Samedi 30 juin 2007
Ce matin, cherchant France Musique de bonne heure du fond de mon lit, je tombe sur une interview symptomatique sur BFM, sorte de radio économique dédiée aux cours de la bourse et aux taux de change avec les monnaies du Tiers-monde (comme le dollar, par exemple). Un jeune Français y raconte comment il est passé de Paris à Londres, ville dynamique et enthousiaste où il a pu enfin faire son trou alors que l'apathie de la capitale française lui fermait toute porte. Il terminait en recommandant d'acheter son livre juste sorti sur le sujet, comme la première starlette venue.
Ce discours, je l'ai lu un nombre considérable de fois, dans des journaux, sur des blogs - et il est à chaque fois rigoureusement le même, au point que j'ai décidé aujourd'hui d'en faire un peu l'analyse. Pas sur le plan économique, rassurez-vous (encore qu'il faudra bien que j'évoque un peu la désindustrialisation de l'Angleterre et son taux de pauvreté), mais sur le plan rhétorique. Ce que je veux vous montrer ici, c'est que ce discours n'est que ça, justement, un discours, fabriqué et immuable, qui ne se nourrit pas de la réalité des faits mais se nourrit de lui-même et d'être épaulé par d'autres discours exactement identiques...
(Blog France at War, 27 juin 2007)
 
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Samedi 30 juin 2007

Attractivité de la France : du discours aux faits 
Pour la cinquième année consécutive, Ernst & Young a présenté son étude sur l’attractivité européenne organisée selon deux axes : il s’agit d’abord d’une mesure de l’image de l’Europe et de celle de ses concurrents perçue par 809 décideurs internationaux, et ensuite d’une analyse de la réalité des implantations internationales recensées dans le « European Investment Monitor » d'Ernst & Young. J’avais commenté les résultats sur données 2005 dans ce billet. Je récidive aujourd’hui. En remarquant d’abord que la presse a relayé de bien curieuse façon les résultats de l’étude, avec comme titre de l’article du Monde : « Investissements étrangers : la France reste attractive mais se fait rattraper par ses concurrents », mais surtout pour la Tribune (€) : « Attractivité : la France risque la relégation en deuxième division »… Damned, me suis-je alors exclamé, le problème doit être sérieux…
(Blog d'Olivier Bouba-Olga, économiste, chargé d'enseignement à SciencesPo, 29 juin 2007)

 
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Vendredi 29 juin 2007

Les responsables asiatiques s’inquiètent du « chaos » qui menace l’économie mondiale
Le déséquilibre économique persistant entre les USA et le Pacifique inquiète les responsables Asiatiques réunis par le Forum Economique Mondial. L’énormité du déficit US d’une part, des réserves en dollars des banques centrales d’autre part, auxquels s’ajoutent aujourd’hui les tensions sur le système financier nées de l’éclatement de la bulle immobilière, leur font craindre une correction majeure capable de provoquer le chaos dans l’économie mondiale.
(ContreInfo.info, 29 juin 2007, d'après
Forbes )
 

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Vendredi 29 juin 2007

Au bonheur des riches
Une étude de l’Ecole d’économie de Paris révèle l’envolée des revenus des Français les plus aisés depuis 1998.
Grâce au travail de l’économiste Camille Landais de l’Ecole d’économie de Paris, on sait désormais que les riches Français n’ont pas grand-chose à envier à leurs homologues anglo-saxons. Plus ils sont riches et plus ils s’enrichissent. Et dans des proportions inédites dans l’histoire sociale française. Reprenant à son compte les sources fiscales déjà exploitées par l’économiste Thomas Piketty sur une période récente (1998-2005), Landais s’est concentré sur l’évolution des revenus de la petite population française la plus fortunée (allant même jusqu’au 0,01 % des plus riches). Et que constate-t-il ? Un fort «accroissement des inégalités de revenus depuis huit ans».  C’est la première fois qu’un économiste peut établir un tel diagnostic, les travaux de l’Insee ayant jusqu’à présent conclu à une réduction des inégalités en France. Bref, un travail universitaire qui ne tombe pas très bien pour le gouvernement de François Fillon, juste au moment où il va devoir expliquer aux députés l’impérieuse nécessité de voter des cadeaux fiscaux pour une population qui s’est déjà considérablement enrichie.

En complément :
L’internationale des riches se porte bien
Les grandes fortunes financières mondiales ont vu le total de leurs actifs progresser de 11,4 % en 2006, selon une étude réalisée par la banque d’investissement Merrill Lynch et le cabinet de consultants Capgemini. Le total des actifs de ces «super-riches» devrait progresser de 6,8 % par an jusqu’en 2011 pour atteindre 51 600 milliards de dollars, selon le rapport. En 2006, les patrimoines financiers ont progressé à un rythme plus de deux fois plus rapide que la croissance de l’économie mondiale (5,4 %). (Reuters)

(Deux articles parus dans Libération, éd. du 29 juin 2007)

L'étude de l'économiste Camille Landais est disponible en version complète : ici

 

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Vendredi 29 juin 2007

Une nation sans vacances, par Eric Leser
Une étude récente du Center for Economic and Policy Research (CEPR, Centre d'études économiques et politiques) parle des Etats-Unis comme d'une "no vacation nation" (une nation sans vacances). Un tiers des employés américains, soit 51 millions de personnes, ne prennent pas les 14 jours de congés payés annuels auxquels ils ont droit en moyenne. Et sur ceux qui partent, près d'un quart restent en contact avec leur entreprise, consultant messageries électronique et vocale.Les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé où la loi ne contraint tout simplement pas les employeurs à accorder des congés payés. Selon le CEPR, un salarié sur quatre du secteur privé n'y a simplement pas droit. Et la situation ne cesse de se dégrader...
(Le Monde, éd. du 30 juin 2007)


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Mercredi 27 juin 2007
"Les Anglo-saxons ont compris plus vite que les Français : Sarko ne sera pas là où on l’attendait. Le coup de maître du Conseil européen (faire retirer du traité la référence au libre-échangisme et à l’ouverture des frontières comme finalité ultime de l’Union européenne), et les avertissements du Salon du Bourget (ce sera désormais en matière de commerce international du donnant-donnant, et il est temps que le complexe militaro-industriel français cesse d’être obnubilé par la pensée technolâtre américaine) ont été immédiatement décodés par la presse anglaise : Sarko, totalement décomplexé et moins fasciné par l'Amérique des grands mythes que par le modèle panoptique post-2001, va réactiver un colbertisme offensif qui pourrait rapidement faire regretter à Londres et Washington l’archéo-gaullisme dont ils se sont tant moqué.
Et les voilà d’autant plus furieux, que Sarko ne fait finalement que retourner contre les tenants de l’ultra-libéralisme (pour les autres, toujours pour les autres, jamais pour eux) les pratiques commerciales, dirigistes et protectionnistes dont les plus grands champions historiques restent à ce jour les Etats-Unis.
Sarko l’Américain ? Rien n’est moins certain, ou alors pas dans le sens que l’on attendait. Comme l’a déjà fait remarquer George W. Bush lors du G-8, mi-amer mi-ironique : on m’avait pourtant dit que Jacques Chirac n’était plus président. D’ici à ce que Fox News regrette les surrending monkeys français de 2003, il n’y a pas loin."
     (Reprise in extenso du court article de Jean-Philippe Immarigeon sur son blog
American Parano , 26 juin 2007)
 
Voir également sur le site, les
réactions à la suite de cet article, avec les réponses de JPI qui précisent son point de vue : des analyses tout à fait pertinentes et pénétrantes !
 
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Mercredi 27 juin 2007
La CIA dévoile ses "bijoux de famille"
Commandé en 1973 dans la foulée du Watergate, le rapport de la CIA sur ses "bijoux de famille" - à savoir ses opérations illégales - vient d'être, en partie,
rendu public hier par l'agence. De nombreuses sections ont été censurées, déplore le NYT, pour qui les pratiques décrites n'ont rien à envier à la Stasi. Il relève que l'agence avait ordonné à ses sbires de ne pas hésiter à utiliser les "méthodes de la Gestapo", et que ce qui se passe aujourd'hui rend ces "bijoux de famille" bien pâles en comparaison. On y apprend que le président Lyndon Johnson, persuadé que ceux qui luttaient contre la guerre du Vietnam étaient financés par le bloc soviétique, ordonna à la CIA de lui en fournir les preuves, alors qu'il lui était interdit d'espionner les Américains. On y apprend aussi que les officiers de la CIA éprouvaient un "fort degré de ressentiment" d'avoir à se laisser pousser les cheveux afin de pouvoir infiltrer les milieux hippies, et qu'ils ont contrôlé et entraîné des centaines de milliers d'agents dans 25 pays.
     (Extrait de la lettre Check-list du journal Le Monde, réservée aux abonnés, du 27 juin 2007)

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Mardi 26 juin 2007
Energie : le libéralisme en échec, par Frédéric Lemaître
A partir du 1er juillet, les ménages français pourront choisir leur(s) fournisseur(s) de gaz et d'électricité. Quelques années après, France Télécom, EDF et Gaz de France perdent à leur tour leur monopole. Les consommateurs devraient s'en réjouir car qui dit concurrence dit en principe baisse des prix. A quelques jours de la date fatidique, que constate-t-on ? Exactement l'inverse. "Conservez vos contrats actuels. Ne quittez pas EDF et Gaz de France", conseille l'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir. Et alors que Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, qualifie de "véritable révolution" l'arrivée de la concurrence, le président de la Commission de régulation de l'énergie. connu pour ses convictions libérales, Philippe de Ladoucette estime qu'"il faut relativiser l'événement" et que "le 1er juillet 2007 est avant tout une date symbolique". Quant au gouvernement, il garde un étonnant silence radio sur ce sujet éminemment sensible. Aucun des principaux acteurs ne joue donc la partition attendue : la seule explication est que la libéralisation risque de ne pas avoir les effets escomptés...
(Le Monde, éd. du 23 juin 2007)

Ceux qui seraient intéressés par l'article
cité de Marcel Boiteux "Les ambiguïtés de la concurrence" peuvent me contacter.
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Mardi 26 juin 2007

11 septembre, questions sans réponses
Les attentats du 11 septembre ont bouleversé le paysage géopolitique mondial et marqué l’amorce de la confrontation entre l’occident et le monde musulman qui s’amplifie désormais sous nos yeux chaque jour. Cet évèmenement considérable, aux répercussions dramatiques, reste bien peu compris ou analysé. L’évidence de l’attaque, provoquant un sursaut patriotique de rassemblement autour de George Bush et de sa lecture simpliste - et fausse - des évènements a rendu inutile au mieux, suspecte au pire, toute investigation sérieuse et sans à priori sur les faits. De nombreuses questions n’ont été qu’à peine effleurées par la commission d’enquête officielle et sont restées sans réponse. Pourtant, ce jour tragique pèse d’un poids trop lourd sur notre futur pour que la vérité, l’entière vérité, les responsabilités engagées et les fautes commises soient couvertes d’un voile d’indifférence. Christopher Pollmann, professeur à l’université de Metz, rappelle les nombreuses zones d’ombres non élucidées et interroge le peu de curiosité des média, qui préfèrent taxer de conspirationnisme toute démarche de questionnement, plutôt que de tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé aux USA le 11 septembre 2001.
(ContreInfo.info, 24 juin 2007)

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Samedi 16 juin 2007
 
Jusqu’ici, la politique du “all options are on the table”, signifiant en réalité que les USA sont prêts à utiliser la force contre l’Iran et même sur le point de le faire, était considérée comme le signe ultime de ce que la politique US de GW Bush peut envisager de plus extrémiste. Il s’agissait d’une politique considérée comme “hors de contrôle”, une politique folle, les USA basculant dans la fuite en avant préconisée par les néo-conservateurs et leurs soutiens. Insensiblement, ces dernières semaines, la perception a changé.
Cette étrange “option” est devenue une part d’un jeu politique où d’autres que les USA (et les Iraniens par la force des choses) sont parties prenantes, et où d’autres que les extrémistes à l’intérieur de l’administration GW Bush sont également parties prenantes à Washington. Cette attaque contre l’Iran est aujourd’hui considérée comme politiquement “possible” et cette option doit être évaluée en fonction de cette nouvelle perception.
(dedefensa, 16 juin 2007)
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