Ce modeste blog essaie de présenter des publications les plus susceptibles d'éclairer l'actualité, et autant que possible, de suggérer quelques tendances.

En complément, ceux qui le peuvent doivent absolument consulter régulièrement le site
Contre Info, qui fait un travail absolument remarquable de mise en évidence des " infos absentes des prompteurs de JT "  (pub gratuite ! )
.
   


Dimanche 9 décembre 2007

  Un immense cri humaniste face à la dérive mortelle que se permettent des Etats qui osent par ailleurs se présenter comme des modèles d'éthique.

  Une vidéo qu'il faut absolument voir
  Durée env. 8 mn (Daily Motion). En hébreu, sous-titré en Français.

   Yeshayahou Leibowitz, philosophe et écrivain israélien est considéré comme l'un des intellectuels les plus marquants de la société israélienne.  Maître à penser du mouvement des soldats israéliens qui s’opposent au service militaire dans les Territoires Occupés, il est  très attaché depuis toujours à la loi divine, développe avec provocation ses positions vis-à-vis de la loi et de l’autorité en général et vis-à-vis de l’État et du pouvoir en particulier. Son verbe acerbe renvoie chacun à sa responsabilité d’homme et de citoyen.

   

publié dans : Revue de presse

Dimanche 9 décembre 2007

   D'après l'ancien Président de la République Italienne Francesco Cossiga, les services de renseignement savent que le 9-11 est un coup monté de l'intérieur.

  

​​​​   Francesco Cossiga, qui avait révélé l'existence de l'Opération Gladio, a révélé au journal Corriere della Sera que les attentats du 11/9 avaient été dirigés par la CIA et le Mossad, et que ce fait était notoirement connu des services de renseignements mondiaux.

​​​​   Cossiga fut élu Président du Sénat italien en juillet 1983, avant de devenir Président de la République en 1985 en remportant les élections dans un raz-de-marée électoral.​​ Honnête politicien, Cossiga a gagné le respect des partis de l'opposition et il a dirigé le pays pendant sept ans, jusqu'en avril 1992.

   ​​​​La tendance à la franchise de Cossiga a bouleversé l'establishment politique italien, et il a été forcé de démissionner après avoir révélé l'existence, et son rôle dans la mise en place, du réseau Gladio, un réseau paramilitaire qui, sous les auspices de l'OTAN et dans le cadre de la Stratégie de la Tension a effectué des attentats à la bombe en Europe sous fausse bannière dans les années 60, 70, et 80.

  

Extrait de l'article du Corriere de la Sera en italien :

«Da ambienti vicini a Palazzo Chigi, centro nevralgico di direzione dell'intelligence italiana, si fa notare che la non autenticità del video è testimoniata dal fatto che Osama Bin Laden in esso 'confessa' che Al Qaeda sarebbe stato l'autore dell'attentato dell'11 settembre alle due torri in New York, mentre tutti gli ambienti democratici d'America e d'Europa, con in prima linea quelli del centrosinistra italiano, sanno ormai bene che il disastroso attentato è stato pianificato e realizzato dalla Cia americana e dal Mossad con l'aiuto del mondo sionista per mettere sotto accusa i Paesi arabi e per indurre le potenze occidentali ad intervenire sia in Iraq sia in Afghanistan.

En voici une traduction rapide :

​​​​Ben Laden a soi-disant avoué être l'auteur des attentats du 11 septembre contre les deux tours de New York, alors que tous les services de renseignements des États-Unis et d'Europe ... savent bien maintenant que ces attentats désastreux ont été planifiés et réalisés par la CIA étasunienne et le Mossad avec l'aide du monde sioniste, dans le but d'en faire porter le chapeau aux pays arabes afin d'inciter les puissances occidentales à prendre part en Irak ... et en Afghanistan.

   Source originale : Corriere de la Sera : Osama-Berlusconi «Trappola giornalistica» , 30 novembre 2007
   Repris par :  
Prison Planet et Alter Info

   Sur Gladio et la Stratégie de la Tension, lire sur ce blog : Armées secrètes de l'OTAN et terrorisme en Europe

   

publié dans : Revue de presse

Samedi 8 décembre 2007

   Lors des émeutes de l'hiver 2005, Azouz Begag était le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances du gouvernement Villepin. Désormais rallié à François Bayrou, celui qui a grandi dans les bidonvilles lyonnais n'a pas de mots assez durs pour dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy.

   Il s'entretient avec Sylvain Cottin, pour Sud Ouest .

  

   Sud Ouest - Peut-on vraiment comparer les violences de Villiers-le-Bel avec la vague d'émeutes qui avait secoué la France il y a deux ans ?
   Azouz Begag - C'est pire, car nous passons à l'étape supérieure, celle des armes à feu. La guerre est déclarée. Cela fait vingt-cinq ans que le feu couve, mais le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle a jeté des bidons d'essence sur cette poudrière avec sa sémantique guerrière. Les jeunes des banlieues ont très bien compris qu'ils avaient été utilisés comme des appâts au bout du crochet électoral de Nicolas Sarkozy. Tout ça pour racler 5 % de voix au Front national. Et lorsque l'on sème la haine, on récolte la tempête... armée.

   Ainsi, vous redoutez et annoncez même un embrasement généralisé des banlieues ?
   Bien sûr. Depuis 2005, tout le monde savait que ça allait exploser à nouveau. J'ai vraiment peur, nous sommes hélas embarqués dans une histoire qui va considérablement nous rapprocher des grandes villes américaines et de leurs émeutes, comme à Los Angeles où les gens ont fini par s'entretuer. Mais notre gouvernement veut régler le problème de l'inégalité sociale en envoyant des drones survoler les jeunes de banlieue. Moi, je n'ai d'autre solution que d'aller vers eux pour lancer des appels au calme et leur demander de faire confiance à la justice. Sinon c'est la guerre, 10 morts, 20 morts ou 50 morts.

   Les observateurs notent pourtant que la gestion de la crise semble plus apaisée qu'en 2005 ?
   Ah ! ils ont intérêt ! Après les insultes du candidat Sarkozy, plus personne en banlieue ne croit aux valeurs de la France républicaine. Comment voulez-vous alors que les jeunes respectent les pompiers, les policiers et les services publics ? Je ne cautionne pas leurs violences, mais il ne fallait pas s'attendre à autre chose après avoir jeté les immigrés et les fils d'immigrés en pâture pendant la campagne.

   Puisque le fossé entre les politiques et leurs électeurs de banlieue est si profond, la charte de la diversité du ministre Begag n'aura donc été que de la poudre aux yeux ?
   Bien sûr que non, mais dès le quatrième mois je me suis fait blackbouler par Sarkozy après avoir osé m'opposer à lui. Aujourd'hui il y a urgence, il faut relancer l'éducation à la citoyenneté et donner du boulot aux jeunes. On leur répète sans cesse qu'il faut travailler plus pour gagner plus, mais commençons déjà par leur filer du travail.

   Mais quel gouvernement pourrait faire aboutir de tels chantiers en l'espace de quelques jours ?
   J'attends du président qu'il fasse un grand discours dès son retour de Chine. Il n'a pas le choix, c'est déjà le chaos. Ce président qui va voir les marins de Guilvinec mais n'est même plus capable de se rendre en banlieue, ni même d'inaugurer le musée de l'Immigration.

   Ce président qui pourtant a été capable de multiplier par trois le nombre de ministres issus de l'immigration depuis son élection. Fadela Amara s'est d'ailleurs rendue hier à Villiers-le-Bel. N'y a-t-il pas d'abord de la jalousie derrière votre charge si violente ?
   Mais Fadela Amara n'a rien dit hier. Quand j'étais ministre, je suis parti tout seul avec ma 607 rencontrer le maire et les habitants de Clichy-sous-Bois. Pour me faire taper sur les doigts ensuite. Mais quel ministre peut le faire aujourd'hui ? Même pas Fillon, qui risquerait de faire de l'ombre à Sarkozy. Que Fadela Amara prenne sa voiture ou le métro et discute avec les jeunes. Et si ces jeunes ministres et secrétaires d'Etat issus de la diversité ont encore quelques attaches avec leurs quartiers d'origine, qu'ils y retournent !

  

   Source : Sud-Ouest Azouz Begag : « La guerre est déclarée », 28 novembre 2007 
   Propos recuillis par Sylvain Cottin

  

publié dans : Revue de presse

Samedi 8 décembre 2007

   par Jean-Marie Harribey et Pierre Khalfa

   Les dernières semaines, le conflit autour des régimes spéciaux a relancé le débat sur l'avenir des retraites. Présentées au nom de l'équité, les mesures du gouvernement visent à appliquer aux salariés des régimes spéciaux celles prises contre les salariés du privé et contre les fonctionnaires, comme si une injustice pouvait être supprimée en la généralisant.

   [...] Depuis 1994, pour les salariés du secteur privé, ces mesures entraînent, selon le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC), une baisse du pouvoir d'achat de la retraite du régime général de 0,3 % par an et de 0,6 % par an de la retraite complémentaire, celui de la retraite des fonctionnaires baissant de 0,5 % par an. Ces baisses devraient se poursuivre dans le futur et le décrochage par rapport aux salaires s'accentuer. Ainsi, entre 2003 et 2030, le salaire réel moyen devrait progresser de 56 % contre 9 % pour les retraites du secteur privé. Devons-nous considérer ces évolutions comme inévitables face aux évolutions démographiques ?

   Il est indéniable que le nombre de retraités va augmenter de façon importante ces prochaines années. La question préalable, que le gouvernement se garde bien de poser, est la suivante : s'il doit y avoir plus de retraités, ce que personne ne conteste, faut-il, oui ou non, leur consacrer une part plus importante du revenu national ?

   [...] Pour couvrir cette évolution, il faudrait, toujours selon le même rapport, dans le pire des cas, une augmentation de 15 points du taux de cotisation à l'horizon 2040, soit 0,37 point par an. Il est difficile de croire qu'une telle augmentation pourrait mettre toute l'économie à terre. De plus, comme le note le rapport de janvier 2007 du COR, qui s'appuie sur les dernières projections de l'Insee, les perspectives démographiques se sont notablement améliorées depuis les précédentes estimations. Les besoins de financement en seront donc diminués d'autant. On le voit, le catastrophisme n'est pas de rigueur.

   [...] Une vision catastrophique est d'autant moins fondée qu'un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la richesse créée dans les entreprises, est tout à fait envisageable. Il n'est pas acceptable de considérer comme pérenne la baisse très importante de la part des salaires ayant eu lieu ces dernières années (près de huit points), alors que, dans le même temps, la productivité du travail a continué de croître fortement (plus de 50 % en vingt ans).

   [...] On le voit, des solutions existent, mais le gouvernement refuse même de les envisager. Ne restent plus alors que des mesures hypocrites et dangereuses, comme l'augmentation de la durée de cotisation. Hypocrite, car, au vu de l'état du marché du travail, il sera de plus en plus difficile de cumuler les annuités requises pour avoir une pension à taux plein. Les entreprises se débarrassent de leurs salariés bien avant 60 ans (6 salariés sur 10 sont hors emploi au moment de liquider leur retraite), les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières discontinues et n'arrivent déjà pas à réunir le nombre d'annuités demandé. L'augmentation de la durée de cotisation se traduira donc en pratique par une retraite réduite pour le plus grand nombre. Seuls ceux qui en auront les moyens pourront, à leurs risques et périls, se tourner, avec des assurances privées, vers la capitalisation, augmentant ainsi l'iniquité au lieu de la réduire.

   [...] La lutte des salariés des régimes spéciaux renvoie à des problèmes fondamentaux. Ils refusent la perspective d'un alignement sans fin vers le bas de la protection sociale. Butte témoin d'une époque où le mot réforme était synonyme de progrès social, ils sont voués à la vindicte et à la hargne de ceux qui considèrent que hors du CAC 40, point de salut. [...]

   Jean-Marie Harribey est coprésident d'Attac.
   Pierre Khalfa est secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires.

  

   Source (extrait de) : Le Monde : Retraites : halte au catastrophisme !
   Edition du 8 décembre 2007

  

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Vendredi 7 décembre 2007

   Les interprétations concernant la genèse, le but et les circonstances de la rédaction et de la publication de la NIE 2007 deviennent désormais un domaine considérable de l’analyse politique. Une réflexion rapide sur ce sujet est celle de Jim Lobe, en date du 5 décembre. Lobe, journaliste indépendant adversaire farouche des extrémistes type-neocon et le reste, est particulièrement partisan de l’aile “réaliste” de l’establishment US, qui s’est notamment signalée il y a un an par le rapport Baker-Hamilton sur l’Irak.

   Lobe estime que la NIE 2007 est fortement inspirée par les “réalistes” du groupe Baker-Hamilton, auquel il ajoute Zbigniew Brzezinski, dont la position s'est marquée récemment par un activisme anti-Bush très radical. A l’appui de cette thèse, Lobe cite des correspondances de texte avec la NIE 2007, qui concerne l’évaluation de la position iranienne. En effet, Lobe juge comme très remarquable dans la NIE 2007 le fait que la direction iranienne soit considérée non plus à la lumière idéologique des extrémistes US (un gouvernement irrationnel fait d’extrémistes prêts à tout, – ce qui est en fait la description de ceux-là même qui professent ce jugement sur les Iraniens) mais comme un ensemble rationnel, capable d’entendre raison et de mener une politique calculée et mesurée ; c’est-à-dire, un gouvernement avec lequel on peut, et même l’on doit négocier. L’une des critiques implicites de l’administration est que les agences de renseignement [américaines] semblent juger l’Iran comme un état rationnel, et non pas "l’état-voyou” tel que représenté par GW Bush depuis son discours sur “l’axe du mal” de janvier 2002, – bref, le reproche est celui de ne pas adhérer aux phantasmes de la direction américaniste.

     

   Source (extrait de) : de defensa : NIE 2007, ou la revanche des “réalistes”, 6 décembre 2007

  

publié dans : Revue de presse

Vendredi 7 décembre 2007

   Le Monde, dans son édition du 6 décembre donne une traduction des principaux extraits du rapport NIE (National Intelligence Estimate) sur l'état du programme nucléaire iranien. Ce rapport est une évaluation issue de la communauté du renseignement américain (16 agences de renseignement).

Rapport original : Iran: Nuclear Intentions and Capabilities

Extraits de la traduction du Monde :

" Nous estimons avec un haut degré de certitude que Téhéran a interrompu son programme d'armement nucléaire à l'automne 2003 ; nous estimons également, avec un degré de certitude moyen à haut, que Téhéran continue à laisser au moins ouverte l'option visant à développer des armes nucléaires. Nous estimons avec un haut niveau de certitude que l'annonce par Téhéran de sa décision de suspendre son programme déclaré d'enrichissement de l'uranium et de signer le protocole additionnel à l'accord sur les garanties du traité de non-prolifération auquel il a souscrit a été avant tout la conséquence de la surveillance et des pressions internationales croissantes découlant de la mise au jour des activités nucléaires que l'Iran n'avait jusque-là pas déclarées."

"Nous pensons avec certitude que jusqu'à l'automne 2003, des entités militaires iraniennes travaillaient sous contrôle gouvernemental au développement d'armes nucléaires."

"Nous estimons avec un niveau modéré de certitude qu'à la mi-2007, Téhéran n'avait pas relancé son programme d'armement nucléaire. "

"Nous continuons à estimer avec un degré moyen à haut de certitude qu'à l'heure actuelle, l'Iran ne possède pas d'arme nucléaire."

"La décision de Téhéran de stopper son programme d'armement nucléaire indique qu'il est moins déterminé à développer des armes nucléaires que nous l'avons estimé depuis 2005."

"Nous estimons avec un degré moyen de certitude que la fin de l'année 2009 est la date la plus rapprochée à laquelle l'Iran serait techniquement capable de produire suffisamment d'uranium hautement enrichi pour pouvoir développer une arme nucléaire, mais que cette éventualité est très improbable."

"L'ensemble des agences admet la possibilité que cette capacité puisse n'être atteinte qu'au-delà de 2015."

"Notre estimation selon laquelle l'Iran a interrompu son programme en 2003 pour répondre avant tout à la pression internationale indique que les décisions de Téhéran sont régies par une approche coût-avantage plutôt que par une volonté d'obtenir le plus vite possible l'arme nucléaire quels qu'en soient les coûts politique, économique et militaire. Ce qui, en retour, suggère qu'une combinaison de menaces d'une surveillance et de pressions internationales accrues, alliées à des opportunités offertes à l'Iran d'assurer sa sécurité et son prestige, et d'atteindre ses objectifs d'influence régionale par d'autres moyens, pourrait - à condition que les responsables iraniens la perçoivent comme crédible - inciter Téhéran à prolonger l'interruption actuelle de son programme d'armes nucléaires. Il est difficile de préciser ce que pourrait être une telle combinaison."

"Nous estimons avec un degré modéré de certitude qu'il sera difficile de convaincre les dirigeants iraniens à renoncer à un éventuel développement d'armes nucléaires étant donné le lien que beaucoup, au sein de la direction iranienne, voient probablement entre le développement d'armes nucléaires et les objectifs essentiels de l'Iran en matière de sécurité nationale et de politique étrangère, et vu les efforts considérables consentis par l'Iran pour développer de telles armes depuis au moins la fin des années 1980 jusqu'à 2003. Selon notre jugement, seule une décision politique iranienne de renoncer à la possession d'armes nucléaires pourrait de façon plausible empêcher l'Iran de produire à terme des armes nucléaires - et une telle décision serait, par nature, réversible."

"Nous estimons avec un haut degré de certitude que l'Iran ne sera pas techniquement en mesure de produire et de retraiter suffisamment de plutonium pour fabriquer une arme nucléaire avant 2015 environ."

  

   Source : Le Monde : Nucléaire : intentions et possibilités de l'Iran
   Edition du 6 décembre 2007

  

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Vendredi 7 décembre 2007

Texte intégral :

Collectif des Jeunes de Sarcelles et Villiers-le-bel
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Quand en Corse cela explose quasiment chaque soir et que des gendarmeries sont mitraillés régulièrement, vous n'osez pas parler de voyoucratie.

Quand, des dizaines d'hommes et de femmes encagoulés et équipés d'armes de guerre, défient l'Etat tout entier, vous vous gardez bien de faire le moindre commentaire, et mieux encore, vous négociez avec eux.

Quand les marins-pecheurs brûlent dans leur région des bateaux et des pneus, quand les pompiers chargent les CRS pendant une manifestation, quand les chasseurs saccagent un ministère de la République, il n'est question ni de voyou, ni de bande, ni d'intégration.

Nous avons condamné sans ambiguïté l'usage de la violence sur les personnes comme sur les biens.

OUI nous avons voulu, au-delà de la douleur des familles et de la perte tragique des enfants, faire entendre nos voix une fois de plus pour vous alarmer sur les conditions de vie dans nos quartiers.

Et comment faire autrement ? Puisque les promesses électorales et les centaines de forums qui ont suivi la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-bois n'auront même pas suffit à vous faire bouger.

Mais s'il vous est toujours plus commode de vouloir monter nos concitoyens entre eux en nous faisant passer pour les sauvageons de la République, sachez que vous prenez le risque de jeter le discrédit sur tous les habitants de ces quartiers et de renforcer par vos déclarations les discriminations dont nous sommes victimes.
Les voyous monsieur le Président, sont celles et ceux qui ont géré les banlieues avec le succès que l'on constate.
Les voyous, monsieur le président, sont celles et ceux qui ont toujours refusé de nous considérer comme des enfants de France, de faire venir dans nos quartiers les meilleurs professeurs, de mettre plus de policiers dans nos villes qu'à Paris.

Puisque le durcissement des peines est à la mode, nous vous suggérons de vous pencher sur les entreprises, les bailleurs ou les partis politiques qui ne respectent pas le principe d'égalité de notre République.

Quant à nous, nous assumerons désormais nos choix en construisant nous même l'avenir de nos quartiers sans plus rien attendre de plans de banlieues jusque là tous imaginaires.

  

   Source : Le Figaro, avec AFP Villiers-le-Bel : Lettre de jeunes à Sarkozy 
   Publié le 6 décembre 2007

      

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Jeudi 6 décembre 2007
   Lors d’une table ronde en 2005, l’économiste Jean Luc Gréau analysait les mécanisme de la mondialisation et mettait en évidence le risque inhérent à la pression incessante exercée sur les salaires : les travailleurs des pays développés n’ont plus les revenus nécessaires pour fournir un débouché aux biens produits. Dans cette atmosphère raréfiée, les économies ne tournent que grace au crédit. Gréau prévoyait alors que ces déséquilibres ne pourraient se perpétuer indéfiniment et que l’économie de la dette finirait par entrer en récession...

  

   Lire la suite sur Contre Info : Jean Luc Gréau : « On substitue des emplois à bas prix à des emplois relativement bien payés », 6 décembre 2007

  

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Jeudi 6 décembre 2007
   Il s’est joué une drôle de pièce transatlantique ces derniers jours. Mercredi 28 novembre, les autorités américanistes (Bush, Cheney, Rice, Gates) étaient mises au courant du contenu de la NIE 2007. Vendredi 30 novembre, Solana rencontrait les négociateurs iraniens. «La séance fut particulièrement dure, rapporte une source européenne. Solana s’est montré très ferme, parlant hautement de ce programme du nucléaire militaire que développaient les Iraniens, les Iraniens ripostaient. Une séance vraiment très dure.»

   Lundi 3 décembre… Tiens, oui, lundi 3 décembre: la presse est pleine des détails de la NIE 2007. Le cabinet Solana, l’équipe Solana, Solana lui-même sautent au plafond! Ils découvrent qu’il n’y a pas, selon les 16 agences de renseignement US réunies, de programme nucléaire militaire iranien alors qu’ils s’étripaient trois jours avant avec les Iraniens à cause du programme nucléaire militaire des Iraniens. Personne, absolument personne du côté US n’avait informé l’équipe Solana, alors que la rencontre du 30 novembre, remise à plusieurs reprises, était connue de tous, Washington compris, et perçue comme particulièrement cruciale.

   «Du côté de chez Solana, on ne décolère pas, poursuit notre source. Toute la campagne actuelle dans la crise iranienne est fondée sur une solidarité sans faille, une information constante entre alliés, notamment et expressément voulus par les Américains. Et ils n’informent pas le négociateur européen d’un truc pareil, venu de chez eux, pour une rencontre cruciale!»

   

   Source : de defensa : Iran nucléaire ou pas, NIE 2007 et unité transatlantique, – et fureur de Solana au bout du compte

  

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Mardi 4 décembre 2007

   Formons un vœu : que le débat national sur les retraites de 2008 prenne de la hauteur et aille au-delà de la stigmatisation de quelques catégories particulières. D’abord parce que la nécessaire normalisation des régimes spéciaux ne couvrira qu’une part infime des problèmes de financement. Surtout parce que l’on ne garantira pas l’avenir des retraites sans remise à plat générale d’un système devenu illisible. Quelles sont les justifications profondes de la retraite par répartition ? D’une part, les marchés financiers et immobiliers sont incapables de transférer une épargne garantie sur plusieurs dizaines d’années. D’autre part, certains actifs risqueraient de ne pas épargner suffisamment pour leurs vieux jours.

   Autrement dit, la retraite par répartition est un système d’épargne forcée garantie par l’Etat, et ne doit pas chercher à faire autre chose. Son objectif n’est pas de redistribuer des riches vers les pauvres ou de compenser la faiblesse des salaires de certains salariés ou la dureté de leurs conditions de travail. [...]

  

   Source : Libération : Retraites : bienvenue en 2008 ! 
   Auteur : Thomas Piketty, directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

  

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Mardi 4 décembre 2007

   Dans quel camp est la déception après la victoire du non à la réforme constitutionnelle préconisée par Hugo Chavez ? Avec près de 51% des voix et 4,5 millions de voix, l’opposition vénézuelienne profite à la fois de la démobilisation des Chavistes qui étaient sur le pont depuis neuf ans et d’une stratégie légaliste impulsée par Teodoro Pettkoff, ancien ministre du gouvernement de droite de Rafaël Caldera.

   A l’extérieur du pays, un certain nombre de détracteurs du président Chavez doivent pourtant être embarrassés. Leur schéma de pensée les avait incités à présenter ce référendum comme "joué d’avance" et comme une étape dans la "dérive totalitaire" du "dictateur populiste". A-t-on déjà vu un dictateur perdre une élection à 300000 voix ? A ce compte, beaucoup de pays aimeraient avoir un dictateur comme Hugo Chavez !

   [...] Hugo Chavez a perdu le référendum, c’est indéniable et, au fond, ce n’est pas grave pour lui ni pour son pays. Mais ses détracteurs du Nord sont eux-mêmes embarrassés. Une gauche radicale de gouvernement au pouvoir, ce n’est pas forcément la dictature! Cette démonstration électorale gêne ceux qui professent une inébranlable foi dans une vision néoconservatrice du monde.

Les "néocons" ont en effet des airs de Savonarole déconfit. Pour eux, il ne peut y avoir de soutien critique à Chavez puisque, par amalgames, ils n’hésitent pas à le comparer à Ahmadinejad (au motif que des accords industriels ont été signés entre l’Iran et le Vénézuela), expliquant ainsi que Chavez est antisémite (donc nazi). Ce faisant, quelqu’un qui manifeste son soutien à la Gauche vénézuelienne ou qui critique l’hyper-puissance américaine devient un nazi qui s’assume plus ou moins…

Cette vision manichéenne du monde, professée par d’anciens gauchistes passés à droite (André Glucksmann en France notamment) dont la violence verbale laisse pantois, doit faire place à l’analyse et à la critique. Analyse de l’évolution de l’Amérique latine, cet "extrême-Occident" qui vit joyeusement et crânement sa nouvelle insoumission au Nord. Critique du rapport malsain et de l’inconscient colonial que nous entretenons toujours ici, en Europe, avec le Sud… Le temps des colonies est fini. Au Sud, tout le monde le sait. Au Nord, on feint encore de l’ignorer…

  

   Source : Rue89 : Hugo Chavez : la paradoxale défaite des néoconservateurs
   Auteur :  Gaël Brustier, chercheur en sciences politiques. 04.12.2007

  

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Mardi 4 décembre 2007

   Les députés s'apprêtent à examiner nuitamment, mardi 4 décembre, le projet de loi autorisant la ratification de l'ordonnance du 12 mars 2007 sur le code du travail. Cette appellation rébarbative désigne l'opération de "simplification" du code du travail engagée début 2005 par Gérard Larcher, alors ministre du travail. Dans un but, réclamé par tous : rendre le code du travail plus lisible et, par conséquent, plus facilement utilisable.

   Le principe de la "recodification" étant admis, restait à en encadrer la finalité : la recodification devait s'opérer "à droit constant", sans que les droits des salariés soient amoindris. A la veille de l'examen du texte à l'Assemblée nationale, alors que les sénateurs l'ont déjà adopté le 26 septembre sans que cela soulève le moindre remous, les députés PS, PCF et Verts, des représentants des syndicats de l'inspection du travail et du Syndicat de la magistrature ont exprimé leurs inquiétudes lors d'une conférence de presse commune.

   Dénonçant "les oublis, les réécritures et les substitutions", Gérard Filoche, membre du conseil national du PS, a estimé que "toute une série de portes sont ainsi ouvertes à une réinterprétation des droits des salariés". Martine Billard (Verts, Paris) a ainsi noté que "le travail du dimanche sera désormais subordonné aux besoins du public".

   La nouvelle version du code du travail, qui se substitue à celui de 1973, a été subdivisée en 3 600 articles - le double de l'ancien code - dont l'implantation suggère une nouvelle hiérarchie : les dispositions sur l'action en justice des syndicats ou celles sur le licenciement économique relèvent dorénavant de la partie "relations individuelles". Plusieurs catégories de salariés sont "sorties" du code général. Plus de 500 articles législatifs ont été déclassifiés en dispositions réglementaires, relevant de la publication de décrets ultérieurs.

   "Plusieurs mois, voire plusieurs années, seront nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets", admet Christophe Radé, un des experts ayant participé à ce travail de réécriture. Ce qui ne rassure personne.

  

   Source : Le Monde : La gauche craint que la simplification du code du travail ne nuise aux salariés
   Auteur : Patrick Roger. Article paru dans l'édition du 05.12.07

   Ecouter Gérard Filoche, inspecteur du travail et membre du conseil national du PS, conteste la légitimité de cette ordonnance (audio d'environ 1 mn . Le Monde). Transcription :

   C'est le droit intime, quotidien de 16 millions de salariés du privé qui est en cause. Il y a des petits droits qui ont été enlevés, comme par exemple le fait que les femmes pouvaient disposer d'une heure pour allaiter leur enfant, à prendre en deux fois une demi-heure ou une heure, pendant un an payée par l'employeur. C'est sauté. Vous vous rendez compte ? Ce sont des choses à la fois toutes petites, donc pas spectaculaires, mais qui additonnées vont faire des millions d'heures de travail, et des droits gagnés par les salariés pendant des décennies qui vont être d'un seul coup reniés. On donne même pas aux députés les moyens de le savoir. Ils ont reçu d'un seul coup 663 pages d'ordonnances, et il faut qu'ils tranchent en trois heures. Ce n'est pas comme d'habitude une procédure parlementaire, ou il y a une navette entre le Sénat, le parlement, etc. Pas du tout. C'est une ratification d'ordonnance, et en trois heures, il faut qu'ils tranchent 663 articles sans avoir eu le temps  de les lire, d'en discutter et sans qu'il y ait eu concertation avec les syndicats, syndicats qui ont tous pris position contre, en leur temps. Il n'y a même pas de débat public dans le pays ! Je ne sais même pas comment dans une République démocratique, comme la notre, cela peut se faire.

  

   Article précédent : Ecrasement du code du travail

  

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Samedi 1 décembre 2007

   L'Europe considère le respect des droits de l'homme comme l'une de ses valeurs fondamentales. Tout pays candidat doit prouver qu'il partage cette exigence. "Les droits de l'homme font partie de l'identité européenne", a affirmé, après d'autres, Nicolas Sarkozy dans son discours devant le Parlement européen, le 13 novembre. Dès 1950, le Conseil de l'Europe, la première institution pan-européenne, adoptait la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, avant de créer, en 1959, la Cour européenne des droits de l'homme, chargée d'en sanctionner la violation. Celle-ci est devenue, au fil des années, l'une des garantes de l'engagement européen.

   Les Etats européens sont-ils toujours à la hauteur de leur ambition ? Rien n'est moins sûr. Le Conseil de l'Europe vient précisément de leur adresser un sévère avertissement, par la voix de son commissaire aux droits de l'homme, Thomas Hammarberg.

   [...] M. Hammarberg a exprimé sa déception face aux défaillances de l'Union européenne dans le domaine des droits de l'homme. Ces manquements, dit-il, nuisent à son image à l'extérieur. "Lorsque nous montrons du doigt les problèmes qui se posent dans les autres régions du monde, notre crédibilité dépend bien évidemment de la manière dont les droits de l'homme sont respectés à l'intérieur de nos frontières", explique-t-il, en soulignant que " "la politique du deux poids deux mesures" est perçue à juste titre comme une forme d'hypocrisie". [...]

  

   Lire l'article sur le Monde : Droits de l'homme : les Etats en accusation, par Thomas Ferenczi
   Article paru dans l'édition du 30 novembre2007

   

publié dans : Revue de presse

Vendredi 30 novembre 2007

Un blog québecois présente un mémo qui semble provenir de la CIA :

"Un mémo de la CIA révèle les dessous des activités menées au Venezuela par les forces d’opposition internes et externes pour contrer le référendum sur la réforme constitutionnelle, prévu pour le 2 décembre 2007, et pour renverser le gouvernement élu du Président Hugo Chavez. Ce mémo, rédigé le 20 novembre 2007, par le responsable de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Venezuela, Michael Middleton Steere, a pour destinataire le Directeur général de l’Agence à Washington, Michael Hayden. Bien que hautement confidentiel, ce mémo s’est retrouvé entre les mains de personnes qui ont jugé bon d’en faire la diffusion la plus large possible."

  

  Source : http://humanisme.over-blog.com/article-14201857.html
  d'après http://www.aporrea.org/tiburon/n105390.html

  

Complément du 1er décembre 2007

   Le 26 Novembre le gouvernement vénézuélien a rendu publique une note confidentielle de l'ambassade des USA à la CIA, qui révèle de manière dévastatrice les opérations clandestines des USA et qui aura une influence sur le référendum de ce dimanche 2 décembre 2007.

   Lire : Opération Tenaille : Venezuela, Jour J – le référendum constitutionnel du 2 décembre : socialisme démocratique ou contre-révolution impériale. (source : Tlaxcala)

   L'auteur de cet article est le sociologue américain James Petras, professeur émérite de sociologie à la State University of New York, Binghamton, et à la Saint Mary's University à Halifax. il a publié de plus de soixante ouvrages d'économie politique.  Ouvrage en français : La Face cachée de la mondialisation : L'Impérialisme au XXIe siècle, avec Henry Veltmeyer, éditions Parangon, 2002

    

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Vendredi 30 novembre 2007

Par Paul Krugman, 23 novembre 2007 (The New York Times)

   « Qu’ont-ils fumé ? » c’est la question qui est posée en couverture du dernier magazine Fortune, accompagnée de photos de dirigeants de grandes banques récemment remerciés, et du montant de leurs énormes pertes.

   La réponse est, bien sûr, qu'ils étaient sous l’emprise de leur drogue habituelle : l'avidité. Ils ont tous pris des décisions socialement destructrices, encouragés qu’ils étaient par un système de régulation déficient, qui aurait dû être réformé dès les scandales d'Enron et de WorldCom, mais qui ne le fut jamais.

   En fait, l’effondrement de Wall Street provient directement du grand plongeon de l’immobilier.

   Ce plongeon était prévisible et avait été prévu. J'avais écrit dès le mois d’août 2005 « Les américains se logent dans des maisons payées avec de l'argent emprunté aux Chinois. Cela n’est pas viable à terme ».

   Alors que les alertes se succédaient, Wall Street a continué d’entasser des titres hypothécaires douteux. La plupart des investissements fautifs qui secouent aujourd’hui le monde financier semblent avoir été fait dans la frénésie finale de la bulle immobilière, ou même après que la bulle ait commencé à se dégonfler.

   Selon Fortune, Merrill Lynch a effectué ses plus gros achats de créances douteuses au cours de la première moitié de cette année, après que la crise des subprimes ait déjà été connue du public.

   Maintenant que la facture arrive, tout le monde va devoir payer — sauf ceux qui sont responsables.

   Pourtant les pertes subies par les actionnaires de Merrill Lynch, Citigroup, Bear Stearns et autres ne sont pas les pires. En termes humains, bien plus importantes sont les centaines de milliers, peut-être les millions de familles américaines piégées dans des affaires d'hypothèque qu’elles n'ont pas comprises, et qui doivent maintenant faire face aux augmentations vertigineuses de leurs traites, avec dans beaucoup de cas, la perte de leurs maisons.

   Il y a aussi les dommages collatéraux infligés à l'économie.

   Certains soutiennent qu’en fait, le fiasco des subprimes n'est pas une grosse affaire. Il est vrai que même si les chiffres augmentent de jour en jour — certains observateurs parlent maintenant d’environ 400 milliard de dollars de pertes — ces pertes restent petites par rapport à la valeur totale de biens.

   Mais ces mauvais investissements immobiliers paralysent des institutions financières qui jouent un rôle crucial dans fourniture de crédit, en asséchant une bonne partie de leur capital. Dans un récent rapport, Goldman Sachs indique que les pertes liées à l’immobilier pourraient forcer des banques et les autres acteurs à refuser 2000 milliards de dollars de prêts. C’est suffisant pour déclencher une violente récession, s'il cela se produit rapidement.

   Au delà de tout cela, cela provoque une profonde crise de confiance, qui vient comme du sable dans les engrenages du système financier. Cette crise de confiance est clairement visible : il y a une répartition sans précédent entre les investisseurs qui acceptent des rendements très bas et qui sont prêts à acheter des obligations de l’Etat américain encore considérée comme sûres, et ceux qui recherchent des taux beaucoup plus élevés et auxquels les banques acceptent de consentir des prêts.

   Comment les choses ont-elles pu se dégrader autant ?

   Une partie de la réponse est que ceux qui auraient dû être attentifs aux dangers, et prendre toutes les précautions, se sont comportés comme des américains moyens, optimistes et certains que tout était beau. Ils ont encouragé beaucoup trop de monde à prendre des hypothèques risquées. Oui, Alan Greenspan, c’est de vous qu’il s’agit.

   Une autre partie de la réponse est l’impunité dont ont bénéficié les hommes qui sont sur la couverture de Fortune. Aucun n’a été forcé de rendre les énormes chèques qu’ils ont reçu avant que la sottise de leurs décisions soit devenue apparente.

   Il y a environ 25 ans, les monde américain des affaires — et le système politique américain — a accepté l'idée que l’avidité était une bonne chose. Les dirigeants se sont vus généreusement récompensés lorsque les compagnies qui les employaient semblaient réussir : l'année dernière les directeurs généraux de Merrill Lynch et de Citigroup ont été payés 48 millions de dollars et 25,6 millions de dollars, respectivement.

   Certes, après n’avoir été qu’illusion, les succès se tarissent, mais certains parviennent encore à sauver leur mise : les acteurs les mieux placés gagnent, nous autres, le tout venant, nous perdons.

   L’injustice est choquante ; pire, on encourage les mauvaises prises de risque, et parfois la fraude. Un dirigeant qui arrive à créer l'illusion du succès pendant quelques années peut s’en aller immensément riche. La révélation que les apparences étaient trompeuses sera le problème de quelqu’un d’autre.

   Tout cela est bien connu, et il faut que cela le soit. Ce sont les énormes salaires reçus par les dirigeants qui truquaient les comptes de leur entreprise qui ont abouti aux grands scandales d’il y a quelques années. Pour ce qui concerne la crise actuelle, si rien n’indique qu’il y a eu fraudes, la confiance du public a néanmoins été de nouveau trahie.

   L’important est de bien voir que la crise des subprimes et l’effondrement du crédit est le résultat de notre échec à réformer efficacement le gouvernement d'entreprise après les derniers scandales.

   John Edwards qui a récemment sorti un projet de réforme n’a pas bénéficié de beaucoup d'attention. Le gouvernement d'entreprise n'est toujours pas considéré comme un problème politique majeur, alors qu’il devrait l’être.

   Paul Krugman est Professeur d’Economie à l’Université de Princeton et éditorialiste au New York Times. Son dernier livre s’intitule “ The Conscience of a Liberal”.

  

   Source : The New York Times, Auteur : Paul Krugman, traduction Opus Incertum
   Repéré par Contre Info

   

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Mercredi 28 novembre 2007

   La mère de toutes les batailles sociales étant le combat contre les inégalités, notre défaite collective dans cette lutte résume toutes les autres. La dernière livraison des Perspectives de l'économie mondiale du Fonds monétaire international (FMI) établit sans conteste que la croissance des inégalités intranationales, quel que soit le niveau de développement des pays du monde, fut dans les dernières décennies un phénomène universel, à quelques rares exceptions près. Les causes sont connues depuis longtemps : la globalisation commerciale, la globalisation financière et le progrès technique. Sans surprise, l'étude du FMI conclut que c'est essentiellement le troisième facteur qui explique l'ampleur du phénomène, alors que l'effet des deux premiers se compense partiellement. [...] 

   Mais l'accroissement quasi universel des inégalités n'est ni contesté ni contestable. La question dès lors est de savoir quelles en sont les conséquences. Dans un monde ahistorique, où la diversité des conditions initiales des individus n'emporte aucun effet, où le passé ne détermine ni le présent ni l'avenir, les inégalités sont un puissant moteur du progrès économique et social. C'est le monde parfait de la théorie des marchés où les inégalités du présent n'empêchent en rien l'égalité des destins.

   [... Dans] notre monde tel qu'il est, où il existe des obstacles à l'éducation, à la formation et à l'investissement personnel, en raison notamment du rationnement du crédit. Le passé et donc les conditions initiales de chacun retrouvent alors toute leur importance. La mobilité sociale est freinée, voire empêchée, en raison même de l'incommensurabilité du capital social, culturel, financier et patrimonial dont héritent les individus. Les opportunités que créent les nouvelles inégalités ne peuvent alors être saisies que par ceux qui bénéficient de conditions déjà favorables.

   [...] Lorsque l'espoir de mobilité sociale est vain, le goût du travail devient amer. Si en plusieurs pays européens, les parents craignent que leurs enfants connaissent un sort moins enviable que le leur, c'est qu'ils ont révisé à la baisse leurs anticipations de progrès social. Les inégalités d'aujourd'hui aggravent alors les inégalités de destin, en un mouvement cumulatif insoutenable socialement.

   [...] Dans le contexte d'une société bloquée, la croissance des inégalités perd donc l'essentiel de sa justification, puisqu'elle n'est plus le moteur de la mobilité sociale ascendante. [...] Il pourrait en résulter une distance, un abîme si grand entre catégories sociales que la société deviendrait encore moins dynamique, encore plus fragmentée.

   Je serai le dernier à me plaindre du discours récurrent, consensuel, en faveur de l'investissement dans l'éducation et notamment dans l'enseignement supérieur et la recherche. Le consensus naît de ce qu'un tel investissement serait des plus favorables à la croissance. De cela je suis moins sûr, sauf s'il était accompagné des mesures nécessaires à remettre en marche la mobilité sociale ascendante, c'est-à-dire une dynamique de progrès social. Si tel était le cas, la promesse d'une égalité de destin serait son plus grand bénéfice.

  

   Article complet sur Le Monde : Inégalités : l'horizon de faible espérance, par Jean-Paul Fitoussi
   Jean-Paul Fitoussi pour "Le Monde", éd. du 28 novembre 2007

  

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Mercredi 28 novembre 2007

    Gamil Mattar, directeur du Centre arabe pour le Développement la Recherche et la Prospective, constate que l’Europe, persistant à subordonner ses intérêts à ceux des USA, subit le contrecoup des erreurs politiques de Washington, et voit son influence décliner. Il en appelle à une Europe réellement indépendante politiquement et militairement, capable de promouvoir ses valeurs et de devenir un nouveau pôle de la sécurité collective.

  

   Lire sur Contre info : Opinion : L’ère du déclin occidental
   D'après un publication originale d' Al-Ahram, 22 novembre 2007

   

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Mercredi 28 novembre 2007

   « Je ne pense pas que la stratégie de Petraeus lui permettra de quitter l’Irak en vainqueur. » 
Le spécialiste de l’Irak Pierre Jean Luizard analyse les résultats du surge.

Les dernières statistiques avancées par l’armée américaine sont encourageantes. Quelle est votre analyse ?

On peut en effet parler d’une accalmie depuis septembre, depuis que la nouvelle politique américaine envers les sunnites a pris effet sur le terrain. L’armement des anciens insurgés, à condition qu’ils se retournent contre Al-Qaida, a apaisé les zones sunnites. Quant aux territoires chiites, ils sont beaucoup moins touchés par la violence depuis que l’Armée du Mehdi a gelé ses activités. La capitale semble également plus calme, car le nettoyage confessionnel est terminé ; chaque communauté est retirée dans son quartier et protégée par des murs de béton. Cela dit, on découvre encore une dizaine de corps mutilés chaque jour à Bagdad. Les chiffres avancés par les Américains sont très exagérés. [...]

   
   Lire l'article sur Contre Info :
Irak : une baisse de la violence en trompe-l’oeil
   d'après Le Temps 

  

   Sur la stratégie américaine en Irak après le surge, lire aussi sur de defensa : "The warlords of Washington..."

    

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Mercredi 28 novembre 2007

   Des hommes armés ont tué 11 membres de la famille d'un journaliste irakien anti-américain dans le nord-est de Bagdad, a-t-on appris lundi du site web Shabeqat Akhbar al-Iraq.

   "Cinq hommes armés non identifiés, à bord de plusieurs véhicules 4X4, ont attaqué dimanche à 07h30 heures locales (04h30  GMT) la maison de deux soeurs de Diaa al-Kawwaz, dans le quartier d'al-Sahhab, tuant ses deux soeurs, leurs maris et leurs sept  enfants", a précisé le site web.

   Vivant en Allemagne depuis 20 ans, Diaa al-Kawwaz est le  rédacteur en chef de Shabeqat Akhbar al-Iraq (Réseau  d'informations sur l'Irak), basé dans ce pays européen.

   Le site web, connu pour son opposition à l'occupation américaine en Irak, a également fait savoir que les assaillants  ont mis le feu à la maison après avoir commis leur crime et s'être enfuis des lieux.

   Selon le site web, l'incident s'est produit malgré la présence  des policiers qui n'ont pas réagi.

   Les journalistes sont fréquemment attaqués par des hommes armés en Irak, où quelque 236 professionnels des médias irakiens ont été tués depuis l'invasion américaine en 2003, selon un décompte établi par le Syndicat des journalistes irakiens, basé à Bagdad.

   L'organisation Reporters sans frontières (RSF) basée à Paris, a décrit le danger auquel font face les journalistes en Irak depuis  la guerre irakienne, comme le plus grand pour les médias depuis la Seconde guerre mondiale.

  

   Source : Xinhua, Bagdad, 26 novembre 2007 :  Des hommes armés tuent 11 membres de la famille d'un journaliste irakien

   

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Dimanche 25 novembre 2007

WASHINGTON (AFP) — Le poulet "à la javel" d'origine américaine va-t-il bientôt arriver dans les assiettes européennes? Les autorités de Bruxelles se sont engagées vendredi à trancher l'an prochain cette question qui empoisonne les relations commerciales entre les deux blocs.

   "Avant le prochain sommet USA-UE et après avoir reçu un avis scientifique, la Commission va prendre des mesures pour résoudre définitivement le vieux différend sur les importations dans l'UE de poulets américains ayant subi un traitement de réduction des substance pathogènes", a indiqué le Conseil économique transatlantique, à l'issue de sa première réunion.

   Après l'abattage, les poulets américains sont désinfectés par un bain dans une solution à base de chlore. Cette pratique révulse les pays du sud de l'Europe, dont la France, mais certains pays du nord pourraient s'y rallier au motif qu'elle garantit une plus grande sécurité aux consommateurs.

   L'insertion dans le communiqué du Conseil que la décision de Bruxelles s'effectuera après avis scientifique est une victoire pour la partie américaine, dans la mesure où le traitement au chlore garantit sans contestation que les poulets sont effectivement libres de tous germes.

   Ce très vieux contentieux entre les deux blocs a été placé récemment "sur le dessus de la pile des récriminations américaines envers les Européens", souligne-t-on de source diplomatique européenne. Et certains responsables communautaires semblent prêts à faire des concessions sur ce sujet pour favoriser un accord dans les négociations commerciales du cycle de Doha.

   Le Conseil économique transatlantique, mis en place en avril 2007, est une structure qui ambitionne de gommer les aspérités commerciales récurrentes entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Il est coprésidé par le vice-président de la Commission européenne Günter Verheugen et par le conseiller du président George W. Bush pour les questions économiques Allan Hubbard.

   Lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion, M. Hubbard a exprimé son "exaspération extraordinaire" sur ce dossier, après dix années d'interdiction des poulets américains sur le sol européen.

   "Cela devrait être une énorme frustration pour les consommateurs en Europe parce qu'il s'avère que nos poulets sont plus sûrs que les poulets européens", a-t-il dit. En fait, a affirmé M. Hubbard, "les éleveurs de poulets en Europe ne veulent pas la concurrence des éleveurs de poulets des Etats-Unis et ils utilisent cela pour empêcher nos poulets d'entrer".

   Côté français, on estime qu'accepter les poulets traités au chlore constituerait "une remise en cause d'un modèle de production, basé sur de bonnes pratiques dans toute la filière, de l'éleveur jusqu'à la chaîne d'abattage". "Cela reviendrait à dire: +Allez au plus économique, travaillez n'importe comment et on rectifiera tout cela en bout de chaîne+".

   L'utilisation de bains chimiques pour désinfecter les poulets est en fait déjà autorisée par la réglementation européenne, mais sa mise en application est bloquée en comité vétérinaire où les Etats individuels ont leur mot à dire.

   

   Source : AFP, via Google Actualités, 9 nov. 07
   Copyright © 2007 AFP

    

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