Attractivité de la France : du discours aux faits
Pour la cinquième année consécutive, Ernst & Young a présenté son étude sur l’attractivité
européenne organisée selon deux axes : il s’agit d’abord d’une mesure de l’image de l’Europe et de celle de ses concurrents perçue par 809
décideurs internationaux, et ensuite d’une analyse de la réalité des implantations internationales recensées dans le « European Investment Monitor » d'Ernst & Young. J’avais
commenté les résultats sur données 2005 dans ce
billet. Je récidive aujourd’hui. En remarquant d’abord que la presse a relayé de bien curieuse façon les résultats de
l’étude, avec comme titre de l’article du
Monde : « Investissements étrangers : la France reste attractive mais se fait rattraper par ses concurrents », mais surtout
pour la Tribune (€) : « Attractivité : la France risque la relégation en deuxième division »… Damned, me
suis-je alors exclamé, le problème doit être sérieux…
(Blog d'Olivier Bouba-Olga, économiste, chargé d'enseignement à SciencesPo, 29 juin
2007)
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Au bonheur des riches
Une étude de l’Ecole d’économie de Paris révèle l’envolée des revenus des Français les plus aisés depuis 1998.
Grâce au travail de l’économiste Camille Landais de l’Ecole d’économie de Paris, on sait désormais que les riches Français n’ont pas grand-chose à envier à leurs homologues anglo-saxons. Plus ils
sont riches et plus ils s’enrichissent. Et dans des proportions inédites dans l’histoire sociale française. Reprenant à son compte les sources fiscales déjà exploitées par l’économiste Thomas
Piketty sur une période récente (1998-2005), Landais s’est concentré sur l’évolution des revenus de la petite population française la plus fortunée (allant même jusqu’au 0,01 % des plus riches).
Et que constate-t-il ? Un fort «accroissement des inégalités de revenus depuis huit ans». C’est la première fois qu’un économiste peut établir un tel diagnostic, les travaux de
l’Insee ayant jusqu’à présent conclu à une réduction des inégalités en France. Bref, un travail universitaire qui ne tombe pas très bien pour le gouvernement de François Fillon, juste au moment
où il va devoir expliquer aux députés l’impérieuse nécessité de voter des cadeaux fiscaux pour une population qui s’est déjà considérablement enrichie.
En complément : L’internationale des riches se porte
bien
Les grandes fortunes financières mondiales ont vu le total de leurs actifs progresser de 11,4 % en 2006, selon une étude réalisée par la
banque d’investissement Merrill Lynch et le cabinet de consultants Capgemini. Le total des actifs de ces «super-riches» devrait progresser de 6,8 % par an jusqu’en 2011 pour atteindre 51
600 milliards de dollars, selon le rapport. En 2006, les patrimoines financiers ont progressé à un rythme plus de deux fois plus rapide que la croissance de l’économie mondiale (5,4 %).
(Reuters)
(Deux articles parus dans Libération, éd. du 29 juin 2007)
L'étude de l'économiste Camille Landais est disponible en version complète : ici
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Une nation sans vacances, par Eric Leser
Une étude récente du Center for Economic and Policy Research (CEPR, Centre d'études économiques et politiques) parle des Etats-Unis comme d'une "no vacation nation" (une nation sans
vacances). Un tiers des employés américains, soit 51 millions de personnes, ne prennent pas les 14 jours de congés payés annuels auxquels ils ont droit en moyenne. Et sur ceux qui partent, près
d'un quart restent en contact avec leur entreprise, consultant messageries électronique et vocale.Les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé où la loi ne contraint tout simplement pas les
employeurs à accorder des congés payés. Selon le CEPR, un salarié sur quatre du secteur privé n'y a simplement pas droit. Et la situation ne cesse de se dégrader...
(Le Monde, éd. du 30 juin 2007)
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11 septembre, questions sans réponses
Les attentats du 11 septembre ont bouleversé le paysage géopolitique mondial et marqué l’amorce de la confrontation entre l’occident et le monde musulman qui s’amplifie désormais
sous nos yeux chaque jour. Cet évèmenement considérable, aux répercussions dramatiques, reste bien peu compris ou analysé. L’évidence de l’attaque, provoquant un sursaut patriotique de
rassemblement autour de George Bush et de sa lecture simpliste - et fausse - des évènements a rendu inutile au mieux, suspecte au pire, toute investigation sérieuse et sans à priori sur les
faits. De nombreuses questions n’ont été qu’à peine effleurées par la commission d’enquête officielle et sont restées sans réponse. Pourtant, ce jour tragique pèse d’un poids trop lourd sur notre
futur pour que la vérité, l’entière vérité, les responsabilités engagées et les fautes commises soient couvertes d’un voile d’indifférence. Christopher Pollmann, professeur à l’université de
Metz, rappelle les nombreuses zones d’ombres non élucidées et interroge le peu de curiosité des média, qui préfèrent taxer de conspirationnisme toute démarche de questionnement, plutôt que de
tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé aux USA le 11 septembre 2001.
(ContreInfo.info, 24 juin 2007)
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Jusqu’ici, la politique du “all options are on the table”, signifiant en réalité que les USA sont prêts à utiliser la force contre l’Iran et même sur le point de le
faire, était considérée comme le signe ultime de ce que la politique US de GW Bush peut envisager de plus extrémiste. Il s’agissait d’une politique considérée comme “hors de contrôle”, une
politique folle, les USA basculant dans la fuite en avant préconisée par les néo-conservateurs et leurs soutiens. Insensiblement, ces dernières semaines, la perception a changé.
Cette étrange “option” est devenue une part d’un jeu politique où d’autres que les USA (et les Iraniens par la force des choses) sont parties prenantes, et où d’autres que les
extrémistes à l’intérieur de l’administration GW Bush sont également parties prenantes à Washington. Cette attaque contre l’Iran est aujourd’hui considérée comme politiquement “possible” et cette
option doit être évaluée en fonction de cette nouvelle perception.
(dedefensa, 16 juin 2007)
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