Vendredi 29 février 2008

Commentaire :
Très étonnante cette Obamania de la presse américaine ! 
Se prolongera-t-elle au delà de l'investiture démocrate de Barack Obama - si elle a lieu - ou bien verra-t-on alors cette presse opérer un virage à 180° en faveur ... du Républicain McCain ?

   

 [ Libération - 29 février 2008 ]

   

    Quand Hillary rit, le New York Times écrit qu’elle «caquette», comme une poule. Le quotidien a même inventé un substantif : «le caquètement Clinton». Quand la candidate démocrate parle un peu fort, la presse a tendance à écrire qu’elle «hurle». Et quand elle expose son programme avec assurance, elle est décrite comme «froide». La subjectivité des médias américains est subtile, mais avérée. En novembre, après qu’une étudiante a avoué qu’on lui avait demandé de poser une question préparée à Hillary Clinton pendant une réunion publique, la presse s’est acharnée sur la candidate. L’unique incident, qui est sans doute le fait d’un militant zélé, a été présenté par la plupart des journaux comme la preuve de son «caractère calculateur» - alors qu’elle n’a eu cesse de répondre à des centaines de questions spontanées du public.

    Bon œil. Le parti pris des médias, favorable celui-là, à l’endroit de Barack Obama est encore plus évident. Une étude réalisée par le département de journalisme de l’Université de Harvard auprès de 48 médias différents (télévision, radio, journaux), a montré qu’au cours des cinq premiers mois de 2007, Obama avait été le sujet de trois fois plus d’articles et reportages favorables que les trois autres candidats les plus mentionnés. Seulement 16 % des reportages qui lui ont été consacrés étaient «négatifs», alors que tous les autres candidats, républicains et démocrates, encore nombreux en ce début de campagne, accumulaient au moins 50 % d’articles défavorables. Le bon œil de la presse ne s’est pas démenti depuis. «Star démocrate», «charisme», «vision» : les journalistes commencent à être sérieusement à cours d’épithètes originaux pour encenser «Barack». Au point que certains ont commencé à lui donner un gentil sobriquet : «le Messie». Comme l’avouait récemment à l’antenne un journaliste de la chaîne NBC fasciné par le candidat, «c’est difficile d’être objectif quand on couvre ce type».

    Dans la parodie d’un débat Clinton-Obama diffusée cette semaine dans le show Saturday night live, des acteurs, jouant le rôle de journalistes flagorneurs, posent en tremblant des questions flatteuses à l’acteur incarnant Obama, tout en boudant une fausse Hillary Clinton désemparée. «Il est temps que les journalistes ne se contentent plus de donner objectivement les nouvelles, mais prennent position», enjoint le personnage jouant Obama… La vraie Hillary, dans le débat qui l’a opposée mardi au sénateur de l’Illinois, a renouvelé ses accusations de parti pris des médias à son égard. «Vous avez vu Saturday night live ? […] peut-être qu’on devrait demander à Barack s’il a besoin d’un coussin supplémentaire !» a-t-elle suggéré en lever de rideau. Sa boutade a été mal accueillie par le public. Bill Clinton, qui a accusé en janvier les journalistes de ne pas faire leur travail d’enquête sur le passé d’Obama, n’avait pas suscité davantage d’échos.

    «Il n’y a pas beaucoup de journalistes qui décident délibérément de favoriser Obama, car l’éthique journalistique est suffisamment forte. Le vrai parti pris des journalistes réside dans le fait qu’ils veulent raconter une belle histoire, et l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis serait une superbe histoire», décrypte Evan Cornog, l’éditeur de la Revue de journalisme de l’Université Columbia de New York. «L’histoire la plus poignante à raconter est celle de John McCain [le candidat républicain, ndlr], qui a été prisonnier de guerre au Vietnam… Si Hillary devient la première femme présidente, c’est aussi un récit passionnant. Mais dans un pays qui a derrière lui une histoire raciste, l’élection d’Obama serait un tournant… Au fond, ajoute-t-il, les journalistes ont sans doute le même parti pris que les électeurs : ils veulent un changement. Hillary Clinton est l’épouse de Bill, et son élection serait ni plus ni moins un pas en arrière.» Pour Cornog, ce défaut d’objectivité est toutefois moins pro-Obama, qu’anti-Hillary. «Tout le monde sait que les médias la cherchent

    «Gâteaux». Le récit d’une rencontre entre un groupe de journalistes et Clinton, tel qu’il est relaté par un reporter du New York Post, est à cet égard éclairant. La scène se déroule début janvier, avant le caucus de l’Iowa. Hillary, qui boude généralement la presse américaine (et qui fuit la presse internationale, sans doute parce qu’elle lui est inutile), débarque inopinément dans le bus de journalistes «armée de gâteaux et de café», ostensiblement pour bavarder. L’entrevue est tendue au possible. Aussi tendue, dit un reporter, «qu’une rencontre avec une ex-petite amie». «Elle nous déteste à mort»,réagit un journaliste soulagé de la voir partir. Derrière son dos, un autre suggère de vérifier s’il n’y a pas de lames de rasoir dans les pâtisseries.

    

    Source Libération, avec Reuters : La presse américaine accusée de céder à l’Obamania
    Auteur : Philippe Grangereau, correspondant à Washington
    Date : 29 février 2008
   
    © Libération

   

  

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Jeudi 28 février 2008

   
 [ Questions Critiques - 21 janvier 2008 ]

   

C'était une affaire discrète, très confidentielle, mais après presque trois années de délais bloquants et interminables, c'est finalement arrivé. Maintenant, plus que jamais, cela pourrait aussi annoncer un tremblement de terre géo-économique, un coup potentiellement rude pour l'hégémonie du dollar américain.

   

    La bourse iranienne du pétrole — la première bourse du pétrole, du gaz et des produits pétrochimiques de la République Islamique, et la première au sein de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) — a été inaugurée dimanche dernier par le Ministre du Pétrole iranien Gholam-Hossein Nozari, flanqué du Ministre de l'Economie et des Finances Davoud Danesh Ja'fari, l'homme qui dirigera cette bourse.

    Officiellement, Bourse Internationale Iranienne du Pétrole (IIPE — Iranian International Petroleum Exchange), beaucoup, en Iran et dans le Golfe Persique, la connaissent sous le nom de Bourse de Kish, d'après l'île de Kish, une zone franche (déclarée par le Shah) dans un cadre idéal de laissez-faire : de nombreux immeubles d'appartements et de galeries marchandes hors taxes, aucun méga-portrait de Khomeyni et des hordes de jeunes mariés en lune de miel qui viennent acheter des appareils électroménagers fabriqués en Europe.

    Selon Nozari, les transactions, à ce stade précoce, se feront dans la devise iranienne, le rial, mettant fin à la spéculation qui a couru dans le monde entier que cette bourse commencerait ses échanges en euro. L'ambassadeur iranien auprès de la Russie, Gholam-Reza Ansari, a déclaré que "dans le futur, nous pourrons utiliser la devise russe, le rouble, pour nos échanges". Il a ajouté que "la Russie et l'Iran, deux producteurs principaux de l'énergie mondiale, devraient encourager les transactions de pétrole et de gaz dans diverses devises autres que le dollar, libérant le monde de son esclavage vis-à-vis du dollar".

    Le premier vice-Premier ministre de la Russie, Dimitri Medvedev, a déclaré la semaine dernière que "le rouble deviendra de facto l'une des devises de réserve régionales".

    L'ouverture de cette bourse est ce que les Iraniens appellent juste la première phase. Au bout du compte, elle est destinée à faire directement concurrence à la Bourse Internationale du Pétrole de Londres (IPE — International Petroleum Exchange) et à la Bourse Marchande de New York (NYMEX — New York Mercantile Exchange), toutes deux possédées par des grosses entreprises américaines (depuis 2001, le NYMEX appartient à un consortium qui inclut BP, Goldman Sachs et Morgan Stanley). Ce que l'Iran projette de faire à long terme est assez osé : affronter directement la domination anglo-américaine par l'intermédiaire de grosses entreprises d'énergie et des grandes banques sur le commerce international du pétrole.

    Beaucoup de choses sont déjà nécessaires pour assurer le succès de cette bourse dans sa première phase. D'autres membres de l'OPEP, et en particulier les voisins de l'Iran, les pétro-monarchies du Golfe Persique, doivent la soutenir ou du moins en "comprendre le sens général".

    Il est sensé que les membres de l'OPEP soutiennent une alternative à la fois au NYMEX et à l'IPE, qui exercent un monopole de fait sur le marché du pétrole et du gaz. Les intérêts de ces dernières ne s'alignent pas toujours sur ceux des pays producteurs. De nombreux contrats liés au pétrole iranien ou saoudien, par exemple, sont toujours indexés sur le prix du brent britannique de la Mer du Nord, dont la production en déclin est dans sa phase terminale.

    Mohammed Javed Asemipour, alors directeur exécutif en charge d'établir la bourse de Kish, en 2005, a indiqué la direction envisagée de cette bourse. Les contours qu'Asemipour a soulignés restent inchangés : la bourse commencera à échanger des contrats de produits pétrochimiques et, ensuite, ce que tout le monde attend vraiment avec impatience : le brut peu soufré de la Mer Caspienne. Cette bourse ne sera pas de style iranien, mais "une bourse internationale, complètement intégrée dans l'économie mondiale". Le but ultime est très ambitieux : la création d'un prix de référence pétrolier du Golfe Persique.

    Aujourd'hui, le Ministre Nozari concède que la part de l'Iran dans le commerce mondial du pétrole est encore très faible. C'est là que la Bourse entre en jeu, en étant la solution pour éliminer les intermédiaires. Tout le monde dans le business du pétrole sait que les prix élevés du pétrole ne sont pas vraiment dus à l'OPEP — qui fournit 40% du brut mondial — ou aux "menaces d'al-Qaïda". Les principaux profiteurs sont les intermédiaires — les "traders" pour le dire poliment, les "spéculateurs" pour le dire de façon plus crue.

    Les priorités immédiates du Ministre du Pétrole sont d'attirer les investissements étrangers vers le secteur l'énergie, dont l'Iran a grand besoin, et d'étendre son carnet d'adresse d'acheteurs de pétrole. L'Iran — comme tant de pays en développement — ne veut pas dépendre des firmes occidentales qui font le commerce du pétrole, telles que Philip Brothers (possédée par Citicorp), Cargill or Taurus. Enron — jusqu'à sa débâcle — en était l'une des plus profitables. Certaines compagnies pétrolières — telles que Total et Exxon — commercent le pétrole directement sous leurs propres noms.

   

L'empire contre-attaquera

    L'ouverture de la bourse pétrolière iranienne arrive à un moment où l'avenir du dollar américain, en tant que devise mondiale dominante, est mis en doute comme rarement auparavant.

    Lors du Forum Economique Mondial à Davos, le mois dernier, le méga-spéculateur George Soros a souligné que le monde était à la fin de l'ère du dollar et qu'une "faillite du système" pourrait nous tomber dessus. Le 8 février à Dubaï, le Secrétaire-Général Abdulhah al-Badri a déclaré au Middle East Economic Digest dont le siège se trouve à Londres, que l'OPEP pourrait passer à l'euro d'ici une dizaine d'année. L'Iran et le Venezuela — soutenus par l'Equateur — font campagne au sein de l'OPEP pour que le prix du pétrole soit au moins déterminé dans un panier de devises et, selon le président actuel de l'OPEP, Chakib Khelil, les ministres des finances de l'organisation se rencontreront bientôt pour discuter en profondeur de cette possibilité. Selon le Ministre du Pétrole irakien, Hussein al-Shahristani, une commission "soumettra à l'OPEP sa recommandation sur un panier de devises dans lesquelles les membres de l'OPEP échangent".

    Certes, il n'y a aucune indication pour l'instant que l'allié ultra-prudent des Etats-Unis, l'Arabie Saoudite, accepterait d'encourir la colère de Washington en soutenant une telle manœuvre. Mais en ce qui concerne l'Iran, le deuxième plus gros exportateur de l'OPEP, il n'échange plus le moindre baril de pétrole en dollar. Donc, ce n'est pas une petite quantité qu'ils échangent dans d'autres devises. Selon Nozari, le revenu pétrolier de ce pays atteindra 43 milliards d'euros entre le 20 mars prochain et la fin de l'année.

    En décembre 2007, l'Iran a converti tous les paiements de ses exportations de pétrole dans d'autres devises. Il vend désormais du pétrole au Japon en yen — ce pays d'Extrême-Orient, la deuxième économie du monde, est le premier importateur de pétrole iranien et l'Iran est le troisième plus gros fournisseur du Japon. Ce qui est inquiétant pour le dollar, c'est que d'autres producteurs de pétrole se préparent à suivre l'exemple de l'Iran. Le Premier ministre du Qatar, Cheikh Hamad bin Jassim al-Thani a déjà annoncé que le minuscule émirat riche en pétrole abandonnerait le dollar pour le riyal qatari avant l'été. Il y a aussi une forte possibilité que les Emirats Arabes Unis passent à leur propre devise.

    Alors que la bourse de Kish prend de la vitesse, des quantités croissantes d'échanges de pétrole et de gaz auront lieu dans un panier de devises — et, de plus en plus, le dollar américain perdra son statut suprême. Quelques analystes du Proche-Orient s'attendent à ce que les pétro-monarchies du Golfe mettent fin à l'indexation de leur devise sur le dollar plus tôt que l'on pense — certains disent dès cet été, alors que leur or noir s'échangera de moins en moins en dollar. L'économiste iranien Hamid Varzi souligne que "l'effet psychologique" de l'éloignement de l'Iran par rapport au dollar "encourage les autres à faire pareil".

    Les officiels iraniens ont toujours maintenu que Washington a menacé d'interrompre les échanges pétroliers de ce pays — au moyen d'un virus en-ligne, d'une tentative de changement de régime ou même d'une frappe nucléaire préventive unilatérale. Il est certain que des analystes défendent l'idée selon laquelle la force du dollar, de la même manière que la livre britannique auparavant, est le reflet de la force militaire de ces pays et c'est elle qui la maintienne.

    D'un autre côté, le possible succès de cette bourse pourrait être crucial pour annoncer la puissance évanescente des Etats-Unis, dans un monde qui évolue vers la multipolarité. Les Saoudiens et les pétro-monarchies du Golfe Persique ont déjà décidé de réduire leurs détentions de dollars. Washington, tôt ou tard, devra peut-être payer en euro ses importations de pétrole et de gaz.

    Il ne faut pas s'étonner que le Président vénézuélien Hugo Chavez soit diabolisé à ce point par Washington, alors qu'il répète que l'empire du dollar est en train de tomber. Le Ministre des Affaires Etrangères saoudien, le Prince Saoud al-Faiçal, a concédé, lors du dernier sommet de l'OPEP à Riyad, que le dollar s'effondrerait si l'OPEP décidait de passer à l'euro ou à un panier de devises. Lors de l'interruption d'une réunion — avec le microphone ouvert par erreur — le Prince Saoud a dit : "Mon sentiment est que la moindre mention que les pays de l'OPEP étudient la question du dollar aura à elle seule un impact mettant en danger les intérêts de ces pays. Il se trouvera des journalistes qui sauteront sur ce point et nous ne voulons pas que le dollar s'effondre au lieu de faire quelque chose de bon pour l'OPEP".

    La question à mille milliards de dollars est si, et quand, la plupart des importateurs européens et asiatiques de pétrole pourraient se précipiter vers la bourse pétrolière iranienne. Les membres de l'OPEP, de même que les producteurs de pétrole de la Caspienne pourraient être inévitablement séduits par les avantages de vendre [leur production] à Kish — dépourvue des intermédiaires tant redoutés. Les Européens, les Chinois et les Japonais y verront aussi des bénéfices s'ils peuvent acheter le pétrole en euro, en yen ou même en yuan — ils n'auront pas besoin de dollars américains — et les mêmes choses s'appliquent à leurs banques centrales.

    Il suffirait de quelques exportateurs majeurs de pétrole qui passent du dollar à l'euro — ou au yen — pour détruire la tutelle du pétrodollar. Le Venezuela, la Norvège et la Russie sont tous prêts à dire au-revoir au pétrodollar. La France soutient officiellement un rôle plus fort pour l'euro sur le commerce international du pétrole.

    Il se pourrait que la route soit encore longue, mais, à la fin, l'émergence, à Kish, d'un nouveau marqueur pétrolier en euros conduira au pétroeuro sur le marché mondial du pétrole. L'Union Européenne importe beaucoup plus de l'OPEP que les Etats-Unis et 45% des importations du Proche-Orient proviennent de l'UE.

    Le symbolisme de la bourse pétrolière iranienne est saisissant : il montre que l'éloignement du dollar est irréversible — et que, plutôt tôt que plus tard, la capacité de Washington à lancer des guerres à crédit sera en diminution. Mais à ce stade précoce dans ce jeu, une seule chose est certaine : l'empire contre-attaquera.

   

    Source : Questions Critiques, d'après Asia Times Online. 
    Article original :
"Slouching towards Petroeurostan" 
    Auteur : Pepe Escobar
    Traduction : JFG-QuestionsCritiques
    Copyright 2008 Asia Times Online Ltd

   

 

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Jeudi 28 février 2008

  
[ Le Temps - 28 février 2008 ]

   

ETATS-UNIS. Six ans et demi après la tragédie, de nombreuses théories circulent encore sur la nature des attentats. Un colloque sur ce thème est organisé ce soir au Forum Meyrin, à Genève. Décryptage d'un phénomène.

   

    Le Pentagone éventré par un missile, les avions vides et télécommandés, les attaques commanditées par Washington ou le Mossad... Six ans et demi après les faits, les attentats du 11 septembre 2001 continuent de susciter de nombreuses interrogations et d'alimenter des rumeurs extravagantes. Livres, documentaires et blogs décortiquent les événements, soulèvent des hypothèses remettant en cause la version officielle.

    La projection du film 9/11 Press for Truth a entraîné la création fin janvier en Suisse romande de l'association «Le 11 septembre en question». Le groupe organise ce jeudi soir au Forum Meyrin une conférence intitulée: «Pic pétrolier-11 septembre 2001-Guerre contre le terrorisme: quels sont les liens?» L'occasion de se pencher sur la galaxie des contradicteurs de l'enquête américaine. «Nous sommes des citoyens ordinaires, note Richard Golay, président de l'association. Il y a des scientifiques, des membres d'ONG... En tant qu'ingénieur en matériaux, je me suis beaucoup intéressé aux invraisemblances techniques figurant dans le rapport américain sur les attentats, mais c'est aussi une démarche que nous effectuons en mémoire des victimes, à New York, en Afghanistan et en Irak. Elles ont le droit de savoir.» «Si vraiment ces attaques ont été organisées depuis l'extérieur des Etats-Unis, alors la création d'un tribunal international pour enquêter et juger les responsables devient tout à fait légitime», renchérit Thierry Meyssan, icône de la remise en cause post-11 septembre et auteur de L'effroyable imposture (Editions Carnot). Le fondateur du Réseau Voltaire est qualifié de «théoricien du complot». Il se dit injustement caricaturé.

    «Après un événement de cette ampleur, des tas de choses se racontent, rassurantes ou abominables, analyse Véronique Campion-Vincent, sociologue et auteure de La société parano: Théories du complot, menaces et incertitudes (Ed. Payot). Il y a d'abord les petites histoires, les coïncidences miraculeuses, comme cette personne qui se serait jetée des tours et qui aurait survécu. Puis viennent les théories. L'une affirme que les attentats ont été planifiés par les Israéliens car aucun Juif ne se trouvait au World Trade Center ce jour-là. Une autre argue au contraire que ce sont les chauffeurs de taxi - presque tous arabes - qui avaient déserté Manhattan le 11 septembre 2001.»

   

Contestation géopolitique

    Au final, les interprétations oscillent entre des attentats orchestrés par des ennemis extérieurs, mais dont les Etats-Unis auraient eu connaissance, ou une conspiration interne à la première puissance mondiale. «Tout cela témoigne d'une volonté de contestation radicale des rapports de forces internationaux, donc de la politique américaine, largement inspirée par les événements du 11 septembre 2001, relève Antoine Vitkine, coauteur du documentaire Le 11 septembre n'a pas eu lieu. Certains considèrent par ailleurs que les Américains ne peuvent être que bourreaux et en aucun cas victimes. L'éventail va d'une frange mutante de l'extrême gauche à l'extrême droite, prompte à penser que le monde est régi par une série de complots, francs-maçons ou sionistes.» «Si l'on parvient à dégager toute responsabilité d'Al-Qaida dans le 11 septembre, les bombardements sur l'Afghanistan perdent toute pertinence, de même que le changement de politique des Etats occidentaux», poursuit le politologue Emmanuel Taïeb.

    Les ratés de l'administration Bush dans la communication post-11 septembre, les lacunes du rapport de la commission d'enquête sur le sujet et surtout les mensonges de Washington concernant la guerre en Irak sont, selon les sceptiques, autant d'éléments rendant plus légitime une méfiance envers la version officielle. «Le fait que tous ces mystères aboutissent à une guerre est un scénario rêvé pour les adeptes des machinations», reconnaît Eric Laurent, lui-même auteur de La face cachée du 11 septembre (Ed. Plon).

   

Enquête ludique

    Si les motifs - ou les motivations - à douter sont nombreux, il peut sembler étonnant qu'ils subsistent avec autant de vigueur des années après les faits; les parlements japonais et européens ont tout récemment été soumis à la question (lire ci-contre). Le 11 septembre, cependant - et l'interprétation qui en est faite - n'en finit pas d'avoir des répercussions sur le monde.

    Roland Jacquard, président de l'Observatoire international du terrorisme, voit aussi une dimension ludique à la réinterprétation des événements: «Des architectes, des scientifiques se penchent sur le sujet. Il ne s'agit pas tant de remettre en cause la version américaine que de s'amuser à décortiquer les faits. C'est une construction intellectuelle, un grand jeu planétaire auquel beaucoup veulent participer. Internet aidant, le puzzle est réalimenté en permanence; chaque nouvelle information en déclenche une autre.»

   




«Nous demandons une nouvelle expertise»
Caroline Stevan

Giulietto Chiesa, député italien au Parlement européen, a organisé mardi à Bruxelles un débat sur le 11 septembre.

Le Temps: Pourquoi cette initiative? 

Giulietto Chiesa: La politique européenne est complètement modelée par les intérêts américains. Les Etats-Unis nous ont entraînés dans une guerre qui n'a pas de motivation véritable. La version officielle est fausse et cela se démontre.

- Comment?

- Il y a des tas d'exemples. Pensez-vous vraiment que la défense aérienne du pays le mieux armé du monde soit incapable d'arrêter quatre avions détournés par un groupe de dilettantes? L'administration Bush a affirmé n'avoir jamais imaginé que des terroristes se serviraient d'avions civils, or une simulation de ce type a été réalisée par l'armée américaine en 1999. Nous n'avons aucune preuve de l'existence de ces 19pirates. Pourquoi les images de leur embarquement sont-elles invisibles?

- Les Etats-Unis seraient donc les organisateurs de ces attentats?

- Je ne sais pas. Je pense simplement que ces 19 terroristes n'ont pu agir seuls, il y a forcément eu des alliances et des complicités. La commission d'enquête américaine n'a pas répondu à ces questions, voilà pourquoi nous demandons aujourd'hui une nouvelle expertise, américaine ou internationale, mais indépendante.

- Comment a-t-on réagi à Bruxelles ?

 - La salle était pleine, j'ai refusé du monde, mais il n'y avait que six députés. Ce sujet embarrasse.

- Que répondez-vous à ceux qui vous taxent d'antiaméricanisme?

- C'est une manière de couper court à la discussion. Je ne cesse de critiquer Berlusconi. Suis-je anti-Italien ?

   

    Source : Le Temps (Genève)
    Auteur: Caroline Stevan
    Date de parution : Jeudi 28 février 2008

    
    © Le Temps.

   

 

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Jeudi 28 février 2008

  
Dès 2006, le Laboratoire Européen d'Anticipation Politique prévoit qu'une "crise systémique globale" va se développer à partir des Etats-Unis. Il édite chaque mois un bulletin (sur abonnement) qui fait le point des derniers développements de la crise et prend le risque de faire des anticipations pour les mois à venir. 
Il publie également un communiqué public qui en reprend les principaux points. 
Force est de constater que les anticipations des mois précédents se vérifient dans leur plus grande partie.

    
  
  [ Extraits : LEAP - Europe 2020 - 15 février 2008 ]

    

     Communiqué public GEAB N°22 (15 février 2008)

 

    Selon LEAP/E2020, la fin du 3° trimestre 2008 marquera un nouveau point d’inflexion dans le développement de la crise systémique globale. A cette date en effet, l’impact cumulé de l’ensemble des différentes séquences de la crise (voir tableau ci-dessous) attendra sa puissance maximale et affectera donc de manière décisive le coeur même des systèmes concernés, au premier rang desquels se trouvent les Etats-Unis, épicentre de la crise actuelle. Aux Etats-Unis, ce nouveau point d’inflexion se traduira par un effondrement de l’économie réelle, ultime étape socio-économique de l’explosion en série des bulles immobilières et financières et de la poursuite de la chute de la valeur du Dollar. L’effondrement de l’économie réelle US représente tout simplement l’arrêt quasiment complet de la machine économique américaine : faillites privées et publiques en très grand nombre, fermetures massives d’entreprises et de services publics, ...

    Signe avant-coureur, il est intéressant de noter qu’à partir de Mars 2008, le gouvernement américain interrompra la publication de ses indices économiques pour des raisons de contraintes budgétaires. Les lecteurs du GEAB N°2 et de l’alerte connexe, gardent certainement en mémoire notre anticipation qui avait notamment corrélé la chute à venir du Dollar avec la fin de la publication de M3 par la Réserve fédérale US. Voici à notre avis un nouveau signal clair que les dirigeants américains s’attendent dorénavant à de bien sombres perspectives économiques pour leur pays.

   

Perspective temporelle des 7 séquences de la phase d’impact de la crise systémique globale, anticipée depuis la mi-2007 - Source LEAP/E2020, GEAB N°18 (10/2007)

    Dans ce GEAB N°22, les experts de LEAP/E2020 tentent notamment d’anticiper les conséquences concrètes de cet effondrement de l’économie réelle américaine sur les Etats-Unis eux-mêmes, et sur les autres régions de la planète. Parallèlement, notre équipe développe une série de cinq recommandations stratégiques et opérationnelles pour se prémunir face à l’aggravation de la crise systémique globale des mois à venir.

    A l’occasion du deuxième anniversaire de la publication de sa fameuse « Alerte crise systémique globale » qui avait fait le tour de la planète en Février 2006, LEAP/E2020 souhaite néanmoins rappeler que nous entrons désormais de plain-pied dans une période sans aucun précédent historique. Comme l’a souligné à maintes reprises depuis deux ans notre équipe de chercheurs, les comparaisons avec les crises précédentes de l’économie moderne sont fallacieuses. Il ne s’agit en effet ni d’un « remake » de la crise de 1929 ni d’une répétition des crises pétrolières des années 1970 ou boursières de 1987. Il s’agit bel et bien d’une crise systémique globale, c’est-à-dire affectant l’intégralité de la planète et touchant directement aux fondements du système international qui sous-tend l’organisation planétaire depuis des décennies.

    Pour LEAP/E2020, il est également édifiant de constater que deux ans après la publication de sa fameuse « Alerte crise systémique globale » qui avait simultanément suscité l’intérêt de millions de lecteurs dans le monde entier et l’ironie condescendante de la plupart des « experts » et « responsables » du monde économique et financier, tout le monde est désormais convaincu qu’il y a bien une crise, qu’elle est bien globale et pour la plupart qu’elle est peut-être bien systémique. Cependant, notre équipe reste toujours étonnée par l’incapacité qu’ont ces mêmes experts et responsables à appréhender la nature même du phénomène que nous vivons actuellement. A les lire, cette crise systémique globale ne serait qu’une sorte de crise, « classique » mais en plus « gros ». C’est ainsi que les médias financiers reflètent d’ailleurs les interprétations dominantes de la crise en cours. Pour notre équipe c’est là une démarche non seulement intellectuellement paresseuse mais moralement coupable car elle a pour principale conséquence de ne pas permettre aux lecteurs (qu’ils soient simples citoyens, investisseurs individuels ou responsables d’institutions privées ou publiques) de se préparer aux chocs à venir.

    Ainsi, contrairement à ce que l’on peut lire ces dernières semaines dans les médias dominants, toujours prompts à tenter de camoufler la réalité pour servir les intérêts qui les dominent, LEAP/E2020 souhaite rappeler que c’est avant tout aux Etats-Unis que cette crise systémique globale prend avant tout une forme sans précédent (la « Très Grande Dépression US » comme l’a appelée notre équipe dès Janvier 2007) puisque c’est autour d’eux, et d’eux seuls, que s’est progressivement organisé le monde issu de la Seconde Guerre Mondiale. Les différents numéros du GEAB ont largement expliqué cette situation. Pour résumer, nous jugeons utile de souligner que ce n’est ni l’Europe ni l’Asie qui ont un taux d’épargne négatif, une crise immobilière généralisée jetant à la rue des millions de citoyens, une devise en chute libre, des déficits publics et commerciaux abyssaux, une économie en récession et pour couronner le tout, des guerres coûteuses à financer.

    Ce ne sont donc ni l’Asie ni l’Europe (plus exactement ‘la zone Euro’) qui subiront les conséquences les plus brutales, les plus durables et les plus négatives de la crise en cours ; mais bien les Etats-Unis et les pays/économies fortement corrélé(e)s aux Etats-Unis (ce que nos experts appellent désormais le « risque américain »). Il y a bien en effet « découplage » entre l’économie US et celles des autres grandes régions du monde. Mais « découplage » ne signifie pas « indépendance ». Il est bien évident, comme l’a anticipé LEAP/E2020 depuis de nombreux mois, que l’Asie et l’Europe seront affectées par la crise. « Découplage » signifie en revanche que les évolutions de l’économie US et celles des autres grandes régions du monde ne sont désormais plus synchronisées, que l’Asie et l’Europe évolueront dorénavant selon des trajectoires qui ne seront plus déterminées par celles de l’économie US.

La crise systémique globale marque en fait le début du « découplage » entre l’économie US et celles du reste de la planète. Les économies non « découplées » seront d’ailleurs celles qui vont être entraînées dans la spirale négative américaine.

    [...]

   

    A lire sur : Laboratoire Européen d'Anticipation Politique - Europe 2020
    Date : 15 février 2008

   

   

 

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Jeudi 28 février 2008

 

[ Le Soir - 27 février 2008 ]

   

Qui est Œdipe, Job ou même Hitler ? Autant de questions auxquelles certains jeunes américains ont du mal à répondre, selon un rapport qui s’alarme de leur ignorance.

    « Trop de jeunes Américains n’ont pas les connaissances de base dont ils ont besoin », s’alarme Frederick Hess, de l’American Enterprise Institute, un centre de recherches conservateur, qui a conduit cette enquête auprès de 1.200 jeunes.

    Ceux-ci devaient répondre à 33 questions de culture générale. Près d’un quart d’entre eux ne savaient pas dire qui était Adolph Hitler et 10 % d’entre eux le voient comme un fabricant d’armes.

    Quelque 20 % des jeunes ne savent pas contre qui combattaient les Etats-Unis durant la Seconde Guerre Mondiale et plus d’un quart (26 %) assurent que Christophe Colomb a découvert l’Amérique après 1750, soit plus de deux siècles et demi après sa traversée de 1492.

    Deux pour cent ont même affirmé que Colomb avait traversé l’Atlantique après 1950, s’étonne le rapport.

    « C’est inacceptable. Nous pensons que les écoles devraient enseigner à nos étudiants les grandes idées, les polémiques et les grands événements qui ont formés notre nation », affirme l’auteur du rapport.

    Moins de la moitié des jeunes Américains savent identifier le demi-siècle où a éclaté la Guerre de Sécession (1861-1865), tandis que les personnages bibliques ou mythologiques comme Job ou Oedipe sont des inconnus pour plus de la moitié des interrogés.

    En littérature classique américaine, les résultats sont encore plus décevants, les étudiants pour la moitié d’entre eux n’identifiant pas le roman de George Orwell « 1984 » tandis qu’un sur quatre ignore que « La Case de l’oncle Tom » a aidé à la lutte contre l’esclavage.

    Au rang des bons points, certains événements dépassent 90 % de reconnaissance comme ce qui est arrivé à Pearl Harbor et qui a prononcé le discours « I have a dream » (Martin Luther King).

    

    Source : Le Soir (Bruxelles), avec AFP
    Date : 27 février 2008

   

 

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Mardi 26 février 2008

 

[ Agoravox - 22 février 2008 ]

   

    L’Iran a inauguré le 17 février dernier une Bourse au pétrole située sur l’île de Kish, dans le golfe Persique. Dans sa phase préliminaire actuelle, cette Bourse autorise les opérations à terme sur pétrole, mais, par la suite, c’est tout le spectre des opérations propres à tout marché boursier qui pourra y être traité. Une plate-forme internet permettra ainsi de relier un vendeur à un acheteur sans que la présence d’un quelconque intermédiaire financier (banque ou courtier) ne soit nécessaire, contribuant à une réduction de la volatilité des prix et à l’augmentation des marges pour les deux parties en présence... Le traitement de ces opérations se fera dans un panier de devises - comme le riyal saoudien et le rouble russe - où l’euro occupera une place déterminante.

   

    Effectivement, après avoir annoncé en mars 2007 qu’elle réduirait de 20 % ses réserves monétaires en dollars en réponse à l’hostilité de l’administration américaine, l’Iran a cessé dès le mois de décembre 2007 d’accepter le billet vert en contrepartie de ses ventes de pétrole. Ainsi, à partir de l’été 2007, le Japon a-t-il commencé à régler ses importations de pétrole iranien en yens... Il est clair qu’avec 68 % des échanges pétroliers qui sont libellés en dollars et eu égard à l’importance toute relative de l’Iran qui ne compte que pour 5 % dans ces échanges mondiaux, l’impact initial de cette Bourse ne sera pas phénoménal. De plus, il semble que les "majors" ne s’y précipiteront pas d’emblée car la stabilité politique est un préalable incontournable au succès d’un tel centre d’échanges sur le pétrole. Enfin, c’est du fait de la position prépondérante des Etats-Unis dans le commerce mondial que la devise américaine est la monnaie dominante dans le commerce du pétrole. La volonté seule d’un pays comme l’Iran ne suffira pas à détrôner le dollar et, à cet effet, c’est principalement la volonté des grosses compagnies pétrolières et des grands pays exportateurs de privilégier l’euro qui pourrait donner le coup fatal au billet vert... Cette nouvelle, passée inaperçue en Europe et aux Etats-Unis, a néanmoins des implications majeures.

    Ainsi, le Venezuela - pays exportateur qui compte et qui a fortement resserré ses liens avec la République islamique - a-t-il déjà manifesté son intention d’être actif sur la Bourse de Kish, rejoint en cela par de grands pays consommateurs de pétrole comme la Chine et l’Inde. Ces deux pays ont régulièrement exprimé avec la Russie leur soutien au programme nucléaire civil de l’Iran. Le remplacement du dollar par l’euro comme instrument de paiement des factures pétrolières est certes une question complexe, mais précipitera à coup sûr les Etats-Unis dans une dépression cataclysmique encore plus douloureuse que celle des années 1930 ! Cette arme, si elle devait être utilisée efficacement pas les Iraniens, pourrait se révéler plus dangereuse encore que l’arme nucléaire. Sans négliger le fait qu’elle permettrait à l’Iran de contourner habilement toutes futures sanctions onusiennes par le biais d’un afflux constant de devises grâce à cette Bourse.

    Cependant, cette Bourse pourrait bien menacer jusqu’à l’existence même du régime iranien car les Etats-Unis n’hésiteront pas à attaquer militairement la République islamique si l’hégémonie de leur monnaie devait être menacée. Avons-nous oublié qu’en 2002 la guerre contre l’Irak a eu lieu quelque six mois seulement après que Saddam Hussein a décidé d’exclure le dollar comme devise de paiement dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture" ? Considérée au départ avec moquerie, cette exigence de Saddam de recevoir des euros en lieu et place du dollar pour ses exportations de pétrole a été prise très au sérieux par l’administration américaine dès lors que d’autres pays se sont mis à réfléchir à ce changement de monnaie. La seconde guerre d’Irak a-t-elle été motivée par l’éradication d’armes de destruction massives, par la défense des droits de l’homme et l’établissement d’une démocratie en Irak, par la mainmise sur les champs pétroliers irakiens ou par la défense de la suprématie du dollar et donc des Etats-Unis... ? Cette expédition punitive n’avait-elle pas eu pour but principal de servir de "leçon" à tout autre pays qui chercherait à recevoir une devise autre que le dollar pour ses exportations de pétrole ? En effet, le remplacement progressif du dollar représentait une menace bien plus sérieuse pour les Etats-Unis que Saddam Hussein... Le système pétrodollars n’est pas différent de l’antique étalon Or. En effet, la valeur du dollar est tout simplement adossée, justifiée par une denrée vitale à toute économie et ce quel que soit son degré d’industrialisation : le pétrole. Or, comment les Etats-Unis financeront-ils leurs déficits gigantesques dès lors que leur monnaie aura dégringolé de la première marche du podium ?

    Un tel changement de monnaie conforterait bien sûr l’Europe qui n’aurait plus à acheter en permanence une devise - dont la valeur ne cesse de baisser - pour régler ses importations pétrolières. De plus, l’euro se verrait simultanément conféré le statut de première devise de réserve mondiale avec tous les avantages inhérents à cette position. Le Japon et la Chine ont déjà exprimé leur intérêt de régler de plus en plus leurs achats de pétrole en euros car ils pourront ainsi diversifier de plus en plus leurs immenses réserves monétaires au détriment d’un dollar dont la valeur ne fait que décroître. Ainsi, un tiers de leurs réserves serait maintenu en dollar, un autre tiers, non renouvelable, serait utilisé pour payer une partie de leurs importations et le tiers résiduel serait tout simplement vendu sur le marché contre d’autres devises dont l’euro. Il n’est pas jusqu’aux pays arabes qui ne seraient soulagés d’un tel changement de monnaie car le trillion de dollars investi par ces pays aux Etats-Unis ne cesse de se dévaloriser, surtout après la baisse de taux américaine de 125 points en quelques jours, baisse ayant contribué à fragiliser encore plus les marchés boursiers et obligataires américains dans lesquels les Arabes sont lourdement investis. De plus, ces pays, dont la politique monétaire est indexée à celle en vigueur aux Etats-Unis, doivent affronter une menace encore plus sérieuse car l’inflation y est galopante du fait des baisses de taux d’intérêt pratiquées chez eux afin de s’aligner sur le grand frère américain. Ce taux d’inflation atteint son plus haut niveau depuis seize ans en Arabie saoudite, depuis dix-neuf ans aux Emirats où le prix des propriétés commerciales a doublé depuis début 2007 ! Ces pays qui redoutent par-dessus tout les tensions sociales ont dû procéder à des réévaluations massives (jusqu’à 70 % !) du salaire de leurs fonctionnaires et un pays comme Dubaï s’est vu contraint d’augmenter substantiellement sa main-d’oeuvre immigrée qui - fait sans précédent - avait manifesté dans les rues ! Enfin, last but not least, la Russie serait également tout heureuse de se délester d’une grande partie de ses dollars.

    De la Grèce antique à Rome, de l’Empire ottoman à l’Empire britannique, aucun empire n’a pu se maintenir sans la taxation et les prélèvements imposés aux pays subissant son occupation. C’est de cet assujettissement que l’occupant a tiré sa prospérité économique et donc l’expansion de ses forces militaires car, pendant qu’une partie de ces revenus contribuait à améliorer les conditions économiques de l’empire, l’autre portion renforçait un pouvoir militaire indispensable à la levée des impôts. Cette taxation prélevée par les empires a toujours été directe et a revêtu diverses formes allant de métaux considérés monnaie fiduciaire comme l’or et l’argent aux récoltes agricoles en passant par esclaves et bétail... C’est au XXe siècle, pour la première fois dans l’histoire mondiale, qu’un empire - l’américain - a pu prélever une taxation indirecte, à travers l’inflation ! Ce nouvel empire n’a assujetti les autres pays dans sa mouvance à aucune charge directe, mais leur a plutôt distribué sa propre monnaie fiduciaire, le dollar, en échange de biens... Ainsi lui était-il facile de faire monter ou baisser à son gré la valeur de sa monnaie afin de se procurer toutes sortes de marchandises à moindre coût ou de vendre d’autres marchandises à un prix plus élevé, le différentiel étant la taxe prélevée par l’empire.

    L’économie américaine a commencé à dominer l’économie mondiale au début du XXe siècle. A cette époque, régnait l’étalon Or qui consistait à échanger toujours le même poids de métal jaune contre du dollar de telle sorte que la valeur de la devise américaine était fixe, le dollar ne pouvant fluctuer ni à la hausse ni à la baisse. La Grande Dépression, précédée d’un fort taux d’inflation de 1921 à 1929, a sonné le glas de l’étalon Or. En effet, la planche à billets qui tournait à pleine vapeur du fait de cette inflation et de l’aggravation des déficits publics rendait impossible le maintien d’un même poids d’or en garantie d’un dollar. Aussi, en 1932, le président Roosevelt abandonnait-il la convertibilité automatique entre l’or et le dollar. Toutefois, et jusqu’en 1932, les Etats-Unis, bien que puissance économique dominante, ne peuvent être considérés comme un empire car la valeur fixe du dollar par rapport à l’or ne leur permettait d’extraire aucun bénéfice monétaire de leurs échanges commerciaux. C’est à Bretton Woods en 1945 qu’est vraiment né l’Empire américain car les accords portant ce nom stipulaient que le billet vert ne serait plus convertible contre de l’or que pour les Etats étrangers, ce qui consacrait le dollar comme monnaie de réserve mondiale par excellence. De fait, les Etats-Unis avaient accumulé durant la Seconde Guerre mondiale des réserves d’or gigantesques car ils demandaient à leurs alliés de les payer en métal jaune lors de toute livraison de biens ou d’armes. Cet empire n’aurait pu être édifié si, suite à Bretton Woods, les dollars en circulation l’avaient été en quantité limitée de telle sorte que ces dollars en circulation puissent toujours être contrebalancés par les réserves d’or de la Banque centrale américaine. Bien au contraire, la politique impérialiste des Etats-Unis au Vietnam et la "Great Society" du président Johnson contraignaient à imprimer toujours plus de dollars utilisés pour acheter des biens et services à l’étranger, sans la perspective que cette monnaie reste stable et autorise ces fournisseurs étrangers à racheter aux Etats-Unis des biens à un prix équivalent... Ainsi, la quantité de plus en plus importante de dollars détenus par l’étranger aboutissait à un déficit commercial qui allait en s’aggravant et qui ne reflétait rien d’autre que cette fameuse taxe inflationniste que les Etats-Unis imposaient à leurs partenaires commerciaux étrangers ! Quand, à l’orée des années 70, ces détenteurs de billets verts demandèrent la conversion de leurs dollars en or, le gouvernement américain se mit en défaut de paiement un 15 août 1971, admettant implicitement sa banqueroute. En réalité, ce défaut de paiement doit être interprété comme une action typiquement impérialiste car les Etats-Unis ont dès lors affiché leur intention de ne plus restituer la quantité énorme de marchandises prélevée sur l’étranger et qui devait dès lors être assimilée à une "taxation" de pays et d’entreprises étrangères impuissants à lutter contre ce système. A partir de ce moment, les Américains, afin de pérenniser leur empire et afin de poursuivre cette taxation, n’eurent pas d’autre choix que de continuer à payer leurs factures dans une monnaie qui ne cessait de se déprécier, forçant ainsi les Etats étrangers à accumuler des dollars dont la valorisation déclinait progressivement. Néanmoins, les Etats-Unis devaient fournir à ces détenteurs étrangers de dollars une raison de les conserver et cette raison fut fournie quand, en 1972-1973, ils conclurent un pacte avec la famille régnante saoudienne Al Saoud, pacte prévoyant la protection de cette famille en contrepartie de ventes pétrolières saoudiennes exclusivement libellées en dollars ! Le reste de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole ayant emboîté le pas à l’Arabie saoudite, le monde disposait de facto d’une raison majeure de continuer à détenir ses dollars. De plus, comme la consommation pétrolière allait crescendo en même temps que les prix du pétrole, la demande en dollars ne faisait que s’accélérer. Certes, la devise américaine n’était plus convertible contre l’or, mais elle l’était à présent contre l’or noir... Ainsi, les Etats-Unis poursuivaient leur taxation de l’étranger car, tant que le dollar servirait de monnaie de référence aux échanges pétroliers, le monde se devait d’accumuler des quantités toujours plus importantes de cette monnaie afin de payer sa facture pétrolière. La survie de l’Empire américain était donc étroitement conditionnée à la vente de pétrole libellée en dollars et quiconque exprimerait des velléités de changer ce statut quo devait être convaincu du contraire, d’une manière ou d’une autre...

    Les détracteurs du président George W. Bush l’ont souvent accusé de conduire la guerre en Irak dans le but de s’emparer de ses champs pétroliers. Pourtant, il n’avait pas vraiment besoin de provoquer une guerre pour mettre la main sur ce pétrole car les Etats-Unis auraient tout simplement pu imprimer encore plus de dollars pour acheter ce pétrole irakien. L’Histoire enseigne que les empires font la guerre pour deux raisons et deux seules, pour se défendre ou pour tirer profit de cette guerre, faute de quoi une guerre pompe trop les ressources économiques de l’empire précipitant ainsi sa débâcle. Ainsi, les avantages économiques d’une guerre se doivent-ils de compenser largement les coûts militaires et sociaux. M. Bush n’a pas fait la guerre en Irak pour s’emparer de son pétrole car cela n’en valait pas la peine, il l’a faite pour défendre son empire. Du reste, deux mois après l’invasion irakienne, le programme "Pétrole contre nourriture" était suspendu et le pétrole irakien ne pouvait plus être échangé que contre du dollar ! La suprématie du billet vert était ainsi - une fois de plus - rétablie et le président Bush pouvait descendre victorieusement d’un avion de chasse déclarant "mission accomplie". Il avait effectivement défendu avec succès le dollar et, ce faisant, l’Empire américain.

   

    Source Agoravox : Le dollar et l’Empire 
    Auteur :
Michel Santi (Genève)
    Date : 22 février 2008

    
 

 

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Mardi 26 février 2008


[ Courrier International - 26 février 2008 ]

   

    Quarante ans après l'assassinat de Martin Luther King, certains Américains craignent que le sénateur de l'Illinois subisse le même sort, explique le New York Times. Le candidat, lui, reste serein. Et dûment protégé.

    Une sourde inquiétude parcourt les rangs des partisans de Barack Obama, d'Etat en Etat, de meeting en meeting : leur candidat est-il en sécurité ? Deux sœurs originaires du Colorado avouent prier pour lui tous les jours. Au Nouveau-Mexique, une fille a convaincu sa mère de voter pour Obama malgré la peur de mettre la vie du candidat en danger en l'aidant à remporter l'investiture démocrate. Lors d'une réunion, une supportrice dit craindre que le message de paix et de changement du sénateur de l'Illinois, ainsi que sa couleur de peau, ne fassent de lui une cible. "J'ai la meilleure protection du monde", se contente de répondre le candidat à ses partisans. "Ne vous en faites pas."

    Et pourtant, ils sont inquiets. Le souvenir du printemps 1968, durant lequel Martin Luther King et de Robert Kennedy ont été assassinés à deux mois d'intervalle, est resté gravé dans les mémoires. Obama n'avait que 6 ans à l'époque, et, à l'instar de nombreux Américains, c'est dans les livres qu'il a découvert le choc qu'ont provoqué ces deux assassinats dans la conscience collective du pays. Ce sont surtout les seniors qui évoquent ce souvenir alors qu'ils assistent, fascinés, à la progression du candidat avec à l'esprit un sombre pressentiment à mesure qu'approchent les dernières échéances.

    Obama a été le premier candidat à bénéficier d'un service de sécurité – dès le mois de mai 2007. Et plus ses meetings ont gagné en affluence, plus sa sécurité s'est renforcée, au point d'atteindre aujourd'hui celle d'un président en exercice. Le candidat évoque pourtant rarement le danger. "J'ai choisi de participer à cette campagne", explique-t-il. "Je pense que tous les candidats à une élection présidentielle sont conscients des risques qu'ils prennent."

    Il y a peu, plusieurs de ses conseillers craignaient que certains électeurs noirs renoncent à voter pour lui dans le seul but de le protéger d'une éventuelle agression. Pour Obama, "la peur de voir leur poulain échouer" pouvait également expliquer les réticences de certains citoyens. Aujourd'hui, cette peur de l'échec est écartée, mais les craintes pour sa sécurité demeurent.

    Le représentant démocrate du Mississippi Bennie Thompson a adressé en janvier dernier une lettre aux services de sécurité. Alors que le candidat bénéficiait déjà d'une protection personnelle, Thompson y expliquait que l'intérêt suscité par Obama justifiait qu'il fasse l'objet d'un dispositif renforcé. "En tant que citoyen africain-américain, j'ai été témoin de certains des jours les plus sombres de notre histoire et je sais personnellement que la haine peut conduire à des actes de violence extrêmes", écrivait-il. "Il suffit de se remémorer les assassinats de Martin Luther King et du candidat à la présidentielle Robert Kennedy en 1968." "La candidature d'Obama est tellement unique et importante que la dernière chose que l'on puisse souhaiter est qu'il ne puisse pas la mener jusqu'au bout", explique-t-il aujourd'hui. "J'ai écrit cette lettre par mesure de précaution plutôt que de me contenter de prier et de croiser les doigts."

    Selon Gerald Posner, auteur d'ouvrages sur la mort de John F. Kennedy et de Martin Luther King, Obama n'est pas plus menacé que Bush ou Hillary Clinton. Si les craintes sont plus vives à son sujet, c'est uniquement parce qu'il est le premier candidat noir à parvenir aussi près d'une investiture à l'élection présidentielle.

    A Dallas, les souvenirs ont resurgi dans les conversations des quelque 17 000 personnes venues assister à un meeting d'Obama la semaine dernière. "Le mémorial John Kennedy se trouve juste derrière. Autour de moi, tout le monde ne parlait que de ça", relate Imogene Covin, une militante démocrate. "Je pense qu'il n'est pas exclu que quelque chose lui arrive. Mais vous savez pourquoi je crois que tout ira bien ? Parce qu'il a énormément de monde derrière lui."

    Cet après-midi-là, le cortège du sénateur Obama a traversé Dealey Plaza et est passé devant les entrepôts d'où avaient été tirés les coups de feu sur le président Kennedy en 1963. Plusieurs conseillers du candidat scrutaient les fenêtres, enregistrant en silence la scène. Mais pas Obama, qui a reconnu plus tard ne pas avoir remarqué qu'il empruntait cet itinéraire fatal. "Je dois avouer que je n'y pensais pas, a-t-il déclaré, je pensais surtout à ne pas attraper froid et au besoin de me moucher avant d'entrer dans l'arène."

   

    Source : Courrier International, d'après The New York Times
    Auteur : Jeff Zeleny
    
    © Courrier international 2008

   

    
 [ de defensa - 26 février 2008 ] 
   

…Mais est-il si bien protégé, après tout ?

   

    Une lectrice attentive (nous la remercions) nous signale, sitôt lecture faite de notre Bloc Notes de ce jour sur la sécurité d’Obama selon le New York Times, qu’il existe sur le terrain de la campagne électorale quelques indications alarmantes. Celle-ci, par exemple, venue du quotidien de Fort Worth (Texas), le Star Telegraph, via UPI le 21 février. Courte dépêche, que nous donnons pour l’essentiel.

    « The Secret Service told Dallas police to stop screening for weapons while people were still arriving at a campaign rally for Barack Obama, a report said.

    » Police stopped checking people for weapons at the front gates of Reunion Arena more than an hour before the Democratic presidential hopeful appeared on stage Wednesday, the Fort Worth (Texas) Star-Telegram reported. Police said the order to stop using metal detectors and checking purses and laptop bags constituted a security lapse, the newspaper reported.

    » Dallas Deputy Police Chief T.W. Lawrence – who heads the department's homeland security and spécial operations divisions – told the Star-Telegram the order had been intended to speed up seating of the more than 17,000 people who came to hear the candidate speak.

    » Lawrence said he was concerned about the large number of people being let in without being screened, but that the crowd seemed ''friendly,'' the newspaper said. Several Dallas police officers – speaking on condition of anonymity because the order came from federal officers – told the newspaper it was worrying to see so many people get it without even a cursory inspection

   

    Source de defensa
    Date : 26 février 2008

   

   

nti_bug_fck

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Dimanche 24 février 2008


Quand peurs et obsession sécuritaire font perdre tout bon sens...

   

 [ Le Monde - 23 février 2008] 

   

    Un élève de 9 ans a été interpellé par la police à l'heure de la cantine, dans une école élémentaire du 18e arrondissement de Paris. Mardi 12 février, à midi, trois policiers en uniforme du commissariat de la Goutte d'Or pénètrent dans l'école, alertés par une plainte d'une mère d'élève.

    Selon elle, B., 9 ans, s'en serait pris violemment à sa fille C., du même âge, en cours d'informatique. Quand elle apprend l'incident vers 11 h 30, cette mère demande à voir le directeur de l'école qui ne peut la recevoir immédiatement. Elle décide alors d'aller déposer une plainte au commissariat central du 18e arrondissement.

    "Ma fille était en pleurs, elle avait reçu plusieurs coups au visage et sur le corps, je ne savais pas à qui m'adresser. Les policiers m'ont dit qu'ils allaient régler le problème", explique-t-elle au Monde. Une déléguée de parents, qui souhaite rester anonyme, assure que le directeur de l'école aurait demandé aux policiers s'il pouvait s'opposer à cette interpellation. Selon d'autres témoignages, ceux-ci auraient répondu : "Non, car notre autorité prévaut sur la vôtre."

"CHOQUÉ LES ENFANTS"

    Contacté par Le Monde, le directeur n'a pas souhaité s'exprimer. L'enfant, escorté par une auxiliaire de vie scolaire employée par l'école, est alors emmené par les policiers devant certains de ses camarades. "J'ai été prévenue par le directeur. Il m'a mis en contact avec un des policiers, qui m'a dit que mon fils allait être embarqué", raconte la mère de B. Selon elle, son fils, auteur de "simples claques", aurait été entendu seul pendant près d'une heure, puis en sa présence. Tous deux sont rentrés chez eux vers 16 heures.

    Selon la préfecture de police, "les policiers ont estimé, au vu du témoignage de la petite fille, qu'une intervention se justifiait. Il leur a semblé qu'ils étaient en présence d'un cas qui sortait de la violence ordinaire d'une cour d'école."

    La mère de B. estime pour sa part que l'affaire aurait dû se régler à l'amiable. "J'en veux à la police qui a traité mon fils comme un adulte délinquant. Pour ses camarades de classe, c'est comme s'il était allé en prison", considère cette mère de famille. "La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre dans l'école et a profondément choqué les enfants", raconte la déléguée des parents.

    Un travail d'explication a été fait par les enseignants de l'école pour dédramatiser un incident que chacun souhaite maintenant oublier. Depuis, les deux enfants sont retournés à l'école, après quelques jours d'absence. La mère de C. a retiré sa plainte et dit "n'avoir jamais imaginé que sa démarche entraînerait de telles conséquences".

   

    Source : Le Monde
    Auteur : Catherine Rollot
    Edition du 23 février 2008
    
    © Le Monde.fr

   

  

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Vendredi 22 février 2008

  
« Aujourd’hui, le monde a bien plus à craindre la nature destructrice des valeurs occidentales que les armes de destructions massives. Par le passé ces valeurs ont été imposées aux nations par le pouvoir colonial ou par des régimes tyranniques inféodés à l’occident. A l’heure actuelle, le plus grand danger que court l’humanité provient de la menace constante de l’occident imposant ses valeurs avec ses armes de destruction massives. » L’éditorialiste Abid Mustafa rejette les accusations portées contre le monde musulman et considère que la politique occidentale perpétue le modèle du colonialisme.

   

 [ d'après
alternet.org ]

   

Par Abid Mustafa, Middle East Online, Posted on February 21, 2008

   

    Chaque fois qu’un gouvernement occidental associe dans le même discours monde musulman et  Armes de destruction massive, les médias entrent dans une frénésie hystérique et sonnent l’alerte sur un événement catastrophique et gigantesque qui est sur le point de se produire.

    Les vieilles légendes européennes sur les musulmans qui propagent l'islam par l'épée sont reprises pour renforcer l’idée que les musulmans sont extrêmement dangereux, hautement irresponsables et n’ont que peu d'égards pour la vie humaine. Le mantra qu’il faut priver les pays musulmans des armes de destruction massive est donc devenu le cri de ralliement de l'Occident.

    Parfois, ces arguments vont jusqu’à justifier la politique que pratique l'Ouest pour un changement de régime en Syrie, en Iran et peut-être au Pakistan. Pourtant, une étude précise du passé islamique va à l’encontre du mythe populaire occidental selon lequel les musulmans seraient des gens sanguinaires soucieux d’effacer le reste de l'humanité au nom de l'islam.

    On ne pourrait en dire autant de l'Occident, qui  armé de sa doctrine séculaire et de sa vision matérialiste du monde a procédé à l'exploitation, au pillage et à la colonisation de vastes populations dans l’unique but de contrôler les ressources et à maximiser sa richesse.

    Pour s’approprier de nouvelles richesses, l’Occident a détruit des civilisations comme les Incas, les Indiens d'Amérique, les Aztèques, et les Aborigènes. Ceux qui ont survécu à la colonisation ont été convertis de force au christianisme, dépouillés de leur patrimoine et vendus dans la servitude aux entreprises occidentales. Pour les peuples autochtones d'Afrique, d'Inde, d'Asie, du Moyen-Orient et d'autres, les promesses de liberté se sont vite évaporés et ont été remplacés par la domination coloniale. Et au lieu de montrer quelque remords après de telles atrocités, l'Occident ne sait que triompher de ses réalisations.

    Les technologies comme les canons, les pistolets, les machines à vapeur, les mitrailleuses, les avions, le gaz moutarde etc. n’ont fait qu’accélérer la mainmise sur de nouvelles colonies et l'exploitation de leurs peuples. La résistance des autochtones envers leurs colonisateurs a été traitée par la force brute – qui a souvent mené à la destruction de communautés entières. Lorsque les Occidentaux ne détruisaient pas les autochtones, c’est ils étaient trop occupés à s’anéantir les uns les autres en tentant désespérément de s'accrocher à leurs précieuses colonies. Les deux dernières guerres mondiales sont d'excellents exemples de la nature destructrice des valeurs occidentales.

    Dans l’ancien monde, des pays comme l'Angleterre, la France et l'Allemagne ont construit des empires et accumulé d’immenses richesses par la mort et la destruction de millions de gens innocents. Est-ce que le Nouveau Monde, celui d’aujourd’hui où l’Amérique est leader, est vraiment différent ?

    Prenons l'exemple du Nouveau Monde et de ses relations avec l'Afghanistan et l'Iraq. Libération est devenue occupation ; la démocratie a cédé la place à la domination coloniale, la dévastation est appelée bombardement chirurgical et le massacre de musulmans innocents est nommé dommages collatéraux. Pendant ce temps, les compagnies pétrolières Américaines et Britanniques profitent en exploitant les puits de pétrole de l'Iraq et en transportant les réserves d'énergie de la mer Caspienne vers l'Europe à travers l'Afghanistan.

    Par le passé le Califat islamique n'a jamais traité l'humanité d’une manière si barbare. Le Califat n’a pas non plus répandu l'Islam par la force, ni détruit de civilisations. Quand l'Islam se propagea à l'Egypte, beaucoup de chrétiens Coptes n’embrassèrent pas l'Islam ; aujourd'hui encore leur nombre est d’environ 7 millions. De même, lorsque l'Inde a été islamisée, les habitants n'ont pas été contraints. L'Inde a aujourd'hui une population de plus de 750 millions d'hindous.

    Comparez cela à l'extermination des Musulmans et des Juifs par les tribunaux de l’Inquisition en Espagne, pendant la très prestigieuse renaissance européenne. Les Juifs qui avaient survécu à cet holocauste ont été chaleureusement accueillis par le Califat ottoman. Dans l'Espagne islamique, ils avaient prospéré et étaient devenus des membres importants de la société islamique.

    Aujourd'hui, le monde a plus à craindre la nature destructrice des valeurs occidentales que les armes de destruction massive. Par le passé, ces valeurs ont été imposées aux nations, soit par le pouvoir colonial lui-même, soit par des régimes tyranniques inféodés à l'Occident. A l’heure actuelle, le plus grand danger que court l'humanité provient de la menace constante de l'Occident d'imposer ses valeurs au reste du monde par ses armes de destruction massive.

   

Abid Mustafa est commentateur politique, spécialiste des affaires musulmanes.

   

    Sources : Middle East Online Alternet.org , Contre Info
     Auteur : Abid Mustafa. 
    Traduction : 
Opus incertum
    Date : 21 février 2008

    © 2008 Middle East Online.

   

    
Complément du 24 février :

Par souci d'objectivité est reproduit ici le courrier qu'un lecteur a adressé le 23 février
à Contre Info à propos de cet article : 

     

    Pour la toute première fois je me dois de réagir à un article. Pas parce que je ne suis pas d’accord avec les idées qu’il défend mais parce qu’il contient de nombreuses contre vérités.

    En règle générale on peut être d’accord ou non avec les textes proposés. C’est une question d’opinion et cela doit se respecter. Après l’exposé des faits et des idées le débat peut commencer.

    Mais ici rien de tel : il s’agit d’un texte à sens unique qui dans une violente charge énumère les méfaits de l’occident en les opposants aux bienfaits de la civilisation islamique lorsqu’elle était à son apogée.

    Il n’y a pas eu d’un côté de violents conquérants génocidaires et de l’autre de gentils idéalistes pétris d’humanisme. Les deux systèmes conquérants ont imposé leurs dictats. Le plus souvent par la force brute. La conquête de l’Inde par Tamerlan fut un bain de sang. Et si l’islam n’y a pas fait recette cela n’a strictement rien à voir avec la tolérance et la bonté de l’occupant.

    De l’autre côté de l’empire le système de la dhimmitude imposa aux non musulmans le port de signes distinctifs qui permettaient d’identifier les mécréants au premier coup d’œil. Même les maisons devaient être marquées. Il n’était bien entendu pas question d’une vague égalité de droits mais bien de servitude. Enfin la conquête turque des Balkans fut tellement violente que les séquelles sont encore visibles de nos jours.

    Il serait par contre faux de prétendre que les conquêtes du monde musulman n’eurent que des aspects négatifs. En tant que civilisation la plus avancée de son époque elle fit bénéficier les populations des territoires occupés de ses avancées scientifiques et littéraires. Je n’oserai pas faire de parallèle avec les conquêtes occidentales parce que le sujet est pratiquement tabou.

    Les conquêtes humaines ne se sont jamais faites sans violence. Il n’y a pas de civilisation dominante qui n’ait profité de sa force pour écraser les autres sans ménagement. Ce fut vrai lors de la conquête romaine des Gaules, lors des invasions barbares, lors de la conquête musulmane (califat) et enfin des conquêtes occidentales.

    Le texte d’Abid Mustafa est tout simplement mensonger. Tous ceux qui connaissent un peu l’histoire ne peuvent qu’être choqués par tant de mauvaises foi. Ce qui est plus inquiétant est que ce texte reprend une propagande qui circule abondamment dans les milieux musulmans européens.

    Le musulman de l’age d’or y est présenté comme une sorte d’altruiste et l’occidental comme un barbare assoiffé de sang. La victime et son bourreau.

    Pire, selon cette propagande qui fut mise au point dans les années 50 par les Frères Musulmans le musulman est une éternelle victime et l’occidental, le kouffar promis à l’enfer ne vit que pour opprimer les musulmans.

    Je suis sincèrement étonné que vous n’ayez pas pris la peine d’assortir ce texte de commentaires. Je suis à vrai dire étonné que vous l’ayez sélectionné.

    Je pense que ce genre d’écrit peu faire plus de tort que de bien et contribuer à aggraver le fossé entre occidentaux (chrétiens et athées) et musulmans. La situation est déjà suffisamment tendue pour que vous n’y ajoutiez votre contribution et apportiez votre pierre à l’édifice.

   

Un lecteur

   

 

nti_bug_fck

par Admin publié dans : Revue de presse
commentaires (0)    recommander
Vendredi 22 février 2008

par Stéphan Richter