils ont un intérêt personnel dans les règles qu'ils instituent - puisque tout pouvoir concédé au peuple est un pouvoir qui leur serait retiré à eux - et ils trichent en établissant à la fois des contrôles simulés et des pouvoirs citoyens factices.
   
Toutes les constitutions du monde prouvent, de fait, que cette analyse est plausible.
   
Notamment et très prioritairement, malgré quelques promesses lénifiantes, nos élus ne nous donneront JAMAIS l'indispensable institution du référendum d'initiative populaire, le vrai.
  
La qualité des institutions se joue donc au moment de fixer et de contrôler la composition de l'Assemblée constituante, celle qui va écrire la Constitution et la proposer au référendum : cette chambre fondatrice qui va fixer des limites aux pouvoirs ne doit comporter aucun homme de pouvoir et elle doit pouvoir exclure en son sein tout individu suspect de partialité.
  
L'élection de candidats imposés par les partis (hommes de pouvoir) est ainsi la plus mauvaise idée pour désigner l'Assemblée constituante, ce serait même (comme cela a toujours été) un véritable piège anti-démocratique.
   
Il faudrait que les électeurs puissent désigner librement des citoyens non candidats (qui pourront refuser) ; ou bien les tirer au sort ; ou bien une combinaison de ces modalités (tirer au sort une centaine de constituants parmi des citoyens élus librement).
  
Ce qui compte par-dessus tout, c'est que ce ne soit pas les mêmes hommes : ceux qui écrivent les règles du pouvoir doivent définitivement renoncer à l'exercer, tout comme Dacron, étranger appelé précisément pour cette tâche il y a 2 500 ans, a conçu les premières institutions d'Athènes et s'en est allé après avoir institué un (début de) véritable régime démocratique (sans doute le seul au monde à ce jour).
   
Inutile de préciser qu'en Europe on en est loin, on subit même l'exact contraire, la situation ne peut pas être pire : nous laissons nos maîtres écrire eux-mêmes les limites de leurs pouvoirs et nos capacités à résister à leurs abus... Plus naïf, tu meurs. Pourtant, après 200 ans d'expérience, nous sommes bien placés pour constater que l'élection ne tient pas ses promesses de justice politique : le mirage du suffrage universel a la peau dure.
   
• Sur le plan économique
  
Les médias présentent souvent les progrès fulgurants de l'Espagne et de l'Irlande comme à mettre au crédit des institutions européennes, comme si des progrès économiques justifiaient une régression démocratique et en oubliant que l'Espagne et l'Irlande ont bénéficié depuis des années de dizaines de milliards d'euros gratuits - sans obligation de remboursement, sans dette ! -, au titre des subventions européennes.
   
Ces subventions doivent être vues, pour ces pays, comme une création monétaire (prêtez attention) libre d'endettement : une monnaie sans charge d'intérêt, donc, et qui n'aura même jamais à être remboursée ; cela change tout par rapport au carcan monétaire actuel.
   
La prospérité «miraculeuse», forte et rapide, de ces pays financièrement assistés prouve aux peuples d'Europe qu'«il y a des alternatives» et notamment que la revendication nouvelle - celle qui monte parmi les citoyens en 2008 - est la bonne : ce n'est pas aux banques privées de créer la monnaie et d'en percevoir l'intérêt.
   
Nous manquons de monnaie libre (libre d'endettement) et les pays qui s'en procurent - les peuples qui se réapproprient d'une façon ou d'une autre la possibilité de créer la monnaie en suffisance (sans excès) - viennent à bout du chômage et de la pauvreté, et très rapidement !
   
Cette idée cardinale que les peuples doivent conquérir leur souveraineté monétaire - à travers la création exclusivement publique de la monnaie - est à la fois complémentaire et indissociable de la mienne : les peuples doivent conquérir leur souveraineté politique - à travers l'honnêteté du processus constituant : on n'aura pas l'une sans l'autre ; ces deux combats - pour la Monnaie et pour la Constitution - sont interdépendants et se renforcent mutuellement.
   
Autrement dit, on ne reprendra jamais le contrôle de la monnaie (condition sine qua non pour venir à bout du chômage, de la pauvreté et de la dette publique) sans écrire nous-mêmes la Constitution, car les élus ne sont élus que grâce à ceux qui ont financé - et qui continueront à financer s'ils sont dociles sur l'essentiel - leur campagne électorale, médias subordonnés à l'appui. Ces élus dépendent trop de ceux qui rendent possible leur élection (et qui vivent luxueusement aux dépens du peuple) pour donner un vrai pouvoir au peuple.
   
Au peuple de s'affranchir
   
Sans rien attendre des élus sur ce plan, c'est donc au peuple de s'affranchir de ses propres élus, non pas pour s'en passer - (nous sommes bien trop nombreux pour vivre en démocratie directe, nous avons besoin de représentants, et tout pouvoir, même celui du peuple, doit être modéré par des contre-pouvoirs) -, mais pour les remettre sous un contrôle sourcilleux, avec des institutions honnêtes : séparation des pouvoirs, reddition des comptes, possibilité de sanctions des élus fautifs, révocabilité des élus à tout moment, initiative populaire autonome et puissante, rotation des charges (non cumul et non renouvellement des mandats), respect et publicité des opinions dissidentes, mise en scène des conflits, révisions constitutionnelles conçues par la seule Assemblée constituante et confirmées obligatoirement par référendum, etc.
   
Or, qu'est-ce qu'on fait pour résister en ce moment ? Rien, rien et rien. On attend passivement qu'un parti ou un syndicat nous convoque pour une grande manifestation tous les six mois, sur un mot d'ordre secondaire (par rapport à la monnaie et au contrôle des pouvoirs) et puis, plus rien pendant six mois...
   
Je propose que tous les simples citoyens mécontents d'être si mal représentés, quelle que soit leur tendance politique, sans attendre d'être convoqués par un quelconque appareil partisan, organisent eux-mêmes librement chaque semaine (le mercredi à 18 h par exemple) des micro résistances durables et innombrables sous la forme de petites manifestations devant toutes les mairies d'Europe : le mot d'ordre serait la vieille clef cachée de la démocratie vraie : «nous voulons des pouvoirs légitimes, c'est-à-dire fondés 1) par une Assemblée constituante honnête (désintéressée) et 2) par un référendum».
   
J'appelle ces micro résistances des MOCRIEs, Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen, et chacun peut créer un forum pour sa MOCRIE sur le site
www.cecri.info .
   
Rien ne se fera de bon pour les peuples sans la mobilisation permanente des citoyens eux-mêmes : chaque citoyen athénien défendait personnellement la démocratie grecque, quotidiennement, les armes à la main s'il le fallait, contre les oligarques. De ce point de vue, l'Internet est une chance inouïe pour l'humanité. J'invite donc chaque citoyen mécontent de son impuissance politique à agir en créant sa petite mocrie en bas de chez lui.
  
Saurons-nous réagir avant de nous laisser détruire ? Je l'espère.


Pour aller plus loin dans ce débat, vous pouvez consulter le site personnel d'Étienne Chouard.


Samedi 28 Juin 2008 - 00:06
Étienne Chouard


    Source : http://www.marianne2.fr

    © Marianne2.fr

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Mardi 24 juin 2008

[ Rue89 - 9 juin 2008 ]
   
   

Par Paul Meyer
 
  
Le sociologue Frédéric Pierru, de l'université Paris-Dauphine, vient de publier "Hippocrate malade de ses réformes" (Ed. du Croquant) : il y démontre comment depuis soixante ans, les réformes successives préparent le terrain à la privatisation d'une part de plus en plus importante de l'assurance maladie.


"Le 'trou' de la Sécu est un mythe"

Plutôt que de raisonner en termes de besoins, le débat public sur la Sécurité sociale en général et sur l'assurance maladie en particulier se limite aux dépenses et notamment au manque de financement, le fameux "trou" de la Sécu. Pour Frédéric Pierru, membre du collectif "Raisons d'agir" (fondé par Pierre Bourdieu à la suite du mouvement social de 1995), parler de déficit permet surtout de justifier une politique de rigueur. (Voir la vidéo)

 

Pourquoi parle-t-on sans cesse de gaspillage?

Les gaspillages de l'assurance maladie sont évalués entre 150 et 400 millions d'euros sur un budget annuel de 150 milliards d'euros. Ils sont donc très minoritaires dans la part des dépenses de santé et pourtant, ils monopolisent le débat public. (Voir la vidéo)

 

De l'hôpital à l'entreprise de soins

Modernisés au début des années 1980, les hôpitaux ont été priés de tenir leurs budgets. C'était l'époque de la "dotation globale", qui fixait annuellement leurs enveloppes budgetaires. Malheureusement, la rigidité de cette politique a conduit des hôpitaux à répondre à une demande de soins croissante avec un budget toujours identique lorsqu'ils se trouvaient au cœur d'un bassin de population dynamique. Pour mettre en adéquation l'activité des hôpitaux et leur budget, la réforme Hôpital 2007 (de 2002) a instauré la "tarification à l'activité" (T2A). Mais elle a aussi ses effets pervers... (Voir la vidéo)

 

La concurrence en santé est dangereuse et contre-productive

Plus personne ne réclame l'instauration d'une concurrence en matière de santé. Même la très libérale OCDE est revenue sur ses prescriptions antérieures. Frédéric Pierru explique pourquoi. (Voir la vidéo.)

 

Qui bloque les réformes?

Les réformes de l'assurance maladie s'opposent à l'augmentation des prélèvements obligatoires. Mais elles refusent également de demander des efforts aux médecins libéraux, qui bloquent toute rationalisation de leur implantation. Selon Frédéric Pierru, les syndicats de médecins libéraux forment un front uni contre une meilleure organisation des soins. (Voir la vidéo)

 

Qui veut privatiser l'assurance maladie ?

Le sociologue montre comment les assureurs privés agissent pour mettre la main à chaque réforme sur une part plus importante du gâteau de l'assurance maladie. La réforme de 2004, en créant le "ticket modérateur", a créé le principe, qu'il ne reste plus qu'à étendre ensuite. (Voir la vidéo)

 
[ ... ]
  
  
Source :
Rue89
    
  



Biographie de l'auteur

Frédéric Pierru, docteur en science politique, est sociologue, chargé de recherche au CNRS, membre de l'IRISES (Paris IX Dauphine). Ses publications portent sur la réforme des systèmes de santé français et européens, le renouveau de la santé publique en France et les enjeux politiques de la gestion.

Présentation de l'éditeur

Le diagnostic officiel est pessimiste, le pronostic plus encore : le système de santé français connaîtrait une " crise profonde " ; il serait " en faillite " faute de pouvoir " réguler " l'" explosion " des dépenses de santé ; malgré un " trou de la Sécu abyssal ", il ne garantirait même pas un accès universel à des soins de qualité. Et les gouvernements, les experts et les journalistes de stigmatiser l'" exception française " pour mieux célébrer nos voisins européens qui, eux, auraient eu le courage d'engager des réformes certes difficiles mais nécessaires. Un examen attentif de ces réformes montre, toutefois, qu'il n'existe pas d'exception française et que les systèmes de santé européens sont mis en crise dans le but de privatiser et de libéraliser le secteur, avec les encouragements de l'Union européenne et de l'OCDE. Le paradoxe veut que ce soit le cancre des pays développés - les États-Unis - qui inspire désormais les décideurs européens. Même si, en France, l'État resserre son emprise sur l'assurance maladie et se gargarise de la Couverture maladie universelle, notre pays n'est cependant pas à l'abri de la doxa néolibérale. L'étatisation pourrait être le levier de la mise en concurrence prochaine de l'assurance maladie et des hôpitaux. Des voix, notamment patronales, s'élèvent pour presser l'adoption de réformes en ce sens, dans un débat public monopolisé par une poignée d'experts. Le discours modernisateur oscille alors entre la pédagogie économique et la répétition ad nauseam de poncifs, comme les " abus ", sur le fondement de chiffres parfois fantaisistes, souvent contestables et toujours intéressés. La critique sociale passe d'abord par un triple refus : celui de l'économisme ; celui de la reddition face au " bon sens " gestionnaire ; celui de la posture défensive qui, dénonçant le rationnement des soins, en vient à défendre les revenus des médecins et les profits de l'industrie pharmaceutique. Elle doit ensuite partir d'un constat radical : la santé est un enjeu politique avant d'être un problème économique ou médical. La question sanitaire rejoint alors la question sociale, redevenant un sujet de réflexion pour les sciences sociales et, au-delà, de délibération démocratique. La santé est le terrain privilégié d'interpellation des fondements économiques, sociaux et politiques du nouvel ordre économique.


Disponibilité : Amazon.fr

 

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Mardi 24 juin 2008

 [ LEAP - 15 juin 2006 ]

Communiqué public GEAB N°26 [extraits]

A l'occasion de ce numéro 26 - Spécial Eté 2008 - du Global Europe Anticipation Bulletin, l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de lancer une alerte sur la période Juillet-Décembre 2008. En effet, notre équipe est désormais convaincue que cette période sera caractérisée par un plongeon de l'ensemble de la planète au coeur de la phase d'impact de la crise systémique globale. Les six mois qui viennent vont donc constituer le vrai noyau de la crise en cours. Les turbulences des douze derniers mois n'en ont été qu'une faible prémisse.
    
Indice d'Anticipation du consommateur américain (1978-05/2008) - Source : Briefing.com / Conference Board
  
C'est en effet au cours du semestre à venir que toutes les composantes de la crise (financière, monétaire, économique, stratégique, sociale, politique...) vont converger avec un maximum d'intensité. Sans pour autant revenir en détail sur les différentes séquences déjà anticipées dans les précédents numéros du GEAB, nos chercheurs ont choisi de présenter les évolutions des différentes grandes régions de la planète pour les six mois à venir ; et, pour ce faire, de développer huit phénomènes majeurs qui vont marquer les six mois à venir de manière décisive et orienter durablement les année 2009 et 2010, à savoir :
  
1. Le Dollar en perdition (1 Euro = 1,75 USD fin 2008) : Une peur panique de l'effondrement de la devise et de l'économie US ronge la psyché collective américaine
   
2. Système financier mondial : La rupture à cause de l'impossible mise sous tutelle de Washington
   
3. Septembre 2008 : Confirmation du processus d'effondrement de l'économie réelle US
   
4. Union européenne : La périphérie sombre dans la récession alors que le noyau de la zone Euro ne fait que ralentir
   
5. Asie : Le double « coup de bambou » inflation/effondrement des exports
   
6. Amérique latine : Des difficultés en hausse mais une croissance maintenue pour une grande partie de la région, avec le Mexique et l'Argentine en crise
  
7. Monde arabe : Les régimes pro-occidentaux à la dérive / 60% de risques d'explosion politico-sociale sur l'axe Egypte-Maroc
   
8. Iran : Confirmation de 70% de probabilité d'une attaque d'ici Octobre
   
9. Banques/Bulles spéculatives : La collision des bulles
   
Parallèlement, l'équipe de LEAP/E2020 présente dans ce GEAB N°26 cinq conseils stratégiques à destination des banques centrales, gouvernements et institutions de contrôle qu'elle a élaborés ces derniers mois et dont l'objectif est de limiter et canaliser les graves conséquences de la phase d'impact de la crise.

[...]
    
   
Source :
LEAP
   
     
   

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Mardi 24 juin 2008

Extrait d'un débat organisé par l'Association Dauphine Discussion Débat, le 6 mai 2008.
   
        
    


envoyé par politique-net

    
    

   Voir la totalité du débat  : www.dauphinedebat.com
    
    
     
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Mardi 24 juin 2008
 [ L'expansion.com - 18 juin 2008 ]


Avec AFP - 18/06/2008 15:12 - L'Expansion.com

 

Les eurodéputés ont voté pour la libéralisation du marché de l'électricité et la mise en concurrence des réseaux de transport. Au conseil européen, huit pays dont la France et l'Allemagne, refusent toujours ce modèle.
   
Véritable serpent de mer, le processus de libéralisation des marchés européens de l'électricité et du gaz, préconisé par Bruxelles, se poursuit.
Mercredi, le parlement européen s'est prononcé, en première lecture, pour le démantèlement des géants électriques européens tels que EDF ou l'Allemand RWE.
   
Les eurodéputés étaient appelés à se prononcer sur un projet de loi complétant la libéralisation du marché de l'électricité européen. Le principe de ce démantèlement est d'obliger les géants de l'électricité à vendre leurs réseaux de transports, en l'occurrence les lignes à haute tension.
L'objectif est d'introduire davantage de concurrence, afin de faire baisser les prix pour les consommateurs.
  
« Le vote est une victoire pour le consommateur qui paie trop cher sa facture d'électricité », s'est félicitée l'eurodéputé socialiste britannique Eluned Morgan.
   
Avec ce démantèlement, Bruxelles espère stimuler les investissements dans les réseaux. La commission européenne soupçonne en effet certains monopoles énergétiques historiques de sous investir dans ces précieuses lignes de transport.
   
« Il faudra trois milliards d'euros d'investissements dans les deux décennies à venir » estime Eluned Morgan.
   
Il reste que huit pays de l'Union européenne, dont la France et l'Allemagne, forts d'une minorité de blocage au sein du conseil européen, refusent toujours ce modèle.
   
En juillet, les eurodéputés doivent se prononcer sur la libéralisation du marché du gaz.
  
   
Source : Lexpansion.com
    
  

    
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Dimanche 15 juin 2008

Il existe un projet de renforcement des relations entre l'Union Européenne et l'Etat d'Israël, qui devrait conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE.

  

[ Le Monde - Ed. du 8 juin 2008 ]
   
  

Les Palestiniens critiquent les liens renforcés UE-Israël (Extraits)
  
  
Le projet de renforcement des relations entre l'Union européenne (UE) et l'Etat d'Israël, qui doit être débattu lors du prochain conseil des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept, prévu le 16 juin à Luxembourg, se heurte à l'opposition résolue de l'Autorité palestinienne. Dans une lettre envoyée en mai, le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, exhorte ses homologues européens à rejeter cette initiative "jusqu'à ce qu'Israël se conforme aux lois internationales et aux droits de l'homme, y compris par le gel de la colonisation".
  
Initié en mars 2007, à la demande de la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni, ce projet s'intègre dans la politique dite "de voisinage" de l'UE. Il vise à aboutir à une révision à la hausse de l'accord d'association signé en 2000, qui définit le cadre de la coopération entre les deux partenaires. Cette ambition pourrait se traduire par une intégration renforcée d'Israël dans le marché unique et les institutions européennes (présence des ministres israéliens dans les conseils européens, participation d'experts israéliens dans l'ensemble des programmes et des groupes de travail européens), ce qui équivaudrait à conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE.
   
Toujours au stade de la réflexion, ce projet pourrait être, sinon adopté, du moins conforté lors de la réunion du Conseil d'association Israël-UE du 16 juin. Tzipi Livni, qui a fait de ce dossier son cheval de bataille, table sur l'impact conjugué des soixante ans d'Israël et de la présidence française de l'Union européenne, effective à partir du 1er juillet, pour conclure les négociations d'ici à la fin de l'année. Soutien déclaré de l'Etat hébreu, le président français, Nicolas Sarkozy, doit d'ailleurs effectuer une visite dans ce pays entre le 22 et le 24 juin prochain.
  
[...]
  
  
Source :
Le Monde
Edition du 08.06.08

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Dimanche 15 juin 2008

Après le résultat du vote irlandais, nombre de médias ont suggéré que les électeurs irlandais avaient pu être influencés par la presse néoconservatrice (Exemple, Le Monde : L'euroscepticisme irlandais nourri par la presse de Murdoch). Une façon de discréditer le peuple Irlandais qui aurait agi en irresponsable... comme les peuples français et néerlandais l'avait fait avant lui.

Pour connaître où sont réellement les intérêts, il faut lire le discours prononcé à Londres par Mme Victoria Nuland, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'OTAN, et épouse de Robert Kagan, l'une des têtes pensantes néoconservatrices les plus éminentes.

Lire ci-dessous :

  
L'Union transatlantique, par Victoria Nuland, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'OTAN 
  

  
On pourra profiter de cette lecture pour comparer les visions de Mme Nuland et celle de Nicolas Sarkozy pour ce qui concerne le rôle de l'Union Européenne et de sa défense.
Un exercice instructif...

Rien à craindre, l'Union Européenne avancera dans la "bonne direction" quelle que soit la volonté des peuples concernés et son expression.
   

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
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Dimanche 15 juin 2008

 [ Diploweb - 1er mai 2008 ]

Par Victoria NULAND,
Ambassadeur des États-Unis d'Amérique auprès du Conseil de l'Atlantique Nord
.


L'ambassadeur américain auprès de l'Otan, Mme Victoria Nuland, a prononcé deux discours fin février 2008, l'un à Londres le 25 février et l'autre à Paris le 22 février. Elle appelle à une nouvelle Union transatlantique, passant notamment par le renforcement de l'Europe de la défense, celle-ci trouvant sa place pour agir indépendamment. L'UE comme l'Otan pourront alors travailler ensemble. Ayant de nombreux passages communs, les discours se ressemblent. Le plus révolutionnaire est celui de Londres, même si les extraits significatifs de celui de Paris sont également présentés (http://nato.usmission.gov/ ).

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, le diploweb.com vous présente ce document initialement publié dans le revue Défense nationale et sécurité collective, avril 2008, pp. 29-34. Nous vous invitons à visiter son site à l'adresse http://www.defnat.com
  
   

Extraits du DISCOURS À LA LONDON SCHOOL OF ECONOMICS LE 25 FÉVRIER 2008

   
(...) LAISSEZ-MOI POURSUIVRE avec quelque chose que vous pouvez trouver totalement surprenant, surtout venant de moi : vous qui êtes les diplomates, journalistes, parlementaires, juristes internationaux et les hommes d'affaires de demain, j'espère que vous estimerez que votre première responsabilité, en plus de construire la Grande-Bretagne et l'Otan les plus solides possible, consiste à renforcer et construire les capacités de l'Union européenne. Vous trouverez cela étrange et même un peu louche d'avoir l'ambassadeur américain à l'Otan qui se tient devant vous et qui préconise que vous, les dirigeants britanniques et internationaux de demain, construisiez une UE plus forte. Pourquoi donc ai-je un tel discours ?

  
Si nous avons appris une chose depuis le 11 septembre 2001, ou même, en l'occurrence, depuis soixante voire cent ans, c'est que les États-Unis et le Royaume-Uni n'ont pas seulement besoin l'un de l'autre, mais qu'ils ont besoin d'une Europe forte. Nous, aux États-Unis, avons besoin d'une Europe qui soit aussi unie que possible, prête à porter toute sa part des responsabilités et à défendre notre sécurité commune et promouvoir nos valeurs partagées. Et les Britanniques, comme tous les Européens, ont besoin d'une Amérique qui est engagée, consultant l'Europe et coopérant avec elle afin de trouver des solutions communes à des défis communs (...).

   
Aujourd'hui, les défis que nous devons surmonter ensemble vont du terrorisme, de l'extrémisme violent et des armes à effet de masse jusqu'au besoin d'abaisser notre dépendance envers l'énergie fossile, de réagir à la pauvreté, aux maladies et à la faim qui touchent encore trop de gens dans le monde. Ensemble, nous devons composer avec un Kremlin qui a fermement renforcé son pouvoir d'État, qui s'est retiré du traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE) et qui menace de pointer ses missiles contre ses voisins, même si nous travaillons de concert avec la Russie sur l'Iran, la Corée du Nord et d'autres intérêts communs de première importance. Nous devons maintenir envers l'Iran la juste proportion de diplomatie, d'ouvertures politiques et économiques, et de pression pour qu'il recommence à coopérer avec le Conseil de sécurité, abandonnant toute idée terroriste et procurant à son peuple le futur qu'il mérite. Et nous devons encourager la Chine à utiliser sa puissance croissante à la stabilité et la paix, dans son voisinage ou dans les affaires du monde. En bref, nous vivons dans un monde compliqué et dangereux qui nécessite de la part de ceux qui ont la chance de vivre dans des sociétés libres de réunir leurs forces pour protéger ce que nous avons chez nous et pour consolider et élargir la communauté démocratique.

     
L'UE indispensable

  
Quand nous, les États-Unis, cherchons de par le monde les partenaires qui peuvent répondre à ces défis, nous voyons bien sûr nos alliés d'Asie et les autres démocraties puissantes à notre sud et à notre est ; mais souvent, nous nous arrêtons d'abord à l'UE. Nous consulterons toujours Londres en premier, tout comme les autres capitales, mais de plus en plus souvent nous nous tournons également vers les institutions européennes.

  
Avec maintenant quinze missions sur trois continents, l'UE a prouvé sa capacité à constituer un ensemble plus grand que la somme de ses parties. Aujourd'hui, l'UE fournit de l'aide au développement, des droits de l'homme, des programmes anticorruption, des formateurs de police, des facultés d'encadrement et, le plus important, la capacité de réunir toutes ces choses dans la juste proportion pour faire face au problème du moment. La Grande-Bretagne a été pilote pour construire ces capacités dans l'UE et elles sont fructueuses : à preuve, la mission civilo-militaire de l'UE en Bosnie, les missions de police au Timor oriental et à Rafah, et les efforts de maintien de la paix au Tchad. Nous soutenons le leadership européen dans chacun de ces cas.

   
Mais alors que la capacité européenne à conduire des actions communes en matière de puissance douce (soft power) s'est accrue, notre engagement transatlantique en matière de puissance dure (hard power) a objectivement décru.

  
(...) Déjà, au Tchad, les nations européennes qui participent à la mission découvrent que même pour organiser une modeste opération de soutien de la paix, il faut des hélicoptères de manœuvre, des avions de transport à long rayon d'action ; des moyens de renseignement, de surveillance et de reconnaissance sophistiqués ; des moyens de communication modernes et interopérables. Toute l'aide au développement du monde, tout le soutien à la bonne gouvernance et tous les entraînements de police du monde ne servent à rien si vous ne pouvez d'abord fournir de la sécurité aux personnes que vous cherchez à aider.

   
Besoin d'Europe
  
L'organisation où je sers, l'Otan, tire les mêmes enseignements en Afghanistan. C'est pourquoi je suis à Londres aujourd'hui pour dire que les États-Unis, que le Royaume-Uni, que l'Otan et le monde démocratique ont besoin d'une capacité de défense européenne plus forte et plus puissante. Une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) qui ne ferait que de la puissance douce ne suffit pas. Cela impose que la Grande-Bretagne utilise avec détermination son leadership en Europe pour que les dépenses européennes de défense augmentent à nouveau : il faut améliorer les moyens militaires européens investis dans des domaines négligés comme les hélicoptères, les drones, les forces spéciales ; disposer de communications interopérables et de soldats entraînés à la lutte antirébellion. C'est notre intérêt commun parce que les Américains et les Britanniques ne peuvent continuer à porter une telle part du fardeau global sans davantage d'aide de nos Alliés et amis.
   
(...) Cela me ramène à mon idée première : nous avons besoin d'une UE plus forte, nous avons besoin d'une Otan plus forte, et si l'Afghanistan nous a appris une chose, c'est que nous avons besoin de relations plus proches et confiantes entre elles. J'irai plus loin : si de part et d'autre de l'Atlantique nous croyons réellement à une approche globale de la sécurité, qui réunisse le meilleur de notre puissance, dure et douce à la fois, nous avons besoin d'un endroit où nous pouvons planifier et nous entraîner à de telles missions, comme une famille Otan-UE.
   
N'ayez pas peur, je ne suis pas en train de parler du rapprochement d'institutions ou même de la fusion de leurs mandats. Ça n'aurait de sens ni pour l'Europe ni pour l'Amérique. L'Europe a besoin d'un espace où elle puisse agir indépendamment, et nous avons besoin d'une Europe capable et déterminée à le faire, dans la défense de nos intérêts et valeurs communs.
  
Pourtant, nous ne pouvons continuer à partir chacun de notre côté dans des contrées éloignées du monde, et choisir à chaque fois nos partenaires. Les coalitions de volontaires ont leur limite. Nous devons apprendre à penser, se préparer et agir ensemble, tout en préservant l'autonomie de chaque institution. Pas seulement en Afghanistan et au Kosovo, où l'Otan comme l'UE sont engagées ; mais chaque fois que l'on nous appellera à soutenir la sécurité et le développement, que ce soit dans les territoires palestiniens, en Afrique ou pour les prochains défis à peine imaginables aujourd'hui. Si nous pouvons le réaliser en tant que communauté transatlantique, nous pourrons également, en tant que membres au cœur de la famille des Nations unies, renforcer les efforts de l'organisation.

    
Conjonction favorable
   
La bonne nouvelle, c'est que les astres paraissent se conjuguer pour favoriser une telle cohérence. À Paris, nous avons un président qui veut utiliser sa présidence de l'UE pour renforcer l'Europe de la défense, et ensuite ramener la France dans une Otan rénovée. À Washington, les dirigeants de tous côtés appellent à plus et non moins d'Europe. Et à Londres, David Miliband nous demande de soutenir la vague civile du monde en faveur de la démocratie, avec la puissance douce comme la dure.
   
Ainsi, les vieux contentieux et autres disputes s'apaisent sur les deux rives de l'Atlantique. Nous devons maintenant montrer une sagesse égale afin d'abaisser les barrières entre les organisations. Du côté européen, un partenaire comme la Turquie qui contribue généreusement aux missions de l'UE et veut coopérer à l'Agence européenne de défense doit être accueilli : on doit le consulter et lui offrir un accord de sécurité et des droits proportionnés à ses contributions et à son potentiel. En échange, l'Otan doit ouvrir ses portes à un partenariat complet avec Chypre et finaliser un accord de sécurité, tout en encourageant Malte à revenir dans le Partenariat pour la Paix. Des membres anciens de l'UE et de l'Otan comme le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne détiennent les clés de ce grand arrangement. Les États-Unis restent prêts à les aider, mais les Européens doivent prendre l'initiative de faire fondre les glaciers de l'absurde « conflit gelé » entre les deux organisations (...).
   
(...) Ma génération est prête à entamer le travail pour élaborer l'un des plus grands partenariats de l'histoire, l'Union transatlantique, afin de répondre aux défis les plus récents qui affectent notre sécurité et notre liberté.


EXTRAITS DU DISCOURS AU CLUB DE LA PRESSE À PARIS LE 22 FÉVRIER 2008


(...) L'organisation où je sers, l'Otan, tire les mêmes enseignements en Afghanistan. Aussi quand le président français Nicolas Sarkozy déclare en novembre 2007 devant le Congrès américain : « L'Europe doit maintenant reprendre le dossier majeur de ses capacités militaires... il y a plus de crises qu'il n'y a de capacités pour s'en occuper », aucun Américain ne le désapprouve.

  
Nous sommes d'accord avec la France : l'Europe, les États-Unis, l'Otan et le monde démocratique ont besoin d'une capacité de défense européenne plus forte et plus puissante. (...) parce que le président Sarkozy a raison : « l'Otan ne peut pas être partout ».

  
(...) Avec ces défis à l'esprit, nous accueillons avec grand plaisir la déclaration du président français, « la France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps que nécessaire, parce que ce qui est en jeu, c'est l'avenir de nos valeurs et de l'Alliance atlantique ». Avec des forces à Kaboul, des équipes intégrées d'entraînement prêtes sans restriction, des Mirage dans le Sud et l'annonce récente de renforts prévisibles, nous voyons que la France joue un rôle croissant dans ce combat.

   
(...) Nicolas Sarkozy veut utiliser la présidence de l'UE pour renforcer l'Europe de la défense, et ensuite ramener la France dans une Otan rénovée. Avec un moteur français dans les deux organisations, nous pouvons les rapprocher encore plus. À Washington, les dirigeants de tous côtés appellent à plus et non moins d'Europe et applaudissent à l'appel du président français pour que l'Union européenne et l'Otan « marchent la main dans la main ».

   
(...) Cela nécessitera du courage, de la créativité et un esprit visionnaire. Cela nécessitera considérablement plus d'investissement de la part de chacun d'entre nous. Mais si Washington et Lafayette ont pu joindre leurs forces pour repousser les vareuses rouges, alors, sûrement, notre génération pourra élaborer l'un des plus grands partenariats de l'histoire, l'Union transatlantique, afin de répondre aux défis les plus récents qui affectent notre sécurité et notre liberté.
  
  

NDLR : Cet article a été initialement publié dans la revue Défense nationale et sécurité collective, avril 2008, pp. 29-34. Nous vous invitons à visiter son site.


Copyright février 2008-Nuland


 Source :
Diploweb
   
    
  

par Admin publié dans : RdP : Géopolitique
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Samedi 7 juin 2008

   
La
Radio Suisse Romande a diffusé du 21 au 24 avril 2008 sur sa chaîne Couleur 3 quatre émissions consacrées aux évènements du 11 septembre dans lesquelles sont ouvertement posées des questions que refoulent encore soigneusement les médias de l'UE.

La
Radio Suisse Romande est un diffuseur de service public basé à Lausanne qui produit cinq programmes, parmi lesquels la chaîne Couleur 3, qui est destinée aux jeunes.

Les quatre émissions peuvent être écoutées en intégralité sur le site
reopen911

Pour faciliter l'écoute Opus Incertum vous propose les mêmes émissions, réduites aux interventions sur le sujet :
  
     - 
21 avril : Présentation
       (env. : 8,2 Mo, 23 mn)
   
     -
22 avril : Intervention de Daniele Ganser, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Bâle
       (env. : 8.5 Mo, 24 mn)
   
     -
23 avril : Intervention de Giuletto Chiesa, eurodéputé Italien
       (env. : 9.2 Mo, 26 mn)
    
     -
24 avril : Intervention de
Marc Chesney, Professeur de finance à l’université de Zurich
       (env. : 7.9 Mo, 23 mn)
  
  
  

par Admin publié dans : RdP : Terrorisme
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Samedi 7 juin 2008

[ Le Canard Enchaîné - Ed. papier n° 4570 du 28 mai 2008 ]
  
Une loi, qu'y a-t-il à l'intérieur...

 

Ce qu'il y a de bien avec le transgénique, c'est qu'il y a toujours une embrouille quelque part. Voyez la loi sur les OGM, votée la semaine dernière après moult rebondissements. A part une poignée de mordus (pro et anti-transgéniques), qui est capable d'en dire ne serait-ce que les grandes lignes ? Cette opacité arrange les Borloo et compagnie, qui du coup peuvent clamer sur tous les plateaux télé qu'« aucune loi au monde n'est aussi précautionneuse » que celle-là. Faux, bien sûr (l'Allemagne est plus sévère). Bref retour sur cette loi.
  
1. - Elle repose sur un flou volontairement entretenu dès l'article 1. Celui-ci affirme « la liberté de produire et de consommer avec ou sans OGM ». En apparence, la liberté est sauve. Mais cet article ajoute que la notion de « sans OGM » n'est pas encore définie. « Sans OGM » ne veut pas dire 0 % d'OGM, ce serait trop simple ! Il est prévu de décréter « sans OGM » des céréales, des fruits ou des légumes qui ont été contaminés par des OGM. Et en contiennent donc un peu. Combien? 0,05 % (le seuil de détection) ? 0,1 % ? 0,9 % ? Entre les deux ? L'Europe n'ayant pas encore défini quel seuil de contamination transgénique est« tolérable », dans les cultures, la loi prévoit qu'en attendant ce sera le ministre de l'Agriculture qui fixera ce seuil par décret et au cas pas cas. Le ministre de l'agriculture ! L'ami des agroindustriels... La loi offre donc à ces derniers le droit à tout contaminer, même les cultures biologiques ! Plus « précautionneux », y a pas.
  
2. - Question transparence, la loi donne l'impression d'une avancée: on pourra désormais consulter sur Internet la nature et le lieu des parcelles transgéniques. Mais ce (léger) progrès se double d'un (vrai) recul. En effet, il suffira qu'une information soit couverte par le secret industriel pour qu'elle ne puisse être rendue publique, même si elle concerne les risques pour la santé ou l'environnement. Rassurant, non ?
  
3. - Toutes les demandes de nouvelles cultures transgéniques à venir seront examinées par un « Haut Conseil des biotechnologies ». Lors du Grenelle, il avait été promis que les scientifiques n'y auraient pas tous les droits : agriculteurs, consommateurs, écolos seraient associés à l'expertise. Vaste blague : seul le « comité scientifique », sera habilité à donner son avis, les citoyens ne pourront qu'émettre de vagues« recommandations ». Et, au final, ce sera le ministre de l'Agriculture qui donnera le feu vert aux cultures OGM, excluant carrément le ministre de l'Ecologie. Applaudissements.
   
4. - Les cas de contamination ne seront reconnus que dans le cas d'une « parcelle située à proximité ». Rappelons le cas de ces deux agriculteurs bio dont le maïs a été contaminé à 35 kilomètres de distance (« Le Monde »,13/5).
   
5. - Qui sera responsable en cas de contamination ? Uniquement l'agriculteur, dit la loi, qui exempte semenciers et distributeurs de toute responsabilité. Autant dire qu'en cas de problème de grande ampleur c'est le contribuable qui devra mettre la main à la poche.
  
On comprend qu'une loi aussi faux-cul ait scandalisé jusque dans les rangs de l'UMP. Et que l'invention du délit spécial fauchage (2 ans de prison et 50 000 euros d'amende) n'ait pas empêché le 7432e faucheur volontaire de signer son engagement...
  
Jean-Luc Porquet
  
  

par Admin publié dans : RdP : Environnement
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