Ce modeste blog essaie de présenter des publications les plus susceptibles d'éclairer l'actualité, et autant que possible, de suggérer quelques tendances.

En complément, ceux qui le peuvent doivent absolument consulter régulièrement le site
Contre Info, qui fait un travail absolument remarquable de mise en évidence des " infos absentes des prompteurs de JT "  (pub gratuite ! )
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Mercredi 16 avril 2008

Un livre de Michel Demurget, chercheur à l'INSERM


Résumé

En examinant la réalité statistique et humaine des Etats-Unis, l'auteur découvre qu'il existe un univers inattendu, embusqué à mille lieues des chimères médiatiques sans cesse réaffirmées. Il constate que le mythique modèle américain dissimule une brutalité dont peu d'Européens semblent avoir conscience. Il se demande si c'est vraiment ce modèle que les Européens voudraient importer chez eux.


Quatrième de couverture

En Amérique, le libéralisme est source de prospérité pour le plus grand nombre ? Faux. En Amérique, «tout est possible» pour ceux qui travaillent dur ? Faux. En Amérique, le taux de chômage est dérisoire ? Faux. En Amérique, l'indigence est relative et les pauvres vivent «comme des Européens modestes» ? Faux. En Amérique, les exclus du système de santé reçoivent des soins gratuits lorsqu'ils en ont vraiment besoin ? Faux et archi-faux.

De tous les pays développés, l'Amérique présente les niveaux de pauvreté, de mortalité infantile et d'inégalité les plus élevés. Des millions d'enfants se voient refuser jusqu'au droit à une éducation décente, et imposer de la publicité pendant les cours. Des millions d'individus travaillent à plein-temps (ou plus) pour des salaires inférieurs au seuil de pauvreté. Des millions de salariés, révocables sans préavis, sont dépourvus de congés payés, d'assurance santé, de plans de retraite et de couverture chômage. Des femmes accouchent et retournent au travail dès le lendemain faute d'avoir accès à des congés maternité indemnisés. Des retraités sont contraints de revendre, pour subsister, des canettes de Coca-Cola vides, ramassées dans les poubelles. Le taux d'incarcération des plus défavorisés est tel qu'il biaise jusqu'aux chiffres du chômage...

Pourtant, nombre d'hommes politiques européens continuent d'ériger le «modèle américain» en référence salvatrice. Combien de temps encore devrons-nous subir une telle fable ? Ce livre noir dévoile tous les chiffres et les scandales qui constituent l'Amérique d'aujourd'hui. Des dizaines de témoignages en font une enquête à couper le souffle.



Michel Desmurget est chercheur à l'INSERM. Il a vécu, étudié et travaillé huit ans aux États-Unis.

Extrait de l'introduction

J'ai vécu près de huit ans aux États-Unis. Depuis que je suis rentré en France, courant 2006, je ne compte plus les témoignages de généreuse compassion : «Ça doit être difficile de revenir comme ça. Ici c'est dur, ce n'est pas comme en Amérique, mais bon, on n'a pas toujours le choix.» L'idée que l'on puisse, par simple aspiration, rejoindre l'Hexagone et l'Europe paraît, sur le fond, totalement inaccessible à la majorité de mes compatriotes. Il faut dire que le «Nouveau Monde» ressemble apparemment pour ces derniers à une splendide terre de cocagne : un niveau de vie sans égal, une remarquable parcimonie fiscale, des entre­preneurs audacieux, un chômage dérisoire, des hôpitaux de pointe, un système éducatif exemplaire, une justice implacable, une mobilité sociale sans faille et l'assurance immuable de voir la richesse se donner au travail plus qu'à l'hérédité. Bien sûr, ce tableau idyllique ne prend son véritable sens qu'en négatif, par comparaison à l'univers supposé sclérosé de notre «Vieille Europe». Nos concitoyens seraient ainsi écrasés d'impôts, nos entreprises épuisées de charges, nos jeunes tristement paresseux, notre chômage endémique, nos systèmes de santé déliquescents, nos universités délabrées, nos écoles tragiques, notre justice servile et notre modèle social basé sur un assistanat inique par lequel la sueur des productifs nourrirait la paresse d'une légion de sangsues.

«Les pièges de l'assistanat», «La France assistée», «La grande colère des classes moyennes : déclassées, assommées d'impôts, désabusées de la croissance», pouvait-on lire ces derniers mois, à la une de plusieurs grands hebdomadaires français. «Depuis 25 ans, tout est fait pour décourager le travail, pénaliser l'effort, dissuader le mérite (...). Ceux qui travaillent gagnent parfois moins que ceux qui vivent de l'assistanat», tonnait Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007. Ces idées sont si fortement ancrées au coeur de notre inconscient collectif qu'une grande marque de voiture a même récemment choisi d'en faire le centre de sa campagne publicitaire : entrepreneurs, l'état vous saigne, il vous prend tout, ne vous laissant à la fin du mois que vos yeux pour pleurer ; par chance, Fiat est là pour vous comprendre et vous aider avec des prix aussi modiques qu'inégalables.

Malheureusement, il y a souvent loin du mythe aux faits. L'Amérique dont on nous parle à longueur de journée n'est, je le crains, qu'une chimère médiatique dépourvue de substance. «Nos» États-Unis sont un leurre. Par ignorance ou à dessein, on nous abreuve d'informations fautives, pour ne pas dire félonnes. Il est vrai que l'air du temps n'est pas à la subtilité. Pour les hommes politiques et autres journalistes, le monde ne semble exister que dans ses dimensions élémentaires. Il y a les bons et les méchants, les gagnants et les perdants, les actifs et les profiteurs, les pragmatiques et les utopistes, les progressistes et les ringards. Au coeur de cet espace bipolaire, aucune échappatoire, il faut choisir son camp, périr ou s'adapter. Triste carcan réductionniste qui dissout le réel et offre nos consciences au néant heuristique des grandes dichotomies. De la philosophie, de l'histoire, des sciences, nous aurions pourtant dû apprendre que la réalité du monde est rarement blanche ou noire. Comme l'a montré Haffner à propos du nazisme, c'est dans le détail des fortunes individuelles que se terre immanquablement l'essence des destinées collectives. Rien n'existe dans l'absolu. On ne peut proclamer la pertinence universelle d'un modèle sans considérer les effets concrets de ce modèle. On ne peut élever une pensée socio-économique au rang de paradigme souverain sans mesurer les fruits palpables de cette pensée. On ne peut pénétrer l'intime réalité d'un pays sans apprécier les conditions matérielles faites à ses habitants. Ces Américains que nous idéalisons jusqu'à l'ivresse, comment vivent-ils ? Qu'en est-il de leur système social, de leurs écoles, de leur justice ? Leur chômage est-il aussi famélique qu'on le prétend ? Leurs hôpitauxsont-ils effectivement les meilleurs et les plus sûrs de la planète ? Souhaitons-nous voir demain le «modèle américain» gouverner la vie de nos enfants ? Voilà sans doute des questions que nous devrions nous poser avant de proclamer l'archaïsme de nos valeurs et la modernité de l'Amérique contemporaine. Nous serions sans doute surpris des réponses obtenues, comme le montrent les quelques exemples suivants. Ces exemples et les conclusions qu'ils inspirent seront bien sûr largement étayés au sein des chapitres à venir. Mon objet n'est ici que d'offrir au lecteur un bref avant-goût des mythes qui structurent notre vision de l'Amérique moderne.
   


     Auteur :Michel Desmurget
     Editeur : Max Milo
     Date de parution : mars 2008
     Collection : L'inconnu
     ISBN : 2353410375


     Disponible à la
Fnac , 19€
     
      
    
publié dans : Livres

Lundi 14 avril 2008

   

Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste de l'Essonne, interrogé par Jean-pierre Elkabbach sur Europe 1 s'exprime au sujet des réactions après les évènements du Tibet.

                           (DailyMotion, le 9 avril 2008 - Durée : env. 15 mn)




Lire sur le blog de Jean-Pierre Mélenchon :
      
Je ne suis pas d'accord avec le boycott des jeux de Pékin et la propagande antichinoise.
    
     
    
   

publié dans : RdP : Chine - Tibet

Samedi 12 avril 2008
[ Le Monde - 11 mars 2008 ]
  
    Le gouvernement s'apprête à appliquer un plan d'économie de 7 milliards d'euros à l'horizon 2011 dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Après les 23 900 départs à la retraite non remplacés en 2008 (dont 11 200 dans l'éducation), 35 000 postes seront à nouveau supprimés en 2009 dans la fonction publique. "L'économie" réalisée ne dépassera pourtant pas 500 millions d'euros par an.
   
    On voit mal comment le gouvernement s'y prendra, sans relever les impôts, pour solder le reste de la facture par le simple biais des réorganisations annoncées (parfois nécessaires) de l'administration. En attendant, après l'éducation, l'encadrement prévu des dépenses de santé et d'emploi compromettra le traitement de nombreuses urgences sociales. Le manque de personnel dans les hôpitaux ne sera pas comblé. Le volet "sécurité" de la "flexisécurité" verra difficilement le jour. Le revenu de solidarité active ne fera pas long feu. Une telle baisse des dépenses publiques provoquera de surcroît un effet récessif.
   
    Contrairement à l'objectif recherché, les déficits se creuseront de nouveau, compte tenu de la chute des recettes fiscales induite par la décroissance de l'économie. Trop de rigueur tuera la rigueur. La politique budgétaire restrictive française est une erreur économique à l'heure où pointe une récession mondiale. Dans un tel contexte, Américains et Britanniques ne manquent jamais d'user de l'arme budgétaire pour relancer la croissance, en complément de l'instrument monétaire. La France pourrait d'autant plus emboîter le pas que ses marges de manoeuvre budgétaires sont sous-estimées.
   
    Premièrement, la France n'est aucunement en faillite. Comme tout compte de patrimoine, le compte de l'Etat comporte un passif, la dette, mais il inclut également les actifs qu'il détient. La différence, positive, représente 38 % du PIB. Chaque nouveau-né voit en vérité le jour avec un crédit de 11 000 euros.
   
    Deuxièmement, nos marges de manoeuvre sont en particulier plus grandes qu'outre-Atlantique. Il existe une abondante épargne intérieure qui fait cruellement défaut aux Etats-Unis. Dans l'Hexagone, elle deviendrait excédentaire si l'Etat ne la mobilisait pas pour compenser le déficit d'investissements privés qui pénalise la croissance française. Parce que cette épargne est friande d'obligations d'Etat, réputées extrêmement sûres, l'agence France Trésor peut émettre des titres à très bas taux d'intérêt pour financer une relance budgétaire. Il n'y a donc aucun problème pour financer la politique publique. Le "paquet fiscal" a ainsi été financé grâce à la dette. Il ne provoque malheureusement pas le choc fiscal initialement escompté.
   
    Malgré l'allégement du coût des heures supplémentaires, les entreprises n'ont aucune raison d'accroître le volume de travail dans le marasme qui prévaut. L'exonération de cotisations a donc créé un nouvel effet d'aubaine. Le manque à gagner pour la sécurité sociale devra être comblé par de nouveaux prélèvements qui pèseront sur la consommation. Le reste du "paquet" (bouclier fiscal, successions, intérêts d'emprunt...) accroît le revenu disponible des ménages aisés, dont la propension à épargner est forte.
   
    En 2009, les 13,8 milliards du paquet fiscal pourraient être redéployés vers des dépenses porteuses d'avenir : santé, éducation, innovation, recherche, investissement public, redistribution. La dette est alors dite "soutenable" si la croissance qu'elle soutient engendre les recettes fiscales permettant en fin de course de réduire les déficits. Le meilleur moyen de réduire les déficits est de relancer la bonne dépense, celle qui exerce un effet réel sur la croissance. Entre 1999 et 2006, la Grande-Bretagne a ainsi réduit sa dette malgré un accroissement de 5 points de ses dépenses publiques, notamment destiné à créer 560 000 emplois publics, dont 150 000 dans l'éducation et 280 000 dans la santé.
   
    Le plan de rigueur n'est justifié à l'aune d'aucun argument macroéconomique sérieux. Il n'est indispensable que dans la perspective d'un respect dogmatique du pacte de stabilité, dont Romano Prodi disait qu'il est une stupidité. L'application du pacte de stabilité est en effet à l'origine du "paradoxe de la dette" : la dette publique s'est accrue au cours de ces quinze dernières années au cours desquelles les gouvernements ont appliqué des politiques censées réduire le poids de l'interventionnisme public. Contrairement à une idée reçue, la montée inexorable des déficits n'est aucunement due à une explosion des dépenses de l'Etat et de ses dépenses de fonctionnement. La part des dépenses publiques dans le PIB est restée inchangée depuis vingt-cinq ans, autour de 53 % du revenu national.
   
    En son sein, ce sont les dépenses sociales (santé, retraite) qui ont augmenté de plus de 2 points, sans qu'on puisse crier au scandale. La part des dépenses de l'Etat a baissé de 3 points, passant de 25 % à 22 % du PIB. Parmi celles-ci, les dépenses de fonctionnement, cibles de toutes les critiques, ont été réduites de 5 points, passant de 40 % à 35 % des dépenses de l'Etat. Les dépenses de personnel ont été réduites de 4 points, passant de 28 % à 24 % des dépenses de l'Etat. Par ailleurs, la loi organique relative à la loi de finances évalue désormais strictement chaque mission dans une perspective nécessaire de rationalisation des choix budgétaires. Enfin, les budgets des collectivités territoriales sont équilibrés, malgré de nombreux transferts de compétences réalisés sans transferts de ressources.
    
    Le creusement de la dette publique ne provient donc pas de l'inflation de dépenses publiques, mais de la chute des recettes fiscales qui résulte de la baisse du rendement de l'impôt, induite par les réformes fiscales engagées depuis 1993, et de l'inefficacité des politiques "de l'offre". Celles-ci se sont avérées incapables d'emmener la croissance française à son taux potentiel, supérieur à 3 %.
   
    A l'exception de la période 1998-2001, la croissance annuelle moyenne a été trop souvent en dessous des hypothèses retenues pour la construction des lois de finances. La dette publique s'est donc accrue. Elle représentait 36,5 % du PIB en 1991, avant l'entrée en application du traité de Maastricht. Elle explose entre 1993 et 1996, où elle s'élève à 58,5 % du PIB. Après un intermède lié à la reprise de 1998-2001, elle recommence à croître à partir de 2002. Elle est aujourd'hui supérieure à 64 %. Il n'y a pas d'exception française en la matière.
   
    Malgré leur zèle à comprimer les dépenses publiques, cinq autres pays de l'Eurogroupe ne parviennent pas à respecter la limite d'un taux d'endettement de 60 % du PIB, fixé par le pacte de stabilité. Le taux d'endettement du Portugal est de 65 %, celui de l'Allemagne de 68 %, celui de la Belgique de 89 %, celui de la Grèce de 105 % et celui de l'Italie de 107 %.
   
    La présidence française du Conseil européen peut être l'occasion, dès le 1er juillet, de lancer enfin le chantier de la révision du pacte de stabilité pour inscrire l'Europe dans la perspective d'une relance mondiale de la croissance. Puisque rien n'est gravé dans le marbre d'une Constitution, le prochain président du Conseil européen peut, pour cela, proposer sans difficulté de réviser l'article 126 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, l'un des trois textes qu'il a fait ratifier, il y a peu, par voie parlementaire.
    
   
    Liêm Hoang-Ngoc est économiste, maître de conférences à l'université Paris-I.

    
    
   
Source :
Le Monde
Auteur : Liêm Hoang-Ngoc
Edition du 11 mars 2008

© Le Monde.fr 
    
    
     
Voir la conférence donnée en janvier 2007 par Liêm Hoang Ngoc, à l'occasion de la sortie de son essai "Vive l'impôt !". Une vidéo en deux parties ( DailyMotion, 2 x 10 mn )
  
    -
Vive l'impôt 1ère partie

    - Vive l'impôt 2ème partie
    
    
    
  
 

publié dans : RdP : Economie

Samedi 12 avril 2008

 [ Le Figaro - 07 avril 2008 ]
  
   
Par crainte des procès intentés par les parents, les autorités scolaires appellent la police au moindre attouchement dans la cour de récréation.
   
    Randy Castro avait six ans quand il a donné une tape sur les fesses à une fille de sa classe, Katherine DeLeon. Ils s'amusaient dans la cour de récréation de l'école primaire de Potomac View, dans la banlieue de Washington. Cela n'a pas plu à la petite fille.
   
    Elle a dénoncé Randy à la maîtresse. L'institutrice a emmené le gamin chez le principal. Le principal a vite pesé la gravité de l'offense : il a appelé la police. Il a aussi rédigé un rapport qui restera pour toujours dans le dossier scolaire de l'enfant. Son titre : «Attouchements sexuels contre un étudiant, comportement odieux.»
   
     Dans l'Amérique pudibonde, Randy Castro n'est pas un cas isolé. À New York, une directrice d'école a interdit à ses élèves de se toucher pour se dire bonjour. Au Texas, un garçon de 4 ans qui avait un peu trop pressé son visage contre la poitrine d'une assistante maternelle a été accusé de harcèlement sexuel. L'an dernier, 255 élèves du primaire ont été suspendus en Virginie pour des «contacts physiques inappropriés» avec un autre élève. Dans le Maryland, on dénombre 166 cas identiques, concernant 22 élèves en cours préparatoire, 16 au jardin d'enfants et trois... à la crèche.
   
    Un directeur d'école n'est censé appeler la police qu'en cas d'incident «impliquant armes, alcool ou drogue, blessure volontaire ou autre infraction sérieuse». Dans le cas de Randy, des psychologues ont souligné qu'«il est impossible qu'un enfant de son âge comprenne ce qui lui arrive».
   
     Mais les autorités scolaires ont tellement peur des procès qu'elles appliquent sans discernement la «tolérance zéro». Dans les années 1990, la Cour suprême a confirmé la responsabilité des établissements qui manqueraient à l'obligation de mettre fin au harcèlement sexuel, généralement défini comme toute «pression ou contact jugé indésirable par la victime».
   
    Le Washington Post, qui a relaté l'histoire de Randy, a organisé la semaine dernière un forum avec des responsables éducatifs sur son site Internet. Une mère de famille y témoigne en ces termes : «Ma fille de cinq ans a été harcelée sexuellement par un garçon du même âge au début de l'année scolaire. Il l'a prise dans ses bras et l'a embrassée alors qu'elle ne le voulait pas. J'ai été extrêmement contrariée que le principal ne le suspende que pour une semaine. J'avais demandé son renvoi. J'ai aussi voulu porter plainte à la police. Devant leur refus, j'attaque au civil en dommages et intérêts.»
    
   
905 000 mineurs maltraités
   
    Le lendemain de ce débat, le Centre de contrôle et de prévention des maladies publiait pour la première fois des statistiques nationales sur les véritables mauvais traitements infligés aux mineurs de 15 ans : 905 000 enfants ont été maltraités par des adultes en 2006 aux États-Unis, dont 91 278 bébés de moins d'un an.
   
    Le directeur de Potomac View refuse de s'expliquer sur le cas de Randy, arguant de la confidentialité du dossier. Mais il a rejeté l'appel de la mère de l'enfant, Claudia Castro, réclamant que l'accusation de délinquant sexuel soit retirée de son carnet scolaire.
    
    
   
    Source :
Le Figaro
    Auteur : Philippe Gélie (correspondant à Washington)
    Date : 7 avril 2008

    
    
   
publié dans : RdP : Etats-Unis

Vendredi 11 avril 2008
par Loïc Tassé, chargé de cours au département de Science politique de l'Université de Montréal, spécialiste des questions chinoises.
   
   
 [
Cérium - 8 avril 2008 ]
   
     
    Depuis le début des émeutes au Tibet, l'attention des médias se concentre sur les violations des droits de la personne en Chine, sur la répression au Tibet et sur les Jeux olympiques de Pékin. La crise internationale qui secoue la Chine dépasse ces enjeux, pourtant considérables.
   
    La campagne d'appui au Tibet est en train de replonger les dirigeants chinois dans un cauchemar récurrent dont ils espéraient s'être débarrassé : la crainte de devenir l'ennemi principal des États-Unis et de l'Occident. En apparence, personne ne veut placer la Chine dans cette position. Les dirigeants américains ont besoin du gouvernement chinois pour négocier avec la Corée du Nord, pour neutraliser l'influence des talibans en Afghanistan ou pour freiner le développement de l'armement nucléaire dans le monde. Beaucoup de dirigeants d'entreprises occidentales, qui craignent les effets d'une récession aux États-Unis, considèrent la Chine comme le nouveau moteur de la croissance économique mondiale.
   
    Et pourtant, un véritable courant d'opinion publique contre la Chine ressurgit périodiquement en Occident, avec de plus en plus de force. Au-delà de la question du Tibet et des droits de la personne, le gouvernement chinois est accusé d'espionnage, de dumping, de soutien à des régimes extrémistes, de spoliation des ressources naturelles en Amérique latine et en Afrique, de manipulation de l'information La liste des récriminations est longue. (...)
    
   
Le point de vue chinois
   
    Du point de vue des dirigeants chinois, la campagne médiatique actuelle est orchestrée par ceux qui ont intérêt à transformer la Chine en ennemi numéro un des États-Unis. Le dalaï lama est un artisan parmi d'autres de ce qu'ils perçoivent comme un vaste mouvement de propagande antichinois. Le gouvernement chinois redouble donc d'efforts pour renverser l'opinion publique mondiale. Deux événements très récents, et qui sont à peu près passés inaperçus en Occident, témoignent bien de cette guerre médiatique ainsi que de l'état d'esprit des dirigeants chinois.
   
    Il y a quelques semaines, une vulgaire affaire d'empoisonnement d'une dizaine de Japonais, avec des raviolis fabriqués en Chine, a pris des proportions de crises majeures entre les deux pays concernés. Dans une conférence de presse de près de trois heures, le représentant du gouvernement chinois a accusé à mots couverts des intérêts étrangers de sabotage. L'événement, pourtant banal, a été présenté comme une vaste tentative de déstabilisation du commerce extérieur chinois. Après plusieurs semaines d'enquêtes, les autorités chinoises ont finalement conclu à un acte de sabotage individuel.
   
    Le jour même où ont commencé les émeutes au Tibet, le gouvernement chinois faisait paraître un long réquisitoire qui accusait les États-Unis de violer les droits de la personne. Parmi la liste des droits violés se trouvent les droits de prisonniers à Guantanamo, les droits à l'éducation, à la santé, etc. L'objectif de cette attaque consistait non seulement à publiciser des problèmes de droits aux États-Unis, mais aussi, et surtout, à dénoncer ce que les Chinois perçoivent comme de doubles standards entre eux et les pays occidentaux en matière de droits et libertés.
   
    Les dirigeants chinois ont de bonnes raisons de se méfier de la montée de sentiments antichinois. L'opinion publique américaine est elle-même en train de changer. Un récent sondage Gallup révélait que 14% Américains considérait désormais la Chine leur plus grand ennemi. La Chine se hisse ainsi dans l'opinion publique au troisième rang des pays les plus menaçants, derrière la Corée du Nord et l'Irak.
   
    Plus préoccupant pour les leaders chinois, au début de mars 2008, le Pentagone publiait une étude qui identifiait la Chine comme la seule puissance dont le développement technologique pouvait à terme menacer la suprématie militaire des États-Unis. Selon les auteurs du document, les militaires chinois pensent la guerre non pas seulement en termes d'armements, mais aussi de manière politique, économique, diplomatique et légale. Pour l'armée chinoise, les médias ne seraient qu'un champ de bataille parmi d'autres.
   
    Dans ce contexte, la crise tibétaine ne semble constituer qu'un épisode parmi d'autres pour le contrôle de l'opinion publique. La campagne médiatique anti-chinoise actuelle est déjà parvenue à entacher l'image que le gouvernement chinois veut donner des Jeux de Pékin. Où s'arrêtera-t-elle ? Arrivera-t-elle à influencer les acteurs économiques ? Réussira-t-elle à convaincre les élus des pays démocratiques d'adopter des mesures législatives contre la Chine ? Débouchera-t-elle sur un boycottage mondial de certains produits chinois ?
   
    La faible prise du gouvernement chinois sur l'opinion publique mondiale est un des talons d'Achille de la Chine. Que celle-ci devienne ou non l'ennemi numéro un des États-Unis, il apparaît clairement que l'évolution de l'opinion publique mondiale aura des répercussions immenses sur l'avenir des stratégies politiques, économiques et militaires de l'empire du Milieu. La guerre médiatique a bel et bien commencé.

    
    
    
   Source : Cérium
   Auteur : Loïc Tassé
   Date : 8 avril 2008
   
   © 2008 - Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal

 

   
   

publié dans : RdP : Chine - Tibet

Mercredi 9 avril 2008
De la CIA aux faucons du Pentagone
   
   


Présentation de l'éditeur
   
Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les mensonges réitérés de Reporters sans frontières, le tout au service d'une cause sans rapport avec les objectifs affichés. Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l'Occident veut soumettre et son silence face aux concentrations économiques dans les médias des pays riches. Notons sa mansuétude envers les "bavures" de l'US Army, ses "oublis" dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes. Ce livre dévoile les paravents de la CIA qui alimentent RSF en dollars : le Center for a Free Cuba et la National Endowment for Democracy (NED) via l'United States Agency for International Development (USAID). Et il n'y a pas qu'eux: l'Open Society Institute du milliardaire et magnat international de la presse George Soros, ami personnel de Bush, qui s'agite partout où peut être mis en place un gouvernement pro-états-unien, fait partie aussi des généreux financiers de RSF. Alors, RSF ??? Association humanitaire ou bras médiatique européen de la CIA et des faucons du Pentagone ? 
   
   
Biographie de l'auteur
  
Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d'Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié sept livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d'articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.
  •  
         
    Broché :
    266 pages
  • Editeur : Aden (16 novembre 2007)
  • Langue : Français
  • ISBN : 978-2930402697

        Disponible chez
    Amazon et à la Fnac
    

 
[
Le Grand Soir - 28 novembre 2007 ]

Des années de travail et d'investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.
  
Le 6 avril 2006, parce que j'avais, au détour d'une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m'avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice".
  
Au nom de la liberté d'expression ? m'étonné-je.
  
Quoi qu'il en soit, j'offre aujourd'hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d'ONG...
   
  
La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone).

Quand on voit dans un champ une grande chose blanche, avec des taches noires, avec des cornes, qui mange de l'herbe, qui donne du lait et qui fait MEUUUH, on peut raisonnablement en conclure qu'il s'agit d'une vache. Ajoutons que si un cow-boy traîne dans les parages, lui caresse l'échine et vante ses mérites, la tentation est grande de classer l'animal dans la famille des bovinés, surtout quand on le surprend à brouter son foin au râtelier d'un ranch.
  
Reporters sans frontières est-elle une fausse ONG qui égare les médias par ses informations choisies ?
  
Voici les paravents à peine opaques de la CIA qui alimentent RSF en dollars : le Center for a Free Cuba et la National Endowment for Democracy (NED) via l'United States Agency for International Development (USAID).
   
Voici deux personnages qui ont occupé des hautes fonctions dans ces généreuses officines : l'activiste Otto Reich qui travailla à la direction de la CIA et John Negroponte, ex-ambassadeur en Irak occupé, qui fut, jusqu'au début de 2007, patron de l'ensemble des services de renseignements US.
  
Voici un autre sponsor : l'Open Society Institute du milliardaire et magnat international de la presse George Soros, ami personnel de Bush, qui s'agite partout où peut être mis en place un gouvernement pro-états-unien.
  
Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les vérités évolutives, les mensonges réitérés de RSF, le tout au service d'une cause sans rapport avec les objectifs affichés.
  
Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l'Empire veut soumettre et son silence sur les effets de la financiarisation de la presse dans les pays riches.
  
Notons sa mansuétude envers les « bavures » de l'US Army, ses « oublis » dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes et posons la dernière pièce : le clin d'œil appuyé de Colin Powell à cette ONG (et à elle seule) dans un volumineux rapport qui détaille les modalités prévisionnelles de gestion, sous protectorat US, d'un pays d'Amérique latine prioritairement ciblé par RSF.
  
Alors, association humanitaire ou bras médiatique européen de la CIA et des faucons du Pentagone ?
  
Au lecteur de dire si le puzzle ici assemblé fait MEUUUH !
  

Maxime Vivas

   
  
Voir également le dossier du site
Le Grand Soir.
    




 [ Michel Collon ]

Préambule du livre La Face cachée de Reporters sans Frontières.


RSF ne prétend pas lutter pour le droit du public à bénéficier d'une information vraie. Le lecteur a peu à voir dans cette affaire. Le centre du combat, c'est le journaliste. Il faut qu'il ait le droit de publier ses articles. N'importe lesquels, quitte à raviver la douleur des victimes d'un génocide. Dans un débat au Québec devant un public nombreux, le 28 avril 2005,(1) il revendiqua le droit pour les journalistes d'écrire des articles « révisionnistes et négationnistes ».

Au cours d'une intervention prononcée le 8 novembre 2002 lors d'un colloque à l'Université de la paix et au Centre mondial de la paix de Verdun, André Lewin, ancien ambassadeur de France, ancien porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, s'est étonné du contenu du livre de Robert Ménard « La censure des bien-pensants» (écrit avec son épouse, Emmanuelle Duverger) : « Pour Robert Ménard, après réflexion, l'appel au génocide[ici au Rwuanda] ne peut servir d'argument à quelque censure que ce soit, du moment qu'il émane d'un journaliste, car ce serait selon lui l'expression d'une opinion. D'ailleurs, en toute logique, Robert Ménard écrit ensuite que Faurisson, l'universitaire négationniste bien connu, a le droit de prétendre que l'holocauste n'a pas pu exister et donc n'a pas eu lieu, il a le droit de l'écrire et même de l'enseigner à ses étudiants. Cette « dénégation» d'un fait avéré n'est en réalité pas une opinion, mais un mensonge. Et pour Robert Ménard, finalement un mensonge une fois imprimé n'est plus tout à fait un mensonge, puisqu'il a acquis en quelque sorte droit de cité.»(2)
Ce n'est donc pas la vérité qui est au cœur du combat de Robert Ménard.

Le bourrage de crâne de la population états-unienne par des médias surabondants (les USA comptent 1.700 quotidiens, 11.000 stations de radio, 2.000 chaînes de télévision et 11.500 magazines) alertant à l'unisson sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein ne lui inspira pas une campagne de presse (...).
Ce qui émeut RSF, ce n'est pas le licenciement des journalistes exempts de faute professionnelle mais cependant victimes d'une restructuration par les magnats de la presse, princes de l'industrie et de la finance, ni le fait que ces patrons disposent du droit (dont ils usent plus ou moins délicatement) de dicter une ligne éditoriale à des journaux prétendus objectifs.
Non, ce que veut RSF c'est que partout, toujours, les journalistes qui contestent un pouvoir populaire aient les mêmes débouchés pour le même discours (et qu'importe s'il véhicule des mensonges) que ceux qui soutiennent, en groupe serré, les pouvoirs au service des oligarchies. Ainsi l'unanimisme médiatique fera-t-il un grand pas en avant, grimé en pluralité.
Quand la presse pauvre des pays riches, la voix des citoyens les moins favorisés, sera absorbée par les banques, on ne recueillera pas dans l'oreille le moindre soupir de RSF. Quand la presse pauvre des pays pauvres, celle qui rend compte d'une politique d'indépendance et de récupération pour tous des richesses nationales, affronte en un combat inégal une presse riche, militante et phagocytaire, RSF s'inquiète des entraves législatives qui freineraient cette dernière dans sa marche gloutonne. Quand la presse des pays envahis est soumise aux diktats des militaires étrangers, RSF parle de liberté retrouvée.
Dans chacun de ces cas, la pensée unique triomphe, masquée par une pléthore de titres véhiculant le même credo. C'est la loi du plus fort, c'est celle de l'Empire qui se proclame emblématique de la démocratie, tandis que les cris du faible sont dénoncés comme dictatoriaux.
Qu'importe le contenu, dit en substance RSF, parlons du droit des contenants.

Or, la dissociation du droit de dire et du devoir de ne pas mentir est une escroquerie intellectuelle et une atteinte à la démocratie. L'absence d'analyse des répercussions de la mainmise de l'argent sur la presse en est une autre. Clamer que le journaliste doit pouvoir écrire sans ajouter que le lecteur a le droit de savoir, c'est mépriser ce dernier. Rechigner à désavouer les trucages, les impostures, les mystifications, les falsifications, c'est décrédibiliser toute la corporation. Agir comme si le journalisme était une profession à part, plus qu'un autre intouchable, c'est fabriquer un clan, c'est le désigner comme mafia(3). Exalter les réflexes de solidarité corporatiste dès qu'un organe de presse est mis en cause, c'est afficher que ce pouvoir-là ne supporte pas un contrepouvoir. Poser en principe que la possession d'une carte de presse, l'accès à un micro, confèrent un droit au monologue est révélateur d'un penchant autocratique.

Oui, la liberté d'écrire des contrevérités ou des vérités partielles, de façonner l'opinion par les choix de thèmes arbitrairement priorisés, d'en occulter d'autres, de ne pas rendre de comptes, cette liberté-là est liberticide.
L'affirmation selon laquelle la démocratie fleurit là où paraît une presse nombreuse est aussi une duperie. Non ! La démocratie est là où la presse dit vrai. Mille journaux qui mentent valent moins qu'une pauvre feuille de chou qui rapporte les faits réels. Quand le secrétaire général de RSF explique : « J'ai 52 ans, je suis de la génération d'après mai 68, et j'ai toujours pensé que le journalisme était une manière, pas seulement de commenter le monde, mais de le changer. »(4), il nous dit tout de go que le travail d'un journaliste consiste à donner son avis et à intervenir politiquement. Il évacue son premier travail : apporter de l'information, vérifiée, sincère, objective, aussi complète que possible.

Oublier que les lecteurs ont connu les mêmes écoles que les journalistes (et parfois plus longtemps), ont eu les mêmes maîtres et se sont construits à la lecture des mêmes penseurs, c'est accorder indûment aux seconds une supériorité intellectuelle qui résiste rarement à la confrontation entre le producteur de copies et le consommateur.
Soutenir que l'Etat ne doit pas intervenir (légiférer) dans le domaine de la presse, c'est accorder un pouvoir sans partage aux puissances d'argent, ouvrir un boulevard à tous les bonimenteurs sans vergogne, encourager à toutes les surenchères racoleuses, à toutes les manipulations, à tous les complots, à tous les putschs, c'est dérouler les barbelés de la propagande camouflés sous le duvet de l'information.
Pour que la presse fasse son travail, que les journalistes soient respectés, que le lecteur puisse lire, écouter, visionner en confiance, il faut des médias dont le rôle, les droits et les devoirs sont cadrés par la loi, des journalistes dont la hiérarchie est du métier et non de la finance ; il faut des conditions favorables à une minimum d'indépendance sans laquelle il n'y a pas de déontologie autre que proclamée, c'est-à-dire un supra mensonge qui couronne tous les autres en essayant de les nier.

[...] Si le grand public connaît les noms des syndicats des autres salariés, des étudiants et du patronat, si chacun sait ce que recouvrent les sigles CGT, UNEF, MEDEF, qui peut dire comment les journalistes sont organisés, qui a entendu une déclaration d'un de leurs syndicats quand un grand reporter est enlevé ou tué ou licencié, ou contraint par l'actionnaire principal de jeter son papier dans la corbeille ? Un usurpateur s'est substitué à eux, un coucou a pondu un œuf dans leur nid, un intrus y est né, y a grossi démesurément. Il s'appelle Reporters sans frontières, aberration génétique dont le bec s'ouvre sur un estomac insatiable qui engloutit argent des contribuables français et européens, dons de richissimes sponsors privés, contributions d'anonymes compatissants et, plus discrètement, les billets verts de l'Oncle Sam qui n'a jamais confondu organisation humanitaire et relais médiatique de sa politique guerrière. Parce que Reporters sans frontières ne répugne pas à propager des fausses nouvelles utiles à l'Empire, parce qu'elle s'évertue à minimiser les crimes de l'US Army contre les grands reporters, parce qu'elle revendique son mutisme sur les effets pervers de la concentration de la presse dans les mains des puissances financières, parce qu'elle dirige l'essentiel de ses tirs idéologiques sur les plus faibles, elle n'aide ni ne protège les journalistes, elle participe à la déconsidération dont ils souffrent. Elle les met en danger.
C'est ce qui sera démontré [en 36 chapitres et 272 pages] dans les pages qui suivent.


Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d'Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d'articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.


(1) Ménard ne fait là que répéter une antienne. Dans son livre « Ces journalistes que l'on veut faire taire » (Albin Michel, mars 2001, il qualifie d'« anomalie contre laquelle nous luttons » la loi Gayssot à laquelle il reproche de renforcer « les sanctions visant les propos racistes, antisémites, xénophobes. » (Page 168).
Voir la vidéo sur Google : www.ebabylone.com/encyclopedie_Reporters_sans_fronti%E8res.html (et cliquer tout en bas de la page sur Vidéo) [ ndlr : la vidéo est
ici Elle provient du Cerium (Université de Montréal - Canada - 2005) ]
[ Le 16 août 2007, sur France Culture, il justifiera crûment le recours à la torture « sans aucune limite ». Voir détails page 265 ]

(2) afnu.france.free.fr/doc%20lewin/Verduncolloque.doc

(3) 115 syndicalistes ont été assassinés dans le monde en 2005. La Colombie est le pays le plus dangereux pour eux : 70 y ont trouvé la mort. Or, le syndicalisme est nécessaire à la démocratie. Pourquoi n'est-ce pas dit plus fort, plus souvent ? La vie de ces hommes qui, partout dans le monde, ont rendu possible les conquêtes sociales et ont fait avancer le droit du travail (dont bénéficient aussi les journalistes) vaut-elle moins que d'autres ?

(4) forum.nouvelobs.com/archives/forum_284.html

    
    
   
  

publié dans : Livres

Mardi 8 avril 2008

[ Les Echos - 8 mars 2008 ]
    
    
    A l'occasion du 10e Rendez-vous de la mondialisation organisé aujourd'hui à Paris par le Centre d'analyse stratégique et le Cepii, nous publions le point de vue de Michel Aglietta sur la crise financière.
   
    La crise du crédit est entrée dans un cercle vicieux qui a convaincu la Réserve fédérale d'employer les grands moyens. Car son action sur le taux d'intérêt s'est avérée décevante. En dépit d'une baisse de 125 points de base (pb) du taux des fonds fédéraux en janvier 2008, le coût du crédit a augmenté. En effet, la baisse continue des valeurs immobilières force tous les agents financiers détenteurs des produits titrisés gagés sur ces valeurs à acheter des protections contre le risque de crédit (« credit default swaps » ou CDS). La hausse des coûts des protections de 190 pb en février sur les crédits de bonne notation, quelle que soit leur origine (« investment grade ») se répercute directement sur les primes de risque sur les crédits nouveaux. La même détérioration de la qualité des crédits se répand en Europe, où le coût des CDS est monté de 150 pb dans le même laps de temps. Les « hedge funds » entrent à leur tour en crise et la propagent aux banques d'investissement. Le 12 mars, le « hedge fund » Carlyle Capital endetté à 32 fois son capital a fait défaut sur 16,6 milliards de dollars de dettes et entraîné dans sa chute son « prime broker », la banque d'investissement Bear Stearns ; ce qui a déstabilisé l'ensemble des marchés et accentué la plongée du dollar. La réponse de la Fed la rapproche de plus en plus d'un sauvetage généralisé des banques d'affaires. Hormis une nouvelle baisse de son taux directeur de 75 pb, elle a prêté 30 milliards de dollars à JP Morgan pour lui permettre de racheter Bear Stearns à bon compte.
   
    Les prix immobiliers baissent continuellement aux Etats-Unis sans qu'aucun investisseur institutionnel puisse considérer que les titres gagés sur ces valeurs (les fameux crédits titrisés) sont suffisamment bon marché pour être rachetés aux banques, « hedge funds » et autres fonds spéculatifs aux abois.
   
    Au fur et à mesure que les prix baissent, les ménages font faillite lorsque la valeur de leur richesse immobilière devient inférieure à la valeur faciale de leurs emprunts, qu'ils soient « prime » ou « subprime ». Ils exercent l'option de se débarrasser de leurs dettes en abandonnant leurs biens immobiliers. Les banques sont condamnées à saisir les biens et à les vendre à perte. La réalisation des pertes aggrave la crise bancaire et la vente des biens accentue la baisse des prix. Une spirale de baisse des prix et d'augmentation des pertes est donc enclenchée. L'objectif de la banque centrale américaine est d'interrompre cette spirale. C'est pourquoi elle a décidé d'acheter jusqu'à 200 milliards de dollars de crédits hypothécaires aux banques contre des bons du Trésor pour leur permettre d'obtenir des liquidités et donc pour alléger la pression qu'elles font peser sur les « hedge funds ».
   
    Cependant le besoin de liquidités des banques d'investissement n'est pas le seul aspect de la crise. Les pertes de crédit sont capables de paralyser l'économie si elles ne sont pas enrayées. Selon les estimations, les pertes totales pourraient aller de 400 milliards de dollars, dans le meilleur des cas, à 1.000 milliards dans le pire. Les pertes bancaires seraient de 200 à 600 milliards. Le capital du système bancaire serait suffisamment atteint pour provoquer une restriction durable de l'offre de crédit (« credit crunch »).
   
    La crise ne restera pas cantonnée à la finance. Trois cercles vicieux se renforcent mutuellement. Le manque de liquidités recherchées pour couvrir les risques de crédit fait baisser les prix d'actifs. La baisse de la valeur des actifs réduit la dépense et donc les revenus, faisant entrer les Etats-Unis en récession. D'ores et déjà la baisse du nombre d'emplois dans le secteur privé non agricole a été de 65.000 aux Etats-Unis en février. La décélération des revenus va faire baisser les profits des entreprises, provoquant une faiblesse des Bourses, qui va relancer la baisse des prix d'actifs.
   
    A ce point, la crise s'internationalise par la perte de confiance des investisseurs à l'égard du dollar. La baisse du dollar se transforme en glissade très dangereuse parce qu'elle menace à la fois la résistance de l'Europe et des pays émergents. Il s'ensuit que les capitaux spéculatifs ne sachant plus où investir se précipitent sur les matières premières.
   
    Dans un contexte aussi délétère la politique monétaire rencontre ses limites. L'économie mondiale a besoin d'acheteurs en dernier ressort, c'est-à-dire de puissantes relances budgétaires coordonnées parmi les grandes économies de la planète.
    
    
MICHEL AGLIETTA est conseiller scientifique Cepii et Groupama AM.
    
    
    Source :
Les Echos      (via le petit vagabond )
    Auteur : Michel Aglietta
    Date : 8 mars 2008 
    
    
    
publié dans : RdP : Economie

Mardi 8 avril 2008
   
[
RIA Novosti - 26 mars 2008 ]

    L'un des résultats inattendus de la baisse du cours du dollar par rapport à la monnaie européenne enregistrée durant ce dernier mois est l'abandon par les Etats-Unis de leur position de plus grande économie mondiale, cédant ainsi la suprématie aux pays de la zone euro, annonce à ses clients la grande banque d'investissement Goldman Sachs.
   
    Le produit intérieur brut (PIB) de l'Union européenne, qui compte 27 pays, a depuis longtemps dépassé le PIB américain (il est 25% plus élevé, s'il est calculé en prenant en considération le cours de change actuel). Cependant, le fait que les 15 pays de la zone euro aient également devancé les Etats-Unis sur le plan économique revêt une grande importance pour l'évaluation du futur rôle mondial du dollar en perdition et de l'euro, son principal concurrent, qui n'est pas seulement une monnaie stable, mais s'appuie aussi à présent sur la plus puissante économie commune au monde.
   
    En 2007, le PIB des Etats-Unis a officiellement été évalué à 13.843,8 milliards de dollars, et celui de l'économie des 15 pays qui ont adopté la monnaie européenne, à 8.847,889 milliards d'euros. La baisse du cours du dollar par rapport à l'euro entraîne l'accroissement du PIB de la zone euro qui s'élève actuellement, en dollars, à 13.880,568 milliards (les deux monnaies s'échangeant à 1/1,56). Certes, ce calcul reste conventionnel, il montre avant tout l'importance de la chute du dollar. Cependant, il s'agit aussi de la réévaluation de l'économie américaine et de ses actifs qui accusent un recul, avec toutes les conséquences qui en découlent pour les positions économiques des Etats-Unis et de leur monnaie dans le monde.
   
    Si l'on considère l'indice relatif, et non absolu, du PIB, c'est-à-dire le PIB par habitant, et la dynamique observée ces cinq dernières années, on peut voir que l'opinion largement répandue sur la grande solidité des fondements de l'économie américaine, renforcée jusqu'à ces derniers temps par un boom sur le marché de l'immobilier et du crédit (qui traverse actuellement une crise), ne correspond nullement à la réalité. Le volume total du PIB reflète la part et, par conséquent, pour beaucoup, l'importance de tel ou tel pays dans l'économie mondiale. Cependant, c'est l'indice relatif du PIB par habitant qui témoigne le mieux du niveau de développement d'un Etat, du bien-être de ses citoyens et de la santé économique du pays.
   
    Selon la récente édition du World Factbook de la CIA, pour le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA), les Etats-Unis occupent la 9e place dans le monde après des pays comme le Luxembourg, la Norvège, le Koweït, Singapour et certains autres petits Etats. Dans le groupe des plus fortes économies du monde, concernant cet indice, les Etats-Unis restent leaders: le PIB par habitant y est de 46.000 dollars. Cependant, si l'on examine sa dynamique, il s'avère que, ces cinq dernières années parmi les sept économies les plus développées du monde, le taux le plus élevé d'accroissement du PIB par habitant a été enregistré en Grande-Bretagne et au Japon (respectivement 2,3 et 2,1% par an en moyenne), alors que son accroissement annuel moyen aux Etats-Unis a été de 1,9% durant la même période. Selon le dernier pronostic fait en mars par l'influent cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers, le taux d'accroissement du PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat aux Etats-Unis dans la période 2007-2050 devrait être le plus bas parmi les 17 plus grands pays du monde.
   
    Le faible niveau du taux d'accroissement du PIB par habitant n'est pas le seul problème de l'Amérique. De nombreux indices reflétant le niveau de bien-être social du pays et de la qualité de vie de ses citoyens suscitent une vive inquiétude. Par exemple, selon les estimations des analystes de la CIA, l'Amérique occupe la 45e place dans le monde pour l'espérance de vie, après la Jordanie et la Bosnie. Dans 41 pays, y compris Cuba, la mortalité infantile est inférieure à celle des Etats-Unis.
   
    Dans les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) qui connaissent un boom économique, c'est en Russie que le PIB par habitant s'est accru le plus rapidement, son accroissement annuel moyen ayant atteint 7,4% en cinq ans, ce qui résulte non seulement des taux élevés de croissance économique, mais aussi de la réduction de la population du pays. Selon le récent pronostic de Goldman Sachs, parmi les pays du BRIC, la Russie est la seule ayant de réelles chances au milieu du XXIe siècle de devancer le Canada, la France, l'Allemagne et le Japon au niveau du PIB par habitant.
   
    Les plus grandes économies du monde et, par conséquent, les plus influentes, parmi lesquelles figureront la Chine et l'Inde, ne seront pas obligatoirement les plus prospères, à en juger par leur PIB par habitant. D'après le dernier pronostic de PricewaterhouseCoopers, l'économie chinoise sera dès 2025 la plus grande au monde, cependant, au milieu de ce siècle, le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat ne sera en Chine que de 37% du PIB par habitant américain en PPA. En ce moment, cet indice constitue 5.300 dollars en Chine et seulement 2.700 en Inde. Selon les estimations de la CIA, il a atteint 14.600 dollars en 2007 en Russie, soit un peu moins qu'en Croatie et en Pologne, mais plus qu'au Chili et en Malaisie.
   
    Si l'on admet que le PIB par habitant reflète mieux la qualité de l'économie que le volume absolu des produits fabriqués et des services vendus, on peut affirmer que les Etats-Unis subissent une récession, et ce, depuis le dernier trimestre de l'année dernière déjà. Le PIB par habitant avait alors baissé de 0,4%. Le recul de l'économie américaine d'après cet indice s'est poursuivi lors du premier trimestre de cette année.
   
    Que le début de cette récession aux Etats-Unis soit reconnu ou non, il est indéniable que l'Amérique traverse une mauvaise passe. Mais il ne fait aucun doute que ce pays surmontera en fin de compte les difficultés actuelles, qu'il subisse des pertes lourdes ou insignifiantes. Cependant, d'après certains indices, l'Amérique perd son leadership dans l'économie mondiale. Et l'affaiblissement du dollar ne fait qu'accélérer ce processus.


    Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
    
    
    
    
    Source :
RIA Novosti
    Auteur : Par Galina Zeveliova (Washington), pour RIA Novosti
    Date : 26 mars 2008
    
    
   
   
publié dans : RdP : Géopolitique

Mardi 8 avril 2008

  
 [
Centre d'études pour l'emploi - mars 2008 ]

  
    L'intensification du travail par accumulation de diverses contraintes temporelles constitue une évolution avérée dans les pays industrialisés. Simultanément, on constate un vieillissement de la population active, peut-être renforcé à l'avenir par l'allongement de la vie professionnelle. Dans ce contexte, comment les salariés les plus âgés vivent-ils le travail sous pression temporelle ? Et quelles en sont les incidences sur la santé ?

    Selon une enquête menée auprès de 11 000 salariés de plus de 50 ans, 80 % des quinquagénaires exposés à la pression jugent cette contrainte difficile (en particulier si elle remet en cause la qualité de leur travail) et déclarent, davantage que les autres, des troubles de santé (douleurs, fatigue, digestion difficile), révélateurs d'un mal-être. Ces
troubles sont toutefois atténués lorsque les salariés réussissent à mettre en oeuvre des stratégies protectrices. De tels constats incitent à rechercher des modèles d'organisation du travail facilitant le maintien de la santé et des compétences tout au long de l'itinéraire professionnel.
  
  
  
    Lire dans le
"4 pages" n°52 du Centre d'études pour l'emploi  l'article de Céline Mardon et Serge Volkoff

   

Le Centre d'études pour l'emploi est un Etablissement public administratif placé sous la double tutelle du ministère chargé du Travail et du ministère chargé de la Recherche. Sa mission est d'éclairer l'action des pouvoirs publics et des acteurs sociaux sur l'évolution de l'emploi, du travail et de la protection sociale en liaison avec l'évolution des marchés, des technologies, de l'organisation du travail et des politiques des entreprises.

   
   
   
   
publié dans : RdP : Société

Vendredi 4 avril 2008
Le directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, Pascal Boniface, rappelle que Sarkozy plaidait en 2007 pour le retrait de la France.
   
[
IRIS - 2 avril 2008 ]

   
   
Faut-il voir dans l'envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan, conformément à une promesse de Nicolas Sarkozy faite au président Bush, un nouveau signe de l'alignement atlantiste de la France ?
    
C'est un signe supplémentaire, en effet. Un signe d'autant plus remarquable que ce qui est fait aujourd'hui est l'exact inverse de ce qui a été dit pendant la campagne présidentielle. Rappelons que Nicolas Sarkozy avait plaidé, au printemps dernier, pour un retrait des troupes françaises d' Afghanistan. Là, plus question de retrait, ni même du maintien en l'état, de la présence française, mais bien d'une nette augmentation des forces déployées dans la zone. Il est certain qu'un retrait aurait conduit à une crise dans Ies relations franco-américaines, perspective que Nicolas Sarkozy a voulu éviter. Ce renforcement de Ia présence militaire française a donc autant à voir avec les relations franco-américaines qu'avec la situation stratégique sur place, en Afghanistan.
   
Dans le même mouvement, la perspective d'un retour de la France dans le commandement militaire intégré de I'OTAN correspond-il 'à un tournant stratégique ?
   
Nous sommes face à une succession de signes, qui vont tous dans le même sens. Reste à savoir combien de signes seront nécessaires pour que les virages pris en direction des États- Unis se muent en véritable rupture. Tout dépend des évolutions futures de l'OTAN. Va-t-on vers l'européanisation de l'OTAN ? Pour l'instant, on ne connaît pas précisément les conditions posées par la France pour décider de son retour dans l'OTAN. C'est cela qui suscite le doute. Si des garanties sont données sur le fait que l'OTAN devienne plus européenne, alors le jeu en vaut peut-être la chandelle. Mais si de de telles garanties ne se concrétisent pas, ce jeu pourrait devenir dangereux.
   
Le retour annoncé dans les organes militaires intégrés de l'OTAN est plus spectaculaire, mais serait moins lourd de conséquences, dans la perspective d'une véritable européanisation, que le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. L'envoi de troupes supplémentaires, présenté comme la suite naturelle de décisions déjà prises, présente, en fait, le risque très concret de nous engager dans un engrenage dont on ne voit pas, aujourd'hui, toutes les conséquences.
    
Alors que le traité de Lisbonne place la défense européenne sous la supervision de l'OTAN, cette intégration plus poussée dans l'Alliance est-elle compatible avec l'émergence d'une défense autonome de l'UE?
   
Le débat ne se pose pas en termes de supervision. Il porte sur l'alternative suivante : soit le pilier de la défense européenne est parallèle à l'OTAN et peut-être autonome, soit il est imbriqué dans l'OTAN, donc dépendant d'elle. S'il s'agit simplement de faire en sorte que les pays européens augmentent leurs dépenses militaires pour être plus opérationnels au sein de l'OTAN, c'est effectivement une impasse. S'il s'agit de créer des possibilités de défense autonomes et parallèles à l'OTAN, cela peut être une piste intéressante. L'inconnue reste l'attitude, à l'avenir, des autres pays européens et surtout des Etats-Unis.
   
Les appels récurrents en faveur d'une rénovation de l'OTAN sont-ils le symptôme d'une crise de l'organisation ?
    
Ce débat sur la rénovation est presque aussi vieux que I'OTAN elle-même. Avec la chute de l'Union soviétique, la raison d'être de I'OTAN s'est effondrée. Depuis, la redéfinition de son rôle est en débat. D'où ces appels répétés à sa rénovation.
   
Vous mettiez en garde, il y a quelques mois, contre la tentation de faire del'OTAN une sorte de gendarme du monde, habilité à intervenir partout au gré des crises, Cette tentation reste-t-elle prégnante?
    
Cette tentation demeure bien vivante dans certains cercles. En témoigne le texte publié récemment par cinq anciens chefs d'état-major d'armées européennes demandant un alignement total sur les États- Unis. Ce texte prévoit la possibilité, pour l'OTAN, de déclencher des conflits de façon dite « préventive », c'est-à-dire de se livrer à des agressions. Il envisagé aussi la possibilité de recourir à des frappes nucléaires préventives pour empêcher la prolifération. Ce document, non-officiel, est extrêmement inquiétant. Certains cénacles nourrissent l'idée de faire de I'OTAN le bras armé d'un monde occidental qui devrait se défendre contre des ennemis contestant sa suprématie. C'est une vision extrêmement dangereuse, ignorante des réalités internationales nouvelles. Dans un monde désormais multipolaire, une telle vision, loin d'assurer « la suprématie occidentale », pourrait au contraire accélérer le déclin contre lequel on prétend vouloir lutter.
    
Quelles peuvent être les conséquences d'un élargissement de l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie ?
    
Lors de la réunification allemande, les pays occidentaux s'étaient engagés, verbalement, à ne pas élargir l'OTAN. Au gré des élargissements successifs de l'OTAN, des signaux de manquements à ces engagements pris à la sortie de la guerre froide ont été envoyés à la Russie, Cela a contribué à tendre les relations entre la Russie et le monde occidental et à développer un discours nationaliste toujours plus ferme en Russie.
   
Il y a une contradiction à se plaindre d'un raidissement de la Russie tout en conduisant une politique qui vient, au moins partiellement, le provoquer et nourrir un sentiment d'encerclement. Peut-être la Russie exagère-t-elle le danger. Mais il faut tenir compte de ses perceptions si l'on veut avancer de manière raisonnable.
   
   
Dernier ouvrage : Pascal Boniface et Hubert Védrine, Atlas du Monde global, Armand Colin.
     
    
    
    Source :
IRIS
    Auteur : Pascal Boniface, interrogé par Rosa Moussaoui (L'Humanité)
    Date : 2 avril 2008
    
     
    
   
publié dans : RdP : France

Jeudi 3 avril 2008
 [ Marianne 2 - 3 avril 2008 ]
   
   
Selon Emmanuel Todd, le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d'une idéologie extrême-droitière à l'échelle mondiale. Interview.

   
Au Sommet de l'Otan, mercredi 2 avril, George Bush s'est dit «très heureux» du soutien de la France en Afghanistan. Mais la veille, à l'Assemblée, la première grande décision stratégique de Nicolas Sarkozy de renforcer les contingents français engagés dans le conflit afghan mettait le feu aux poudres. Les socialistes, de François Hollande à Lionel Jospin, d'Hubert Vérine à Ségolène Royal, s'opposent unanimement à une politique d'alignement sur les Etats-Unis. Ils mettent en avant l'enlisement du conflit afghan, son coût humain et dénoncent le «tournant atlantiste» de la politique française. Pour l'historien et démographe Emmanuel Todd, les dangers de cette politique sont encore plus graves. L'auteur de
Après l'empire juge que cette partie est perdue d'avance et qu'elle participe d'une idéologie extrême-droitière naissante.
    
   
Marianne2.fr : Le renforcement des troupes en Afghanistan vous paraît-il justifié ?
   
Emmanuel Todd : Je peux tout imaginer de Nicolas Sarkozy, même qu'il ne sache pas ou est l'Afghanistan. Mais je ne peux pas imaginer que les gens qui l'entourent ignorent ce que tout le monde anglo-saxon sait, à savoir que cette guerre est perdue.
    
Pour vous, cette guerre est sans espoir ?
    
E.Todd : L'organisation sociale des Pachtounes est faite pour la guerre, tout comme celle des clans somaliens : la guerre est l'état normal de ces sociétés, ce n'est donc pas un problème dans la durée. A partir du moment où les belligérants sont alimentés par des fournitures d'armes régulières venant de l'extérieur, il est évident que ces système sociaux vont venir à bout de quelques milliers d'hommes venus de loin et difficilement approvisionnés. On peut se demander, à la limite, si ça va se terminer par un Dien-Bien-Phû ou par un retrait paisible.
   
Du point de vue du gouvernement, il semble pourtant qu'il y ait des enjeux à ce conflit...
   
E.Todd : Pourquoi ceux qui nous gouvernent veulent-ils participer à une guerre perdue ? Voilà la vraie question. Et là, comme dans les débats sur la réintégration pleine et entière de la France à l'Otan, on touche au symbolique. Cette manœuvre a pour objectif de réaffirmer un lien avec l'Amérique. Je n'appellerai pas ça du néo-atlantisme. L'atlantisme était le lien de l'Europe occidentale avec les Etats-Unis à une époque où ils portaient les valeurs démocratiques face au totalitarisme soviétique. Ce n'était pas du goût des gaullistes, mais dans le contexte, cela pouvait se justifier. Aujourd'hui, l'Amérique est le pays du fric, du néo-libéralisme et des inégalités. Et ce qui se profile derrière cette nouvelle association, c'est de l'occidentalisme. C'est un lien fondé sur une nouvelle idéologie, une idéologie qui se construit dans le conflit avec l'islamisme.
    
Mais la France n'a-t-elle pas intérêt, pour des raisons de politique «réaliste», à s'associer avec les Etats-Unis plutôt que de rester repliée sur elle-même ?
   
E.Todd : La France n'a pas les moyens de s'engager en Afghanistan, c'est déjà un objectif démesuré pour les Etats-Unis. La France est une puissance moyenne et l'Amérique une puissance déclinante. Paris existait terriblement à l'époque de Villepin : après son discours à l'ONU contre l'engagement de la France en Irak, nous rayonnions! Mais sous Nicolas Sarkozy, il arrive à la France ce qui est advenu de l'Angleterre sous Tony Blair : si l'on devient le caniche des Etats-Unis, on disparaît. Si on s'aligne, si on perd son indépendance, on disparaît. De Gaulle l'avait compris : la France n'existe à l'échelle mondiale, ne peut justifier son siège au conseil de sécurité de l'Onu et sa possession de l'arme nucléaire, que lorsqu'elle représente un acteur autonome. Le monde n'a rien à faire de la France de Sarkozy.
  
La lutte contre le terrorisme légitime aussi l'engagement du gouvernement dans ce conflit.
    
E.Todd : Les occidentalistes se pensent en situation de légitime défense. Le terrorisme existe, il devrait être contré par le contre-espionnage et par des forces policières, mais sûrement pas par des guerres à l'étranger. La première attaque contre l'Afghanistan était légitime, il s'agissait de déloger Ben Laden; d'ailleurs, les Russes nous y avaient aidé. Mais l'irakisation de l'Afghanistan participe d'une agression du monde musulman par le monde occidental. L'occidentalisme est une doctrine d'extrême droite en émergence. La France va être du côté du mal : en exposant des troupes françaises et en participant aux bombardements de la population civile afghane. Et, grâce à Sarkozy, nous risquons même ce qu'ont subi la Grande-Bretagne et l'Espagne à la suite de la guerre en Irak.
   
Vous parlez des attentats de Londres et de Madrid qui ont eu lieu suite à l'engagement de nos voisins en Irak. Mais là, il ne s'agit que d'envoyer quelques centaines d'hommes dans un pays où la France a déjà des troupes...
   
E.Todd : Mais justement ! Rappeler leur faible nombre, comme le fait le gouvernement, c'est avouer qu'il s'agit bien d'une action symbolique ! Les quelques bateaux qu'on va mettre dans le golfe persique vont faire rire les Iraniens. Mais nous nous positionnons dans une construction idéologique, contre le monde musulman. Cette posture est d'ailleurs très cohérente avec le sarkozysme en politique intérieure.
   
Vous pensez que Nicolas Sarkozy est dans une logique de guerre avec le monde musulman ?
   
E.Todd : Ce qui a fait son succès dès le premier tour de l'élection présidentielle, c'est le ralliement d'une partie des électeurs du Front national. Il a pu avoir lieu à cause des émeutes en banlieues, qui ont été un facteur de traumatisme. Mais c'est Sarkozy, ministre de l'Intérieur, qui a provoqué cet évènement. Dans la logique du sarkozysme, il y a la combinaison d'une incapacité à affronter les vrais problèmes et à désigner des boucs émissaires. C'est classique : quand une société est en crise, elle a le choix entre résoudre ses problèmes économiques et ses pathologies sociales, ou créer des bouc-émissaires. Sarkozy recherche toujours un ennemi, il est dans l'agression. Cela s'observe même dans son comportement ordinaire avec les habitants de banlieue ou les marins pêcheurs.
   
En s'impliquant plus en Afghanistan, la France participe donc à déclencher un clash des civilisations?
   
E.Todd : L'analyse d'Huntington sur le clash des civilisations est fausse, mais un gouvernement peut essayer de la rendre vraie. Je pense que les gens qui nous gouvernent seront tenus pour responsables de ce qu'ils font. La guerre, c'est la pédagogie du mal. Les peuples en paix pensent sainement. On entre parfois en guerre pour de bonnes raisons, mais peu à peu, on glisse insensiblement dans la violence pour la violence. C'est ce qui aurait pu arriver en Espagne, si les Espagnols avaient mal réagi aux attentats : ils auraient pu s'enfoncer dans le conflit des civilisations. Je crois que cette stratégie conflictuelle va échouer aussi en France. La recherche de bouc-émissaires, l'émergence d'une idéologie islamophobe et hostile aux enfants d'immigrés... ce n'est pas dans la nature de la France. Au final, les Français préfèrent toujours décapiter les nobles que les étrangers.
    
    
   
    Source :
Marianne 2
    Auteur : Emmanuel Todd interrogé par Anna Borrel
    Jeudi 03 Avril 2008 - 00:17
     
     © Marianne2
     
     
   
   

publié dans : RdP : France

Jeudi 3 avril 2008

[ France Soir - 3 avril 2008 ]


Alors que s'ouvre le sommet de l'Otan, Roland Dumas dénonce « l'alignement » de la France sur Washington : « La responsabilité du gouvernement sera immense devant l'histoire », redoute-t-il.
    
   
FRANCE-SOIR.
Que pensez-vous du rapprochement France - Etats-Unis à l'occasion du sommet de Bucarest ?
  
Roland Dumas. L'annonce à grand fracas de ce sommet laisse penser que nous sommes sur la voie d'un alignement avec les Etats-Unis. C'est un changement cardinal de la politique étrangère française depuis le général de Gaulle. Tous les présidents successifs avaient veillé jusqu'à présent à ne pas modifier notre politique. Ainsi, durant la guerre du Golfe, j'ai assisté à des entretiens entre François Mitterrand et George Bush père, où le président avait insisté sur la nécessité pour la France de garder son autonomie. C'est lui-même qui a donné l'ordre aux soldats français d'attaquer au Koweït. Cela ne sera plus possible. C'est la mort du gaullisme.
  
Pourquoi ?
  
Si, comme on l'annonce, la France va rejoindre le commandement intégré de l'Otan, elle va perdre son autonomie d'action, à l'image de la Grande-Bretagne. Elle sera un partenaire de l'Alliance, assigné à telle ou telle mission, et elle devra s'y plier. Sa voix n'existera plus. Ce que la France a fait en 2003, lors du déclenchement de la guerre en Irak, ne sera plus possible. En vertu des accords, elle n'aura plus la faculté d'adopter une autre position que celle de l'alignement.

Quelles sont les contreparties pour la France ?

Celle de bénéficier de ce qui se prépare actuellement : une réorganisation de l'ordre mondial autour des Etats-Unis. Un processus dangereux qui se fera au détriment de l'Europe. A partir du moment où l'on s'inscrit dans un contexte atlantiste, à quoi bon une défense européenne ? A ce titre, il faut noter les propos ce matin (hier, NDLR) du président Bush qui a vanté chaudement la position défendue par Nicolas Sarkozy, la semaine dernière à Londres, de se rapprocher de la Grande-Bretagne. Si l'on se réfère au proverbe « dis-moi qui t'encense, je te dirai qui tu es », c'est signé.
   
Pourtant, une majorité de Français semble hostile à cette politique...
   
Les Français sont des gens prudents et sensés. Ils se demandent quel est notre intérêt à aller se battre en Afghanistan. Le général de Gaulle avait fondé sa politique sur un principe : « La France ne doit pas se laisser entraîner dans un conflit qui ne la concerne pas. » D'autant que durant le débat à l'Assemblée, aucune réponse n'a été donnée aux questions essentielles : combien de renforts ? Quelle mission : organiser la circulation des routes ou participer aux combats dans les montagnes ? Et surtout : quels objectifs ?
   
Craignez-vous que la France ne soit désormais la cible du terrorisme ?
   
C'est la question que l'on doit se poser. Nous avons réussi jusqu'à présent à ne pas être mêlés au terrorisme qui a touché la Grande-Bretagne ou l'Espagne. En allant jouer les gendarmes dans cette région tourmentée, difficile, le risque est très grand de devenir la cible des attentats.

La décision du gouvernement sera lourde de conséquences ?

C'est une décision totalement irresponsable. Et la responsabilité du gouvernement sera immense devant l'histoire. C'est pourquoi je veux alerter aujourd'hui les Français. Qu'ils sollicitent leurs parlementaires, qu'ils fassent pression sur eux et leur demandent pourquoi nous envoyons des renforts. Il faut que le débat public s'ouvre sur ce sujet grave.
   

   
   
   
    Source :
France Soir 
    Auteur : Roland Dumas, propos recueillis par Thomas de Rochechouart
    Edition France Soir du jeudi 3 avril 2008 n°19762 page 4 
    
    
    
   

publié dans : RdP : France

Mercredi 2 avril 2008
[ La Croix - 26 mars 2008 ]
   
    
    Une enquête, sans précédent, du Forum économique mondial au sein de pays occidentaux et musulmans souligne leur méfiance réciproque, liée au contexte international tendu et à la perception négative des immigrés en Occident.
   
    Soixante pour cent des Européens disent percevoir comme une menace l'interaction croissante entre Occident et monde musulman. Un chiffre qui résume bien les incompréhensions et les craintes qui s'affirment dans ces deux grandes aires culturelles. Ce constat est posé dans un rapport rendu public mardi 25 mars par le Forum économique mondial, organisateur, notamment, du forum de Davos.
   
    L'enquête, menée en partenariat avec l'université Georgetown de Washington, s'appuie sur des sondages réalisés par l'institut Gallup en 2007 dans une vingtaine de pays du monde, de l'Indonésie aux États-Unis en passant par l'Iran, l'Égypte ou l'Espagne - mais pas en France, ni en Grande-Bretagne, ni en Allemagne.
   
    « Nous avons lancé cette enquête, parce qu'il y a une pénurie d'information » sur la perception réciproque des musulmans et des Occidentaux, explique Alistair MacDonald-Radcliff. Ce prêtre anglican est membre de C-100 Initiative, un groupe de réflexion rassemblant des personnalités chrétiennes, juives et musulmanes du monde entier, à l'origine du rapport. « L'enquête ne se veut pas une réaction immédiate à des événements récents, continue-t-il. Mais nous avons pensé que de nouvelles données sur ces questions seraient utiles au dialogue, dans le contexte de l'après-11-septembre. »
    
   
Protestations dans le monde musulman
   
    Les rapports entre les populations musulmanes et occidentales sont en effet loin de s'être apaisés depuis les attentats perpétrés par Al-Qaida aux États-Unis en 2001. En témoignent les réactions violentes de certains musulmans après la republication par des journaux danois, le mois dernier, de caricatures du prophète de l'islam Mohammed. 
   
    Sans parler des protestations qui commencent à enfler dans le monde musulman à la suite de l'annonce, par le député néerlandais Geert Wilders, de la mise en ligne d'un film censé démontrer le caractère fasciste du Coran.
   
    « Ce genre d'affaires accroît le ressentiment d'un côté comme de l'autre, analyse Alistair MacDonald -Radcliff. Elles suscitent une incompréhension réciproque : les musulmans se sentent insultés, tandis que les Occidentaux ont l'impression que l'on veut limiter leur liberté d'expression. »
    
   
Le modèle dit « libéral » est inapplicable
   
    De fait, l'enquête montre que les habitants du Danemark ou des Pays-Bas, d'où sont parties ces polémiques et qui en subissent les conséquences, sont parmi les Européens les plus méfiants envers l'islam : près de 80 % des Danois et 67 % des Néerlandais considèrent qu'une plus grande interaction entre les mondes musulman et occidental constitue une menace. 
   
    Le pas entre méfiance envers l'islam et critique radicale est vite franchi : au Danemark, une personne sur deux estime que l'islam est incompatible avec la démocratie. Cette opinion est calquée sur le discours des nouveaux pourfendeurs de l'islam, issus souvent de l'extrême droite, qui condamnent la religion musulmane au nom de la liberté d'expression et des Lumières. 
   
    Aux Pays-Bas, l'assassinat du cinéaste Theo Van Gogh en 2004 par un jeune islamiste d'origine marocaine a violemment rouvert le débat sur le multiculturalisme. L'écrivain anglo-néerlandais Ian Buruma, auteur de On a tué Theo Van Gogh, a vivement condamné cette vision de la société comme une somme de communautés qui vivraient séparément et ne communiqueraient pas.
   
    Pour l'écrivain, le modèle dit « libéral », qui a longtemps été celui des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne et du Danemark, s'est révélé inapplicable. Seule l'intégration des populations immigrées peut, selon lui, permettre une cohabitation sereine en Europe. 
   
   
"Les médias ont une grande responsabilité"
   
    L'immigration est d'ailleurs un élément déterminant de la formation de l'opinion occidentale sur le monde musulman, constate Alistair MacDonald-Radcliff à la lumière de cette nouvelle étude. L'intégration des enfants d'immigrés, qui vont parfois chercher une solution à leur crise identitaire dans un islam plus démonstratif que celui de leurs parents, est un phénomène qui inquiète les Occidentaux.
   
    Mais l'enquête indique également que la citoyenneté et la représentativité des populations d'origine immigrée s'améliorent dans les pays occidentaux. 
   
    « Les médias ont une grande responsabilité dans l'image que les Occidentaux se font des musulmans, ajoute Alistair MacDonald-Radcliff. Dans les médias, l'islam a peu à peu été assimilé au terrorisme. Même si l'on sait tous que c'est faux, cela joue fortement sur l'inconscient collectif. » 
   
    Pour combattre ce ressentiment réciproque, en partie fondé sur la méconnaissance, « l'éducation est essentielle », souligne-t-il. Les institutions religieuses ont aussi un rôle très important à jouer, selon lui : à elles notamment d'expliquer des positions souvent mal comprises de part et d'autre.
    
    
   
    Source :
La Croix
    Auteur : Nina Hubinet
    Date : 26 mars 2008
    
    
    
Sur la même enquête, lire également (Opus Incertum) :
     
L’incompréhension grandit entre Islam et Occident 
    
    
    
   
publié dans : RdP : Civilisations