Samedi 31 mai 2008

[ Contre Info - Radar du 14 mai 2008 ]


John Mc Cain a recruté comme conseillers plusieurs membres du « 
Committee on the Present Danger, » parmi lesquels figure James Woolsey, l’ancien patron de la CIA, célèbre pour avoir écrit que le 11 septembre 2001 a marqué le début de la « 4ème guerre mondiale »

Cet entretien avec Eric Margolis est accompagné de documents d’archives de 2006, durant la guerre du Liban, où Woolsey affirme non seulement qu’il ne faut pas rechercher un cessez le feu, mais qu’Israël devrait également bombarder la Syrie.

    
  
    


A une question sur le Moyen Orient et l’Iran, Mc Cain répond en chantonnant sur une mélodie des Beach Boys : Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran.

    

 

    
   
Nouveau Moyen Age

   
Le révérend Rod Parsley est en membre en vue du comité de soutien de Mc Cain, que le candidat tient à présenter et à remercier en public. Dans un DVD vendu par son église, on peut entendre Parlsey vociférer :

   
Le révérend Rod Parsley est en membre en vue du comité de soutien de Mc Cain, que le candidat tient à présenter et à remercier en public. Dans un DVD vendu par son église, on peut entendre Parlsey vociférer :


L’Islam est une religion anti christ, qui a pour projet de conquérir le monde par la violence.

Les USA ont été fondés pour détruire cette fausse religion.

Mohammed a reçu sa révélation d’esprit malins et non du Dieu vivant.

Historiquement, les USA se conçoivent comme un bastion contre l’Islam.

Notre nation ne pourra tenir ses promesses tant qu’elle n’aura pas compris son conflit historique avec l’Islam.

L'Islam est le plus grand ennemi au monde de notre civilisation
 
 

 


Nulle nation n’est à l’abri du fanatisme et des esprits illuminés. Mais nous n’avons malheureusement pas à faire ici à un énergumène quelconque prospérant aux marges de la société.
   
Mc Cain ne ressent aucune gène à s’afficher en public avec un tel homme qui prêche ouvertement la haine et la guerre de religion.
   
Il ne faut pas commettre l’erreur de sous estimer l’influence de ce genre de discours - aussi extravaguants puissent-ils paraître pour des esprits nourris de rationnalisme.
   
Ces visions apocalyptiques, qui disqualifieraient immédiatement en France quiconque les ferait siennes, sont ancrées dans la psyché de nombreux américains qui vivent selon les valeurs d’un évangélisme millénariste et guerrier.
   
Aussi choquante que soit cette perspective, il nous faut pourtant nous habituer à penser que la nation qui détermine le futur de l’occident est en partie guidée par les conceptions les plus obscurantistes, les plus aberrantes. Et de nombreux américains, simples citoyens ou dirigeants, vivent dans un monde peuplé de superstitions et de craintes où Voltaire n’aurait pas encore vu le jour.

   
    
    Source :
Contre Info
    
   
   
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Samedi 31 mai 2008

Voir la page de France 24, qui propose un reportage vidéo dans lequel intervient notamment Michel Aglietta, professeur d'économie à Paris X - Nanterre.
  
  
France 24 - 3 mai 2008  ]
  
  
Avec un euro au plus haut, des déficits budgétaires américains record, une conjoncture économique en berne, la chute du billet vert pourrait entraîner un basculement historique
(Reportage : P. Alexandre, S. Lebelzic, C. Giraud).
  
Claire Giraud
   
Mars 2008, l'euro vient de franchir la barre de 1,55 dollar... Encore un nouveau record ! Depuis l'abandon de sa convertibilité en or en 1971, le dollar a perdu plus d'un tiers de sa valeur vis-à-vis de l'ensemble des autres monnaies. La chute du billet vert ne date donc pas d'hier. Mais aujourd'hui, la crise semble plus structurelle que conjoncturelle.
  
Comment expliquer cette dégringolade ? D'abord, par une croissance américaine plutôt faiblarde ! De nombreux économistes parlent d'ailleurs du "retour de la stagflation" (croissance morose et inflation menaçante). Deuxièmement, par la crise des subprimes qui sévit depuis juillet 2007. Et enfin, par un déficit public colossal : près de 500 milliards de dollars prévus pour 2008.
   
Pourtant, le dollar occupe toujours une place privilégiée sur les marchés internationaux ! Monnaie de référence, les prix des matières premières et en particulier le pétrole sont déterminés en dollar ! Plus de 60 % des réserves des banques centrales sont en dollars, contre 27 % en euros et moins de 5 % en yen.... Bref le dollar, indétrônable ? Pas si sûr !
   
La chute du billet vers sur le marché des changes affaiblit la valeur des réserves constituées par les pays exportateurs comme ceux d'Asie et du Moyen-Orient. Combien de temps encore accepteront-ils de voir la valeur de leurs réserves diminuer à cause de la faiblesse du dollar ?
   
Les investisseurs étrangers vont-ils dire adieu au dollar et fêter l'euro ? Non, pas vraiment. Les économistes n'envisagent pas un basculement radical du dollar vers l'euro comme monnaie de référence. Il est en effet très difficile de passer d'une monnaie de référence à une autre, car la puissance économique et financière dépend du poids économique mais également politique dans les relations internationales... Or, l'Europe ne dispose pas d'un gouvernement européen stable et parfaitement cohérent.
  
Néanmoins, il semble indéniable qu'un rôle plus important sera accordé aux autres devises comme l'euro ou le yuan chinois. Se dirige-t-on vers une planète financière multipolaire ? C'est en tous les cas, la thèse développée par Michel Aglietta, professeur d'économie à l'université de Paris X Nanterre et invité sur notre plateau.
  
Il a d'ailleurs publié deux ouvrages : La chine vers la super puissance, et Le désordre dans le capitalisme mondial développent cette thèse. Pour lui, trois pôles monétaires partageraient la planète : le dollar pour l'Amérique, l'euro pour l'Europe et le yuan pour l'Asie. C'est aussi l'avis de Huang Weiping, professeur d'économie à l'université de Renmin de Pékin que nous avons interviewé.
  
"Actuellement, il n'y a aucune possibilité pour que la monnaie chinoise, le yuan, devienne la plus importante monnaie du monde mais d'ici quelques années, peut-être un quart de siècle, le yuan sera devenu effectivement l'une des grandes monnaies internationales."
  
Est-ce la fin de la suprématie du dollar ? La planète monétaire multipolaire est-elle donc née ? En tous cas une chose est sûre : aujourd'hui, la valeur du billet vert tient davantage à la puissance politique américaine qu'à son économie. Mais pour combien de temps encore ?
   
   
  
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Samedi 31 mai 2008
La montée d'un capitalisme du désastre



Qu'y a-t-il de commun entre le coup d'Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, le naufrage de l'épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l'Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l'année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux - Abou Ghraïb ou Guantànamo - aujourd'hui ?. Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l'avènement d'un "capitalisme du désastre". Approfondissant la réflexion militante entamée avec son best-seller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l'existence d'opérations concertées clans le but d'assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d'un ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation. Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l'investigation journalistique, s'affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.


Naomi Klein
   
Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l'auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s'est rendue en Irak pour le magazine Harper's. En 2004, elle a réalisé un film documentaire. The Take, sur l'occupation des usines en Argentine, qu'elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis.

Fiche de l'ouvrage :

    Editeur : Actes Sud
    Date de parution : 01/05/2008
    Collection : Questions De Societe
    Format : 15 cm x 24 cm
    ISBN 2742775447
    Nombre de pages : 593

    Disponible à la
Fnac et ailleurs...


Exceptionnel :

    -
Naomi Klein est l'invitée de l'émission "
Les Matins" de France Culture du mercredi 28 mai .
      Ecoute de l'émission complète :
ici (durée env. 2heures)

   - Ecoute de la même émission, réduite aux interventions de Naomi Klein :
ici 
      (durée env. 50 mn )
    
   
    
Voir aussi sur Contre Info :
   
    
Naomi Klein : A qui profitent les crises ? 
   
    
Naomi Klein : La stratégie du choc , avec une vidéo de Naomi Klein et Alfonso Cuaron
    
     
   
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Samedi 24 mai 2008

 [ lemonde.fr - 20 mai 2008 ]
    
Débat avec Hubert Védrine, ancien ministre socialiste des affaires étrangères, vendredi 23 mai, à 11 h  (intégralité).
   
Rachid : La France considère-t-elle le Hamas comme un mouvement terroriste ?
   
Hubert Védrine : Je ne sais plus quelle est la position officielle et exacte de la France. Mais je considère, de toute façon, que ces classifications n'ont pas grand sens, parce qu'elles sont imposées par les Etats-Unis, qui veulent empêcher le dialogue politique avec les organisations concernées.

Je ne dis pas qu'il faut parler à n'importe qui n'importe comment, mais ce type d'établissement de listes a priori est typiquement la mauvaise méthode.
    
Clément : Le Hamas accepte-t-il les trois conditions posées par la communauté internationale à une reprise du dialogue : reconnaître Israël et ne plus appeler à sa destruction, renoncer à la violence et entériner les accords israélo-palestiniens déjà signés. Renouer le dialogue avec le Hamas sous prétexte d'infléchir leur position ne revient-il pas à vider ces conditions de leur force ?
    
Hubert Védrine : D'abord, ce que l'on appelle "communauté internationale", ce sont en général les Occidentaux et les Israéliens.

Autant dire les choses par leur nom, d'autant qu'il y a dans le monde environ cinq milliards de gens qui ne sont pas occidentaux et qui contestent de plus en plus, on le voit avec les pays émergents, le droit aux Occidentaux de parler au nom du monde entier.

Ensuite, en ce qui concerne les fameuses conditions, elles ont également été inventées pour qu'aucun dialogue ne puisse se nouer.

Il y a eu une époque en Israël où des lois étaient votées pour interdire le contact entre tout citoyen israélien et tout membre de l'OLP, à partir du même raisonnement. Il faut donc toujours essayer de comprendre qui fixe ce genre de conditions préalables, et pourquoi.

L'ancien président Carter a par ailleurs eu des contacts récents avec le Hamas, et il a obtenu des réponses ambiguës, ce qui ne peut pas surprendre.

Il faut noter qu'on sondage récent a montré que 63 % des Israéliens acceptaient l'idée d'un dialogue direct ou indirect avec le Hamas, et que beaucoup d'anciens responsables militaires ou des services secrets, le dernier en date étant Ephraïm Halévy, ont déclaré qu'aucun problème ne pouvait être maintenant résolu sans un dialogue, d'une façon ou d'une autre, avec le Hamas.
Mais encore une fois, il ne s'agit pas de parler n'importe comment.
   
Nabil84 : Etant élu démocratiquement, le Hamas n'est-il pas le représentant légitime des Palestiniens ?
   
Hubert Védrine : On ne peut pas dire qu'il soit le seul représentant légitime, puisqu'il y a aujourd'hui deux mouvements politiques qui sont légitimes : l'OLP devenue Autorité palestinienne et le président Mahmoud Abbas, et d'autre part, le Hamas.

Mais vous avez raison, c'est tout à fait incohérent de la part des Occidentaux d'exiger des Palestiniens des élections libres et incontestables, ce qu'ils ont fait, et de décréter ensuite un blocus, un peu comme au Moyen Age, sous prétexte que les Palestiniens n'ont pas voté comme il faut.

On voudrait détruire l'idée de démocratie dans l'opinion arabe et discréditer les interventions des Occidentaux qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Tout cela est le résultat d'une politique incohérente.

Mais cela ne règle pas tout, parce que le Hamas est aussi un mouvement avec des positions extrémistes, même s'il y a des divisions en son sein.

L'Autorité palestinienne est dans une sorte de piège et est obligée de demander aux Occidentaux de ne pas parler avec le Hamas.

Et les gouvernements arabes de la région, qui sont inquiets des menées iraniennes via le Hezbollah, le Hamas ou autre, n'y sont pas favorables non plus.

Mais en fait, tout le monde sait très bien qu'à un moment ou un autre, il faudra remettre le Hamas dans un processus, que c'est cela qui le fera évoluer. Tout dépend de quand et comment.
   
mehdi34 : Les contacts entrepris avec le Hamas vont-ils délégitimer M. Abbas devant son peuple ? 
   
Hubert Védrine : Il faut surmonter ces contradictions. Il est indispensable à un moment ou à un autre qu'il y ait une discussion avec le Hamas de la part des Occidentaux, mais aussi de la part d'Israël. Et il faut le faire sans affaiblir encore plus M. Abbas.

Mais pour le moment, ce qui affaiblit le plus M. Abbas, ce ne sont pas les contacts marginaux pris avec le Hamas, c'est l'absence totale de processus de paix sérieux.

Et le fait que M. Abbas ne puisse pas présenter de résultat concret à son peuple pourrait être le résultat heureux de sa propre modération.

Ce sont donc les Occidentaux et les Israéliens qui, en ne relançant pas un processus de paix sérieux, sont le facteur numéro un de l'affaiblissement d'Abbas.

La question du Hamas vient ensuite. L'Autorité palestinienne elle-même aurait intérêt à ce que le Hamas soit remis dans le jeu, à condition qu'elle n'en soit pas exclue. Et pour faire tout cela, il faut qu'il y ait un processus et une dynamique.

Je le répète, tout cet imbroglio est le résultat direct de la politique occidentale récente, et plus exactement de l'alliance politique nouée depuis le début des années 1990 entre les néoconservateurs américains, les évangéliques du sud des Etats-Unis et le Likoud israélien, ainsi que l'avait très bien expliqué Richard Perle, néoconservateur très influent au début de l'administration Bush, qui était l'inspirateur de cette ligne.

Selon lui, il fallait convaincre le monde que la question palestinienne était marginale, qu'il ne devait pas y avoir de conversations avec les Palestiniens quels qu'ils soient, et que l'urgence était plutôt de changer les pays arabes de gré ou de force.

On a vu avec l'administration Bush à quoi conduisait cette politique, qui a été, peut-on dire, la plus mauvaise politique étrangère américaine depuis 1945. En tout cas au Proche et au Moyen-Orient.
   
paris_75 : Quel est l'intérêt de la France à établir des contacts avec le Hamas ? 
   
Hubert Védrine : A mon avis, l'intérêt de la France serait de ne rien s'interdire a priori en termes de contacts.

Il faut rappeler que la diplomatie a été inventée à l'aube de l'histoire pour traiter les problèmes autrement que par la guerre.

La diplomatie ne consiste pas à se réunir avec des amis dont on partage les valeurs et à se congratuler, la diplomatie peut consister à parler avec des dirigeants ou des régimes qu'on estime horribles et dont on rejette catégoriquement toutes les valeurs, et il en a toujours été ainsi.

Après la révolution bolchévique de 1917, les Occidentaux prétendaient refuser tout contact avec l'Union soviétique et l'a boycottée de toutes les façons. Naturellement, cela n'a pas tenu.
Après la révolution communiste en Chine, les Occidentaux ont boycotté la Chine communiste jusqu'en 1964 pour la France, jusqu'en 1972 pour les Etats-Unis, ensuite ils ont parlé avec elle.
A l'époque de la décolonisation, les Américains ont fini par parler avec les Nord-Vietnamiens. Les Français ont fini par parler avec le FLN. Les Anglais avaient fini par parler avec les nationalistes indiens.

Itzhak Rabbin avait parlé avec Arafat à une époque où les positions de l'OLP n'étaient pas tellement différentes des positions du Hamas aujourd'hui. Il avait même fait d'Arafat un partenaire et contribué fortement à l'évolution de l'OLP.

Bref, les exemples abondent.

Donc aujourd'hui, il faut se libérer de cette vision régressive que nous a imposée l'administration Bush, selon laquelle on ne parle pas à ses ennemis.

Parler, ce n'est pas approuver, ce n'est pas abdiquer ses convictions, c'est au contraire une façon de défendre ses intérêts vitaux.

Donc dans le cas de la France, à mon avis, il ne devrait y avoir aucun interdit dogmatique a priori. Ni en ce qui concerne l'Iran, ni en ce qui concerne le Hezbollah, ni en ce qui concerne le Hamas.

Je rappelle qu'il y a périodiquement dans la presse israélienne des Israéliens importants qui défendent ce point de vue, parce qu'ils ont une autre conception de la défense des intérêts vitaux d'Israël.

Mais il y a quand même, après, une question de mise en œuvre diplomatique : à quel moment est-il opportun de parler ? à quel niveau ? pour obtenir quoi ? etc. C'est un problème de mise en œuvre, ce n'est pas un problème de principe. 
   
Trotoman : A quelques mois de la présidence française de l'Union européenne, entamer un dialogue avec le Hamas alors que le mouvement est toujours considéré par le Conseil de l'Union européenne comme organisation terroriste ne risque-t-il pas de compromettre les relations diplomatiques de la France avec ses partenaires européens ? 
   
Hubert Védrine : Un Etat membre de l'Union européenne est parfaitement libre à tout moment de dire : nous avons une position commune, elle est erronée, nous voulons la faire évoluer. Cela arrive constamment. Cela n'a rien de choquant en soi.

Maintenant, je ne sais pas si le contact qu'a eu, à titre quasiment privé, un ancien ambassadeur qui travaille maintenant à Sciences Po peut être considéré comme l'indice de ce changement. Personnellement, je m'en réjouirais, parce que je trouve la position française actuelle absurde. Mais je ne suis pas du tout sûr que cela s'inscrive dans un processus réfléchi.

Malheureusement, je crains qu'il ne faille attendre que les Israéliens eux-mêmes aient changé de position (leurs services secrets parlent déjà sur le terrain avec le Hamas), ou que la prochaine administration américaine ait elle-même changé.

A ce moment-là, les Européens, qui sont moutonniers et qui ont bien du mal à avoir leur propre pensée sur tous ces sujets, suivront.
    
lacam : Si la France entre en contact avec le Hamas, peut-elle craindre de refroidir ses liens avec Israël ? 
   
Hubert Védrine : Je crois qu'on accorde une importance exagérée à ce contact récent d'un ancien ambassadeur, que je connais bien et qui est par ailleurs excellent. A ma connaissance, l'Elysée a déjà dit que rien n'était changé dans la politique actuelle de la France.

D'une certaine façon, je le regrette, parce que cela veut dire que la France s'interdit de tenter de faire évoluer une politique occidentale que je trouve tout à fait mauvaise et dans ce cas-là, tant pis, ce seront d'autres qui le feront.

Quant aux relations avec Israël, elles sont très bonnes parce qu'Israël apprécie énormément les positions du président Sarkozy. Celui-ci doit faire prochainement un voyage dans la région, et les propos qu'il tiendra là-bas sont évidemment très attendus.

Car tout le monde se souvient du premier voyage d'un président français en Israël, c'était François Mitterrand en 1982, tout le monde se souvient de son amitié pour Israël, de son soutien à la sécurité d'Israël, et en même temps, de sa déclaration en faveur d'un Etat palestinien.

M. Begin, alors premier ministre, avait aussitôt répliqué : "La seule chose qui s'oppose à une entente parfaite entre la France et Israël, c'est votre soutien au principe d'un Etat palestinien." Cela a été la source presque unique des disputes franco-israéliennes ces vingt-cinq dernières années, quand il y en a eu.

Mais en principe, le monde entier est maintenant, en principe, en faveur d'un Etat palestinien, à commencer par les Israéliens eux-mêmes, à hauteur de 60 % environ. Mais aussi le président Bush lui-même, bien qu'il ait fait tout le contraire. 
   
voltaire : L'administration Sarkozy a-t-elle intérêt à parler avec le Hamas sous peine de se mettre à dos l'administration Bush ?
   
Hubert Védrine : Tout en trouvant absurde que l'on s'interdise de parler à qui que ce soit, y compris au diable s'il existait et si cela servait nos intérêts, je pense qu'un changement de cette nature doit s'inscrire dans une stratégie.

Donc cela aurait un sens si cela préparait une évolution politique des Européens, qui en auraient informé évidemment Israël, et si cela préparait à un changement de la politique étrangère américaine.

Mais je crains que ce ne soit pas le cas, qu'il ne s'agisse que d'un contact isolé sans grande signification politique, que la diplomatie française, terrorisée, va aussitôt faire oublier.
   
artbooksdz&yahoo.fr : Quel rôle pourriez-vous jouer dans de futures éventuelles négociations ?????
   
Hubert Védrine : Je n'occupe à l'heure actuelle aucune fonction ni gouvernementale ni politique, donc a priori, sauf changement que je ne prévois pas pour le moment, je n'ai pas de rôle particulier à jouer. Sauf par l'expression de mes idées. 
   
voltaire : Deux États, est-ce la meilleure solution aujourd'hui ?
    
Hubert Védrine : S'il n'y a pas finalement deux Etats, cela veut dire qu'Israël continuera à occuper les territoires occupés, avec tout ce que cela entraîne, qu'Israël ne sera jamais véritablement accepté dans la région et que cette plaie envenimera sans fin les rapports Europe-monde arabe, Occident-islam, etc.

Ce n'est pas une perspective très excitante. C'est pour cela qu'il y a tellement de responsables et une majorité de l'opinion en Israël qui se sont résignés à la formule des deux Etats.
Mais ceux qui sont contre l'évacuation des territoires occupés emploieront jusqu'au bout tous les moyens pour torpiller cette perspective.

L'autre hypothèse serait de revenir au mythe d'un grand Etat binational, où les Israéliens et les Palestiniens coexisteraient dans un même Etat, avec des droits garantis par la Constitution.
Par désespoir, certains intellectuels palestiniens commencent à revenir à cette idée, parce qu'ils voient bien que la pseudo-communauté internationale est totalement incapable de tenir ses engagements à leur égard, que la majorité des Israéliens, qui acceptent l'Etat palestinien, n'arrivent pas à faire plier la minorité qui s'y oppose absolument. Donc ils se mettent à rêver d'un grand Etat où ils auraient des droits normaux.

Mais ces deux peuples se sont infligé tellement de souffrances mutuelles maintenant que je ne crois pas du tout à cette solution, qui ne serait imaginable qu'après une très longue période de séparation, où chacun aurait été dans son propre Etat, avant que l'opération devienne possible.
Je rappelle aussi que si beaucoup d'Israéliens en étaient venus à la solution de l'Etat palestinien, à commencer par Itzhak Rabin, qui a été à mon avis le grand homme d'Israël des trente dernières années, c'était, entre autres, pour éviter la perspective d'un Etat d'Israël au sein duquel, pour des raisons démographiques, les Palestiniens auraient un jour la majorité.

Je crois donc que la solution d'un Etat palestinien reste la seule possible. 
   
lina : La question de Jérusalem ne fait-elle pas définitivement obstacle à l'existence de deux Etats ? 
  
Hubert Védrine : C'est une question difficile, mais je ne pense pas qu'elle soit insoluble. Lors des conversations dites de Taba en janvier 2001, la solution était à portée de main, y compris là-dessus. Les Israéliens et les Palestiniens ne peuvent pas décider seuls, il faudra le moment venu une caution des Saoudiens, "gardiens des lieux saints", celle précisément qui avait fait défaut à Arafat pendant les conversations de l'année 2000. Mais ce n'est pas insoluble.
   
resiste : Que faut-il faire exactement pour que le processus de paix voit le jour ?
  
Hubert Védrine : Etant donné que personne ne peut évacuer les territoires occupés à la place des Israéliens, un nouveau processus ne peut démarrer que si un premier ministre israélien a autant de courage que Rabin et, d'une certaine façon, que Sharon à la fin, et s'il décide d'avancer non pas par générosité, mais parce que c'est l'intérêt vital d'Israël de régler cette question.

Cela suppose qu'il surmonte l'opposition d'une partie de la classe politique israélienne, de certains partis religieux, de certains partis d'extrême droite, d'une petite partie de l'armée (qui au total sera loyale), et enfin du lobby des colons. A ce stade, les Palestiniens ne veulent rien donner. L'évacuation ne dépend pas d'eux.

Quant aux garanties de sécurité qu'on leur demande cyniquement au préalable, alors que tout a été fait depuis des années pour qu'ils soient complètement incapables d'avoir la moindre autorité et qu'ils ne puissent plus garantir la sécurité de qui que ce soit, même pas la leur, on ne les obtiendra que dans un processus conduisant à un Etat palestinien qui, au bout d'un certain temps, deux ou trois ans, sera en effet capable d'exercer son autorité.

Donc il ne faut pas les demander aux Palestiniens à l'avance, c'est inutile. Ce dont on a besoin du côté palestinien, c'est d'un leader suffisamment courageux pour signer un accord de paix qui sera considéré par une partie non négligeable de l'opinion palestinienne comme un compromis honteux.

En effet, même si les Israéliens récusent totalement ce chiffre, aux yeux des Palestiniens, le petit Etat palestinien viable ne couvrirait au mieux que 22 % de la Palestine historique.
Tout cela veut dire que les garanties de sécurité auxquelles ont droit Israël et le futur Etat palestinien doivent être fournies par d'autres.

Israël a une formidable capacité militaire, mais cela ne suffit pas. On peut imaginer un engagement américain supplémentaire du côté israélien, y compris au sol, et un engagement européen ou international mandaté par l'ONU du côté palestinien. On trouvera des solutions s'il y a la volonté d'aboutir.

Mais le point essentiel à comprendre, c'est que tout cela ne peut pas découler de négociations entre un gouvernement israélien qui n'a plus de crédibilité et qui n'a pas de volonté politique et des Palestiniens détruits.

Il faut donc un engagement international avec un accord israélo-américain pour commencer, et une sorte de prise en charge internationale de la fabrication de l'Etat palestinien viable sur quelques années, et pas comme un préalable. 
    
lina : Pensez-vous que l'élection d'Obama, si elle devait se produire, puisse impulser un changement réel dans la gestion internationale de ce conflit ? 
   
Hubert Védrine : De toute façon, le départ de Bush était un élément important. Cela va produire un soulagement mondial, sauf dans deux ou trois pays. Et il y aura une grande attente de changement, même dans le cas de l'élection de McCain.

Si c'est Obama, cela ira beaucoup plus loin. Ce sera un électrochoc dans le monde, car pour beaucoup de gens dans le monde, Obama serait peut-être le premier président des Etats-Unis capable de comprendre aussi le reste du monde.

Donc il y aurait un moment tout à fait étonnant, dont il faut espérer qu'il sera saisi, à la fois pour nouer des relations nouvelles entre les Européens et les Américains et, d'autre part, pour repenser complètement les relations entre l'Amérique et le reste du monde, à commencer par le Proche et le Moyen-Orient.

Donc oui, à cet égard, c'est l'élection américaine la plus importante depuis vingt ou trente ans. 
   
darwin : Vous avez refusé le poste de ministre des affaires étrangères que vous proposait Nicolas Sarkozy. Est-ce que, en cas de remaniement, vous pourriez revoir votre position et accepter un poste dans un nouveau gouvernement (Fillon 2 ou Bertrand) ? 
   
Hubert Védrine : Les éléments de fond n'ont pas changé.
   
   
Chat modéré par Constance Baudry


    Source :
lemonde.fr
   
    © Le Monde.fr
 
   
par Admin publié dans : RdP : Moyen Orient
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Jeudi 1 mai 2008

Par Paul Craig Roberts

 [
Questions Critiques - 1er mai 2008 ]

C'est 1939 qui recommence. Le monde attend, impuissant, le prochain acte d'agression de la part des Etats voyous. Sauf que cette fois-ci, les Etats voyous ne sont pas le Troisième Reich et l'Italie Fasciste. Ce sont les Etats-Unis et Israël.
 
Les futures victimes ne sont pas la Pologne et la France, mais l'Iran, la Syrie, les restes de la Cisjordanie et le Sud-Liban.
   
Les médias américains sont fous de joie. La couverture de la guerre attire les téléspectateurs et fait vendre de la publicité.
   
Les néoconservateurs sont en extase. L'hégémonie "über alles" est de retour.
   
L'US Air Force est impatiente "de montrer ce qu'elle est capable de faire".
   
Les contractants de la défense font des profits infinis.
   
Sous couvert de désordre et de propagande, Israël peut accaparer les restes de la Cisjordanie et faire une autre tentative pour mettre la main sur les ressources aquifères du Sud-Liban.
   
Contrairement aux Etats-Unis et à Israël, l'Iran n'occupe aucun territoire étranger, ni ne menace d'envahir un autre pays. Cela n'empêche pas les bouches étasuniennes et israéliennes de débiter à une vitesse croissante leur propagande contre l'Iran. Un mensonge après l'autre roule sur la langue des dirigeants des "deux grandes démocraties".
  
Le 27 avril, l'Amiral Mike Mullen, président de l'état-major interarmes, a accusé l'Iran d'avoir une "influence maléfique et de plus en plus létale" en Irak. L'Amiral Mullen a-t-il oublié que ce sont les Etats-Unis, et non pas l'Iran, qui sont responsables d'au moins un million de morts irakiens et de quatre millions de déplacés, les "dommages collatéraux" d'une "guerre facile" qui est maintenant dans sa sixième année ?
  
Le 26 avril, le Washington Post a rapporté que "le Pentagone prépare des actions militaires potentielles" contre l'Iran. Le conseiller à la sécurité nationale du Régime de Bush dit que l'Iran est une menace en Irak, une accusation reprise sans fin par le secrétaire à la défense Robert Gates, la secrétaire d'Etat Rice, le vice-président Cheney et le président Bush. Les Etats-Unis, qui ont 150.000 soldats en Irak ne constituent pas une menace. Les troupes américaines protègent l'Irak de l'Iran, d'al-Qaïda et des Taliban. Il suffit de demander à FOX News !
   
Apportant sa contribution pour pousser à la guerre contre l'Iran, l'émission d'information de la TV américaine "60 Minutes", a donné du temps d'antenne au commandant de l'Armée de l'Air d'Israël, le Général Eliezer Shkedi, qui a déclaré dans une interview spéciale que le président iranien Ahmadinejad était le nouvel Hitler et que nous ne devons pas refaire la même erreur de ne pas croire un Hitler. Il y a de meilleurs candidats pour ce rôle qu'Ahmadinejad !
   
Le Général Shkedi lui-même nous rappelle Hitler accusant la Pologne d'avoir commencé la deuxième guerre mondiale. Ahmadinejad n'a attaqué aucun pays, alors qu'Israël a envahi régulièrement ses voisins et poursuit ses occupations depuis 40 ans des territoires palestinien et syrien.
   
Ainsi que Noam Chomsky l'a écrit, le gouvernement des Etats-Unis pense qu'il est le propriétaire du monde (Chomsky aurait pu ajouter qu'Israël pense être propriétaire du Proche-Orient et de l'Amérique). Les Américains peuvent se vautrer dans l'indignation à propos de l'occupation du Tibet par la Chine et se satisfaire pleinement de leur occupation de l'Afghanistan et de l'Irak. Israël peut disserter avec éloquence sur le "terrorisme palestinien", tandis que son armée et ses colons sionistes terrorisent les Palestiniens.
   
Les Américains ne voient aucune hypocrisie lorsque "leur" gouvernement accuse la Russie de s'opposer à l'incorporation de ses anciens satellites et éléments territoriaux dans une alliance militaire étasunienne.
   
Les Américains voient un destin manifeste, pas une agression de leur part, lorsque "leur" gouvernement largue des bombes sur la Serbie, l'Irak, l'Afghanistan, le Soudan et le Pakistan. Les Américains ne pensent pas qu'il s'agisse d'une agression lorsqu'ils mettent au point des plans de guerre pour attaquer l'Iran, la Chine ou la Corée du Nord, ou qui que ce soit d'autre, ou lorsqu'ils maintiennent des centaines de bases militaires partout sur la planète. Ces mêmes Américains qui deviennent hystériques à propos de "l'influence iranienne en Irak" et des "projets d'al-Qaïda d'amener la guerre en Amérique".
   
Ainsi que Chomsky le dit : le monde nous appartient. Rien d'autre ne compte, sauf Israël.
   
Israël compte tellement que tous les candidats présidentiels ont déclaré leur volonté de répandre tout le sang américain et l'argent nécessaires "pour protéger Israël". Il n'y a aucune limite à la promesse "de défendre Israël", peu importe ce qu'Israël fait, peu importe si Israël initie (encore et toujours) la guerre avec ses voisins, peu importe si Israël continue de chasser les Palestiniens de leurs maisons et de leurs villages afin de "créer un espace de vie" pour les Israéliens.
   
Avec cette sorte de promesse, pourquoi Israël devrait-il accepter moins que "le Grand Israël" ?
    
Exactement comme il a lancé son invasion illégale de l'Irak sur le dos de mensonges à propos d'armes de destruction massive et de champignons atomiques, le gouvernement étasunien prétend que s'il n'attaque pas l'Iran, l'Iran construira une arme nucléaire. Le Régime de Bush a appris à ne jamais se défaire d'un mensonge tant qu'il fonctionne.
   
Ce mensonge fonctionne pour le Congrès, les médias et une grande partie du public américains, mais il ne tient pas debout à l'étranger. Le 27 avril, le quotidien britannique, The Independent, répondait à la récente affirmation du gouvernement américain que l'installation attaquée en septembre dernier par Israël, dans un acte d'agression non déguisé, était un réacteur nucléaire construit par la Corée du Nord : "Il n'y a aucun moyen indépendant de vérifier tout ceci, surtout depuis que cette installation a été détruite. Nous devons compter sur l'intégrité des services de renseignement israéliens et étasuniens. C'est là où nous rencontrons un problème. L'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell avait présenté une preuve similaire au Conseil de Sécurité des Nations Unies en février 2003, montrant ce que l'on nous disait être une preuve sérieuse du stockage d'armes de destruction massive par l'Irak. Comme nous le savons tous, ces renseignements se sont avérés être bidons". 
   
Une guerre inutile, un pays détruit, tout ça pour des renseignements bidons !
   
Pourquoi devons-nous répéter notre crime en Iran ? Pourquoi persistons-nous dans notre crime en Irak ? Le 27 avril, McClatchy Newspapers rapportait que 50 dirigeants politiques irakiens, représentant de nombreux groupes politiques, dont des Sunnites, se sont rendus à Sadr City pour protester contre le siège par l'armée américaine.
   
Pourquoi Sadr est-elle entièrement assiégée ?
  
[Muqtada al-Sadr] a appelé à l'arrêt du bain de sang entre Irakiens, à "notre libération et celle de notre terre des occupants", à "un vrai gouvernement et à une vraie souveraineté". Cependant, pour le Régime de Bush, la rhétorique sur "la liberté et la démocratie" n'est rien d'autre qu'un masque derrière lequel imposer un gouvernement fantoche au service des Etats-Unis. Les véritables leaders irakiens, comme al-Sadr, sont des "terroristes" qui doivent être éliminés.
  
Pourquoi le peuple américain et "ses" représentants au Congrès continuent-ils de tolérer un Régime Bush criminel qui se sert de mensonges et de la propagande pour masquer ses actes d'agression flagrante, des crimes de guerre selon les normes de Nuremberg ?
   
Pourquoi le reste du monde continue-t-il de recevoir des représentants d'un gouvernement coupable de crimes de guerre ?
   
Que se passerait-il si le reste du monde disait aux Américains de fermer leurs bases, leurs ambassades, leurs opérations de la CIA et de rentrer chez eux ?
   
Les Américains auto-satisfaits considéreraient de telles exigences comme de l'effronterie ! Le monde nous appartient.
   
   
    Source :
Questions Critiques, d'après CounterPunch
    Article original : The Iraq War Morphs Into the Iran War
    Traduction : JFG-QuestionsCritiques
    Date : 1er mai 2008
    
    
Paul
Craig Roberts a été sous-Secrétaire américain du Trésor, chargé de la Politique économique sous l’administration Reagan.
    
    
   
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Jeudi 1 mai 2008

 

[ RIA Novosti - 26 mars 2008]
  
   
Les avertissements faits par nombre d'experts avant l'indépendance du Kosovo commencent à se réaliser: tous les attributs d'une grande base militaire de l'OTAN et des Etats-Unis apparaissent en catimini sur le territoire enlevé à la Serbie. La décision du président George W. Bush de commencer à livrer des armes au Kosovo est l'un des derniers indices en date de ce processus. Moscou a insisté sur la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil Russie-OTAN, qui se tiendra vendredi 28 mars à Bruxelles. D'ailleurs, il est douteux qu'il soit possible de persuader ce conseil d'intervenir, car il s'est toujours révélé peu utile. A propos, le président Bush a pris cette décision deux jours après la visite à Moscou de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et du secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui ont appelé à renforcer la coopération, à étendre les consultations et, en général, à assurer la transparence.

La précipitation avec laquelle le Pentagone accorde sa protection à l'oisillon encore sans plumes qu'est le Kosovo ne peut témoigner que d'une chose: l'Occident n'est pas certain que la paix règnera dans les Balkans aussitôt après la séparation du Kosovo d'avec la Serbie. Cependant, c'est bien sur la rhétorique de la nécessité de mettre fin à la crise yougoslave que l'Occident s'est appuyé pour justifier son soutien aux séparatistes kosovars. De quelle paix peut-il s'agir dès lors qu'on arme une partie contre l'autre? On est tout simplement en train de verser de l'essence sur un brasier déjà très chaud...

Les Serbes l'ont déjà compris. Dans la ville de Kosovska Mitrovica (Nord du Kosovo), ils se sont mis à défendre avec l'acharnement des désespérés leur dernier refuge: le tribunal où siégeaient jadis les magistrats serbes et où siègent aujourd'hui des juges internationaux qui prévoient à terme de transmettre leurs fonctions à des juristes albanais. Du sang a été versé lors d'affrontements avec les forces de la KFOR. Les manifestations en soutien à la minorité serbe du Kosovo se succèdent à Belgrade.

La ville de Kosovska Mitrovica, coupée en deux par le fleuve Ibar en communautés albanaise et serbe, sera désormais et pour longtemps une pomme de discorde entre les parties opposées. Belgrade a déjà envoyé à l'ONU un message exigeant d'attribuer à la Serbie le Nord de la province, attenant à Kosovska Mitrovica, où résident de façon compacte environ 100.000 Serbes. Ces derniers ont besoin d'une protection physique élémentaire. Mais il est peu probable que cela touche les partisans de l'indépendance du Kosovo à l'ONU. Dans la première moitié des années 90, les pays occidentaux avaient fermé les yeux sur l'exil de 300.000 Serbes de Croatie. Peuvent-ils donc se soucier à présent de 100.000 Serbes? "Si 300.000 oiseaux avaient quitté tout à coup une région, le monde serait bouleversé. Mais l'humanité n'a pas remarqué la tragédie des Serbes", dit-on tristement à Belgrade.

L'intention des Etats-Unis de commencer à livrer des armes au Kosovo s'explique, entre autres, par la volonté de retenir au sein de la province Kosovska Mitrovica, ville serbe insoumise, mais importante d'un point de vue stratégique. Mais il y a également un objectif plus important: donner carte blanche aux Kosovars pour la répression des actions de protestation dans les enclaves serbes à l'échelle de toute la province, estime Elena Gouskova, directrice du Centre d'étude de la crise balkanique contemporaine de l'Institut d'études slaves de l'Académie russe des sciences.

Les livraisons d'armes aux Kosovars sont une sorte de légalisation des futures actions des Albanais ayant pour but d'évincer la minorité serbe de la province. Autrement dit, les pays occidentaux assurent aux Kosovars la possibilité d'achever un processus déjà entamé: nettoyer la province de la population non-albanaise, mais à condition qu'ils le fassent eux-mêmes, pour éviter de compromettre les soldats de la paix de l'OTAN faisant partie de la KFOR et, à plus forte raison, l'Amérique.

Il semble également que la province du Kosovo soit appelée à devenir le premier Etat dans l'histoire se trouvant sous protectorat de l'OTAN. Les soldats de la paix de l'Alliance, au sein de la KFOR, maintiennent l'ordre dans la province depuis déjà neuf ans. Si l'on prend en considération l'admission prévue à l'organisation de l'Albanie, de la Macédoine et de la Croatie au cours du sommet de l'OTAN qui se tiendra du 2 au 4 avril à Bucarest, la province du Kosovo pourrait devenir le plus puissant appui de l'Alliance dans les Balkans. La base militaire américaine de Camp Bondsteel, la plus grande des Etats-Unis hors de leur territoire, y est déjà installée. Et le Pentagone a abordé la construction d'une deuxième base militaire au Kosovo, rappelle Elena Gouskova.

Leonid Ivachov, président de l'Académie des problèmes géopolitiques, se dit certain que la stabilité dans les Balkans, et même en Europe, n'est pas nécessaire à Washington, en tout cas en ce qui concerne l'administration actuelle. "Dans une situation de stabilité, les Etats-Unis ne peuvent pas influer sur les événements. Si le calme règne en Europe, l'Amérique n'aura rien à y faire. La stratégie politique des Etats-Unis consiste à diriger par le chaos", affirme le général Ivachov. Selon ses renseignements, l'Amérique prévoit de livrer au Kosovo des armes d'infanterie légères et des véhicules blindés sans matériel lourd. Mais, à l'étape suivante, des cadres albanais seront formés pour l'aviation et les unités de chars.

Que peut faire la Russie dans ces conditions? Hélas, pas grand chose. Elena Gouskova et Leonid Ivachov estiment qu'en plus de l'aide humanitaire aux habitants des enclaves serbes du Kosovo, déjà annoncée, le Kremlin pourrait poser la question de l'introduction d'un contingent de paix russe dans la région de Kosovska Mitrovica. Les experts russes discutent également de l'introduction de forces de paix russes dans le Sud de la Serbie, limitrophe du Kosovo. Mais il est peu probable que le président pro-européen Boris Tadic se risque à adresser une telle demande à la Russie. Par conséquent, Moscou ne peut employer que des moyens purement diplomatiques pour influer sur la situation. Quant aux moyens économiques, à savoir la participation du Kosovo au projet de gazoduc South Stream, la Russie n'y a pas eu recours, faute d'en avoir eu la possibilité, ou tout simplement parce qu'elle n'a pas souhaité le faire.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
   
   
    Source :
RIA Novosti
    Auteur : Tamara Zamiatina, pour RIA Novosti
    Date : 
26/03/2008
    
   
L'intérêt stratégique des Etats-Unis pour le Kosovo, à proximité des champs pétroliers de la Caspienne, s'est traduit dès 1999 par l'établissement du Camp Bondsteel, le plus grand des camp américain situés hors du territoire des Etats-Unis.

Voir :
Jean-Michel Vernochet Les enjeux stratégiques du Kosovo
    Sur Wikipedia : Le camp Bondsteel
    Sur GlobalSecurity.org : Camp Bondsteel (en)
     
   

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Jeudi 1 mai 2008

    
[
Le Monde - 30 avril 2008 ]
   
  
L 'emploi est de moins en moins protecteur contre la pauvreté. Tel est l'un des principaux constats mis en évidence par le cinquième rapport de l'
Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, qui a été remis, mardi 29 avril, au Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, et à la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin.
  
Ce rapport confirme que le processus de réduction de la pauvreté globalement observé sur les deux dernières décennies marque une pause : en 2005, dernière année connue, 3,7 millions de personnes (6,3 % de la population totale) vivaient en dessous du seuil de pauvreté (681 euros par mois pour une personne seule), soit un nombre identique à celui de 2003. Et l'intensité de la pauvreté tend à s'aggraver. L'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté ne cessant de s'accroître depuis 2002 (16,3 % en 2002 à 18,2 % 2005), de plus en plus de personnes s'éloignent de ce seuil et "s'enfoncent" dans la précarité.

 

TEMPS PARTIEL

 

Même l'emploi protège de moins en moins contre la pauvreté. En 2003 et 2005, le phénomène des working poor (travailleurs pauvres) s'est ainsi accentué : il y a trois ans, 1,74 million de personnes, soit 7 % des travailleurs, occupaient un emploi mais étaient malgré tout dans un ménage ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté ; deux ans plus tôt, ils étaient 1,47 million.

La pauvreté touche d'abord des travailleurs qui connaissant de longues périodes de chômage, mais aussi ceux qui sont employés toute l'année à temps partiel (21 % des travailleurs pauvres) et les non-salariés (27 % sont indépendants).

Les difficultés des travailleurs pauvres sont aussi souvent liées à leur situation familiale. Un tiers d'entre eux a un conjoint chômeur ou inactif (contre 23 % de l'ensemble des travailleurs) et un autre tiers est sans conjoint (contre un quart de l'ensemble des travailleurs). Plus de 40 % des travailleurs pauvres ont ainsi un revenu supérieur à un smic annuel mais qui, rapporté à la composition de leur ménage et en l'absence d'autres ressources, ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.

   
   
   Source :
Le Monde
   Auteur : Laetitia Van Eeckhout
   Edition du 30 avril 2008
  
  
   © Le Monde.fr

     
   

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Jeudi 1 mai 2008

  
Georges Stanechy, dans son excellent blog A contre courant nous montre comment le bashing, une technique organisée de dénigrement systématique sur tout une palette de thèmes, alimente la désinformation. Il s'agit de d'influencer, voire d'intimider les pays qui posent problème aux "occidentaux".
  
Souvenons-nous du French bashing qui avait été mené par l'ensemble de la presse anglo-saxonne en 2002-2003 alors que se préparait la guerre d'agression contre l'Irak...

    
   

 [ A contre courant - 24 avril 2008 ]

Dans le tour d'horizon sur la désinformation et la propagande auquel je me livre, dans ce blog, existe une expression anglaise qui n'a pas son équivalent en français, le : « bashing ». Dans son sens premier en français, c'est la "raclée". Mais, dans les techniques de propagande et de désinformation, il s'applique à une activité bien précise : dénigrer, harceler, diffamer, à tout propos et de façon systématique.
 
  
L'industrie occidentale du "bashing"
  
Cette technique, parfaitement rodée, est de plus en plus utilisée. Son organisation et son niveau de technicité ont été fortement améliorés au cours des dernières années. Notamment, pour la coordination entre pays, et entre médias, occidentaux. Remarquez la totale intégration des médias en matière "d'information", réagissant au quart de tour, au doigt et à l'oeil.
  
Souvenons-nous des campagnes de
l'hystérie islamophobe, lors de la "loi sur le voile", en France, ou encore contre la communauté musulmane de Malaisie, dans tous les pays occidentaux. Dans un autre registre, simultanément dans tous les pays occidentaux encore, les campagnes anti-Poutine, anti-Chavez, etc. A présent c'est la Chine qui est au premier plan. Nous vivons donc le : « China bashing ». Qui va s'accentuer jusqu'aux Jeux Olympiques...
   
En général, le bashing varie les angles d'attaque. Pour éviter la saturation de l'opinion publique. Depuis ces dernières semaines, comme on a pu s'en rendre compte, on assiste à une campagne de grande intensité sur le Tibet, sur fond de "droits de l'homme" et de "liberté de la presse". Mais, il y avait eu, antérieurement, un galop d'essai. Souvenons-nous, à la rentrée de l'été dernier, une campagne qui avait atteint son pic au mois d'octobre 2007. Dans tous les pays occidentaux en même temps, là encore.
  
Elle avait pour thème l'empoisonnement, auquel se livreraient les "sournois" Chinois, avec de la peinture toxique sur des jouets, et autres pièces dangereuses pour nos bambins. Avec en première ligne l'entreprise américaine
MATTEL, afin de crédibiliser les assertions. Elle avait dû, par la suite, présenter ses excuses à la Chine. Incapable de justifier, devant les commissions d'enquête chinoises, ce qu'elle avançait dans les médias occidentaux... Car, il s'agissait, en fait, d'une campagne « bidon ».

Un regard sur quelques uns de ces "angles d'attaque"...
  
[...]
  

    
Lire la suite sur A contre courant
   
    
   

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