Ce modeste blog essaie de présenter des publications les plus susceptibles d'éclairer l'actualité, et autant que possible, de suggérer quelques tendances.

En complément, ceux qui le peuvent doivent absolument consulter régulièrement le site
Contre Info, qui fait un travail absolument remarquable de mise en évidence des " infos absentes des prompteurs de JT "  (pub gratuite ! )
.
   


Jeudi 7 février 2008

 
 [
En Temps Réel - Février 2006 ]

    Les passions françaises face à la société américaine sont vives et contradictoires.

    Pour certains, là-bas, ascenseur social et croissance vont de pair, faisant bénéficier tout un chacun d’un surcroît de richesse ; tant mieux si les riches deviennent encore plus riches, puisque chacun peut progresser et que tous en profitent. Pour eux, la France est le pays d’un triple échec, celui d’une croissance faible qui ne crée pas d’emplois, celui d’un modèle social archaïque qui échoue à aider les plus démunis, celui d’un modèle fiscal qui sanctionne les plus talentueux et les pousse à l’exil.

    Pour d’autres, au contraire, qui n’ont jamais admiré la liberté, la vitalité, la créativité de l’Amérique, la réalité de ce pays est résumée par l’image d’un capitalisme sauvage, le travail y est de plus en plus précaire, les pauvres y sont de plus en plus pauvres, les moins capables y sont laissés à l’abandon. Pour eux, il ne faudrait rien toucher au système que nous avons su créer en France, un filet de protection sociale menacé non pas par ses dysfonctionnements mais par la globalisation.

    L’importante étude de Jacques Mistral et Bernard Salzmann que publie En Temps Réel permet de dépasser ceux de ces mythes qui concernent la situation américaine. Elle repose sur de multiples études parues aux Etats-Unis au cours des dernières années ; appuyée sur des données statistiques soigneusement présentées, provenant de sources diverses, quoique étrangement peu nombreuses sur des sujets aussi fondamentaux que la mobilité sociale, et rarement rassemblées, elle établit un constat qui permettra désormais de faire reposer l’analyse sur des faits solidement établis.

    Depuis un quart de siècle, la croissance du PIB est, comme on le sait, plus rapide en Amérique qu’en France. Mais celle de la population aussi ; le résultat, c’est que l’évolution du PIB par habitant est similaire dans les deux pays. De plus, la croissance américaine n’a guère profité aux petits revenus, qui ont pratiquement stagné sur la période, et dont la part dans la richesse a sensiblement baissé. La pauvreté s’est accrue. Le surcroît de richesse créé par les années de croissance a été intégralement distribué aux plus riches et n’a pas amélioré le pouvoir d’achat du plus grand nombre.

    Le marché du travail fonctionne sur un mode de plus en plus « dual » ; une large majorité bénéficie d’un marché fluide et actif ; mais une forte minorité –peut être 15 % - vit de salaires très faibles, et avec une protection sociale lacunaire. Tant et si bien que les quelques mécanismes visant à aider les plus démunis ont contribué à une évolution surprenante, la baisse du taux d’activité des hommes de 25 à 54 ans. Si l’on en tient compte, ainsi que d’autres facteurs, les niveaux de sous emploi en France et en Amérique sont beaucoup plus proches qu’on le pense usuellement.

    La probabilité pour une génération de faire mieux que la précédente, le fameux ascenseur social, a reculé. Malgré les effets du mouvement des droits civiques, la situation des noirs demeure particulièrement difficile de ce point de vue. Contrairement à une intuition largement répandue, la mobilité sociale, dans la période récente, n’est pas meilleure aux Etats-Unis que celle constatée dans de nombreux pays européens. La situation s’est également nettement dégradée en ce qui concerne la probabilité d’accéder à l’enseignement supérieur quand on vient d’un milieu modeste. Bref, l’Amérique est de plus en plus menacée par précisément ce contre quoi elle s’est dressée à ses origines, le risque de voir les inégalités devenir héréditaires.

    Comment intégrer ces analyses dans le débat français ? Il est clair qu’il serait malvenu d’évoquer ici, comme contrepoint à ce constat, un quelconque « modèle social » français : le chômage élevé qui frappe particulièrement les jeunes, et dont la durée moyenne est si longue, la crise des banlieues nous conduisent à une appréciation plus modeste de nos accomplissements en la matière. Mais cette humilité face à la difficulté des réalités sociales d’aujourd’hui ne doit pas nous conduire à porter aux nues un modèle américain dont la réputation est plus brillante que la substance. Le plus frappant est finalement qu’à l’heure de la globalisation le problème social de base, celui de l’insertion des travailleurs peu qualifiés, soit finalement assez proche des deux cotés de l’Atlantique même si les solutions sont différentes.

    Une chose est claire cependant : il n’est pas possible de dire que les inégalités croissantes de revenus et de patrimoines que connaissent les Etats-Unis sont le prix à payer pour améliorer le sort de tous ceux qui ne comptent pas parmi les plus favorisés. C’est sans doute là la plus grande différence par rapport aux stratégies poursuivies en France en particulier et plus largement en Europe continentale.

    Ces réalités bien éloignées des mythes que les Etats-Unis aiment cultiver suscitent désormais l’attention régulière de la presse américaine. Les américains commencent à débattre de ces questions même si elles ne sont pas (ou pas encore ?) devenues centrales dans la vie politique. De notre côté de l’Atlantique, il reste au débat politique à réévaluer les faiblesses et les forces de notre système social pour aborder les prochaines échéances avec une vision plus lucide de ses impasses.

Jacques Mistral et Bernard Salzmann sont respectivement Professeur des Universités, et Administrateur de l’INSEE. Jacques Mistral remercie le Wiener Center on Social Policy, Kennedy School of Gouvernment, Harvard University où il a été accueilli comme senior fellow pendant l’automne 2005.

   

    Lire la suite sur En Temps Réel : La préférence américaine pour l’inégalité (pdf, 48 pages)

    Auteurs : Jacques Mistral et Bernard Salzmann
    Cahier 25 - Février 2006

   

publié dans : Revue de presse

Mercredi 6 février 2008


 [ Infoguerre - Edito du 1er février 2008 ]

   

    Les crises multiples qui secouent aujourd’hui le monde capitaliste n’estompent pas la dimension des rivalités entre puissances. Le paradoxe est que cette évidence reste encore un trou noir pour les promoteurs du modèle libéral américain. Robert Reich, économiste et ancien ministre du Travail de Clinton, est un de ces négationnistes qui s’est fait connaître au milieu des années 90 pour son habileté à manier le double langage sur l’économie mondialisée. A l’époque, il prônait déjà le renforcement de l’ouverture des échanges et niait la réalité des affrontements économiques. Il contredisait les déclarations du chef du département d’Etat Warren Christopher qui annonça en 1993 au Sénat américain que la sécurité économique des États-Unis était désormais la première priorité de la politique étrangère des Etats-Unis. Ce même Robert Reich concédait dans ses écrits la nécessité de préserver les activités cognitives de pointe nord-américaines qui ne devaient en aucun cas être délocalisées.

    Aujourd’hui, Robert Reich revient sur cette problématique dans une interview parue dans Les Echos du 28 janvier 2008, à propos de son nouvel ouvrage à paraître en France sous le titre Supercapitalisme : « La nationalité compte de moins en moins. Le soutien gouvernemental aux champions nationaux pouvait se justifier quand cette aide profitait aux salariés qui travaillaient dans le pays. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le patriotisme économique est donc obsolète. Le niveau de vie des salariés en France dépend de moins en moins des entreprises françaises, et de plus en plus de la valeur ajoutée qu’ils peuvent apporter ». Cette négation du patriotisme économique a quelque chose de pathétique dans sa candeur théorique lorsqu’on étudie la manière dont certains de nos amis d’Outre Atlantique ont interféré dans l’appel d’offres de 180 hélicoptères remporté puis perdu par Eurocopter en Inde. La fin de non recevoir que l’Ecole des Mines de Paris a reçue d’une université du Moyen Orient en raison de ses liens privilégiés avec un pétrolier d’un autre pays occidental, illustre aussi à sa manière la pertinence des propos de Robert Reich.

    Si le discours de Reich sur le supercapitalisme décrit la perte d’indépendance des conseils d’administration à l’égard des actionnaires et la menace potentielle que cela représente pour la démocratie à cause de leur lutte pour l’accaparement du pouvoir, il prend bien soin de ne pas aborder le domaine des stratégies de puissance. L’ode à la démocratie et à la revalorisation des parties prenantes dans l’entreprise (salariés) et dans son environnement immédiat (territoires) n’ont guère de sens si on découple cette politique de recentrage des effets produits par les rapports de force géoéconomiques. L’influence des pétroliers sur l’exécutif et le législatif américains est d’abord une question de puissance avant d’être un problème de démocratie. C’est du moins ce que nous enseigne l’histoire du siècle dernier jusqu’à nos jours. Robert Reich peut s’exclamer « l’intensité de la concurrence a tout changé ! », il n’analyse qu’une partie du changement. La pression des sociétés civiles découlant des problèmes planétaires sur la pollution et l’environnement donnent chaque jour une légitimité croissante aux débats sur la responsabilité sociale des entreprises et sur l’investissement socialement responsable. Si Reich considère que les entreprises utilisent ces expressions comme des leurres, il n’a pas saisi la dimension subversive du problème. La moindre accélération du processus de dégradation climatique aura sur l’opinion publique des effets dévastateurs que les communications de crise des firmes transnationales auront bien du mal à juguler. L’incendie malencontreux des archives ou la diabolisation d’un lampiste risquent à l’avenir de ne pas toujours avoir l’efficacité prouvée dans le passé.

   La problématique de la guerre économique s’alimente d’une triple forme de contraintes exercées sur la concurrence et l’échange : les contraintes des Etats qui développent une stratégie d’accroissement de puissance, les contraintes des entreprises prédatrices qui recherchent une suprématie stratégique durable sur le marché mondial et les contraintes des sociétés civiles qui rentrent dans les brèches ouvertes par les retombées négatives des révolutions industrielles. L’argumentation classique des libéraux a du mal à résister aux effets cumulés de ces trois types de rapports de force dont une partie alimente la guerre économique. C’est peut-être ce qui explique pourquoi cette problématique est encore sujette à bien des quiproquos ou à des états d’âme. L’effet cumulé de plusieurs déclarations ou interventions qui ont eu lieu ces derniers mois exigent un petit recadrage. Extrayons du lot les déclarations de Jean-Bernard Pinatel dans le magazine Veille de novembre 2007. Personne ne nie l’apport de cet ancien militaire dans le management de l’information et dans la promotion commerciale de l’entreprise Datops. En revanche on peut s’interroger sur la finesse de certaines de ses analyses. Dans l’interview qu’il a réalisée pour Veille, Nicolas Moinet rapporte ainsi ces propos « Jean-Bernard Pinatel estime que l’on n’est pas en guerre économique. Un terme qu’il exècre intellectuellement, estimant qu’il est en général utilisé par des gens qui n’ont jamais fait la guerre et connaissent mal l’économie. » Faut-il lui rappeler que l’essence du rapport Martre repose sur le constat préliminaire de la négation des rapports de force géoéconomiques par une partie des élites dirigeantes françaises. Il n’est pas anodin de constater que les représentants des entreprises et des administrations soient arrivés à ce constat dans l’étude de cas censurée sur l’échec de la vente du Mirage 2000-5 à la Finlande.  Ce n’est pas non plus un hasard si la nécessité de se battre à armes égales est devenue un leitmotiv dans le contexte économique mondial actuel à l’heure où des puissances comme la Chine ou la Russie n’hésitent plus à user de l’économie pour défendre leurs intérêts stratégiques. La question n’est donc pas d’exécrer une terminologie mais de cerner les défis conflictuels de nature économique auxquels notre pays et ses entreprises sont confrontées aujourd’hui. Cette démarche réclame beaucoup d’humilité, de cohésion et de connivence entre les acteurs motivés par cette problématique. C’est la leçon « très militaire » que nous délivrent quotidiennement les rivaux de la France et leurs dirigeants d’entreprise.

    L’ouvrage d’Eric Delbecque intitulé Quel patriotisme économique ? (édité par les PUF en janvier 2008) a le mérite de clarifier une terminologie que les conseillers de Dominique de Villepin avaient maladroitement introduite dans le discours officiel : « Contrairement aux idées reçues, il ne se confond en rien avec un quelconque protectionnisme. Il entend promouvoir la synergie public/privé au profit de la compétitivité et de l’emploi. Il vise également à favoriser le travail en réseaux et l’innovation, à la manière de l’esprit des pôles de compétitivité. Il est l’occasion d’une réforme profonde de la politique industrielle marquant la fin du modèle de l’Etat producteur. Son message est simple : construite l’Etat stratège et partenaire au service du développement et de la sécurité économique. » Il est vrai qu’en France, il faut s’armer de patience pour faire aboutir de bonnes idées. Bertrand Cousin avait rédigé en 1988 pour le compte d’Alain Madelin, alors Ministre de l’Industrie, un rapport dont le titre était Les pôles de compétitivité 92. Ce rapport resta comme beaucoup d’autres dans un placard. Il  fallut attendre une quinzaine d’année avant que Matignon daigne enfin lui donner un début d’application.

   

    Source  Infoguerre : Les négationnistes de la guerre économique 
    Auteur :  Christian Harbulot
    Date : 1er février 2008

    

publié dans : Revue de presse

Mercredi 6 février 2008
    [Tim Carr - IES News Service - 02/02/2008]
    Thomas Warziniack est né dans le Minnesota et a grandi dans l’état de Géorgie… mais cela n’a pas empéché les agents de l’immigration U.S. de l’arrêter et de le garder en prison pendant plusieurs semaines, l’accusant d’être un immigré clandestin russe.

    Arrêté sur son lieu de travail, Warziniack a été placé dans un centre de rétention de l’Arizona, en attendant son expulsion vers un pays qu’il n’a jamais vu de sa vie. Les geoliers ont refusé de le croire quand il leur disait qu’il était un citoyen U.S. , alors qu’ils auraient pu vérifier son acte de naissance au Minnesota en moins de dix minutes. L’année auparavant Warziniack avait déjà été informé par les services d’immigration qu’il allait être expulsé vers la Russie… il avait du aller en justice au Colorado pour faire confirmer sa citoyenneté états-unienne.

    Finalement, en décembre dernier, les autorités ont annoncé à Warziniack qu’ils avaient pu vérifier son statutc et qu’il pouvait donc être relaché.

    En 2006, une étude de  l’ONG Vera Institute of Justice, à New York  a identifié au moins 125 personnes détenteurs de la citoyenneté américaine et néanmoins emprisonnés dans des centres de rétention, accusés sur la base d’une homophonie ou d’une erreur de fichiers, d’être des clandestins.

    L’ONG Vera a commencé son enquête dans six centres de rétention avant d’étendre son terrain d’enquête à 12 Etats  - elle prévoit à terme de couvrir la totalité des centres et d’enquêter sur tous les cas de citoyens faussement expulsés.

    Nina Siulc, qui dirige l’enquête, pense que chaque année des centaines de citoyens U.S. sont arrêtés et déportés par erreur… sans qu’on en entende parler. “Notre enquête n’a porté que sur un petit nombre de détenus, mais chaque année les services d’immigration des Etats-Unis arrêtent environ 280 000 people, détenus dans 15 centres de rétention féderaux ainsi que plus de 400 centres locaux, tenus par les administrations locales et des entreprises privées.”

   

    Source : Libertés Internets
    Date : 4 février 2008

   

publié dans : Revue de presse

Mercredi 6 février 2008

[ L'expansion - 4 février 2008 ]

   

    « Si d’autres pays y arrivent, je ne vois pas pourquoi nous n’y arriveront pas ». Nicolas Sarkozy a coutume de marteler cette antienne. Parmi les objectifs de son quinquennat, le locataire de l’Elysée a fixé celui-ci: en 2012, la France devra parvenir au plein emploi. Soit un taux de 5% de chômeur. Autrement dit une visée proche du chômage frictionnel ou incompressible à l’instar des Etats-Unis (4,9% de chômeurs en janvier), ou, mieux, du Japon et ses 3,5% de chômeurs. Sans parler de la Norvège qui affiche un taux de chômage de 1,8%, rente pétrolière oblige.

    Cet objectif du plein emploi, la ministre de l’économie l’a encore réaffirmé la semaine dernière, lors de la publication des chiffres de l’ANPE. Ils ont montré une nouvelle décrue en 2007 : au 31 décembre, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans la catégorie 1 est descendu sous la barre des 1,9 million. Sur un an, la baisse est de 9,3%. Selon l'Insee, au troisième trimestre 2007, le taux de chômage était de 7,9% en France. La réforme en cours des contrats de travail, censée fluidifier le marché du travail et favoriser les embauches, et la fusion ANPE Unedic, supposée faciliter le retour à l’emploi, permettraient d’accélérer le rythme. La France tiendrait donc le bon bout.

    Sauf que… Les chiffres du taux de chômage font l’objet d’une controverse récurrente. Notamment sur la réalité de cette décrue. Il s’agit d’une baisse en trompe l’œil accusent des associations de chômeurs et des syndicalistes de l’Insee et de l’ANPE réunis en un collectif : Les autres chiffres du chômage (ACDC). Pour une large, part, cette baisse tient à des bidouillages statistiques, dénoncent-ils. Mais le cœur du problème n’est pas là. « Pour nous, cette question du taux de chômage, si elle est la plus médiatisée, n’est pas la plus fondamentale », insistent-ils.

    Le taux de chômage est au contraire l’arbre qui cache la forêt. « L’essentiel des changements du marché de l’emploi se joue ailleurs : dans le développement continu et insidieux de la précarité », interpellent ces trouble-fêtes. Tout ce que le Bureau International du Travail (BIT) englobe sous la notion « d’emploi inadéquat ». C’est à dire un emploi qui ne permet pas de vivre décemment, de prévoir l’avenir, de préserver ses compétences et sa santé.

    ACDC a fait ses calculs. A partir des données fournies de 1990 à 2005 par les enquêtes Emploi de l’Insee, le collectif a observé que la proportion d’emplois inadéquats « n’a cessé d’augmenter ». De 25% de la population active, elle est passée à 41% en 2005 et concerne 11,4 millions de personnes. Sur la période, « la qualité des emplois s’est donc continûment dégradée », épingle le collectif. Les chiffres de cette évolution donnent en effet le tournis.

    En 2005, 3,8 millions de salariés, percevaient un bas salaire. Par convention est appelé « bas salaire » une rémunération inférieure aux deux tiers du salaire médian. Ce qui donne en France moins de 818 euros par mois, pour 14% de la population active. Depuis 1990, cette proportion a progressé de plus de 23%. Les femmes sont les premières concernées, tout particulièrement dans des secteurs comme la grande distribution. Justement, les salariés des hypermarchés se sont fait entendre, vendredi dernier. L’appel à la grève a été suivi par 4,5% d’entre eux, selon la fédération du commerce et de la distribution (FCD). Ce qui, de son propre aveu, est « exceptionnel » pour le secteur.

    En 2005, 2,7 millions de salariés, soit 10% de la population active, étaient en contrat précaire : CDD, intérim, contrat saisonnier, stage, emploi aidé. Depuis 1990, la progression dépasse les 56%. Aujourd’hui, 3 embauches sur 4 se font en CDD.

    Cette même année, 5 millions de salariés, soit 18% de la population active, étaient comptabilisés en sous emploi de leurs qualifications et de leurs capacités. Depuis 1990, la progression a dépassé les 147%. Essentiellement dans l’hôtellerie et la restauration, le commerce, les services aux particuliers et aux entreprises. Vendeurs, vigiles, employés de restauration rapide, ce que l’on appelle justement les « fast-food jobs ».

   Le plein emploi donc mais à quel prix ? Non seulement « la focalisation médiatique et politique sur le taux de chômage rejette en arrière-plan le problème beaucoup plus vaste de la précarité », s’insurge le collectif ACDC. Mais pire encore, « elle aide à justifier des politiques qui aggravent encore la précarité au nom de la lutte contre le chômage », dénonce-t-il.

    « Pour combattre le chômage dans les années 90, on s’est efforcé d’enrichir la croissance en emplois », rappelle Mathieu Lemoine, économiste à l’OFCE, spécialiste du marché du travail. Une économie crée des emplois quand son taux de croissance est supérieur à ses gains de productivité. « Enrichir la croissance en emploi » revient à casser cette équation. C’est tout le propos des politiques d’exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires, développées depuis 1993.

    « Se fixer un objectif de 5% de chômage fait courir le risque de développer l’emploi précaire », prévient ainsi Mathieu Lemoine. « A ce titre il s’agit d’être vigilant quant à la réforme en cours de l’assurance chômage et la fusion ANPE-Unedic », suggère-t-il. Nicolas Sarkozy l’a rappelé, il souhaite des sanctions pour les chômeurs en cas de refus d’une offre valable d’emploi (OVE). Il reste aux partenaires sociaux à s’entendre sur le contenu de cette notion. Car comme le craignent les syndicats, le risque est de voir les chômeurs obligés d’accepter des emplois très dégradés.

    L’Allemagne en sait quelque chose. La baisse de son taux de chômage, spectaculaire, est en partie le résultat des lois Hartz, adoptées sous le gouvernement de Gerard Schröder (SPD). Ces dernières ont fortement réduit les allocations de chômage. Au bout d’un an, les demandeurs d’empoi n’ont plus, outre-Rhin, qu’une allocation forfaitaire du niveau du RMI. Dans le même temps, l’emploi précaire et le temps partiel subi y ont explosé. Conséquence, alors que l’Allemagne a enregistré en janvier son taux de chômage le plus faible depuis quinze ans (8,1%), la consommation des ménages est toujours en berne. C’est tout le problème des travailleurs pauvres.

   

    Source L'expansion : Ce que cache l'objectif du plein emploi
    Auteur : Hugo Lattard
    Date : 04 février 2008

   

publié dans : Revue de presse

Mercredi 6 février 2008

    
Lemonde.fr publie un entretien accordé par le président iranien aux envoyés spéciaux du "Monde".

   

    [...]

Le Monde : Le président Nicolas Sarkoky a dit à plusieurs reprises son inquiétude quant à la finalité du programme nucléaire iranien.
Qu'est ce que vous en pensez, vous, en tant que Français ? (…) Vous pensez comme moi qu il ne faut pas qu'il y ait des armes nucléaires dans le monde… Ne faut il pas que les armes nucleaires, qui ne sont d'aucune utilité dans le monde d'aujourd'hui, soient éliminées ? Nos deux peuples entretiennent de bonnes relation. Entre eux, il n'y a pas de problèmes sérieux. Ce sont deux peuples qui ont des points de vue communs sur beaucoup de questions internationales. Nous croyons que ces propos [ceux de M. Sarkozy sur le nucléaire iranien] n'ont pas leur place aujourd'hui. Nous ne les prenons pas trop au sérieux ; nous avons pensé que c'est le début ce nouveau gouvernement français. Nous attendons les vraies positions de la France, celles qui auront un effet pratique. Nous n'avons pas d'inquiétudes à ce sujet.

Inviterez-vous M. Sarkozy à Téhéran à l'occasion de la présidence française de l'Union européenne au printemps ? 
Nous croyons que cette présidence française est une bonne occasion, pour la France et pour l'Europe. Car nous pensons qu'il est temps que l'Europe repense la question de sa présence internationale. Aujourd'hui, sur la scène internationale, l'Europe n'existe pas, je veux dire une Europe qui soit une entité indépendante. Nous ne voyons nulle part dans les équations politiques internationales de ce début de siècle des positions qui seraient celles d'une Europe indépendante. Nous croyons que la présence de la France à la tête de l'Union peut être une occasion pour l'Europe de développer une politique indépendante, surtout dans la région du Moyen Orient, autour de la méditerranée. La présidence française devrait être l'occasion de lancer une politique européenne indépendante. Quant à M. Sarkozy, il peut venir en Iran à tout moment, nous l'accueillerons quand il le désirera, cela ne dépend pas de sa présidence de l'Union.

    Lire la suite sur Le Monde : Une heure avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad
   

    Propos recueillis par Alain Frachon et Marie-Claude Decamps
    Edition du 6 février 2008

    

publié dans : Revue de presse

Mercredi 6 février 2008


[ Réseau Voltaire - 31 janvier 2008]

    Le principal quotidien d’opposition bahreïni, Akhbar al Khaleej, citait récemment une source - malheureusement anonyme - du parlement irakien selon laquelle des grandes compagnies pétrolières états-uniennes auraient offert cinq millions de dollars chacun à des parlementaires irakiens en échange de leur vote en faveur de la loi « irakienne » sur les hydrocarbures. Afin de s’assurer le vote des 138 députés nécessaire pour privatiser le pétrole irakien l’occupant, désespéré, n’hésiterait donc pas à ajouter la corruption à l’intimidation.

    S’il est bien entendu difficile de vérifier cette information, sa publication dans un journal connu pour son hostilité envers l’invasion anglo-saxonne de l’Irak révèle cependant les soupçons d’une partie de l’opinion des pays du Golfe quant aux véritables projets de la Coalition pour l’Irak. Après s’être assuré l’entière coopération de la minorité irakienne kurde, celle-ci tente depuis un an d’imposer une loi dont les Irakiens ne veulent pas car elle les priverait définitivement de leurs ressources nationales.

   

publié dans : Revue de presse

Lundi 4 février 2008

    
 [ AFP via Le Figaro ]

   

    Le Royaume-Uni va autoriser trois sociétés, dont la chaîne de restauration rapide McDonald's, à décerner ses propres diplômes, équivalents du "A Level", le baccalauréat britannique, et reconnus par l'Etat, a-t-on appris lundi de source officielle. McDonald's pourra ainsi délivrer un baccalauréat en "gestion du travail en équipes", qui certifiera que son détenteur a appris toutes les tâches liées à la gestion d'un restaurant McDonalds, du marketing aux ressources humaines en passant par les services à la clientèle, a précisé l'agence gouvernementale chargée des cursus scolaires (Qualifications and Curriculum Authority, QCA).

    Deux autres sociétés privées pourront également décerner leur "A-level", abréviation de Advanced Level (Niveau Avancé), un examen passé au cours des deux dernières années de l'éducation secondaire et souvent exigé pour l'entrée à l'université.

    Network Rail, société qui assure la gestion et l'entretien du réseau ferroviaire, pourra ainsi décerner son A-level, ainsi que d'autres diplômes pouvant aller jusqu'au doctorat en ingéniérie. La compagnie aérienne à bas prix Flybe délivrera elle des diplômes de stewards ou hôtesses ainsi que d'ingénieurs de vol.
Il s'agit des premières sociétés privées autorisées à délivrer des diplômes sanctionnant des qualifications nationales britanniques.

    "Cette importante mesure vise à mettre fin aux vieilles divisions entre les qualifications nationales et la formation en entreprises, ce qui va être à l'avantage des employés, des employeurs et du pays dans son ensemble", a déclaré le ministre des Universités et de la formation, John Denham.

   

    Source AFP via Le Figaro :
McDonald's va créer son propre bac
    Date : 28 janvier 2008

   

publié dans : Revue de presse

Lundi 4 février 2008

   
 [ Horizons et Débats ]

  

par Wolfgang Freisleben, Vienne

   

    Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.

    L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.

    L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans. Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent. Un seul point est certain: elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat. Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville [...]

   

    Lire la suite sur Horizons et Débats

    

publié dans : Revue de presse

Lundi 4 février 2008


 [ Libération ]

   

   Par Andrew Diamond historien des Etats-Unis, université Lille-III et Pap Ndiaye historien des Etats-Unis, Ecole des hautes études en sciences sociales.

  

    A l’heure où les commentateurs s’efforcent de comprendre ce que la candidature de Barack Obama signifie pour les Etats-Unis, on entend souvent que le stupéfiant succès de ce candidat métis prouve que le pays est en voie de devenir une société postraciale. Comment expliquer autrement la victoire d’Obama dans un Etat comme l’Iowa, où les Noirs représentent à peine plus de 2 % de la population et où les Républicains ont adoubé le candidat de la droite évangélique dure, Mike Huckabee ?

    Avant de voir dans le vote des Blancs de l’Iowa l’annonce de l’avènement d’une Amérique postraciale, il est utile de réfléchir à la validité de telles affirmations au vu de la tendance récente du pays à la reségrégation. Plus d’un demi-siècle après que la Cour suprême déclara inconstitutionnelle l’idée d’une éducation «séparée mais égale», plus de 70 % des élèves noirs et latinos fréquentent des établissements largement ségrégués sur le plan racial, un taux supérieur à ce qui existait à l’apogée de la révolution pour les droits civiques, il y a plus de trente ans ! Une situation similaire se retrouve dans le domaine du logement, et les Noirs continuent d’être à la traîne en matière de revenus, patrimoine et réussite scolaire. Rappelons-nous également la couverture médiatique indéniablement raciste des conséquences du passage du cyclone Katrina à La Nouvelle-Orléans où des Noirs à la recherche de produits de première nécessité étaient présentés comme des pillards et où les Américains se montrèrent plus que prompts à croire les rumeurs de viols d’enfants par de jeunes Noirs et de tirs sur les hélicoptères des secours par des gangs de rue. N’oublions pas la récente affaire des «six de Jena» qui révéla que, dans un lycée typique de Louisiane, des élèves blancs parlent encore sérieusement de lyncher des Noirs. Vous avez dit «Amérique postraciale» ?

    Alors comment expliquer la popularité apparente du sénateur Obama dans un pays qui semble si obstinément attaché à la ségrégation raciale ? D’une part, les origines exotiques d’Obama - son identité métisse, ses racines africaines, son enfance à Hawaii et son impeccable pedigree scolaire - le rendent difficile à classer dans l’imaginaire racial blanc ; de toute évidence, Obama n’a pas grand-chose à voir avec les fantômes pillards et «violeurs noirs» de La Nouvelle-Orléans. D’autre part, Obama a tout fait pour se présenter comme un candidat «neutre sur le plan racial». Dans le vocabulaire politique américain, Obama «ne joue pas la carte raciale», contrairement à ce qu’ont fait avant lui la plupart des dirigeants politiques noirs. Sa réticence à évoquer cette question explique pourquoi il a été plus souvent comparé à John F. Kennedy qu’à Jesse Jackson, lequel a remporté cinq primaires et caucus démocrates en 1984 et treize en 1988. Jackson avait basé ses campagnes sur l’idée de rainbow coalition, une notion mettant en avant la pluralité raciale du pays. Malgré ses efforts pour inclure les Blancs pauvres dans sa coalition, Jackson parlait un langage marqué par une forte conscience raciale pour conquérir le vote des minorités visibles. Obama parle, lui, le langage de ce qu’on nomme en anglais le colorblindness. Alors qu’on lui a demandé récemment, pendant sa campagne dans le Nevada, s’il pensait que son identité raciale nuirait à ses chances de l’emporter, il a répondu : «Si je ne remporte pas cette primaire ou si je ne gagne pas l’élection générale, ce sera parce que je n’ai pas réussi à persuader les Américains que je peux améliorer leurs vies.» Interrogé sur son opinion en matière de droits civiques, il a répondu : «Nous croyons tous dans les droits civiques, nous croyons tous dans l’égalité des droits, nous croyons tous que, quels que soient leur race ou leur sexe, les gens doivent jouir d’une égalité des chances.» De telle sorte qu’Obama déculpabilise les Américains blancs, qui lui savent gré de ne pas parler des inégalités raciales - le sujet qui les fâche depuis quarante ans. Et si en plus Obama leur dit qu’en cas de défaite il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même, que demander de mieux ?

   Son programme est également révélateur : sur la plupart des questions de politique intérieure, il est plus centriste, voire plus conservateur que celui de Hillary Clinton, au point d’attirer la frange modérée de l’électorat républicain. Que ce soit à propos de la réforme du système de santé ou de la relance de l’économie, il faut reconnaître qu’Obama ne propose pas un changement aussi net que ses slogans de campagne le prétendent. Un tel positionnement politique explique en grande partie l’attrait qu’exerce Obama. Sa popularité parmi les électeurs blancs de classe moyenne révèle non pas la fin du racisme, mais l’essor de ce que le sociologue Eduardo Bonilla-Silva a appelé «le racisme colorblind», une idéologie qui «explique les inégalités raciales contemporaines comme le résultat de dynamiques non raciales». Dans cet esprit colorblind, le niveau social inférieur des Noirs n’est pas le résultat d’une infériorité biologique ou morale, mais le produit de dynamiques du marché et de caractéristiques culturelles. De telles idéologies sont apparues dans la vie politique américaine pendant la réaction conservatrice ayant suivi la période des droits civiques, à la fin des années 60 et dans les années 70, lorsque les Blancs de classe moyenne des banlieues ont organisé de vastes campagnes de résistance contre les programmes de discrimination positive. Ce faisant, les Américains blancs ont exprimé leur foi dans l’existence d’un système de libre-échange méritocratique qui récompense justement le talent et le dur labeur ; si les Noirs et les latinos ne parviennent pas à résister efficacement à la concurrence, ce n’est pas à cause du racisme mais en raison de tendances culturelles qui leur donnent de mauvaises habitudes et les rendent moins ambitieux. Obama ne les détrompe en rien.

    Mais dans cette Amérique colorblind, le sénateur marche sur une corde raide. D’abord parce que ceux qui souhaitent nuire à Obama chercheront à le re-racialiser pour montrer qu’il est, quoi qu’il en dise, prêt à «jouer la carte raciale». Ne soyons donc pas surpris si, dans les semaines à venir, nous entendons beaucoup plus parler du pasteur afrocentriste radical Jeremiah Wright, qu’Obama a décrit par le passé comme son modèle et son mentor spirituel. Ensuite parce que, pour plaire aux électeurs blancs, il a mis de côté la question des injustices raciales, au risque que le fameux «changement» ne soit alors qu’une posture électorale. C’est justement la difficulté principale que Barack Obama affronte au moment où il doit apporter un second souffle à sa candidature : donner un contenu au changement, et ne plus seulement l’incarner symboliquement.

   

    Source Libération : Obama au delà des races
    Auteurs : Andrew Diamond, Pap Ndiaye
    Date : 28 janvier 2008
    
    © Libération

    

publié dans : Revue de presse

Lundi 4 février 2008


 [ Le Parisien ]

   

    Environ 1,2 million de salariés ont plusieurs employeurs en France, sans compter tous ceux qui échappent aux statistiques. Beaucoup cumulent deux emplois pour vivre correctement. La faute aux petits salaires et aux temps partiels.

    «LA FRANCE qui se lève tôt », ils connaissent. « Travailler plus pour gagner plus », aussi, mais le slogan sonne amèrement à leurs oreilles. Le nombre de salarié(e)s qui cumulent les emplois serait de plus d'un million dans notre pays. Soit un salarié sur vingt, selon l'Insee, à jongler entre plusieurs employeurs ou plusieurs métiers. Depuis 2003, leur nombre a augmenté de 13,5 %. Ces « cumulards » n'ont souvent pas le choix. Pour eux, il s'agit de joindre les deux bouts en fin de mois, quand arrivent les traites de la maison à payer, les impôts, les factures. Quitte à basculer dans le travail illégal.

Casse-tête

    « Le Parisien » - « Aujourd'hui en France » est allé à la rencontre de ces « pluriactifs » inclassables, ni travailleurs pauvres, ni salariés classiques, inconnus des associations de chômeurs et largement ignorés par les enquêtes officielles. La plupart ont un point commun : une durée hebdomadaire de travail trop faible dans leur emploi principal, conjugué à un salaire mensuel très bas. Côté salaires, en effet, c'est maigre, « 680 € en moyenne » si le salarié occupe un temps partiel dans le poste, « 1 515 € s'il s'agit d'un temps complet », explique un expert de l'Insee.

    Un véritable casse-tête quand on a une famille à charge ou quand survient un imprévu, comme l'obligation de déménager et d'avancer l'argent de la caution pour le nouveau logement. Du coup, pour s'en sortir, la tentation est grande d'offrir ses services à un autre employeur pour parvenir à boucler les fins de mois. « C'est du 17 heures chez l'un et du 18 heures chez l'autre au prix d'emplois du temps minutés à l'extrême et d'une vie professionnelle ultra-fatigante », résume Louis Maurin, le directeur de l'Observatoire des inégalités (voir ci-dessous). Un mode de vie que connaissent des millions d'Américains, où la double journée de travail est une pratique courante. Surtout vécue par les femmes, premières victimes de la précarité.

   

     Source Le Parisien : Cumuler deux emplois pour boucler ses fins de mois
     Auteur : Aline Gérard
     Date : 4 février 2008

     
publié dans : Revue de presse

Lundi 4 février 2008

   
 
 [ Le Nouvel Observateur ]

   

    Angela Merkel déteste sa familiarité. Sa façon de vous attraper par le bras, de vous embrasser et de vous parler sous le nez. Mais l'aversion de la chancelière pour Sarko ne tient pas qu'à son comportement : elle lui reproche aussi sa politique «m'as-tu-vu», sa conception d'une Europe méditerranéenne qui pourrait miner l'Union, son opportunisme commercial... Ainsi à propos de Kadhafi, le «Zeit» écrit : «A l inverse a Angela Merkel, Nicolas Sarkozy excelle à éviter les questions qui fâchent avec un hôte aussi bien argenté.» Surnommé «Monsieur Muscle» dans les gazettes d'outre-Rhin, Sarko est «Action Man» ou «Speedy» dans la presse britannique. Flatteur ? Pas vraiment. «II serait naïf d'attendre de lui une quelconque cohérence», assène un éditorialiste du très libéral «Financial Times». Tandis que le «Guardian», de gauche et sans illusions, s'interroge : «Comment expliquer son cursus placé sous le signe de l'esbroufe et de la félonie ?» Aux Etats-Unis, «Newsweek» doute : «Les gros titres disent que Sarkozy roule à un train d'enfer. Mais où va-t-ïl à cette vitesse ? On ne le saitpas.» L'image n'est guère meilleure en Espagne. «Sarkozy n'agit pas en vrai libéral mais en monarque d'un empire évanoui», tranche «laVanguardia». Tandis que dans le monde arabe la presse déplore sa vassalisation à un président finissant : «Bush peut faire croire que son interventionnisme militaire n'a pas échoué puisque la France, son adversaire le plus déterminant, rentre au bercail», souligne «Al-Hayat», un quotidien saoudien basé à Londres. Et en Afrique ? Le quotidien sénégalais «Sud» résume le malaise : «Sarkozy est en mission coloniale à lui tout seul.» Joli dossier de presse !

 

   

    Source Le Nouvel Observateur : Les critiques de l'étranger
    Auteur : Sylvain Courage
    Le Nouvel Observateur n°2255, semaine du 24 janvier

   
publié dans : Revue de presse

Samedi 2 février 2008

Deux brèves intéressantes, qu'il faut rapprocher 

   

[ RIA Novosti ]

   

PIB russe : + 8,1% en 2007

Le PIB russe a crû de 8,1% en 2007, a annoncé le vice-premier ministre Dmitri Medvedev intervenant jeudi à un forum de l'Union des chefs d'entreprise russes (RSPP) à Krasnodar (Sud).

"Aujourd'hui, Rosstat (Service fédéral de statistiques, ndlr) a dressé le bilan de 2007 et, selon ses données, à la différence des résultats du ministère du Développement économique (MERT), la croissance s'est établie à 8,1%", a annoncé M. Medvedev.

D'après le MERT, la croissance en Russie a été de 7,7 à 7,8% en 2007.

    Source RIA Novosti, 31 janvier.

 

Natalité 2007: le meilleur résultat de ces 16 dernières années

Le nombre de naissances enregistrées cette année en Russie a dépassé un record vieux de 16 ans, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué vendredi.

1.602.387 enfants sont nés dans le pays en 2007, soit 122.750 enfants de plus qu'en 2006, établissant le taux de natalité à 11,3 pour 1.000 habitants contre 10,4 en 2006.

"C'est la première fois depuis 25 ans que nous avons enregistré une telle augmentation du taux de natalité d'une année sur l'autre. Le nombre d'enfants nés en 2007 représente en outre le meilleur chiffre depuis 1991", a estimé la ministre de la Santé et du Développement social, Tatiana Golikova, citée par le service de presse ministériel.

La part des deuxièmes et troisièmes naissances est passée de 33% début 2007 à 42% en fin d'année, selon le rapport.

Le ministère a rappelé que des subventions avaient été allouées aux parents dont les enfants fréquentent des jardins d'enfants, que les allocations avaient été augmentées pour les enfants de moins d'un an et demi et que des versements exceptionnels aux familles adoptant un enfant avaient été mis en place.

Le versement du "capital maternel" aux familles dans lesquelles naissent un deuxième ou un troisième enfant est devenu un nouvel instrument de la politique démographique en 2007.

"La dynamique positive de la démographie a été également caractérisée par l'indice de décroissance naturelle, en baisse d'un tiers au cours de 2007", rappelle le ministère.

Cette réduction est notamment imputable à l'augmentation de l'afflux de migrants en Russie, dont le nombre a augmenté de 238.000 personnes en 2007, précise le ministère.

    Source RIA Novosti, 1er février 2008

     

publié dans : Revue de presse

Samedi 2 février 2008

Un texte très important

    

 [ Le Monde - 24 janvier 2008 ]

    

La Cour de justice européenne détient une part essentielle du pouvoir législatif dans l'Union. A la différence de nos juridictions, elle statue pour l'avenir par disposition générale et à l'égard de tous, comme la loi elle-même. Par deux arrêts, capitaux pour le devenir de "l'Europe sociale", elle vient de trancher la question de savoir si les syndicats ont le droit d'agir contre des entreprises qui utilisent les libertés économiques garanties par le traité de Rome pour abaisser les salaires ou les conditions de travail.

Dans l'affaire Viking, une compagnie finlandaise de navigation souhaitait faire passer l'un de ses ferrys sous pavillon de complaisance estonien, afin de le soustraire à la convention collective finlandaise. L'affaire Laval concernait une société de construction lettonne, qui employait en Suède des salariés lettons et refusait d'adhérer à la convention collective suédoise. Dans les deux cas, les syndicats avaient recouru à la grève pour obtenir le respect de ces conventions, et la Cour était interrogée sur la licéité de ces grèves.

    Le droit de grève étant explicitement exclu du champ des compétences sociales communautaires, un juge européen respectueux de la lettre des traités se serait déclaré incompétent. Mais la Cour juge depuis longtemps que rien en droit interne ne doit échapper à l'empire des libertés économiques dont elle est la gardienne. Elle s'est donc reconnue compétente. L'arrêt Laval interdit aux syndicats d'agir contre les entreprises qui refusent d'appliquer à leurs salariés détachés dans un autre pays les conventions collectives applicables dans ce pays. Au motif qu'une directive de 1996 accorde à ces salariés une protection sociale minimale, la Cour décide qu'une action collective visant à obtenir, non pas seulement le respect de ce minimum, mais l'égalité de traitement avec les travailleurs de cet Etat, constitue une entrave injustifiée à la libre prestation de services.

    L'arrêt Viking affirme que le droit de recourir à des pavillons de complaisance procède de la liberté d'établissement garantie par le droit communautaire. Il en déduit que la lutte des syndicats contre ces pavillons est de nature à porter atteinte à cette liberté fondamentale. La Cour reconnaît certes que le droit de grève fait "partie intégrante des principes généraux du droit communautaire". Mais elle interdit de s'en servir pour obliger les entreprises d'un pays A qui opèrent dans un pays B à respecter l'intégralité des lois et conventions collectives de ce pays B. Sauf "raison impérieuse d'intérêt général", dont la Cour se déclare seule juge, les syndicats ne doivent rien faire qui serait "susceptible de rendre moins attrayant, voire plus difficile" le recours aux délocalisations ou aux pavillons de complaisance.

    Cette jurisprudence jette une lumière crue sur le cours pris par le droit communautaire. Il échappait déjà à peu près complètement aux citoyens, tant en raison de l'absence de véritable scrutin à l'échelle européenne que de la capacité des Etats à contourner les résistances électorales lorsqu'elles s'expriment dans des référendums nationaux. L'apport des arrêts Laval et Viking est de le mettre également à l'abri de l'action syndicale. A cette fin, les règles du commerce sont déclarées applicables aux syndicats, au mépris du principe de "libre exercice du droit syndical", tel que garanti par la convention 87 de l'Organisation internationale du travail (OIT).

    Le droit de grève et la liberté syndicale sont le propre des vraies démocraties, dans lesquelles l'évolution du droit n'est pas seulement imposée d'en haut, mais vient aussi d'en bas, de la confrontation des intérêts des employeurs et des salariés. Le blocage progressif de tous les mécanismes politiques et sociaux susceptibles de métaboliser les ressources de la violence sociale ne pourra bien sûr engendrer à terme que de la violence, mais ce sont les Etats membres et non les institutions communautaires qui devront y faire face.

    L'Europe est ainsi en passe de réaliser les projets constitutionnels de l'un des pères du fondamentalisme économique contemporain : Friedrich Hayek. Hayek a développé dans son oeuvre le projet d'une "démocratie limitée", dans laquelle la répartition du travail et des richesses, de même que la monnaie, seraient soustraites à la décision politique et aux aléas électoraux. Il vouait une véritable haine au syndicalisme et plus généralement à toutes les institutions fondées sur la solidarité, car il y voyait la résurgence de "l'idée atavique de justice distributive", qui ne peut conduire qu'à la ruine de "l'ordre spontané du marché" fondé sur la vérité des prix et la recherche du gain individuel. Ne croyant pas à "l'acteur rationnel" en économie, il se fiait à la sélection naturelle des règles et pratiques, par la mise en concurrence des droits et des cultures à l'échelle internationale. Cette faveur pour le darwinisme normatif et cette défiance pour les solidarités syndicales se retrouvent dans les arrêts Laval et Viking.

    Le succès des idées de "démocratie limitée" et de "marché des produits législatifs" doit moins toutefois aux théories économiques, qu'à la conversion de l'Europe de l'Est et de la Chine à l'économie de marché. Avec leur arrogance habituelle, les Occidentaux ont vu dans ces événements, et l'élargissement de l'Union qui en a résulté, la victoire finale de leur modèle de société, alors qu'ils ont donné le jour à ce que les dirigeants chinois appellent aujourd'hui "l'économie communiste de marché".

    On aurait tort de ne pas prendre au sérieux cette notion d'allure baroque, car elle éclaire le cours pris par la globalisation. Edifié sur la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun (l'économisme et l'universalisme abstrait), ce système hybride emprunte au marché la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme la "démocratie limitée", l'instrumentalisation du droit, l'obsession de la quantification et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés. Il offre aux classes dirigeantes la possibilité de s'enrichir de façon colossale (ce que ne permettait pas le communisme) tout en se désolidarisant du sort des classes moyennes et populaires (ce que ne permettait pas la démocratie politique ou sociale des Etats-providence). Une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la libéralisation des marchés pour s'exonérer du financement des systèmes de solidarité nationaux.

    Cette "sécession des élites" (selon l'heureuse expression de Christopher Lasch) est conduite par un nouveau type de dirigeants (hauts fonctionnaires, anciens responsables communistes, militants maoïstes reconvertis dans les affaires) qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'entrepreneur capitaliste traditionnel. Leur ligne de conduite a été exprimée il y a peu avec beaucoup de franchise et de clarté par l'un d'entre eux : il faut "défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance". En tête de ce programme figuraient "l'établissement de la démocratie la plus large (...), la liberté de la presse et son indépendance à l'égard des puissances d'argent, (...) l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie, (...) la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant". Rien de tout cela n'est en effet compatible avec l'économie communiste de marché.

Alain Supiot est membre de l'Institut universitaire de France, directeur de l'Institut d'études avancées de Nantes.

   

    Source Le Monde : Voilà l'"économie communiste de marché", par Alain Supiot
    Auteur : Alain Supiot
    Ed. du 25 janvier 2008

    © Le Monde.fr

    

publié dans : Revue de presse

Vendredi 1 février 2008

 

[ France Soir - 31 janvier 2008 ]

   

Le FBI sollicite son allié britannique

Le service de renseignement américain manque d’informations. Pour remédier à cette lacune, il souhaite créer un immense fichier et demande à Londres de l’aider.

C’est une véritable obsession aux Etats-Unis depuis les attentats de New York en septembre 2001 : détenir le maximum d’informations pour éviter toute nouvelle attaque. En novembre 2003, le gouvernement américain avait créé le Terrorist Screening Center, un organisme chargé de centraliser les informations concernant les personnes soupçonnées d’être des terroristes, et sous l’égide du Federal Bureau of Investigation (FBI). En avril 2007, le nombre d’individus fichés variait de 400.000 à 700.000, selon les sources. A ce chiffre s’ajouteraient chaque mois environ 20.000 cas supplémentaires. Au départ, les fichiers biométriques ne comprenaient qu’une empreinte digitale et une photo. Désormais, ils pourraient inclure une emprunte oculaire – l’iris — les doigts et la paume de la main.

Personnes fichées à tort

A maintes reprises, des erreurs ont été commises dans la gestion du fichier. En effet, jusqu’à 16.000 requêtes d’Américains mécontents ont abouti au département de la Sécurité intérieure pour avoir été fichés comme terroristes sans raison. Certains d’entre eux ont même été répertoriés comme étant armés et dangereux. C’est dire à quel point la mise en réseau de ce type d’informations est pernicieuse. Est-ce la raison pour laquelle les autorités britanniques estiment qu’il est encore trop tôt pour dire à quel niveau se situera leur collaboration avec le FBI ? Peut-être. Le Royaume-Uni possède, à lui seul, quelque 7 millions d’empreintes digitales ainsi que 3 millions d’empreintes de paume de la main. Sans compter les informations que ses partenaires européens partagent avec lui. Partenaires qui n’ont pas encore été consultés sur la question…

   
     Source France Soir : Etats-Unis - Vers une base mondiale de données biométriques
     Auteur : Romain Bourg
     Edition du 31 janvier 2008

    

publié dans : Revue de presse

Jeudi 31 janvier 2008

Promotion de la valeur travail et amélioration du pouvoir d'achat

 

[ Les Echos - 31 janvier 2008 ]

   

    Pour Génération Précaire, rémunérer les stagiaires "à partir de 30% du SMIC" est une "insulte à la jeunesse". Cette décision, annoncée par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, rend "stériles les discours sur la valeur du travail ou le pouvoir d'achat", ajoute le collectif  

    Le ministre du Travail Xavier Bertrand a indiqué mercredi à la presse que les stagiaires seraient rémunérés "à partir du premier jour" pour "tous les stages de plus de trois mois". "Nous venons de signer avec Valérie Pécresse (ministre de l'Enseignement supérieur) un décret qui va être publié dans les jours qui viennent, qui va être ratifié par le Premier ministre, qui prévoit le paiement des stagiaires pour tous les stages de plus de trois mois, et qui seront rémunérés à partir du premier jour", a déclaré Xavier Bertrand lors de l'émission Questions d'info (LCP/France Info/AFP).

    Ces stages seront payés "à partir de 30 % du SMIC", et "à partir de février", a précisé le ministre. "Pour les entreprises, il y aura une franchise des cotisations à hauteur de ces 30% du SMIC, c'est-à-dire que l'entreprise qui va rémunérer ce jeune n'aura pas de charge à payer, c'est l'Etat qui en fera la compensation", a ajouté Xavier Bertrand. Pour éviter les abus dans l'emploi des stagiaires, on tiendra "un registre dans l'entreprise, pour qu'on sache qui est stagiaire qui ne l'est pas", a-t-il expliqué, ajoutant : "Je ne veux pas qu'on tronçonne les stages".

    Génération Précaire s'insurge. Pour le collectif, rémunérer les stagiaires "à partir de 30% du SMIC" est une "insulte à la jeunesse". Un stagiaire touchera donc près de 380 euros par mois dès le 1er jour, si son stage dure au moins trois mois, selon les calculs de Génération Précaire. Un montant insuffisant qui rend "stériles les discours sur la valeur du travail ou le pouvoir d'achat", estime-t-il. "Le gouvernement traite les stagiaires par le mépris" et la jeunesse est encouragée "à partir à l'étranger" où les stages sont mieux rémunérés, poursuit le collectif.

   

      Source Les Echos : Les stages de plus de trois mois seront rémunérés ...
      Date : 31 janvier 2008

      Tous droits réservés - Les Echos 2008

   

publié dans : Revue de presse

Jeudi 31 janvier 2008


     Au moment ou la crise financière agite les esprits, voici un point de vue de M. François Asselineau, président de l'Union Populaire Républicaine (UPR), un parti souverainiste crée en mars 2007.

     M. Asselineau est inspecteur général des Finances, diplômé de HEC et de l'ENA. Ses activités de haut fonctionnaire lui ont permi de parfaitement maîtriser les questions économiques internationales. Gaulliste, proche de Charles Pasqua, il s'est engagé au Rassemblement pour la France, parti souverainiste crée en 1999 par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Il a été élu Conseiller de Paris en 2001 sur une liste indépendante (un CV qui peut interpeller un citoyen plutôt enclin à voter à gauche...)

    M. Asselineau donne dans toute la France des conférences tout à fait remarquables, fort bien illustrées et argumentées sur le thème de l'Europe.

    En deux mots, sa thèse est que l'Union Européenne est une machine de domination créée après la 2è guerre mondiale par les Etats-Unis à l'aide d'un colossal réseau d'influence piloté par la CIA (c'est un fait historiquement avéré) et dont la plupart des dirigeants actuels sont sous influence directe des Etats-Unis. L'Union Européenne s'est construite et continue à se construire en catimini, en dehors de la volonté des peuples et contre ses intérêts (exemple du traité de Lisbonne). Dans l'état actuel du réseau de contraintes politiques et juridiques mis (volontairement) en place, il considère que l'UE ne peut pas être réformée dans le sens souhaité par les citoyens. Il préconise donc une sortie de la France de l'Union Européenne, et de l'euro.

    C'est donc un discours assez radical, qui remet en cause cinquante ans d'enthousiasme. Il est vrai que l'état du monde après un demi-siècle de bienfaits du leadership américain autorise ces question, mais on pourra toujours objecter l'acte de foi classique : tout ira bien lorsque le processus sera achevé ; ce sera peut-être alors la Fin de l'Histoire...

    Voir la vidéo en 4 parties, extraits d'une conférence donnée au mois de novembre 2007 à Paris. 
    La qualité technique laisse malheureusement à désirer  (
DailyMotion, env. 4 fois 5 mn) :

 

Partie 1                Partie 2                Partie 3                Partie 4

 

            

publié dans : Revue de presse

Mercredi 30 janvier 2008

 

[ Libertés Internets - 29 janvier 2008 ]

   

    [Tim Carr - IES News Service - 24/01/2008]
    Madame Saidi, mère de famille britannique élevant seule ses enfants, avait décidé de faire une surprise à ses filles agées de 15 et 13 ans. Pour les vacances de Noël 2007, elles les emmènerait en vacances pour une semaine de tourisme et de shopping à New-York. Mais peu de temps après son arrivée, affaiblie par la clim’ de l’avion et le froid new-yorkais, Mme Saidi tomba malade. Le médecin appelé à l’hôtel diagnostiqua une infection pulmonaire aigue et fit hospitaliser la mère de famille pour quelques jours.

    L’hôtel informa Mme Saidi que, ses filles étant mineures, elles ne pourraient rester seules à l’hôtel et devaient donc accompagner leur mère à l’hopital.

    A l’hôpital, les infirmières  étaient tout à fait prètes à laisser les deux filles dormir sur des lits pliants à coté de leur mère, étant donné que l’hospitalisation ne devait pas durer plus de deux-trois jours. Mais l’administration de l’hôpital refusa. Pas question de se charger de ces deux enfants mineures, un hôpital n’est pas un hôtel, voyons !

    L’administration téléphona aux services sociaux qui vinrent prendre les deux adolescentes pour les emmener dans un orphelinat municipal, situé dans le New Jersey. A leur arrivée à l’orphelinat, les deux filles - déjà passablement terrorisées par ce qui leur arrivait - furent séparées, entièrement déshabillées, fouillées et interrogées sur leurs “habitudes et mode de vie”, avant d’être enfermées chacune dans une chambre aux fenêtres grillagées pendant 30 heures d’affilée.

    [...]

  

    Lire la suite sur Libertés Internets

   

publié dans : Revue de presse

Mercredi 30 janvier 2008

 

[ de defensa - 30 janvier 2008 ]

   

    Il s’avère que les méthodes d’influence US vers les pays de l’Est et du Sud-Est de l’Europe ne prennent pas de gants. Il s’agit, dans le cas qui nous occupe, de consignes directes, quasiment sous forme de mémos indiquant les choses à faire et les procédures à suivre. Le cas en question est celui du directeur politique du ministère des affaires étrangères slovène, qui a du démissionner. On sera ainsi pleinement rassuré, nous autres Européens, sur l’origine des consignes qui conduisent la politique de la Slovénie pendant sa présidence de l’Union Européenne (1er janvier-30 juin 2008), – c'est-à-dire, notre politique, à nous Européens.

    Voici quelques indications sur le cas, d’après nos sources internes.

    «Le ministère slovène des Affaires étrangères a annoncé mardi la démission de son directeur politique, Mitja Drobnic, soupçonné par la presse d'avoir fait l'objet de “directives” américaines pour la présidence de l'Union européenne exercée depuis ce 1er janvier par la Slovénie. “Le ministre Dimitrij Rupel a accepté la démission du directeur politique, Mitja Drobnic”, a indiqué le ministère dans un communiqué, précisant qu'il serait remplacé par le secrétaire d'Etat Matjaz Sinkovec pour la durée de la présidence, qui s'achèvera le 30 juin.

    »Cette démission suit la publication par le quotidien slovène Dnevnik, la semaine dernière, d'un “document interne” du gouvernement US, avec les “directives” pour la présidence slovène de l'UE. Selon ce document, le secrétaire d'Etat adjoint américain aux Affaires européennes, Daniel Fried, aurait notamment suggéré, lors d'une réunion avec Drobnic à Washington le 24 décembre, que Ljubljana soit “parmi les premiers au sein de l'UE à reconnaître l'indépendance du Kosovo”. Il aurait également insisté sur l'importance du déploiement d'une mission de policiers et juristes de l'UE “malgré les réticences de Moscou et de Belgrade”.»

    Il faut aussitôt ajouter que le ministère d’affaires étrangères n’a pas nié l’existence du document ni son contenu. L’enquête ouverte concerne la “fuite” vers la presse, considérée comme un acte à la fois scandaleux et immoral. Les conditions qui font qu’on accepte de tels documents sont considérées, elles, comme courantes, sauf qu'ils auraient pu, au département d'Etat, traduire leur mémo en slovène.

    Le ministre Rupel a déploré cette affaire. Il faut bien savoir pour quelles raisons qui ont moins la vertu de la logique, sinon de l'héroïsme: «A cause de cela, nous avons des difficultés avec nos interlocuteurs, en particulier américains.». On compatit et on serait presque prêt à aider. La semaine dernière, le Premier ministre Jansaz avait dit qu’il ne faut pas exagérer, que la Slovénie n’a pas l’intention d’exécuter toutes les consignes US pour «en faire la politique de l’UE». On prendrait ses aises jusqu’à envisager de respirer sans l’autorisation de Washington? La crise n’est pas loin.

    La crudité de cette affaire, la brutalité de la méthode US et la façon dont elle semble aller comme un gant aux dirigeants slovènes constituent des références de la situation des pays de l’Est qui ont retrouvé la liberté, – et qui montrent qu’ils savent diablement bien s’en servir, de la liberté. L’entrée dans l’UE de ces pays leur a surtout servi, semble-t-il, à recevoir d’une façon plus directe et efficace les consignes de l’oncle que nous connaissons tous; une sorte de facilité de transmission, en un sens. Tout cela doit ajouter au crédit général de l’Union Européenne et grandir un peu plus la mystique européenne qui nourrit notre pensée politique sur le continent. Nous sommes très heureux et très fiers de nous contempler dans notre miroir, chers Européens.

    Mais n'en faisons pas un drame. Tout cela ne soulève même pas l'une ou l'autre vaguelette dans notre presse officielle et libre. “Business as usual”.

   

    Source de defensa : Les consignes de l'oncle bien connu
    Date : 30 janvier 2008

   

publié dans : Revue de presse

Mardi 29 janvier 2008

[ France Info - 28 janvier 2008 ]

   

   Après avoir dénoncé les activités et les arrestations illégales menées par la CIA sur le territoire européen, les parlementaires du Conseil de l’Europe s’en prennent aux listes noires des Nations unies et de l’Union européenne, sur lesquelles sont fichées des centaines de citoyens, en violation de toutes les règles internationales sur les droits de l’homme.

La lutte contre le terrorisme ne doit pas bafouer les droits fondamentaux. Or actuellement 370 personnes à travers le monde ont leurs avoir gelés et ne peuvent voyager car elles sont inscrites sur une liste noire par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Une soixantaine d’autres personnes, physiques ou morales, figurent sur une autre liste noire de l’Union européenne. Ces sanctions peuvent être imposées "sur la base de simples soupçons". Les personnes ne bénéficient d’aucune possibilité de recours, ne sont généralement même pas informées. Et lorsqu’elles sont blanchies, elles restent inscrites sur ces listes noires. Des "procédures illégales, contraires au droit, insoutenables du point de vue éthique, et surtout indignes d’institutions qui prônent la démocratie et les droits de l’homme" estiment les parlementaires du Conseil de l’Europe, qui ont vivement critiqué ces procédures lors de leur session cette semaine à Strasbourg, tout en réaffirmant la nécessité de ces listes. Ils invitent leurs 47 Etats membres à réexaminer leurs procédures, "afin d’être crédibles et exemplaires dans la lutte contre le terrorisme". Dick Marty, parlementaire suisse et rapporteur du texte, souligne que toutes ces personnes sont de confession musulmane. Pour lui, "l’injustice est la meilleure alliée du terrorisme".  

 

Déclaration de Dick Marty (transcription Opus Incertum) :

    « J’ai rarement été confronté à des situations de flagrante injustice comme dans le cas de ces listes noires. Les personnes qui sont sur la liste perdent finalement tout : ils ont dû fermer leur entreprise, licencier du personnel , voir l’œuvre de leur vie détruite. Ils ne peuvent plus bouger et ne peuvent plus passer une frontière. Ils ne savent pas exactement pourquoi ils sont sur cette liste – on leur dit qu’ils ont financé le terrorisme. Ils ont été l’objet d’enquêtes pénales qui ont duré des années, et qui n'ont rien donné, les procédures ont été classées, les frais mis à la charge de l’Etat ; et ces personnes sont encore sur la liste noire. J’espère que cela va provoquer une prise de conscience surtout de la part des gouvernements Européens qui jusqu’à présent ont été vraiment d’une passivité absolument navrante. Je dois le dire très clairement – c’est mon opinion – parce que toutes les personnes qui sont sur cette liste sont des musulmans. Il faut que ces pays disent nous nous engageons à fond contre le terrorisme mais respectons au moins certaines règles essentielles

   

    Source : France Info, L'Europe au  quotidien
   
Chronique d'Anja Vogel