Ce modeste blog essaie de présenter des publications les plus susceptibles d'éclairer l'actualité, et autant que possible, de suggérer quelques tendances.

En complément, ceux qui le peuvent doivent absolument consulter régulièrement le site
Contre Info, qui fait un travail absolument remarquable de mise en évidence des " infos absentes des prompteurs de JT "  (pub gratuite ! )
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Vendredi 14 septembre 2007
A lire absolument :

Non, la France n'est pas en déclin, par Jérôme Guillet
Il est bien difficile aujourd'hui de trouver, dans les médias tant nationaux qu'internationaux, un commentaire sur l'économie française où manquent les mentions obligatoires de son déclin, de la faiblesse de la croissance, ou de la persistance d'un chômage de masse. De tous côtés, les "réformes" sont présentées comme une urgente nécessité.
Ce mot "réformes" est devenu un nom de code plus ou moins explicite pour un programme à sens unique : libéralisation d'un marché du travail considéré "trop rigide", via l'assouplissement du code du travail ; baisse des charges sur les entreprises ; allégement du contrôle de l'Etat, et, naturellement, baisse des impôts. Des travailleurs plus flexibles et moins chers seraient plus facilement embauchés, ce qui améliorerait la compétitivité des entreprises et leurs profits, sur le modèle anglais ou américain. Et, évidemment, les 35 heures tant décriées, cette "aberration économique", doivent être éliminées afin de remettre la France au travail.
Le problème est que ce programme, qui sert bien les intérêts des actionnaires et des dirigeants d'entreprise, se fonde sur une description extrêmement partielle et partiale de la réalité.
Comme l'a dit le milliardaire Warren Buffett, les riches aux Etats-Unis mènent - et gagnent - la lutte des classes. Il serait temps de noter qu'ils n'agissent pas dans l'intérêt de tous, mais uniquement dans le leur.
(Le Monde, éd. du 11 septembre 2007. Jérôme Guillet est polytechnicien et banquier)
   
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Mardi 11 septembre 2007
Des Caraïbes à l’Afghanistan, en passant par l’Europe

Quand une respectable fondation prend le relais de la CIA
  Iran, Chili, Nicaragua… Depuis les annés 1950, les guerres « sales » menées par la Central Intelligence Agency (CIA) défraient régulièrement la chronique et, lorsqu’elles sont révélées, font même parfois scandale aux Etats-Unis. En créant la Fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy - NED), le président Ronald Reagan a doté Washington d’un outil moins voyant et surtout moins controversé que la CIA. Mais dont l’objectif reste le même : déstabiliser, par le financement de leurs oppositions, les gouvernements non amis.
(Le Monde Diplomatique, juillet 2007)
   
publié dans : Revue de presse

Mardi 11 septembre 2007
Robert Badinter : "Ne pas confondre justice et thérapie"
        "On est entré dans un système où la loi devient un mode de communication politique"
Robert Badinter a été avocat, ministre de la justice, président du Conseil constitutionnel. Rien de ce qui concerne le droit et les processus judiciaires ne lui est étranger. Il condamne l’activisme qui conduit à tirer de chaque fait divers grave la conclusion qu’il faut (re)faire une loi. Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures nouvelles sur la justice, à l'occasion de plusieurs faits divers. A chaque fois, il affirme son intention de se placer du côté des victimes. Quelle doit être la place de la victime dans le processus judiciaire ?
(Le Monde, éd. du 9 septembre 2007)
   
publié dans : Revue de presse

Dimanche 9 septembre 2007
Des missiles de croisière nucléaires destinés à qui ?
  Le 30 août, un B-52 parti de la base Minot, dans le Dakota, a traversé le ciel américain avant de se poser à Barksdale en Louisiane. Il emportait "par erreur" six missiles de croisières de type AGM-129, équipés de têtes nucléaires. S’agit-il vraiment d’une erreur, ou est-ce un préparatif d’une attaque de l’Iran révélé par une fuite intempestive ?
(
ContreInfo, 6 septembre 2007)
 
 
dedefensa évoque également cet incident étonnant dans plusieurs articles, dont celui-ci : Cheney et le B-52 ( Was a Covert Attempt to Bomb Iran with Nuclear Weapons foiled by a Military Leak?)
   
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Dimanche 9 septembre 2007
Plus de riches, toujours plus riche, des chiffres qui défient l’imagination,
par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.

Sur la piste des grandes fortunes
  À partir du 1er janvier 2007 les textes instituant un bouclier fiscal à 60 % mis en place par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin sont entrés en application. La petite-fille du fondateur des Galeries Lafayette, Léone Meyer, a touché un chèque de plus de 7 millions d’euros correspondant au trop perçu concernant ses impôts de 2006. Le dépassement, à lui seul, représente presque 580 années de SMIC (1 280 euros par mois en brut, soit 1 005 euros en salaire net en 2007), soit la vie de travail de 14 ouvriers sur la base de quarante années de vie active. Il est vrai qu’en 2005 Mme Meyer avait vendu pour la somme de 935 millions d’euros les titres Galeries Lafayette qu’elle détenait soit, en chiffres ronds, la vie active de 1 930 ouvriers payés au SMIC.
(
Leruisseau.iguane, d'après L’Humanité, dossier publié du 6 au 10 août 2007)
   
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Mercredi 5 septembre 2007
A partir d'une analyse d'articles récents et de bonnes sources, Malakine donne sur son blog Horizons une analyse très inquiétante de la situation mondiale.

Le monde est-il sur le point de basculer dans le chaos ?
Le monde est-il au bord d'une catastrophe géopolitique ? Sommes nous à quelques semaines d'un nouveau 11 septembre en pire ? L’économie mondiale est-elle sur le point de s’effondrer vraiment ? Les Etats-Unis sont-ils sur le point de basculer dans un véritable régime dictatorial et réellement impérial ? Des armes nucléaires vont-elles être utilisées contre l’Iran ou sur le sol américain ? Ces questions ne sortent pas d'un esprit paranoaïque mais de la lecture de quelques articles que l'on peut lire en ce moment et qui viennent des Etats-Unis.
(Blog
Horizons, 1er septembre 2007)
  
Outre les références citées par Malakine dans son article, on peut voir en complément les documents suivants :
-
Un nouveau 11 septembre pour les sauver ?  Traduction d'un article de Stu Bykofsky, éditorialiste américain, dans le Philadelphia Daily News.
-
GAO Chief Warns Economic Disaster Looms (en anglais). Le GAO est le Government Accounting Office, un équivalent aux Eats-Unis de la Cour des Comptes Française.
-
Une destruction mécanique : la politique étrangère états-unienne au point zéro
Traduction d'un article de Gabriel Kolko, historien spécialiste de la politique militaire, auteur entre autres, d’un ouvrage, qui fait référence : Un siècle de guerres. Politique, conflits et société depuis 1914 ; Edition française en 2000- Université Laval - L’Harmattan.

Lire enfin les
propos de François Heisbourg, récemment cités sur Opus Incertum.
  

"Nous avons des armes nucléaires, c'est pour nous en servir"
    
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Mardi 4 septembre 2007
Jolie intervention de Bernard Maris,  le 4 septembre 2007 au cours du Journal de l'Economie de France Inter.

Bernard Maris, bonjour...

Au-delà de la fusion Suez-GDF, la grande question que tout le monde se pose aujourd’hui est la suivante : L’ouverture à la concurrence peut-elle faire baisser les prix de l’énergie pour les entreprises et les consommateurs?

On sait que la Commission européenne est fascinée par la notion de concurrence, qu’elle considère comme l’alpha et l’oméga de la vie économique, alors qu’il y a bien longtemps que les économistes, et les plus grands remettent en cause cette notion extrêmement simpliste issue du XIX° siècle et du libéralisme le plus banal. Il n’est pas vrai que la concurrence fasse systématiquement baisser les prix (on l'a vu pour l'électricité). Il n’est pas vrai que la concurrence conduise à de bons équilibres. Souvent la concurrence est destructrice – par exemple en matière de ressources naturelles – et ce de façon irréversible.

En terme d'efficacité, souvent l’entente et la coopération sont meilleures que la concurrence. Et surtout, la concurrence pure, libre et non faussée, et un fantasme d’économiste dans sa tour d’ivoire, qui ignore les réalités du marché, avec tout ce qu’il y a de politique derrière un marché : subventions, règlementations, quotas, taxes... En fait le marché, lui, conduit rapidement au gigantisme, aux fusions, aux positions dominantes, à la segmentation et à la recherche de clientèles captives, aux ententes et aux cartels...

D’où la fusion qui est la recherche d’une position forte, dominante, d’une taille critique pour négocier sur des marchés avec des offreurs très politisés comme la Russie et l’Algérie par exemple, et pour concrètement peser de tout son poids sur ces mêmes marchés. Or peser de tout son poids veut dire faire les prix autant que faire se peut, et non les subir, pour faire des profits et grossir encore.
   
Exactement le contraire du fantasme de la concurrence parfaite où l’on subit les prix sans faire de profits.

   
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Samedi 1 septembre 2007

Extrait de l'intervention de François Heisbourg, lors de l'émission de France Culture  L'esprit Public du samedi 19 août 2007. L'émission, animée par Philippe Meyer, était consacrée à la politique de défense. Il était entouré de Max Gallo, de Jean-Louis Bourlange et d'Yves Michaud.

François Heisbourg est un spécialiste des questions stratégiques et de défense. Il préside l’International Institute for Strategic Studies de Londres, le Centre de politique de sécurité de Genève, et travaille à la Fondation pour la recherche stratégique. Pour cette Fondation, il vient de codiriger un ouvrage collectif, L’annuaire stratégique et militaire. 2006-2007, aux éditions Odile Jacob. Il est également l'auteur du livre L'épaisseur du monde, aux éditions Stock, sorti en janvier 2007.

On peut écouter l'émission dans son intégralité : La politique de défense (durée : env. 60 mn)

"
François Heisbourg Les Etats-Unis exercent une puissance hégémonique qui est probablement sans équivalent dans l’histoire. Plus de la moitié des dépenses militaires mondiales sont assurées par les seuls Etats-Unis. C’est une proportion qui est littéralement sans précédent. Et pourtant, les Etats-Unis, devenus si l’on en croit Hubert Védrine en 98 « hyperpuissance » sont rigoureusement incapables de structurer le système international. Ce n’est pas seulement qu’ils sont incapables d’assurer la sécurité fusse même à l’intérieur de la fameuse zone verte au cœur de Bagdad, ils sont tout simplement incapables de servir de pivot au monde.

C’est que la puissance d’un Etat, fut-il le plus puissant d’entre eux, se heurte désormais à un mode de fonctionnement de notre planète qui ne se prête plus à l’exercice hégémonique, parce que les solidarités transfrontières existent, parce qu’il y a des acteurs non-étatiques qui ont pris de l’importance, parce que la densité des liens qui sont tissés, liens de tous ordres, économiques, culturels, politiques, stratégiques et ainsi de suite, est telle que la simplicité brutale de l’exercice hégémonique d’Etat se heurte dorénavant à des limites.

Cela ne veut pas dire que le monde ne va pas être brutal, violent et extraordinairement dangereux.

Max Gallo ― D’où la conclusion à votre livre l’Épaisseur du monde : Hégémonie improbable, anarchie possible. Ce titre que vous donnez est tout à fait significatif de l’état du monde. Mais est-ce que l’hégémonie improbable que nous constatons pour les Etats-Unis, ne permet tout de même pas qu’une puissance ou hyperpuissance, pour parler comme Hubert Védrine qui, vous l’avez dit a un budget militaire qui équivaut pratiquement à celui de toutes les autres puissances réunies, d’avoir la capacité de l’initiative ? Car, et c’est bien là la question : elle est à la fois incapable de stabiliser le monde, mais elle a la capacité de le déstabiliser.

Est-ce que ce n’est pas une illusion, une facilité de dire que l’hégémonie est improbable alors que la grande puissance est, en fonction de ses dirigeants, de ses orientations, capable de renverser l’échiquier ?

François Heisbourg ― L’exercice négatif de la puissance est tout à fait à l’ordre du jour. Il est tout à fait possible de casser, et la capacité de casser, elle, elle se répand très largement. Celle des Etats-Unis, est pour les raisons qui viennent d’être dites est plus grande que d’autres.

[…]

Jean-Louis Bourlange ― Pour rester sur le chapitre des Etats-Unis, j’aimerais bien savoir comment vous percevez l’évolution de l’opinion publique américaine sur la place des Etat-Unis, son rôle, sa destinée de moins en moins manifeste sur une scène internationale aussi mouvante, complexe et troublée que vous définissez.

Je ne parle pas seulement du bourbier irakien, sur lequel on voit bien que chacun est embarrassé, mais plus profondément, je voudrais vous poser trois questions qui pourraient être une mesure de l’opinion américaine. D’abord est-ce que les américains restent convaincus que la lutte contre le terrorisme est une guerre de caractère classique qui peut être gagnée comme on gagne une guerre, ou est-ce qu’ils n’ont pas perçu, à travers leur déconvenue irakienne que c’était de toute autre chose qu’il s’agissait ; deuxièmement, et cela rejoint la question de Max Gallo, s’ils perçoivent qu’ils ne peuvent plus agir seuls et qu’ils doivent reconstituer des alliances, contrairement à l’idée qui avait prévalu au lendemain de la destruction des deux tours, où la coalition c’était simplement une agrégation de pays autour d’un objectif défini exclusivement par les Etats-Unis ; et troisièmement, est-ce que vous estimez qu’ils reviennent […]sur l’idée que les Etats-Unis avaient pour vocation de diffuser un modèle démocratique.

Ce sont trois des paramètres qui ont caractérisé la politique américaine. Où en est-on dans l’opinion du pays ?

François Heisbourg ― Trois fortes questions…

La première, le traumatisme du 11 septembre n’a réellement pas disparu, et le sentiment de vulnérabilité, le sentiment que cela pourrait recommencer reste très fort, donc l’impératif dit de sécurité nationale va continuer à s’imposer très lourdement même si les élites et en grande partie la population a pris beaucoup de champ par rapport au concept de la guerre mondiale contre le terrorisme, la fameuse GWOT [Great War On Terror – Ndr ], puisque le terrorisme est davantage comme le crime plutôt que comme la guerre traditionnelle, parce qu’il n’a ni début ni fin, qu’on n’a pas affaire à un adversaire avec lequel on puisse signer un armistice.

L’impératif sécuritaire reste très fort, et de plus, les Etat-Unis sont en train de vivre une vraie débâcle : l’affaire irakienne, c’est une débâcle, une catastrophe, la seule question étant maintenant pour les américains, de savoir s’il faut prendre acte de la catastrophe en se retirant maintenant, ou s’il faudra prendre acte de la catastrophe un peu plus tard, en se retirant plus tard, au risque d’avoir une catastrophe plus grande encore. Dans ces conditions je suis très pessimiste sur la façon dont sera envisagé en 2008 ou en 2009, soit sous l’actuel président, soit sous son successeur, la façon de gérer un Iran qui serait en train de franchir le seuil nucléaire. Je suis convaincu précisément parce que les Etat-Unis se sentent dans un état d’immense faiblesse à la suite de la mésaventure irakienne, qu’ils ressentiront une obligation de frapper sur l’Iran pour restaurer leur crédibilité, ce qui n’aurait probablement pas été le cas si tout cela s’était passé il y a dix ans.

Deuxième chose, l’affaire des alliances. Certes, il y avait une vraie préférence chez les néo-conservateurs républicains en 2001-2002 pour une politique nous sommes essentiellement seuls et qui nous aime nous suive. Mais il y avait aussi l’exemple d’un homme comme Donald Rumsfeld, qui n’était pas un néo-conservateur, mais plutôt un archéo-conservateur, qui trois jours après le 11 septembre avait dit : the mission determines the coalition — c’est la mission qui détermine la coalition. Ce n’était pas l’énoncé d’un vœu, c’était un constat. Il avait raison, car les crises se suivent et ne se ressemblent pas. Le temps de alliances territorialement circonscrites, avec un partage illimité des conséquences naissant de la mise en œuvre des garanties de sécurité et de défense, c’était le cas de l’OTAN pendant la guerre froide, ce temps est terminé. Ça n’empêche pas que l’équipe future, qu’elle soit républicaine ou démocrate cherchera probablement beaucoup plus que les néo-conservateurs de l’administration Bush à travailler avec des partenaires plutôt que sans eux, et a fortiori contre eux.

La troisième chose, […] la diffusion militante de la démocratie. Du côté démocrate, ce que je trouve très impressionnant, et quelque part inquiétant, c’est que nous avons des penseurs, notamment des anciens de l’équipe Clinton à la Maison-blanche, comme Ivo Daalder, l’ancien responsable des affaires stratégiques au Conseil national de sécurité sous Clinton, qui avec d’autres, est en train d’élaborer le concept de « Concert des démocraties ». Il s’agit d’organiser le monde autour d’un camp des démocraties, un peu à la manière de la réunion organisée par Madame Albright, en 98-99, lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, réunion à laquelle avait refuser d’aller Hubert Védrine (je trouve qu’il n’a pas eu forcément tort…).

[…]

Tout en disant nous ferons cela avec nos partenaires et en respectant les Nations-Unies, l’idée était : les Etats-Unis peuvent prendre le leadership et les gens vont s’organiser autour des Etats-Unis.

 […]

Ce qui m’inquiète, au delà de savoir si c’et une bonne ou une mauvaise nouvelle dans l’absolu, c’est tout simplement que si c’est ça que ferait Madame Clinton ou Monsieur Obama, si l’un ou l’autre était élu président démocrate des Etats-Unis, on aurait deux ou trois années très difficiles pendant lesquelles les américains tenteraient de réimposer une sorte d’ordre du monde, échoueraient naturellement devant l’épaisseur du monde, avec, en résultante, la probabilité d’une très grande désaffection entre les Etats-Unis et leurs partenaires. Non pas un désaccord spécifique, comme on l’a vécu sur l’Irak, mais un désaccord beaucoup plus large concernant la vision que l’on peut avoir du monde. "
     

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Vendredi 31 août 2007
Chaque année, 400 à 500 sportifs meurent subitement en France
  Le décès, mardi 28 août, du joueur espagnol du FC Séville, Antonio Puerta, à 22 ans, avait allongé la liste déjà conséquente des footballeurs victimes de mort subite. Mercredi, le joueur international zambien Chaswe Nsofwa a à son tour été terrassé par un arrêt cardiaque pendant un match d'entraînement avec son club de l'Hapoel Beersheva (2e division israélienne).
En France, selon l'épidémiologue de l'Inserm Xavier Jouven, "entre 400 et 500" personnes sont victimes de mort subite chaque année dans le cadre d'une activité sportive. Ces chiffres sont issus d'un registre national ouvert par l'Inserm et l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) en mai 2005. Selon ce recensement inédit, la moitié des victimes ont moins de 40 ans. Les sports concernés sont les plus pratiqués : le vélo, la course à pied et le football.
(Le Monde, éd. du 31 août 2007)
   
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Vendredi 31 août 2007
Berezovski veut faire de l'Occident sa nouvelle arme contre Poutine
  Boris Berezovski appelle de nouveau à renverser le "régime autoritaire de Poutine" et à rétablir la démocratie en Russie. Dans un article publié dans le Sunday Times de Londres, l'entrepreneur exige que l'Occident fasse pression sur le Kremlin en vue de rétablir en Russie un mode de gouvernement conforme "à l'esprit et à la lettre de la Constitution" russe."L'Occident doit reconnaître le gouvernement de Poutine comme inconstitutionnel" estime l'oligarque en exil, et il faut "faire pression sur les institutions du pouvoir". Selon lui, cette pression pourrait prendre différentes formes, "y compris l'insurrection à la dernière étape". A lire ce nouvel "Evangile selon Berezovski", on y trouve une accumulation d'inepties politiques présentées d'une manière raffinée. M. Berezovski croit-il vraiment, par exemple, que Juifs et Arabes ne parviennent pas à se réconcilier uniquement à cause des intrigues du Kremlin? Peut-on lire sans sourire sa thèse selon laquelle le "régime de Poutine" est également responsable du déroulement catastrophique de la guerre en Irak?
(RIA Novosti, 27 août 2007, d'après Moskovski komsomolets)
  
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Vendredi 31 août 2007
Voyage chez les damnés de Katrina
  Le président George W. Bush, en visite à la Nouvelle Orléans, a assuré mercredi 29 août, que l'Amérique ne laissait tomber ni la ville ravagée ni la côte du Golfe dévastées, en 2005, par Katrina. Il effectuait là sa quinzième visite dans la région depuis le passage de l'ouragan. Sa présidence demeure hantée par la faillite de l'Etat fédéral et par l'image d'un homme suivant le désastre de son ranch du Texas et tardant à interrompre ses vacances. Et l'Etat fédéral et M. Bush sont à présent accusés de ne pas faire assez, assez vite pour la reconstruction. Pour interpeller le président américain, un journal local a d'ailleurs publié mercredi un éditorial intitulé : "Traitez-nous avec équité, Monsieur le président".
(lemonde.fr , 29 août 2007, d'après Le Temps )

  On peut également écouter l'émission
de France Culture Planète Terre qui revient le 29 août 2007 sur le passage du Cyclone Katrina sur la ville de la Nouvelle Orléans, le 29 août 2005, la laissant inondée et comme coupée du monde. Deux géographes, Julie Hernandez et Jean-Marc Zaninetti apportent leur éclairage.
Katrina, deux ans après : quels enseignements tirer de la catastrophe ?
(durée d'écoute : environ 35 mn)
    
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Mardi 28 août 2007
Les "doutes" de Mère Teresa sur sa foi révélés dans sa correspondance
  Mère Teresa de Calcutta avait-elle vraiment foi en Dieu ? Ainsi posée, la question apparaîtra sacrilège aux admirateurs de cette icône mondiale de la charité qui célébreront, le 5 septembre, le dixième anniversaire de sa mort. Elle ne l'est pourtant pas, comme le prouve la quarantaine de lettres, signées de celle que Jean Paul II béatifia à une vitesse record, en 2002, qui seront publiées aux Etats-Unis sous le titre Mère Teresa, viens, sois ma lumière.
(Le Monde, éd. du 28 août 2007)
   
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Mardi 28 août 2007
Récidive : l'imposture du discours présidentiel
par William Bourdon, avocat.
  La proposition ahurissante, car d'évidence anticonstitutionnelle, faite par le président de la République de prévoir, en quelque sorte, une double peine, c'est-à-dire de contraindre des délinquants sexuels à être hospitalisés à l'issue de l'exécution de leur peine, a suscité à gauche des commentaires favorables... Certes, ici ou là, quelques réserves d'usage sont faites, mais on sent bien que chacun est embarqué dans une spirale de surenchère électoraliste, en oubliant pourtant quelques évidences qui se volatilisent sous le fracas des contre-vérités. On entend par exemple que les pédophiles, et au-delà les délinquants sexuels, seraient plus récidivistes que les autres. C'est archifaux. Mais aujourd'hui, l'enfant, figure de l'innocence et de la pureté absolues, permet gaillardement de provoquer des consensus confortables. Et ce, d'autant plus que la mémoire collective et individuelle, frappée d'amnésie, oublie, et pour cause, que pendant des années la parole de l'enfant, après avoir été niée, voire disqualifiée, a été ensuite sacralisée pour être à nouveau et de façon honteuse, démonétisée après le fiasco d'Outreau...
(Le Monde, éd. du 28 août 2007)
  
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Samedi 25 août 2007
Malgré le miracle économique libéral, et le règne de l'idéologie hyper-sécuritaire,

Les Britanniques sont horrifiés par la montée de la criminalité chez les jeunes
  Le scénario du meurtre de Rhys Jones, 11 ans, est digne d'un Orange mécanique. Victime sans doute d'une méprise, l'adolescent a été abattu de trois balles, le 22 août, alors qu'il jouait au football avec des copains sur le parking d'un pub de Croxteth, à Liverpool. Son meurtrier présumé, âgé de 16 ans, circulait à bord d'un vélo BMW tout-terrain, le visage caché par une capuche. Avant le meurtre du petit Rhys, un homme de 47 ans, père de trois enfants, a été battu à mort par trois jeunes gens en train de vandaliser son automobile à Warrington. Depuis le début de l'année, rien qu'à Londres, neuf adolescents ont été tués par balles.
Certains montrent du doigt le fossé croissant entre riches et pauvres, créant une sous-classe de jeunes laissés-pour-compte du "miracle" économique travailliste. D'autres experts soulignent l'effet du plus haut taux de divorces en Europe, du nombre élevé de familles éclatées, ainsi que d'un système d'éducation public mal adapté. La vie familiale souffre des longues heures de travail des parents et surtout de l'affaiblissement des liens entre adultes et jeunes, plus marqué dans le royaume qu'ailleurs sur le continent. A écouter un criminologue, "ce fossé entre les générations est peut-être une forme extrême de la réserve et du respect de la vie privée chez les Britanniques, mais il est dangereux".
(Le Monde, éd. du 26 août 2007)
       
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Samedi 25 août 2007
   Pendant les manifestations contre le Sommet de Montebello (Canada, Mexique et Etats-Unis), des policiers cagoulés, infiltrés parmi les manifestants se font démasquer...
Bien entendu de telles pratiques ne sont pas imaginables ailleurs qu'au Québec !

Infiltration des manifestations au Québec : Une tactique en révision
  Dans l'embarras depuis que trois de ses agents qui ont infiltré les groupes manifestants au Sommet de Montebello ont été démasqués, la Sûreté du Québec a annoncé hier qu'elle procédera à une révision complète de ses tactiques d'infiltration. La SQ a tenu à faire le point sur l'incident, hier, après avoir reconnu la veille que trois de ses hommes avaient été démasqués par des manifestants à Montebello.Le tout avait été filmé et diffusé sur le site Internet YouTube, il y a trois jours. La SQ assure en outre que ses hommes n'ont jamais été instigateurs d'actes violents, même si l'un d'eux a été filmé avec une roche à la main. Criminologue à l'Université de Montréal, Denis Szabo défend la présence d'agents d'infiltration, mais il s'explique mal la facilité avec laquelle ils se sont fait prendre. «Les gens ont raison de trouver ça ridicule, dit-il. Tout le monde sait qu'il y a de l'infiltration, mais il ne faut pas se faire prendre.»
(Le Journal de Montréal, 25 août 2007)
   
Document vidéo YouTube (en anglais)
    
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Vendredi 24 août 2007

Voici le temps de la vulgarité, de l'arrogance, et du mépris.
Dé-civilisation bien avancée ...

  
Vacances "bling-bling" chez les riches, par Jean-Michel Normand
  Juste après nous avoir infligé une carte météo une fois de plus indigne d'un mois d'août, TF1 se proposait jeudi en début de soirée de nous emmener là où il fait très beau et très chaud. Flavie Flament, tête de proue du magazine "Sagas", nous invitait à "plonger dans l'univers de rêve des riches plus riches que les riches". Cap sur Bora-Bora, les îles Vierges, Miami, Porto Fino ou Ibiza. Mollement étendue sur une plage des Maldives - ironie du sort, le temps semblait plutôt couvert de ce côté de l'océan Indien -, la blonde Flavie, bien décidée à nous "en mettre plein les yeux", selon son expression, a lancé une vingtaine de reportages consacrés aux "stars en vacances". En une petite heure et demie, professionnels du sport, DJ, souverains, entrepreneurs, héros de télé-réalité ou chanteurs, nous ont "très simplement ouvert les portes de leur merveilleuse demeure" et convié à leurs "somptueuses fêtes"...
(Le Monde, éd.  du 24 août 2007)
     
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Vendredi 24 août 2007
La première ONG financière est née
  Pierre Christodoulidis et Jean-Pierre Diserens ont le sourire. Les président et vice-président de la CIFA (Convention of Independent Financial Advisors) sont les premiers financiers à y avoir pensé : s'offrir le statut d'organisation non gouvernementale (ONG). La CIFA obtient ainsi un pouvoir consultatif spécial auprès de la Conférence économique et sociale des Nations unies (Ecosoc) et auprès d'autres agences spécialisées de l'ONU. Ce faisant, l'association genevoise pourra gagner en influence internationale et faire valoir le point de vue des gérants de fortune indépendants du monde entier. En se présentant comme des "techniciens de la finance", ses délégations (à New York, Genève et Vienne) viseront à "co-réguler", étant désormais parties prenantes aux décisions des Etats.

(Le  Monde, 24 août 2007, d'après Le Temps)
    
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Vendredi 24 août 2007
Rétrocontroverse : 1999, l'OTAN devait-elle intervenir au Kosovo ?
  Au printemps 1999, la guerre du Kosovo aura probablement été, pour les intellectuels français, la dernière grande "cause" du XXe siècle. L'occasion d'une de ces controverses qui, périodiquement en France, et avec une virulence inégalée à l'étranger, polarisent le débat public, suscitent dans la presse une avalanche de tribunes et de pétitions, et imposent à chacun de choisir son camp, au risque de brouiller certaines frontières, entre droite et gauche notamment.
Mais faut-il s'indigner avec Max Gallo, que ne "deviennent "grandes causes humanitaires" que celles qui coïncident avec les intérêts des Etats-Unis" ?
(Le Monde, éd. du 21 août 2007)

    
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Jeudi 23 août 2007
Texas : 400e exécution
Une heure. C’est le temps qu’il aura fallu à un jury texan pour reconnaître la culpabilité de Johnny Ray Conner dans l’assassinat de Kathyanna Nguyen, le 17 mai 1998, lors d’un hold-up dans une épicerie de Houston.
Un crime qu’il a toujours nié avoir commis. L’Union européenne, par la voix de sa présidence portugaise, a exprimé ses plus grands regrets quant à la préparation de cette 400e exécution et a renouvelé son appel pour l’arrêt des exécutions aux Etats-Unis. Réponse du gouverneur du Texas, Rick Perry, par son porte-parole Robert Black : “Il y a 230 ans, nos ancêtres ont fait la guerre pour s’affranchir du joug d’un monarche européen et obtenir la liberté de s’autodéterminer. Il y a longtemps que les Texans ont décidé que la peine de mort est un punition juste et adéquate pour les crimes les plus horribles commis à l’encontre nos concitoyens. Bien que nous respections nos amis en Europe, recevions à bras ouverts leur investissement dans notre Etat et apprécions leur intérêt dans nos lois, les Texans sont très heureux de gouverner le Texas.”
(Agoravox,  23 août 2007)
     
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Dimanche 19 août 2007
Les radars piégés par les fausses plaques
En nombre croissant, des automobilistes reçoivent des contraventions qui ne leur sont pas destinées, des contrevenants se servant de fausses plaques d'immatriculation pour échapper aux radars automatiques. Les victimes peinent, bien souvent, à faire reconnaître leurs droits par l'administration.

(Le Monde, éd. du 18 août 2007)
     
publié dans : Revue de presse

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