Jeudi 14 février 2008


Les Echos - 11 février 2008 ] 

   

Félix Rohatyn est ancien Ambassadeur des Etats-Unis en France et vice-chairman de Lehman Brothers.

   

La crise financière que nous traversons n'est-elle qu'une crise de plus ?
    Cette crise est différente. Elle est plus inquiétante et plus dangereuse. Plus inquiétante car nous ne pouvons pas aujourd'hui identifier clairement le problème ni en mesurer la durée et l'ampleur. Plus dangereuse car il est difficile d'imaginer des solutions ou des parades pour l'avenir. Lors des crises du peso mexicain, de la Russie, du fonds LTCM ou de la bulle Internet, les problèmes étaient identifiables et mesurables. L'épreuve était, certes, douloureuse mais on savait ce qu'il fallait faire. Cette fois-ci, il ne faut pas se leurrer, la crise n'est pas uniquement financière, mais aussi immobilière ce qui va avoir de lourdes conséquences sociales. Cela me rappelle un peu le milieu des années 1970 quand la ville de New York a été à deux doigts de faire faillite.

Vous pouvez d'autant mieux en parler que vous avez été l'architecte du sauvetage de New York ?
    Avec beaucoup d'autres. Mais à l'époque, Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing nous avaient mis en garde lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement : une faillite de New York risquait de provoquer un effondrement du dollar. La crise à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui est beaucoup plus globale.
Cela a de quoi effrayer.

Cet impact économique global s'annonce très lourd ?
    Si nous évitons que la première économie du monde ne tombe dans une phase de récession sévère, nous éviterons sans doute le pire. Mais si la récession aux Etats-Unis est profonde, la crise le sera aussi. Nous nous sommes mis dans une position de vulnérabilité. On peut admirer les Etats-Unis pour leur flexibilité et leur dynamisme mais nous devons constater que des pans entiers de notre économie sont en crise. Notre industrie traditionnelle, comme l'automobile, est à la peine. L'immobilier et la construction vont mal. Et maintenant, le secteur financier est affecté : trois des secteurs clefs de notre pays souffrent de façon simultanée.

Les banques centrales peuvent-elles sauver la situation ?
    La finance s'est globalisée et s'est articulée autour de trois pôles, les Etats-Unis, l'Europe et le tandem sino-japonais. Mais les structures de contrôle, elles, ne se sont pas adaptées. Prise séparément, chaque banque centrale est trop isolée et suit sa propre politique. L'Amérique baisse ses taux. L'Europe pas. Nous aurions besoin d'un régulateur plus global, capable d'imposer des règles et de parler d'une seule voix. Avec Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet, nous disposons d'hommes très compétents. Ils se penchent sur les problèmes. Mais il s'agit d'une première étape pour restaurer la confiance. En termes de régulation purement américaine, nous avons d'autre part commis une sérieuse erreur en abolissant à la fin des années 1990 la loi Glass-Steagall qui empêchait les banques de réseaux de prendre des participations dans les banques d'affaires.

En Amérique, le président Bush et le Congrès se sont mis d'accord sur un plan de relance. Cela sera-t-il suffisant ?
    Ce plan de relance est énergique mais il faut faire plus, sur un plus long terme. Les mesures de soutien aux ménages ne sont prévues que pour un an. Nous devons aussi envisager un programme beaucoup plus vaste d'investissements dans les infrastructures, définir de grands projets portant sur une dizaine d'années. Nous devons réinvestir dans notre pays. La Chine vient bien de décider d'investir plus de 60 milliards de dollars d'ici à 2020 dans la construction d'une centaine de nouveaux aéroports. Nous devons, nous aussi, avoir de grands projets.

Vous voulez réhabiliter Keynes ou faire revivre le New Deal de Franklin D. Roosevelt ?
    Tout en restant un fervent capitaliste, je n'ai jamais caché que j'étais keynésien et quand je vois dans quel état sont aujourd'hui les Etats-Unis je regrette que les keynésiens soient minoritaires. Nous avons parfois tendance à l'oublier, mais, avec le New Deal, Roosevelt a sans doute sauvé le capitalisme. Sans son intervention durant la grande crise des années 1930, l'Amérique aurait pu basculer dans le socialisme. Aujourd'hui nous sommes en général hostiles à l'intervention d'un Etat considéré, a priori, comme bureaucratique. Mais les dérèglements actuels prouvent que l'on ne peut pas se reposer totalement sur le marché ! Dans un pays où des ponts s'écroulent, des routes sont délabrées, où un ouragan comme Katrina détruit la Nouvelle-Orléans et symbolise l'impuissance du gouvernement, comment peut-on encore prétendre que l'Etat n'a pas de rôle positif à jouer ? Le New Deal a prouvé que le gouvernement pouvait intervenir sans dénaturer le système. Aujourd'hui nous avons besoin d'un nouveau New Deal.

Que peut-on faire concrètement ?
    Ce que l'Amérique a fait, elle peut le refaire. La base de notre économie restera toujours le secteur privé mais il ne faut pas oublier que ce pays a, aussi, été bâti sur de l'investissement public. De Jefferson qui a acheté la Louisiane à Eisenhower qui a construit un réseau d'autoroutes gratuites en passant par les chemins de fer transcontinentaux construits sous Lincoln, les exemples ne manquent pas. Mais le mécanisme de répartition de l'investissement entre l'Etat fédéral, les Etats et les villes a été cassé dans les années 1960-1970. Le pouvoir central investit de moins en moins, les collectivités locales n'ont pas les moyens financiers de se substituer à l'Etat et, du coup, des infrastructures aussi cruciales que les routes ou les écoles se dégradent. On a évalué qu'il faudrait dépenser 1.600 milliards de dollars sur cinq ans pour remettre simplement à niveau nos infrastructures essentielles. C'est indispensable pour notre qualité de vie mais aussi pour notre productivité et donc pour les emplois de demain. Pour l'instant rares sont ceux qui sont prêts à entendre ce discours.

Les esprits peuvent-ils évoluer ?
    Ils évoluent déjà. Depuis deux-trois ans, nous avons créé un groupe bipartisan d'hommes d'affaires, de politiques et d'universitaires. Notre but est simple : nous voulons que l'Amérique se dote d'une sorte de Banque mondiale en version domestique. Dotée au départ d'un capital d'environ 60 milliards de dollars par l'Etat, cette banque pourrait ensuite lever des fonds et emprunter de l'argent pour financer de grands projets. Elle n'assurerait jamais plus de 50 % de l'investissement afin de conserver un fort lien avec le privé. Cela ne va pas se faire du jour au lendemain mais notre proposition fait de plus en plus l'objet de discussions. Nous progressons.

Les Américains, qui ne respectent pas tous l'héritage rooseveltien, sont-ils prêts à accepter ce discours ?
    Ce pays a été construit par des gens qui ont fuit des Etats ou des Eglises qui les persécutaient. Il y a donc naturellement une forme de réticence face au pouvoir central. Tant que le monde est simple et que l'économie fonctionne bien, ce genre d'attitude peut même se défendre. Mais le monde d'aujourd'hui est devenu beaucoup plus complexe. Les conséquences humaines de la globalisation sont, par de nombreux côtés, de plus en plus lourdes. Le gouvernement a un rôle à jouer dans l'infrastructure, l'éducation ou la réduction des inégalités. La crise actuelle pourrait être l'occasion d'une prise de conscience des Américains.

Vous refusez d'être totalement pessimiste ?
La conjonction de cette crise et de l'élection présidentielle américaine sont une opportunité. Ces sujets de fond vont faire partie du débat électoral. La crise actuelle le prouve : on ne peut pas compter uniquement sur le marché et sur la finance pour redistribuer plus ou moins équitablement les richesses. Je ne sais pas ce que choisira mon pays mais le débat va avoir lieu. Il ne se passera peut-être rien. Mais, s'il doit se passer quelque chose, c'est maintenant ou jamais. Sortir de la guerre en Irak est un préalable. Nous ne pouvons pas nous battre sur tous les fronts à la fois. Mais il faut se rendre à l'évidence. L'image des Etats-Unis a été ternie par la guerre en Irak. Aujourd'hui, la crise financière est un revers de plus. Nous n'avons pas donné l'image d'un pays d'investisseurs sérieux mais celle d'un pays de parieurs appâtés par le gain. C'est très mauvais.

L'Amérique a-t-elle le blues ?
    Les Américains, qu'ils soient démocrates ou républicains, savent que quelque chose cloche et que le pays avance dans la mauvaise direction. Ils sentent que le monde de demain sera plus dur pour leurs enfants qu'il ne l'a été pour eux. Cela n'est guère rassurant. En fait, nous avons subi deux chocs. Le 11 septembre 2001, nous avons découvert que nous étions vulnérables sur le terrain de la sécurité. Aujourd'hui nous prenons conscience que nous sommes, aussi, économiquement fragiles.

Les Etats-Unis sont-ils retombés dans la même ornière que durant les années 1970 ?
    Nous avons un pétrole cher, un dollar qui s'affaiblit et nous avons une guerre sur les bras, et la menace d'une nouvelle stagflation. Mais l'analogie n'est pas totale. Dans les années 1970, nous étions en crise mais nous ne doutions pas. Nous étions encore l'incontestable « numéro un » mondial. L'automobile c'était General Motors et personne n'imaginait que GM puisse faire faillite. Nous avons encore des Google, d'excellentes universités et une vraie capacité d'innovation. Sans être condamnés, nous ne sommes plus les incontestables champions du monde. Il faut en tirer les leçons.

Ne craignez-vous pas une dérive nationaliste ou protectionniste ?
    Nationaliste non. Protectionniste oui. Des mesures protectionnistes seront sans doute envisagées mais on ne va pas se transformer en forteresse. On sent, certes, dans la campagne une volonté politique un peu démagogique de répondre à certaines demandes de l'opinion publique. Mais l'Amérique reste pragmatique. On le voit actuellement avec la montée de fonds souverains dans le capital des banques, même s'il est probable que des règles seront adoptées pour encadrer quelque peu ces investissements. Même si l'on va exiger plus de transparence afin qu'ils restent cantonnés à la sphère économique et ne deviennent pas des prises de participations politiques.

Quel camp, républicain ou démocrate, vous semble le plus à même de relever tous ces défis ?
    L'élection présidentielle est l'occasion de choisir un leader susceptible de reconnaître l'ampleur de nos problèmes et de tenter de les surmonter. Et ma préférence serait, naturellement, que ce soit un candidat démocrate qui l'emporte.

La France aussi a changé l'an dernier de président. Cela a-t-il vraiment eu un impact sur la relation franco-américaine ?
    Il y a une incontestable amélioration de notre relation. L'attitude du président Sarkozy envers l'Amérique va favoriser le rapprochement transatlantique. Cela pourrait aussi favoriser un retour de la France au sein du commandement intégré de l'Otan. Nous pouvons maintenant travailler ensemble et montrer la voie sur des sujets économiques, politiques et militaires.

  

Félix Rohatyn, son parcours
Né à Vienne, élevé en France, résidant aux Etats-Unis depuis 1942, Félix Rohatyn est depuis toujours un pont entre les deux rives de l'Atlantique. Entré en 1948 chez Lazard Frères & Co, Rohatyn le « banker » aura multiplié les « deals » qui font le charme de la banque d'affaires, mais se sera également très tôt mis au service du public en participant, par exemple, dès le milieu des années 70, au plan de sauvetage financier d'une ville de New York au bord de la faillite. Entre 1997 et 2000, le « banker » se fera diplomate en devenant ambassadeur des Etats-Unis à Paris.

Son actualité
Depuis son retour aux Etats-Unis, Félix Rohatyn a replongé dans la finance. Après avoir monté sa propre firme, l'homme qui, à soixante-dix-huit ans, est toujours au conseil d'administration de LVMH (propriétaire des « Echos ») et de Publicis, est devenu en 2006, conseiller de Richard Fuld, le PDG de Lehman Brothers. Il est également vice-« chairman » de cette banque et « chairman » de son comité de développement international. En parallèle, au sein du Center for Strategic and International Studies, il est l'un des membres fondateurs d'un groupe d'experts cherchant à favoriser l'investissement dans l'infrastructure publique.

   

    Source Les Echos : L'Amérique a besoin d'un nouveau New Deal
    Auteur : Félix Rohatyn, propos recueillis par David Barroux
    Date : 11 février 2008
    
    Tous droits réservés - Les Echos 2008

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Mercredi 13 février 2008

    
 [
Romandie News - 8 février 2008 ]

   

    MOSCOU - Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi que la Russie "répondrait" toujours aux "défis" internationaux tels que la "course aux armements", en développant notamment de nouvelles armes.

    "Une nouvelle spirale de la course aux armements est lancée dans le monde", a-t-il déclaré lors d'un discours au Kremlin devant l'ensemble des responsables politiques russes. "La Russie a et aura toujours une réponse aux nouveaux défis", a poursuivi le président russe dont l'intervention, digne d'un discours à la Nation, était retransmise en direct à la télévision publique.

    "Les pays les plus développés, s'appuyant sur leur suprématie technologique, investissent plusieurs milliards" dans des armes de nouvelle génération, et leur dépenses "sont des dizaines de fois supérieures aux nôtres", a-t-il souligné. "Dans les années à venir, la Russie doit développer de nouvelles armes dont les caractéristiques seront les mêmes ou plus sophistiquées que celles dont disposent plusieurs Etats", a conclu M. Poutine, qui doit quitter le Kremlin en mai, faisant le bilan de huit ans de présidence.

    M. Poutine s'en est pris aux Etats-Unis et à l'Otan qui rapprochent leurs infrastructures militaires de la frontière russe.  "L'Otan s'élargit, rapproche son infrastructure militaire de nos frontières. Nous avons liquidé nos bases à Cuba et au Vietnam. Qu'avons-nous eu en échange ? De nouvelles bases américaines en Roumanie, en Bulgarie. Des éléments du bouclier antimissile seront déployés en Pologne et en République tchèque", a-t-il poursuivi. "On tente de nous convaincre que tout cela n'est pas dirigé contre la Russie. Nous ne voyons aucune mesure concrète (de la part de l'Occident) pour chercher un compromis", a-t-il martelé.

    Alors que la Russie a respecté "pendant des décennies ses engagements internationaux" dans le domaine de la sécurité y compris le traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE), "nos partenaires, membres de l'Otan ne l'ont pas ratifié, ne le respectent pas et nous demandent de l'exécuter unilatéralement", a poursuivi M. Poutine justifiant ainsi encore une fois la décision de Moscou d'en suspendre l'application en décembre.

  

    Source : Romandie New
    ©AFP / 08 février 2008 12h58

    

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Mercredi 13 février 2008

   

 [ Le Monde - 12 février 2008 ]

    A notre insu, les nanoparticules ont envahi notre vie quotidienne. On en trouve déjà de plus de 1 300 types différents (poudres, fils, tubes...) dans plusieurs centaines de produits vendus dans le commerce, le plus souvent sans étiquetage particulier. Elles sont, par exemple, présentes dans les crèmes solaires et les cosmétiques, les produits de nettoyage, les textiles, les carburants, les peintures, les pneus de voiture, les encres d'imprimante, ou même certains aliments. Et le marché de cesse de croître.

[...]

    

    Lire la suite sur Le Monde : Des études démontrent les dangers des nanoparticules pour la santé
    
    Auteur : Pierre Le Hir
    Edition du 12 février 2008

   

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Mercredi 13 février 2008

    

 [ Le Quotidien du Peuple - 12 février 2008 ]

   

    Les autorités chinoises de l'industrie informatique envisagent d'étendre le haut débit à plus de 95 % des villages du pays en 2008.

    Dans certaines provinces centrales et de l'est, tous les bourgs et villages seront couverts par le haut débit d'ici à la fin de cette année, selon le ministère de l'Industrie informatique.

    Les services téléphoniques seront étendus davantage dans les régions rurales, a précisé le ministère dimanche, qui a promis d'étendre les connexions Internet aux régions rurales.

    Environ 99,5% des villages chinois ont accès au téléphone et la connexion Internet haut débit est accessible dans 92% des villages du pays.

    En 2007, 73 millions de personnes ont grossi les rangs de la population d'internautes du pays. 40% de ces nouveaux internautes, soit 29,17 millions de personnes, habitent les régions rurales, ce qui porte le nombre d'abonnés des régions rurales à 52,62 millions fin 2007, en hausse de 127,7% sur un an. Le taux était beaucoup plus élevé que celui de 38,2% dans les régions urbaines.

    Cette croissance impressionnante dans les régions rurales est largement due aux efforts du gouvernement et à la forte demande de ces régions.

    La Chine comptait 210 millions d'abonnés à l'Internet fin 2007 et sa population d'internautes est en train de devenir la plus importante du monde. La Chine compte 122 millions d'abonnés au haut débit, se classant au premier rang mondial.

   

    Source :  Le Quotidien du Peuple, xinhua
    Date : 12 février 2008

    

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Mercredi 13 février 2008

L'être humain n'est plus qu' un moyen parmi d'autres au service du contrôle social. Peut-on encore parler de civilisation lorsque la notion d'éthique elle-même s'efface au profit d'un utilitarisme et d'un cynisme sans limite ?

   

  [ Le Monde - 13 février 2008 ]

   

    Les économistes appliquent leurs outils de modélisation et d'évaluation empirique à tous les champs des sciences sociales et humaines. Aucun sujet n'est tabou : le clonage humain, l'anorexie ou la peine de mort. Sur ce dernier thème, aux Etats-Unis, les apôtres de la peine capitale sont mobilisés depuis le début de la campagne présidentielle, qui a coïncidé avec un moratoire généralisé des exécutions dans l'attente d'une décision, en juin, de la Cour suprême sur l'injection létale. Leurs principaux atouts sont désormais les conclusions d'économistes.

    Des travaux publiés dans des revues reconnues étudient statistiquement le "deterrent effect" ("effet dissuasif") de la peine de mort. Leur principe est d'apprécier si le nombre de crimes violents varie avec l'existence et l'application de la sentence capitale. Pour cela, ils utilisent les différences spatiale (entre Etats américains) et temporelle. Portant principalement sur la période postérieure à 1970, ces études assez sophistiquées concluent qu'une exécution éviterait de trois à vingt meurtres. A l'inverse, commuer une peine capitale en emprisonnement à vie impliquerait autant de meurtres supplémentaires. Un article récent s'attache même à distinguer les performances des différents modes d'exécution, la chaise électrique se révélant la plus dissuasive... Et Gary Becker, Prix Nobel d'économie interrogé par le New York Times, de conclure que même si ces travaux sont fragiles, il est convaincu que la peine de mort est dissuasive et utile dans les cas des crimes les plus graves. L'approche économétrique s'oppose donc à une accumulation de travaux issus d'autres disciplines - droit, psychologie, criminologie, histoire - qui soulignent la non-exemplarité de la peine de mort, et ce dans de nombreux pays. Les économistes ont-ils seuls raison contre presque tous les autres scientifiques ?

    Leurs résultats sont en fait discutables. Notamment, un long article d'un juriste, John Donohue, et d'un économiste "dissident", Justin Wolfers, dans la Stanford Law Review, apporte des éléments qui jettent un doute sur les travaux économétriques. Comment expliquer que le Canada, où la peine de mort n'est plus appliquée depuis 1963, connaisse depuis des évolutions de la criminalité similaires à celles des Etats-Unis ? Que la corrélation entre exécutions et réduction de la criminalité ne soit exhibée que sur des données récentes alors qu'il y avait bien plus d'exécutions avant 1970 ? Donohue et Wolfers testent également un des maux bien connus de la science économique : le biais de publication. On ne publierait que les résultats statistiquement significatifs. Cela a été démontré, par exemple, pour les premiers articles concernant l'effet du salaire minimum sur l'emploi. De fait, les travaux publiés sur la peine capitale présenteraient des caractéristiques statistiques qui traduiraient que des résultats non conclusifs n'ont pas été, eux, publiés. Dans tous les cas, il faudrait disposer d'exécutions plus nombreuses et "aléatoires" pour prétendre trouver un résultat robuste.

    Cependant, malgré ces arguments, les résultats des économistes demeurent troublants. Ils participent d'une pensée unique. Un des candidats à la Maison Blanche s'en démarque. Barack Obama a osé affirmer que "the death penalty does little to deter crime" ("la peine de mort ne parvient pas à dissuader les criminels"). S'il gagne l'investiture démocrate puis la présidence, les recommandations politiques des économistes pourraient rester lettre morte. En revanche, Hillary Clinton est une avocate zélée de la peine de mort. Durant les mandats de son mari, elle a milité pour une extension de la liste des crimes fédéraux passibles d'exécution. Devenue sénatrice, elle a appuyé une loi subtile obligeant à un test ADN systématique avant la peine capitale fédérale. C'est un progrès. Mais cette loi vise aussi à affaiblir un argument de poids des abolitionnistes auquel est sensible l'opinion : le risque qu'une erreur judiciaire ne conduise à l'exécution d'un innocent.

    La France n'est pas non plus à l'abri des préconisations des économistes en matière de criminalité. S'il n'y a plus d'exécutions, on meurt dans les prisons françaises, par suicide, violence des codétenus, défaut de soins... Or le travail "de référence", effectué notamment par Lawrence Katz, professeur d'économie à Harvard, montrerait que plus les détenus ont une probabilité élevée de mourir dans une prison américaine, moins les actes criminels sont nombreux : trente à cent crimes violents seraient évités à chaque décès en prison. Pour les auteurs de cet article, de mauvaises conditions de détention sont probablement bien plus efficientes que la peine capitale.

    A les suivre, on pourrait légitimer "scientifiquement" l'honteux. Quitte à tomber dans l'absurde. Conclusion imaginaire : "Conjugué au non-recours à la peine capitale, le traitement inhumain et dégradant de détenus français souligné par des organisations internationales est une politique efficace de prévention de la criminalité. Autant exécuter un détenu est coûteux, autant ne pas assurer son intégrité est économe. Cette situation mérite cependant d'être aggravée. Compte tenu de l'élasticité obtenue dans la littérature économique internationale, il suffirait de tripler le nombre de suicides dans les prisons françaises pour éliminer les crimes passibles des assises."

    La démarche économique peut-elle coloniser tous les domaines de l'humain en s'affranchissant d'une réflexion éthique ?

    Philippe Askenazy est directeur de recherche au CNRS, Ecole d'économie de Paris.

   

    Source Le MondePeine de mort pour les économistes
    Auteur : Philippe Askenazy
    Edition du 12 février 2008
    
    
© Le Monde.fr 

   
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Lundi 11 février 2008
  

[ Contre Info, d'après Edmonton Sun (Canada), 10 février 2008 ]

   

    De nombreuses sources indiquent que Nicolas Sarkozy s’apprête à envoyer 700 parachutistes combattre en renfort au coeur de l’insurrection des pachtounes talibans au Helmand. Si c’est le cas, la France enagerait ses hommes dans une guerre injustifiable et perdue d’avance, au seul motif de complaire à l’Amérique et à son bras armé, l’OTAN. Eric Margolis analyse les enjeux du différend transatlantique sur le rôle de l’Alliance et la guerre Afghane.

    Lors de la conférence de l’OTAN qui s’est tenue cette semaine à Vilnius, en Lituanie, le Secrétaire à la Défense américain Robert Gates a accusé avec colère certains pays européens de ne pas être prêts à « combattre et mourir » en Afghanistan dans la bataille contre les talibans.

    Le bien peu diplomatique Robert Gates a vu juste. La plupart des européens voient dans le conflit Afghan a) une erreur immorale b) une guerre américaine c) menée pour le pétrole, ou d) probablement perdue.

    Pour de nombreux européens, l’OTAN était destinée à dissuader la menace réelle représentée par l’Union Soviétique, pas à fournir des hommes de troupe pour les guerres menées par Bush dans le monde musulman.

    Au moment même où Gates et Harper (le premier ministre canadien) demandaient un renfort en hommes, le commandant des 40 000 soldats de l’OTAN en Afghanistan, le général US Dan Mc Neill dégoupillait une grenade en déclarant que si les règles de l’armée américaine en matière de guerre anti-insurrectionnelle étaient appliquées, l’OTAN et les USA devraient déployer 400 000 hommes pour défaire la résistance tribale Pachtoune en Afghanistan.

 [...]

   

    Lire la suite sur Contre Info

    Auteur : Eric Margolis, traduction Contre Info

    

   

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Lundi 11 février 2008

   
    Alain Badiou, interrogé par Raphaël Enthoven, pose avec une clarté stupéfiante des questions qui détonnent et qui risquent de déranger les philosophes de salon qu'on a l'habitude de voir.

    France Culture vient de consacrer une série d'émissions consacrées aux pathologies de la démocratie.
(Les nouveaux chemins de la connaissaince - Raphaël Enthoven, du 4 au 8 février).

    Ecouter l'émission d'Alain Badiou (fichier mp3 de 29 Mo, 30 mn, qu'on peut écouter ou télécharger)

   

    Voici les autres émissions de la série, avec les liens vers le site de France Culture. Il est possible d'écouter les émissions pendant quelques semaines :

      4 février : Cynthia Fleury          5 février : Alain Badiou          6 février : Olivier Mongin

      7 février : Pierre Manent          8 février : Jacques Julliard


  
Alain Badiou, philosophe et enseignant à l'ENS, a publié récemment :

Circonstances - Volume 4, De quoi Sarkozy est-il le nom ?
Nouvelles éditions Lignes - 2007

  


   

Complément (11 février 2008)

Deux citations extraites de "De quoi Sarkozy est -il le nom ?"

   

  1. Badiou, commente devant son auditoire de l'Ecole Normale Supérieure le résultat de l'élection présidentielle de 2007 en france :
   

Entre nous, ce n’est pas parce qu’un président est élu que, pour des gens d’expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...]
On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pense que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer. Donc, ce qui vous déprime, c’est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur.
 
   

    2. 
   

Dans la critique radicale du régime démocratique, Platon note qu'un tel régime considère que ce sur quoi une politique doit se régler, est l'anarchie des désir matériels. Et que, en conséquence, un gouvernement démocratique est inapte au service de quelque Idée vraie que ce soit, parce que si la puissance publique est au service des désirs et de leur satisfaction, au service finalement de l'économie, au sens large du mot, elle n'obéit qu'à deux critères : la richesse, qui donne le moyen abstrait le plus stable de cette satisfaction, et l'opinion, qui décide des objets du désir et de la force intime avec laquelle on croit devoir se les approprier.

  


Complément (27 février 2008)

    Voir sur Rue89 :
Alain Badiou : Y a-t-il une barbarie sarkozienne ( 26 janvier 2008)
     
     L'article publié à la sortie du livre "De quoi Sarkozy est-il le nom ?", comporte notamment un entretien avec Alain Badiou (vidéo)

   

 

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Lundi 11 février 2008

Grand éclat de rire !

  

   

   

 
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Dimanche 10 février 2008

     
 
[ Questions Critiques, CounterPunch - 8 février 2008 ]

   

Par Paul Craig Roberts

       

    Le Parti des chemises brunes a choisi John "la guerre de cent ans" McCain pour être son candidat présidentiel. A part pour Cheney, Norman Podhoretz et Billy Kristol, McCain est le plus grand belliciste de l'Amérique.

    Dans un régime McCain, Cheney sera de retour au pouvoir pour un temps comme Ministre de la Guerre. Norman "Bombardez-bombardez-bombardez l'Iran" Podhoretz sera Sous-secrétaire à la Guerre Nucléaire avec le Général John "Atomisez-les" Shalikashvili comme adjoint. Rudy Giuliani sera Ministre de l'Intérieur, responsable des centres de détention d'Halliburton, dans lesquels seront entassés tous les détracteurs de la guerre et de l'Etat policier. Billy Kristol sera le porte-mensonge en chef de la Maison-Blanche.

    Le gang complet sera de retour - Wolfowitz, Perle, Wurmster, Feith, Libby et Bolton. L'Amérique aura une deuxième chance de bombarder le monde pour le soumettre.

Avec la majorité des électeurs qui en ont marre de la guerre, marre des mensonges, marre de la fraude de la part de la Réserve Fédérale et de Wall Street, et qui en ont marre de leurs revenus qui stagnent ou qui chutent, McCain est sur le point de capturer 20% des suffrages - les Sionistes chrétiens, les Evangélistes frénétiques et les voyous réactionnaires machos qui agitent la bannière étoilée en pensant que l'Amérique est foutue à moins que les "Islamofascistes" ne soient exterminés.

    Les mensonges accumulés, les tromperies, les crimes de guerre, la honte des prisons d'Abou Ghraïb et de Guantanamo, les attaques de l'Etat policier de Bush contre les libertés civiles, le nombre incalculable d'Irakiens et d'Afghans, hommes, femmes et enfants, assassinés pour l'hégémonie américaine et israélienne, et l'effondrement de l'économie étasunienne indiquent un balayage total du Parti des Chemises Brunes. Dans un pays dont la population serait informée et défendrait les valeurs humaines, le Parti Républicain serait réduit à une telle minorité qu'il ne pourrait jamais s'en remettre.

    Que se passera-t-il en Amérique ? Les sondages montrent que les Américains ont en assez de Bush et les élections législatives de 2006 ont montré que les électeurs en ont assez des Républicains. Mais les Républicains ont vu le message et l'ont ignoré et le peuple et les Démocrates ont continué de tolérer et de permettre ce à quoi ils prétendent s'opposer.

    Pendant ce temps, Bush s'en tient fermement à sa détermination de trouver un moyen de bombarder l'Iran, réfutant en compagnie des néoconservateurs l'Estimation Nationale des Renseignements, unanime, selon laquelle il n'y a aucun programme d'armes nucléaires [en Iran], exactement comme Bush et les néocons ont réfuté les rapports des inspecteurs sur les armes irakiennes qui affirmaient sincèrement que Saddam Hussein n'avait aucune arme de destruction massive. Ce que les Américains et les Démocrates n'ont pas compris est qu'un parti qui a un programme secret se fiche complètement des faits.

    Les Démocrates sont loin d'être purs, mais ils n'ont pas la ferveur et la détermination que seule apporte une idéologie. Les Démocrates ont peut-être des idéologies sur des questions spécifiques, mais ils n'ont pas cette idéologie ultra condescendante qui rend impératif le fait qu'ils, et seulement eux, soient au pouvoir.

    Par contraste, le Parti des Chemises Brunes est alimenté par l'idéologie des néocons sur la suprématie américaine (et israélienne). L'idéologie des néocons sur la suprématie va beaucoup plus loin que celle d'Hitler. Hitler n'avait que pour objectif de dominer l'Europe et la Russie. Les néocons ont pris pour cible le monde entier.

    Les néocons ont préparé des plans pour une guerre contre la Chine. Ils encerclent la Russie d'installations militaires et versent des millions de dollars aux dirigeants des anciennes républiques de l'Union Soviétique pour qu'ils signent avec l'Otan, que les néocons ont transformé en mécanisme pour amener les Européens à servir l'Empire Américain.

    Tout ce travail, le Programme pour un Nouveau Siècle Américain des néocons
[1], les guerres coûteuses en Irak et en Afghanistan, la diabolisation de l'Iran, du Hezbollah et du Hamas, la ghettoïsation de la Cisjordanie et de Gaza, les mesures d'Etat policier que Bush a réussi à faire inscrire dans la loi, la concentration du pouvoir dans la branche exécutive, ce sont des succès dont les Chemises Brunes ne se déferont pas.

    Il est possible que les néocons et leurs partisans aux chemises brunes se fassent tellement d'illusion qu'ils ne réalisent pas que leurs objectifs glorieux ne sont pas partagés. Peut-être ne sont-ils pas différents des Américains, croulant sous les dettes et incapables de faire face à leurs remboursements immobiliers, qui pensent qu'ils gagneront au Loto la semaine prochaine.

   

Dans autre côté, il se peut que les Chemises Brunes aient un plan.

Quel pourrait-être ce plan ?

    Ils peuvent voler cette élection avec les machines à voter électroniques de Diebold et les logiciels propriétaires que personne n'a le droit de vérifier. Il y a désormais assez d'élections où il y a eu des divergences importantes entre les sondages de sortie des urnes et les résultats de scrutin qu'on peut trouver des explications à une élection volée. Les Démocrates ont reçu une "formation parlementaire" pour accepter les élections volées. Les électeurs, dont les voix ont été volées, réfutent les preuves comme faisant partie des "théories de la conspiration".

    Ou pourquoi pas une "attaque terroriste" bien orchestrée au bon moment pour faire venir les Américains effrayés vers le candidat de la guerre ? Les événements bidons font partie de la panoplie. Hitler s'est servi de l'incendie du Reichstag pour transformer du jour au lendemain la démocratie allemande en dictature.

    Et que dire de l'espionnage à grande échelle des Américains ? L'explication donnée par le régime de Bush pour la violation du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) [la loi réprimant l'intelligence avec l'ennemi] n'a aucun sens. La violation de cette loi par Bush est clairement un crime, c'est un motif d'impeachment, d'arrestation, de condamnation et d'emprisonnement. De plus, ces agissements illégaux de Bush n'ont aucun lien avec l'intelligence avec l'ennemi. Cette loi (la FISA) requiert seulement de la branche de l'exécutif, pour obtenir un mandat, qu'elle se présente devant une cour secrète et qu'elle explique ses raisons. Cette loi autorise même la branche exécutive à espionner d'abord et à obtenir le mandat par la suite. Le but du mandat est d'empêcher une administration d'espionner pour des raisons politiques. La seule raison pour laquelle Bush refuse d'obtenir ces mandats est qu'il n'a aucune raison valable pour espionner.

    Cela veut-il dire que durant la campagne présidentielle nous entendrons le Ministre de la Justice, Michael Mukasey, dire que la candidate Hillary fait l'objet d'une enquête pour un délit à la "Whitewater" [le scandale immobilier qui avait impliqué les Clinton en Arkansas] ou que le candidat Obama est lié à une prétendue personnalité du crime ou à un Islamiste ?

    Les néocons contrôlent la plupart des médias écrits et des chaînes de télévision et, sur les radios, les animateurs de droite ne sont certainement pas les amis des Démocrates. Alors que les Démocrates se sont fait avoir par toutes les fraudes perpétrées contre eux, ils seront probablement les bonnes poires tant avec les "enquêtes" que les rumeurs d'enquêtes sur le candidat démocrate. Hillary est peu aimée et sera facile à dénigrer. Obama est un nouveau venu avec lequel les électeurs ont peu d'expérience. Il est en partie noir et a un nom bizarre.

    John McCain est diplômé de l'Académie Navale des Etats-Unis. Son père et son grand-père étaient amiraux. Lors de sa 23ème mission de bombardement sur le Nord Vietnam dans l'une des guerres orchestrées par l'Amérique, son avion a été abattu et il fut blessé. Il a été fait prisonnier de guerre pendant 5 ans et demi et torturé par les Nord-vietmaniens.

    McCain est au Congrès depuis 1983 et donc connu du public depuis 25 ans. Le seul scandale dans lequel il est associé est qu'il à fait partie des "cinq de Keating". Il fut l'un des cinq sénateurs associés à Charles Keating et à d'autres intervenants présumé pour son compte, par l'intermédiaire de contributions de campagne. Charles Keating, propriétaire de S&L et investisseur immobilier, fut pris au piège par les avocats de la partie civile, mais fut ensuite disculpé par un juge fédéral.

    Adolf Hitler n'a jamais eu le soutien d'une majorité de l'électorat allemand. Dans l'élection de novembre 1932, il a recueilli 33,1% des suffrages. Son meilleur résultat fut le 6 mars 1933, avec 43,9%, dans le sillage de l'incendie du Reichstag qui eut lieu quelques jours plus tôt, le 27 février, et attribué aux Communistes. Le soutien minoritaire d'Hitler dans une démocratie ne l'a pas empêché de devenir le dictateur de l'Allemagne.

Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]


Notes :
______________
[1] Project for a New American Century (PNAC) : "Le Programme pour un Nouveau Siècle Américain"

LIRE AUSSI :
"Le Prince des Ténèbres", de Jude Wanniski sur Richard Perle

"Bombardez! Bombardez! Bombardez l'Iran!, de Trita Parsi sur Norman Podhoretz

"La vision de Bush pour secouer le monde"

"L'Horrible John Bolton"

"Néocons: Eliott Abrams chasse les monstres au Moyen-Orient"

"L'avenir de la guerre mondiale contre le terrorisme. Prochaine cible : l'Iran", de Stephen Sniegosky

   

Source : Questions critiques
Article original  CounterPunch :
"Does the Republican Party Have Aces Up Its Sleeves?"
Date : 8 février 2008

   

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Samedi 9 février 2008
   
 [
Challenges - 8 février 2008 ]

 

    DUBAI (Reuters) - L'Opep pourrait à terme abandonner le dollar au profit de l'euro pour fixer le prix du baril, déclare le secrétaire général de l'Opep, le libyen Abdallah al Badri, dans un entretien à paraître dans la prochaine livraison du Middle East Economic Digest (MEED).

    Certains membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, ayant vu leur pouvoir d'achat s'éroder avec la dépréciation du billet vert, ont plaidé ces derniers temps pour un abandon de la devise américaine.

    "Peut-être pourrions-nous fixer le prix du pétrole en euro", a déclaré al Badri à la revue publiée à Londres. "Cela peut être fait, mais cela prendra du temps."

    En ce qui concerne le délai, le MEED ne fournit pas de citation directe du secrétaire général. Il se contente de dire : "Badri dit au MEED (...) que le cartel des producteurs pourrait passer à l'euro d'ici une décennie pour lutter contre la baisse du dollar."

    "Il a fallu deux guerres mondiales et plus de 50 ans pour que le dollar devienne la devise dominante. Nous voyons actuellement une autre devise forte arriver, qui est l'euro", a commenté Abdallah al Badri. Ces déclarations ont fait monter l'euro à 1,4547 dollar vendredi.

    L'Iran, dont les relations sont tendues avec l'Occident sur son programme nucléaire, et son allié le Venezuela, très opposé aux Etats-Unis, font partie des pays de l'Opep qui se sont prononcés en faveur de l'abandon du dollar pour éventuellement passer à un panier de devises.

    Deux barils de brut sur cinq extraits dans le monde sont produits par l'un des 13 membres de l'Opep.

   

    Source Challenges : L'Opep pourrait abandonner le dollar pour l'euro
    Auteur : Firouz Sedarat, version française Danielle Rouquié
    Date : 8 février 2008
    
    Copyright © Challenges.fr

   

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