Mercredi 6 février 2008


[ Réseau Voltaire - 31 janvier 2008]

    Le principal quotidien d’opposition bahreïni, Akhbar al Khaleej, citait récemment une source - malheureusement anonyme - du parlement irakien selon laquelle des grandes compagnies pétrolières états-uniennes auraient offert cinq millions de dollars chacun à des parlementaires irakiens en échange de leur vote en faveur de la loi « irakienne » sur les hydrocarbures. Afin de s’assurer le vote des 138 députés nécessaire pour privatiser le pétrole irakien l’occupant, désespéré, n’hésiterait donc pas à ajouter la corruption à l’intimidation.

    S’il est bien entendu difficile de vérifier cette information, sa publication dans un journal connu pour son hostilité envers l’invasion anglo-saxonne de l’Irak révèle cependant les soupçons d’une partie de l’opinion des pays du Golfe quant aux véritables projets de la Coalition pour l’Irak. Après s’être assuré l’entière coopération de la minorité irakienne kurde, celle-ci tente depuis un an d’imposer une loi dont les Irakiens ne veulent pas car elle les priverait définitivement de leurs ressources nationales.

   

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Lundi 4 février 2008

    
 [ AFP via Le Figaro ]

   

    Le Royaume-Uni va autoriser trois sociétés, dont la chaîne de restauration rapide McDonald's, à décerner ses propres diplômes, équivalents du "A Level", le baccalauréat britannique, et reconnus par l'Etat, a-t-on appris lundi de source officielle. McDonald's pourra ainsi délivrer un baccalauréat en "gestion du travail en équipes", qui certifiera que son détenteur a appris toutes les tâches liées à la gestion d'un restaurant McDonalds, du marketing aux ressources humaines en passant par les services à la clientèle, a précisé l'agence gouvernementale chargée des cursus scolaires (Qualifications and Curriculum Authority, QCA).

    Deux autres sociétés privées pourront également décerner leur "A-level", abréviation de Advanced Level (Niveau Avancé), un examen passé au cours des deux dernières années de l'éducation secondaire et souvent exigé pour l'entrée à l'université.

    Network Rail, société qui assure la gestion et l'entretien du réseau ferroviaire, pourra ainsi décerner son A-level, ainsi que d'autres diplômes pouvant aller jusqu'au doctorat en ingéniérie. La compagnie aérienne à bas prix Flybe délivrera elle des diplômes de stewards ou hôtesses ainsi que d'ingénieurs de vol.
Il s'agit des premières sociétés privées autorisées à délivrer des diplômes sanctionnant des qualifications nationales britanniques.

    "Cette importante mesure vise à mettre fin aux vieilles divisions entre les qualifications nationales et la formation en entreprises, ce qui va être à l'avantage des employés, des employeurs et du pays dans son ensemble", a déclaré le ministre des Universités et de la formation, John Denham.

   

    Source AFP via Le Figaro :
McDonald's va créer son propre bac
    Date : 28 janvier 2008

   

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Lundi 4 février 2008

   
 [ Horizons et Débats ]

  

par Wolfgang Freisleben, Vienne

   

    Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.

    L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.

    L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans. Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent. Un seul point est certain: elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat. Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville [...]

   

    Lire la suite sur Horizons et Débats

    

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Lundi 4 février 2008


 [ Libération ]

   

   Par Andrew Diamond historien des Etats-Unis, université Lille-III et Pap Ndiaye historien des Etats-Unis, Ecole des hautes études en sciences sociales.

  

    A l’heure où les commentateurs s’efforcent de comprendre ce que la candidature de Barack Obama signifie pour les Etats-Unis, on entend souvent que le stupéfiant succès de ce candidat métis prouve que le pays est en voie de devenir une société postraciale. Comment expliquer autrement la victoire d’Obama dans un Etat comme l’Iowa, où les Noirs représentent à peine plus de 2 % de la population et où les Républicains ont adoubé le candidat de la droite évangélique dure, Mike Huckabee ?

    Avant de voir dans le vote des Blancs de l’Iowa l’annonce de l’avènement d’une Amérique postraciale, il est utile de réfléchir à la validité de telles affirmations au vu de la tendance récente du pays à la reségrégation. Plus d’un demi-siècle après que la Cour suprême déclara inconstitutionnelle l’idée d’une éducation «séparée mais égale», plus de 70 % des élèves noirs et latinos fréquentent des établissements largement ségrégués sur le plan racial, un taux supérieur à ce qui existait à l’apogée de la révolution pour les droits civiques, il y a plus de trente ans ! Une situation similaire se retrouve dans le domaine du logement, et les Noirs continuent d’être à la traîne en matière de revenus, patrimoine et réussite scolaire. Rappelons-nous également la couverture médiatique indéniablement raciste des conséquences du passage du cyclone Katrina à La Nouvelle-Orléans où des Noirs à la recherche de produits de première nécessité étaient présentés comme des pillards et où les Américains se montrèrent plus que prompts à croire les rumeurs de viols d’enfants par de jeunes Noirs et de tirs sur les hélicoptères des secours par des gangs de rue. N’oublions pas la récente affaire des «six de Jena» qui révéla que, dans un lycée typique de Louisiane, des élèves blancs parlent encore sérieusement de lyncher des Noirs. Vous avez dit «Amérique postraciale» ?

    Alors comment expliquer la popularité apparente du sénateur Obama dans un pays qui semble si obstinément attaché à la ségrégation raciale ? D’une part, les origines exotiques d’Obama - son identité métisse, ses racines africaines, son enfance à Hawaii et son impeccable pedigree scolaire - le rendent difficile à classer dans l’imaginaire racial blanc ; de toute évidence, Obama n’a pas grand-chose à voir avec les fantômes pillards et «violeurs noirs» de La Nouvelle-Orléans. D’autre part, Obama a tout fait pour se présenter comme un candidat «neutre sur le plan racial». Dans le vocabulaire politique américain, Obama «ne joue pas la carte raciale», contrairement à ce qu’ont fait avant lui la plupart des dirigeants politiques noirs. Sa réticence à évoquer cette question explique pourquoi il a été plus souvent comparé à John F. Kennedy qu’à Jesse Jackson, lequel a remporté cinq primaires et caucus démocrates en 1984 et treize en 1988. Jackson avait basé ses campagnes sur l’idée de rainbow coalition, une notion mettant en avant la pluralité raciale du pays. Malgré ses efforts pour inclure les Blancs pauvres dans sa coalition, Jackson parlait un langage marqué par une forte conscience raciale pour conquérir le vote des minorités visibles. Obama parle, lui, le langage de ce qu’on nomme en anglais le colorblindness. Alors qu’on lui a demandé récemment, pendant sa campagne dans le Nevada, s’il pensait que son identité raciale nuirait à ses chances de l’emporter, il a répondu : «Si je ne remporte pas cette primaire ou si je ne gagne pas l’élection générale, ce sera parce que je n’ai pas réussi à persuader les Américains que je peux améliorer leurs vies.» Interrogé sur son opinion en matière de droits civiques, il a répondu : «Nous croyons tous dans les droits civiques, nous croyons tous dans l’égalité des droits, nous croyons tous que, quels que soient leur race ou leur sexe, les gens doivent jouir d’une égalité des chances.» De telle sorte qu’Obama déculpabilise les Américains blancs, qui lui savent gré de ne pas parler des inégalités raciales - le sujet qui les fâche depuis quarante ans. Et si en plus Obama leur dit qu’en cas de défaite il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même, que demander de mieux ?

   Son programme est également révélateur : sur la plupart des questions de politique intérieure, il est plus centriste, voire plus conservateur que celui de Hillary Clinton, au point d’attirer la frange modérée de l’électorat républicain. Que ce soit à propos de la réforme du système de santé ou de la relance de l’économie, il faut reconnaître qu’Obama ne propose pas un changement aussi net que ses slogans de campagne le prétendent. Un tel positionnement politique explique en grande partie l’attrait qu’exerce Obama. Sa popularité parmi les électeurs blancs de classe moyenne révèle non pas la fin du racisme, mais l’essor de ce que le sociologue Eduardo Bonilla-Silva a appelé «le racisme colorblind», une idéologie qui «explique les inégalités raciales contemporaines comme le résultat de dynamiques non raciales». Dans cet esprit colorblind, le niveau social inférieur des Noirs n’est pas le résultat d’une infériorité biologique ou morale, mais le produit de dynamiques du marché et de caractéristiques culturelles. De telles idéologies sont apparues dans la vie politique américaine pendant la réaction conservatrice ayant suivi la période des droits civiques, à la fin des années 60 et dans les années 70, lorsque les Blancs de classe moyenne des banlieues ont organisé de vastes campagnes de résistance contre les programmes de discrimination positive. Ce faisant, les Américains blancs ont exprimé leur foi dans l’existence d’un système de libre-échange méritocratique qui récompense justement le talent et le dur labeur ; si les Noirs et les latinos ne parviennent pas à résister efficacement à la concurrence, ce n’est pas à cause du racisme mais en raison de tendances culturelles qui leur donnent de mauvaises habitudes et les rendent moins ambitieux. Obama ne les détrompe en rien.

    Mais dans cette Amérique colorblind, le sénateur marche sur une corde raide. D’abord parce que ceux qui souhaitent nuire à Obama chercheront à le re-racialiser pour montrer qu’il est, quoi qu’il en dise, prêt à «jouer la carte raciale». Ne soyons donc pas surpris si, dans les semaines à venir, nous entendons beaucoup plus parler du pasteur afrocentriste radical Jeremiah Wright, qu’Obama a décrit par le passé comme son modèle et son mentor spirituel. Ensuite parce que, pour plaire aux électeurs blancs, il a mis de côté la question des injustices raciales, au risque que le fameux «changement» ne soit alors qu’une posture électorale. C’est justement la difficulté principale que Barack Obama affronte au moment où il doit apporter un second souffle à sa candidature : donner un contenu au changement, et ne plus seulement l’incarner symboliquement.

   

    Source Libération : Obama au delà des races
    Auteurs : Andrew Diamond, Pap Ndiaye
    Date : 28 janvier 2008
    
    © Libération

    

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Lundi 4 février 2008


 [ Le Parisien ]

   

    Environ 1,2 million de salariés ont plusieurs employeurs en France, sans compter tous ceux qui échappent aux statistiques. Beaucoup cumulent deux emplois pour vivre correctement. La faute aux petits salaires et aux temps partiels.

    «LA FRANCE qui se lève tôt », ils connaissent. « Travailler plus pour gagner plus », aussi, mais le slogan sonne amèrement à leurs oreilles. Le nombre de salarié(e)s qui cumulent les emplois serait de plus d'un million dans notre pays. Soit un salarié sur vingt, selon l'Insee, à jongler entre plusieurs employeurs ou plusieurs métiers. Depuis 2003, leur nombre a augmenté de 13,5 %. Ces « cumulards » n'ont souvent pas le choix. Pour eux, il s'agit de joindre les deux bouts en fin de mois, quand arrivent les traites de la maison à payer, les impôts, les factures. Quitte à basculer dans le travail illégal.

Casse-tête

    « Le Parisien » - « Aujourd'hui en France » est allé à la rencontre de ces « pluriactifs » inclassables, ni travailleurs pauvres, ni salariés classiques, inconnus des associations de chômeurs et largement ignorés par les enquêtes officielles. La plupart ont un point commun : une durée hebdomadaire de travail trop faible dans leur emploi principal, conjugué à un salaire mensuel très bas. Côté salaires, en effet, c'est maigre, « 680 € en moyenne » si le salarié occupe un temps partiel dans le poste, « 1 515 € s'il s'agit d'un temps complet », explique un expert de l'Insee.

    Un véritable casse-tête quand on a une famille à charge ou quand survient un imprévu, comme l'obligation de déménager et d'avancer l'argent de la caution pour le nouveau logement. Du coup, pour s'en sortir, la tentation est grande d'offrir ses services à un autre employeur pour parvenir à boucler les fins de mois. « C'est du 17 heures chez l'un et du 18 heures chez l'autre au prix d'emplois du temps minutés à l'extrême et d'une vie professionnelle ultra-fatigante », résume Louis Maurin, le directeur de l'Observatoire des inégalités (voir ci-dessous). Un mode de vie que connaissent des millions d'Américains, où la double journée de travail est une pratique courante. Surtout vécue par les femmes, premières victimes de la précarité.

   

     Source Le Parisien : Cumuler deux emplois pour boucler ses fins de mois
     Auteur : Aline Gérard
     Date : 4 février 2008

     
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Lundi 4 février 2008

   
 
 [ Le Nouvel Observateur ]

   

    Angela Merkel déteste sa familiarité. Sa façon de vous attraper par le bras, de vous embrasser et de vous parler sous le nez. Mais l'aversion de la chancelière pour Sarko ne tient pas qu'à son comportement : elle lui reproche aussi sa politique «m'as-tu-vu», sa conception d'une Europe méditerranéenne qui pourrait miner l'Union, son opportunisme commercial... Ainsi à propos de Kadhafi, le «Zeit» écrit : «A l inverse a Angela Merkel, Nicolas Sarkozy excelle à éviter les questions qui fâchent avec un hôte aussi bien argenté.» Surnommé «Monsieur Muscle» dans les gazettes d'outre-Rhin, Sarko est «Action Man» ou «Speedy» dans la presse britannique. Flatteur ? Pas vraiment. «II serait naïf d'attendre de lui une quelconque cohérence», assène un éditorialiste du très libéral «Financial Times». Tandis que le «Guardian», de gauche et sans illusions, s'interroge : «Comment expliquer son cursus placé sous le signe de l'esbroufe et de la félonie ?» Aux Etats-Unis, «Newsweek» doute : «Les gros titres disent que Sarkozy roule à un train d'enfer. Mais où va-t-ïl à cette vitesse ? On ne le saitpas.» L'image n'est guère meilleure en Espagne. «Sarkozy n'agit pas en vrai libéral mais en monarque d'un empire évanoui», tranche «laVanguardia». Tandis que dans le monde arabe la presse déplore sa vassalisation à un président finissant : «Bush peut faire croire que son interventionnisme militaire n'a pas échoué puisque la France, son adversaire le plus déterminant, rentre au bercail», souligne «Al-Hayat», un quotidien saoudien basé à Londres. Et en Afrique ? Le quotidien sénégalais «Sud» résume le malaise : «Sarkozy est en mission coloniale à lui tout seul.» Joli dossier de presse !

 

   

    Source Le Nouvel Observateur : Les critiques de l'étranger
    Auteur : Sylvain Courage
    Le Nouvel Observateur n°2255, semaine du 24 janvier

   
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Samedi 2 février 2008

Deux brèves intéressantes, qu'il faut rapprocher 

   

[ RIA Novosti ]

   

PIB russe : + 8,1% en 2007

Le PIB russe a crû de 8,1% en 2007, a annoncé le vice-premier ministre Dmitri Medvedev intervenant jeudi à un forum de l'Union des chefs d'entreprise russes (RSPP) à Krasnodar (Sud).

"Aujourd'hui, Rosstat (Service fédéral de statistiques, ndlr) a dressé le bilan de 2007 et, selon ses données, à la différence des résultats du ministère du Développement économique (MERT), la croissance s'est établie à 8,1%", a annoncé M. Medvedev.

D'après le MERT, la croissance en Russie a été de 7,7 à 7,8% en 2007.

    Source RIA Novosti, 31 janvier.

 

Natalité 2007: le meilleur résultat de ces 16 dernières années

Le nombre de naissances enregistrées cette année en Russie a dépassé un record vieux de 16 ans, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué vendredi.

1.602.387 enfants sont nés dans le pays en 2007, soit 122.750 enfants de plus qu'en 2006, établissant le taux de natalité à 11,3 pour 1.000 habitants contre 10,4 en 2006.

"C'est la première fois depuis 25 ans que nous avons enregistré une telle augmentation du taux de natalité d'une année sur l'autre. Le nombre d'enfants nés en 2007 représente en outre le meilleur chiffre depuis 1991", a estimé la ministre de la Santé et du Développement social, Tatiana Golikova, citée par le service de presse ministériel.

La part des deuxièmes et troisièmes naissances est passée de 33% début 2007 à 42% en fin d'année, selon le rapport.

Le ministère a rappelé que des subventions avaient été allouées aux parents dont les enfants fréquentent des jardins d'enfants, que les allocations avaient été augmentées pour les enfants de moins d'un an et demi et que des versements exceptionnels aux familles adoptant un enfant avaient été mis en place.

Le versement du "capital maternel" aux familles dans lesquelles naissent un deuxième ou un troisième enfant est devenu un nouvel instrument de la politique démographique en 2007.

"La dynamique positive de la démographie a été également caractérisée par l'indice de décroissance naturelle, en baisse d'un tiers au cours de 2007", rappelle le ministère.

Cette réduction est notamment imputable à l'augmentation de l'afflux de migrants en Russie, dont le nombre a augmenté de 238.000 personnes en 2007, précise le ministère.

    Source RIA Novosti, 1er février 2008

     

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Samedi 2 février 2008

Un texte très important

    

 [ Le Monde - 24 janvier 2008 ]

    

La Cour de justice européenne détient une part essentielle du pouvoir législatif dans l'Union. A la différence de nos juridictions, elle statue pour l'avenir par disposition générale et à l'égard de tous, comme la loi elle-même. Par deux arrêts, capitaux pour le devenir de "l'Europe sociale", elle vient de trancher la question de savoir si les syndicats ont le droit d'agir contre des entreprises qui utilisent les libertés économiques garanties par le traité de Rome pour abaisser les salaires ou les conditions de travail.

Dans l'affaire Viking, une compagnie finlandaise de navigation souhaitait faire passer l'un de ses ferrys sous pavillon de complaisance estonien, afin de le soustraire à la convention collective finlandaise. L'affaire Laval concernait une société de construction lettonne, qui employait en Suède des salariés lettons et refusait d'adhérer à la convention collective suédoise. Dans les deux cas, les syndicats avaient recouru à la grève pour obtenir le respect de ces conventions, et la Cour était interrogée sur la licéité de ces grèves.

    Le droit de grève étant explicitement exclu du champ des compétences sociales communautaires, un juge européen respectueux de la lettre des traités se serait déclaré incompétent. Mais la Cour juge depuis longtemps que rien en droit interne ne doit échapper à l'empire des libertés économiques dont elle est la gardienne. Elle s'est donc reconnue compétente. L'arrêt Laval interdit aux syndicats d'agir contre les entreprises qui refusent d'appliquer à leurs salariés détachés dans un autre pays les conventions collectives applicables dans ce pays. Au motif qu'une directive de 1996 accorde à ces salariés une protection sociale minimale, la Cour décide qu'une action collective visant à obtenir, non pas seulement le respect de ce minimum, mais l'égalité de traitement avec les travailleurs de cet Etat, constitue une entrave injustifiée à la libre prestation de services.

    L'arrêt Viking affirme que le droit de recourir à des pavillons de complaisance procède de la liberté d'établissement garantie par le droit communautaire. Il en déduit que la lutte des syndicats contre ces pavillons est de nature à porter atteinte à cette liberté fondamentale. La Cour reconnaît certes que le droit de grève fait "partie intégrante des principes généraux du droit communautaire". Mais elle interdit de s'en servir pour obliger les entreprises d'un pays A qui opèrent dans un pays B à respecter l'intégralité des lois et conventions collectives de ce pays B. Sauf "raison impérieuse d'intérêt général", dont la Cour se déclare seule juge, les syndicats ne doivent rien faire qui serait "susceptible de rendre moins attrayant, voire plus difficile" le recours aux délocalisations ou aux pavillons de complaisance.

    Cette jurisprudence jette une lumière crue sur le cours pris par le droit communautaire. Il échappait déjà à peu près complètement aux citoyens, tant en raison de l'absence de véritable scrutin à l'échelle européenne que de la capacité des Etats à contourner les résistances électorales lorsqu'elles s'expriment dans des référendums nationaux. L'apport des arrêts Laval et Viking est de le mettre également à l'abri de l'action syndicale. A cette fin, les règles du commerce sont déclarées applicables aux syndicats, au mépris du principe de "libre exercice du droit syndical", tel que garanti par la convention 87 de l'Organisation internationale du travail (OIT).

    Le droit de grève et la liberté syndicale sont le propre des vraies démocraties, dans lesquelles l'évolution du droit n'est pas seulement imposée d'en haut, mais vient aussi d'en bas, de la confrontation des intérêts des employeurs et des salariés. Le blocage progressif de tous les mécanismes politiques et sociaux susceptibles de métaboliser les ressources de la violence sociale ne pourra bien sûr engendrer à terme que de la violence, mais ce sont les Etats membres et non les institutions communautaires qui devront y faire face.

    L'Europe est ainsi en passe de réaliser les projets constitutionnels de l'un des pères du fondamentalisme économique contemporain : Friedrich Hayek. Hayek a développé dans son oeuvre le projet d'une "démocratie limitée", dans laquelle la répartition du travail et des richesses, de même que la monnaie, seraient soustraites à la décision politique et aux aléas électoraux. Il vouait une véritable haine au syndicalisme et plus généralement à toutes les institutions fondées sur la solidarité, car il y voyait la résurgence de "l'idée atavique de justice distributive", qui ne peut conduire qu'à la ruine de "l'ordre spontané du marché" fondé sur la vérité des prix et la recherche du gain individuel. Ne croyant pas à "l'acteur rationnel" en économie, il se fiait à la sélection naturelle des règles et pratiques, par la mise en concurrence des droits et des cultures à l'échelle internationale. Cette faveur pour le darwinisme normatif et cette défiance pour les solidarités syndicales se retrouvent dans les arrêts Laval et Viking.

    Le succès des idées de "démocratie limitée" et de "marché des produits législatifs" doit moins toutefois aux théories économiques, qu'à la conversion de l'Europe de l'Est et de la Chine à l'économie de marché. Avec leur arrogance habituelle, les Occidentaux ont vu dans ces événements, et l'élargissement de l'Union qui en a résulté, la victoire finale de leur modèle de société, alors qu'ils ont donné le jour à ce que les dirigeants chinois appellent aujourd'hui "l'économie communiste de marché".

    On aurait tort de ne pas prendre au sérieux cette notion d'allure baroque, car elle éclaire le cours pris par la globalisation. Edifié sur la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun (l'économisme et l'universalisme abstrait), ce système hybride emprunte au marché la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme la "démocratie limitée", l'instrumentalisation du droit, l'obsession de la quantification et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés. Il offre aux classes dirigeantes la possibilité de s'enrichir de façon colossale (ce que ne permettait pas le communisme) tout en se désolidarisant du sort des classes moyennes et populaires (ce que ne permettait pas la démocratie politique ou sociale des Etats-providence). Une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la libéralisation des marchés pour s'exonérer du financement des systèmes de solidarité nationaux.

    Cette "sécession des élites" (selon l'heureuse expression de Christopher Lasch) est conduite par un nouveau type de dirigeants (hauts fonctionnaires, anciens responsables communistes, militants maoïstes reconvertis dans les affaires) qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'entrepreneur capitaliste traditionnel. Leur ligne de conduite a été exprimée il y a peu avec beaucoup de franchise et de clarté par l'un d'entre eux : il faut "défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance". En tête de ce programme figuraient "l'établissement de la démocratie la plus large (...), la liberté de la presse et son indépendance à l'égard des puissances d'argent, (...) l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie, (...) la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant". Rien de tout cela n'est en effet compatible avec l'économie communiste de marché.

Alain Supiot est membre de l'Institut universitaire de France, directeur de l'Institut d'études avancées de Nantes.

   

    Source Le Monde : Voilà l'"économie communiste de marché", par Alain Supiot
    Auteur : Alain Supiot
    Ed. du 25 janvier 2008

    © Le Monde.fr

    

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Vendredi 1 février 2008

 

[ France Soir - 31 janvier 2008 ]

   

Le FBI sollicite son allié britannique

Le service de renseignement américain manque d’informations. Pour remédier à cette lacune, il souhaite créer un immense fichier et demande à Londres de l’aider.

C’est une véritable obsession aux Etats-Unis depuis les attentats de New York en septembre 2001 : détenir le maximum d’informations pour éviter toute nouvelle attaque. En novembre 2003, le gouvernement américain avait créé le Terrorist Screening Center, un organisme chargé de centraliser les informations concernant les personnes soupçonnées d’être des terroristes, et sous l’égide du Federal Bureau of Investigation (FBI). En avril 2007, le nombre d’individus fichés variait de 400.000 à 700.000, selon les sources. A ce chiffre s’ajouteraient chaque mois environ 20.000 cas supplémentaires. Au départ, les fichiers biométriques ne comprenaient qu’une empreinte digitale et une photo. Désormais, ils pourraient inclure une emprunte oculaire – l’iris — les doigts et la paume de la main.

Personnes fichées à tort

A maintes reprises, des erreurs ont été commises dans la gestion du fichier. En effet, jusqu’à 16.000 requêtes d’Américains mécontents ont abouti au département de la Sécurité intérieure pour avoir été fichés comme terroristes sans raison. Certains d’entre eux ont même été répertoriés comme étant armés et dangereux. C’est dire à quel point la mise en réseau de ce type d’informations est pernicieuse. Est-ce la raison pour laquelle les autorités britanniques estiment qu’il est encore trop tôt pour dire à quel niveau se situera leur collaboration avec le FBI ? Peut-être. Le Royaume-Uni possède, à lui seul, quelque 7 millions d’empreintes digitales ainsi que 3 millions d’empreintes de paume de la main. Sans compter les informations que ses partenaires européens partagent avec lui. Partenaires qui n’ont pas encore été consultés sur la question…

   
     Source France Soir : Etats-Unis - Vers une base mondiale de données biométriques
     Auteur : Romain Bourg
     Edition du 31 janvier 2008

    

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Jeudi 31 janvier 2008

Promotion de la valeur travail et amélioration du pouvoir d'achat

 

[ Les Echos - 31 janvier 2008 ]

   

    Pour Génération Précaire, rémunérer les stagiaires "à partir de 30% du SMIC" est une "insulte à la jeunesse". Cette décision, annoncée par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, rend "stériles les discours sur la valeur du travail ou le pouvoir d'achat", ajoute le collectif  

    Le ministre du Travail Xavier Bertrand a indiqué mercredi à la presse que les stagiaires seraient rémunérés "à partir du premier jour" pour "tous les stages de plus de trois mois". "Nous venons de signer avec Valérie Pécresse (ministre de l'Enseignement supérieur) un décret qui va être publié dans les jours qui viennent, qui va être ratifié par le Premier ministre, qui prévoit le paiement des stagiaires pour tous les stages de plus de trois mois, et qui seront rémunérés à partir du premier jour", a déclaré Xavier Bertrand lors de l'émission Questions d'info (LCP/France Info/AFP).

    Ces stages seront payés "à partir de 30 % du SMIC", et "à partir de février", a précisé le ministre. "Pour les entreprises, il y aura une franchise des cotisations à hauteur de ces 30% du SMIC, c'est-à-dire que l'entreprise qui va rémunérer ce jeune n'aura pas de charge à payer, c'est l'Etat qui en fera la compensation", a ajouté Xavier Bertrand. Pour éviter les abus dans l'emploi des stagiaires, on tiendra "un registre dans l'entreprise, pour qu'on sache qui est stagiaire qui ne l'est pas", a-t-il expliqué, ajoutant : "Je ne veux pas qu'on tronçonne les stages".

    Génération Précaire s'insurge. Pour le collectif, rémunérer les stagiaires "à partir de 30% du SMIC" est une "insulte à la jeunesse". Un stagiaire touchera donc près de 380 euros par mois dès le 1er jour, si son stage dure au moins trois mois, selon les calculs de Génération Précaire. Un montant insuffisant qui rend "stériles les discours sur la valeur du travail ou le pouvoir d'achat", estime-t-il. "Le gouvernement traite les stagiaires par le mépris" et la jeunesse est encouragée "à partir à l'étranger" où les stages sont mieux rémunérés, poursuit le collectif.

   

      Source Les Echos : Les stages de plus de trois mois seront rémunérés ...
      Date : 31 janvier 2008

      Tous droits réservés - Les Echos 2008

   

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