Jeudi 13 mars 2008

 

[ Courrier International - 13 mars 2008 ]

    

    Les gouvernements doivent se préparer à utiliser l'argent des contribuables pour sauver le système financier, a déclaré mercredi le directeur général adjoint du Fonds monétaire international, John Lipsky. Il faut, selon lui, "envisager l'impensable", c'est-à-dire l'effondrement du système financier mondial, même si ce scénario reste "improbable". Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer "lorsque les solutions du marché ont été épuisées", a affirmé John Lipsky, ajoutant qu'il faut envisager toutes les options, y compris "l'utilisation des fonds publics".

    Autrement dit, traduit le
Financial Times, le FMI est favorable au sauvetage par l'Etat des banques menacées de faillite. Selon l'organisation internationale, certains pays, comme la Chine, devraient également prendre des mesures de relance pour soutenir leur économie. Comme le souligne le Wall Street Journal, cette prise de position marque un tournant pour le FMI, qui prône habituellement l'équilibre budgétaire et la limitation des dépenses de l'Etat, tout en faisant confiance au marché pour soutenir la croissance.

   

 

    Source : Courrier International
    Date : 13 mars 2008
    
    © Courrier international 2008

   

 Lire aussi :

    L'édito du Figaro du 14 mars, :
Penser l'impensable,  par Nicolas Barré 

    La dépêche AFP du 13 mars : 
   
Le FMI prêt à envisager des fonds publics pour sauver le système financier

   

   

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Jeudi 13 mars 2008

 

 [ de defensa - 11 mars 2008 ]

   

    Le choix de l’USAF pour son programme KC-45 en faveur de l’offre EADS/Northrop Grumman et la tempête politique et politicienne qu’il soulève ressuscitent aux USA une ferveur anti-française comme en d'autres temps restés fort suspects dans la Psyché américaniste. Le Figaro du 8 mars faisait un constat attristé, contrastant avec les ambitions de l’ère Sarkozy et les théories diverses des spécialistes parisiens de l’américanisme: «Cette affaire fait brusquement ressortir de vieux arguments anti-français que l'on n'avait pas entendus depuis l'invasion de l'Irak.»

    Les Français ont beaucoup de travail à faire avant d’espérer comprendre la psychologie américaniste, notamment en échangeant un peu de leur intelligence qu’ils ont en grande quantité contre un peu de bon sens venu de l’observation candide des choses. Pour Washington, la victoire de l’équipe EADS (France-Allemagne-Italie-Espagne-UK), associée à Norhtrop Grumman (USA) se résume à une fourberie française réussie par l’intermédiaire d’un “idiot utile” (Northrop Grumman) pour capturer indûment, immoralement et illégalement (par rapport à la vision américaniste du monde) un marché qui devait rester aux USA. Loin d’établir de meilleures relations entre la France et les USA pour la coopération des armements, le marché, – s’il survit en l’état, ce qui est loin d’être évident, ce qui l’est de moins en moins chaque jour, – ce marché va conduire à un redoublement de méfiance agressive des USA à l’encontre de la France.

    D’ores et déjà, on constate que Northrop Grumman, qui ne peut s’isoler complètement des forces politiques aux USA, tente désespérément d’ “américaniser” le marché. Son “press release” du 10 mars est une longue plaidoirie résumée par cette phrase en fin de communiqué, remarquable par la dénomination de l’avion (“Northrop Grumman KC-45A” et non “Northrop Grumman/EADS KC-45A”): « The Northrop Grumman KC-45A will include approximately 60 percent U.S. content. It is America's tanker.» Il n’est pas dit que l’alliance entre Northrop Grumman et EADS résiste à la tempête politique dont nous humons les premiers souffles, parce que les intérêts de Northrop Grumman sont évidemment de rester dans les meilleurs termes possibles avec le monde politique washingtonien et éventuellement avec le Pentagone (si le Pentagone évoluait vers une attitude où il tendrait à revenir sur l’engagement de l’USAF, si l’USAF elle-même jugeait de ses intérêts par rapport au Congrès d’évoluer elle aussi).

    Dans le meilleur de cas (l’actuel vainqueur restant le bénéficiaire du contrat), tout sera fait pour transformer le KC-45 en un produit le plus “américanisé” possible. EADS aura gagné un beau contrat mais ne sera en aucun cas institué comme “fournisseur” du Pentagone. Industriellement, l’affaire aura été bonne, et technologiquement une belle démonstration pour l’Europe (la France). Mais politiquement, ce sera nécessairement une réaffirmation brutale du refus de l’ouverture loyale du marché de la défense US aux contractants non-US. (Seul BAE échappe à cette loi d’airain, et l’on sait pourquoi, et l’on sait pourquoi depuis longtemps.) Encore parlons-nous du “meilleur des cas”, qui comprendrait bien évidemment une forte probabilité que Northrop Grumman et EADS fassent une croix sur les autres contrats du programme (les 300-400 ravitailleurs à venir après les 179 du premier contrat).

    Politiquement, il devient de plus en plus probable que le “triomphe” du KC-45 va se transformer en défaite politique majeure pour tout projet de “coopération transatlantique structurée” (si cette chose existe) où la France aurait une place importante. (Nous parlons encore moins d’“Europe” puisque, pour les Américains, EADS c’est la France; si cela ressort d’une obsession psychologique d’un côté, d’un autre côté ce n’est pas si mal vu.) L’affaire KC-45 servira sans doute, pour un temps avant que ne renaissent les illusions, à rappeler à tout le monde et aux rêveurs français des alentours de Sarkozy en premier, que la coopération transatlantique fonctionne lorsque l’Européen achète américain (cas du JSF), lorsque l’Européen l’est autant que Boeing, Lockheed Martin ou Northrop Grumman (cas de BAE), c’est-à-dire lorsque les USA pilotent la chose et qu’on se tient bien dans les rangs. Tous les autres cas sont classés sous la rubrique “fourberie française”. Ainsi fonctionnent-ils et ainsi soit-il.

   

    Source : de defensa
    Date : 11 mars 2008

   

   

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Jeudi 13 mars 2008

  

[ Contre Info - 11 mars 2008 ]

   

« Le Hamas existe. On ne peut l’ignorer. Nous devons conclure un cessez-le-feu avec lui. Pas un simulacre d’offre comme « si vous arrêtez de tirer d’abord, alors nous arrêterons de tirer. » Un cessez-le-feu, comme un tango, nécessite deux participants. Il doit résulter d’un accord détaillé incluant la cessation de toutes les hostilités, armées ou autres, dans tous les territoires. »

  

« Tue une centaine de turcs, puis repose-toi... »
Par Uri Avnery, Gush Shalom, 8 mars 2008

   

    Cette semaine, Je me suis rappelé une vieille légende à propos d’une mère juive faisant ses adieux à son fils, qui a été appelé sous les drapeaux de l’armée du Tsar contre les Turcs. “Ne t’expose pas trop”, le prévient-elle, “tue un turc, puis repose-toi. Tue en un autre, puis repose-toi encore...”

“Mais Mère, s’exclame-t-il, et si le turc me tue ?”

“Te tuer ? s’écrie-t-elle, et pourquoi ? Que lui as-tu fais ?”

    Ca n’est pas une plaisanterie (ce n’est pas une semaine à plaisanter). C’est une leçon de psychologie. Je m’en suis rappelé alors que je lisais la déclaration d’Ehud Olmert déclarant que rien ne l’avait rendu plus furieux que les explosions de joie à Gaza après l’attaque à Jérusalem, dans laquelle huit étudiants d’une yeshiva ont été tués.

    Auparavant, la semaine dernière, l’armée israélienne a tué 120 palestiniens dans la bande de Gaza, la moitié étant des civils, parmi lesquels des douzaines d’enfants. Cela n’était pas “tue un turc puis repose-toi”. C’était “tue cent turcs puis repose-toi”. Mais Olmert ne comprend pas.

    La Guerre des Cinq Jours à Gaza (ainsi que l’appelle le dirigeant du Hamas) ne fut qu’un autre court chapitre du conflit Israélo-Palestinien. Ce monstre sanglant n’est jamais satisfait, son appétit ne fait que grandir en mangeant.

    Ce chapitre a commencé par “l’assassinat ciblé” de cinq responsables du Hamas à l’intérieur de la Bande de Gaza. La “réponse” fut une salve de roquettes, et cette fois non seulement sur Sderot, mais aussi sur Ashkelon et Netivot. La “réponse” à la “réponse” fut l’incursion de l’armée et la tuerie en masse.

    Le but proclamé, comme toujours, était de stopper le lancement de roquettes. Le moyen : tuer un maximum de palestiniens, pour leur donner une leçon. La décision était basée sur le concept israélien habituel : frapper la population civile encore et encore, jusqu’à ce qu’elle rejette ses dirigeants. Cela a été tenté des centaines de fois et a échoué des centaines de fois.

    Comme si la folie des propagateurs de ce concept n’avait pas été déjà démontrée, l’ex-général Matan Vilnai en a donné la preuve en déclarant à la télévision que “les Palestiniens attirent sur eux une Shoah”. Le mot hébreux Shoah est connu dans le monde entier, et a un sens très clair : l’holocauste mené par les Nazis contre les juifs. L’expression utilisée par Vilnai se propagea comme un feu de paille à travers le monde arabe et déclencha une onde de choc. J’ai moi-même reçu des douzaines d’appels et de message email du monde entier. Comment convaincre les gens que dans l’usage commun, Shoah veut “seulement” dire un grand désastre, et que le General Vilnai, ancien candidat au poste de chef d’état major, n’est pas la personne la plus intelligente ?

    Il y a quelques années, le président Bush a appelé à une “Croisade” contre le terrorisme. Il ne savait absolument pas que pour des millions d’arabes, le mot “Croisade” évoque l’un des plus grands crimes de l’histoire de l’humanité, le massacre affreux commis par les premiers croisés contre les musulmans (et les juifs) dans les ruelles de Jérusalem. Dans un concours d’intelligence entre Bush et Vilnai, le résultat, s’il y en avait un, serait incertain.

    Vilnai ne comprend pas ce que le mot “Shoah” veut dire pour les autres, et Olmert ne comprend pas pourquoi Gaza se réjouit après les attaques contre la yeshiva de Jérusalem. Des hommes aussi avisés dirigent le pays, le gouvernement et l’armée. Des hommes aussi avisés contrôlent l’opinion publique à travers les médias. Voici ce qu’ils ont tous en commun : le peu de sensibilité aux sentiments de ceux qui ne sont pas juifs/israéliens. De là découle leur incapacité à comprendre la psychologie de l’autre camp, et finalement les conséquences de leurs déclarations et de leurs actions.

    Cela montre également leur incapacité à comprendre pourquoi le Hamas clame victoire après la Guerre des Cinq Jours. Pourquoi victoire ? Après tout, seuls deux soldats israéliens et un civil israélien furent tués, comparés aux 120 palestiniens tués, combattants et civils.

    Mais cette bataille s’est livrée entre l’une des armées les plus puissantes du monde, équipée des armes les plus modernes, et quelques milliers d’irréguliers avec des armes primitives. Si la bataille se termine sur un match nul, et de telles batailles finissent toujours par un match nul, cela devient une grande victoire pour le camp le plus faible. Ce fut le cas lors de la deuxième guerre du Liban et dans cette guerre de Gaza.

    (Benyamin Netanyahou fit cette semaine une des déclarations les plus idiotes, lorsqu’il a demandé que “l’armée israélienne passe de la guerre d’usure à la décision”. Dans un tel conflit, il n’y a jamais de décision.)

    L’effet réel d’une telle opération n’est pas décrit par les faits matériels et le quantitatif : tant de morts, tant de blessés, tant de destruction. Il s’exprime à travers des conséquences psychologiques qui ne sont pas mesurables, et restent donc étrangères aux cerveaux des généraux : combien de haine a été ajoutée à la poudrière, combien de kamikazes potentiels, combien de personnes ont juré vengeance et sont devenues des bombes à retardements, comme cette semaine ce jeune de Jérusalem qui se réveilla un matin, se procura une arme, alla à la yeshiva Mercaz Harav, la mère de toutes les colonies, et tua autant qu’il le put.

    En ce moment, les dirigeants politiques et militaires se réunissent pour discuter de la marche à suivre et comment “répondre”. Aucune idée nouvelle ne vient, ni ne surgira, car aucun de ces politiciens et généraux ne sont capables d’élaborer une idée nouvelle. Ils peuvent seulement revenir aux centaines de choses qu’ils ont déjà fait, et qui ont échoué des centaines de fois.

    Le premier pas pour sortir de cette folie est la capacité de remettre en question tous nos concepts et méthodes de ces 60 dernières années et de tout repenser depuis le début.

    C’est toujours difficile. C’est encore plus difficile pour nous, car nos dirigeants n’ont aucune ouverture d’esprit - leur pensée suit de très près la pensée des dirigeants américains.

    Cette semaine, un document absolument choquant a été publié : un article de David Rose pour Vanity Fair, qui décrit comment les officiels américains ont dictés ces dernières années chaque pas des dirigeants palestiniens, jusqu’aux détails les plus minutieux. Bien que l’article n’évoque pas les relations Israélo-Palestiniennes (ce qui est en soi une omission surprenante), cela va sans dire que le discours américain, y compris dans les éléments les plus ténus, est coordonné avec le gouvernement israélien.

    Pourquoi choquant ? Rien de nouveau, en termes généraux. Dans ce contexte, cet article ne présente aucune surprise :

a) les américains ont ordonné à Mahmoud Abbas de tenir des élections parlementaires, afin de présenter Bush comme le faiseur de démocratie au Moyen-Orient.

b) le Hamas fut la gagnant surprise.

c) Les américains imposèrent un boycott des palestiniens afin rendre nuls les résultats de l’élection.

d) Abbas divergea un moment de la politique qu’on lui dictait et sous les auspices de l’Arabie Saoudite (et la pression) conclut un accord avec le Hamas.

e) les américains mirent fin à cet accord et obligèrent Abbas à confier la direction de tous les services de sécurité à Muhammad Dahlan, qu’ils choisirent pour le rôle de l’homme fort de la Palestine,

f) les américains procurèrent argent et armes en grandes quantités à Dahlan, entraînèrent ses hommes et lui ordonnèrent d’exécuter un coup d’état militaire contre le Hamas dans la bande de Gaza,

g) le gouvernement Hamas élu prévint ce coup et entreprit son propre contre-coup d’état.

    Encore une fois, rien de nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que le mélange d’informations, de rumeurs et de suppositions perspicaces s’est condensé dans un rapport référencé et appuyé par des preuves, basé sur des documents américains officiels. Il témoigne de l’ignorance abyssale des américains, qui dépasse même l’ignorance israélienne, des processus internes des palestiniens.

    George Bush, Condoleezza Rice, le néocon sioniste Elliott Abrams et une brochette de généraux américains, dénués de toute connaissance, rivalisent avec Ehud Olmert, Tzipi Livni, Ehud Barak et notre propre brochette de généraux, dont la compréhension ne va à peine plus loin que le bout du canon de leur tanks.

    En attendant, les américains ont détruit Dahlan en exposant publiquement son rôle d’agent pour eux, avec pour ligne de conduite : “c’est un fils de pute mais c’est notre fils de pute”. Cette semaine Condoleezza porta un coup mortel à Abbas. Il avait annoncé dans la matinée qu’il suspendait les négociations de paix (insignifiantes) avec Israël, c’est-à-dire le minimum qu’il pouvait faire en réponse aux atrocités de Gaza. Rice, qui pris connaissance de l’information alors qu’elle prenait son petit-déjeuner en l’excitante compagnie de Livni, appela immédiatement Abbas et lui ordonna d’annuler son annonce. Abbas capitula et s’exposa ainsi à son peuple dans toute sa faiblesse.

    La Logique n’a pas été donnée en partage au peuple d’Israël sur le Mont Sinaï, mais a été offerte depuis le Mont Olympe aux grecques de l’antiquité. Malgré cet inconvénient, essayons de l’appliquer.

    Qu’est ce que notre gouvernement tente de faire à Gaza ? Il veut renverser le Hamas (et dans la foulée mettre fin aux tirs de roquettes contre Israël).

    Il a tenté de réaliser cela en imposant un blocus total sur la population, espérant qu’elle se rebellerait et renverserait le Hamas. Echec. Une alternative serait de réoccuper toute la Bande. Cela coûterait cher en vie de soldats, peut-être plus que ce que l’opinion publique israélienne n’est prêt à payer. Par ailleurs, cela ne résoudra rien, puisque le Hamas reviendra lorsque les troupes israéliennes se retireront. (Appliquant ainsi la première règle énoncée par Mao Zedong pour les guérillas : “quand l’ennemi avance, retirez-vous. Quand l’ennemi se retire, avancez.”

    Le seul résultat de la Guerre des Cinq Jours est le renforcement du Hamas et le ralliement du peuple palestinien derrière lui, pas seulement dans la bande de Gaza, mais dans toute la Cisjordanie et à Jérusalem. La célébration de leur victoire était justifiée. Le lancement des roquettes ne s’arrêtera pas. Leur portée augmente.

    Mais supposons que cette politique avait réussi et que le Hamas avait été brisé. Ensuite ? Abbas et Dahlan ne pourraient que se soumettre aux tanks israéliens, comme sous-traitant de l’occupation. Aucune compagnie d’assurance ne voudrait les assurer sur la vie. Et si ils ne se soumettaient pas, ce serait le chaos, duquel des forces extrémistes émergeraient, telles que l’on ne peut même pas l’imaginer.

    Conclusion, le Hamas est là. Il ne peut pas être ignoré. Nous devons conclure un cessez-le-feu avec lui. Pas une offre honteuse de “si vous cessez de tirer d’abord, nous cesserons de tirer”. Un cessez-le-feu, comme un tango, nécessite deux participants. Il doit provenir d’un accord détaillé qui inclut la cessation de toute hostilité, armée ou autre, dans tous les territoires.

    Le cessez-le-feu ne tiendra pas si il n’est pas accompagné par des négociations accélérées pour un armistice à long terme (hudna) et la paix. De telles négociations ne peuvent pas être tenues avec le Fatah sans le Hamas, ou avec le Hamas sans le Fatah. Ainsi, nous avons besoin d’un gouvernement palestinien qui inclut ces deux mouvements. Il doit comprendre des personnalités qui parlent à tout le peuple palestinien, tel que Marwan Barghouti.

    C’est l’exact opposé de la politique israélo américaine actuelle, qui interdit à Abbas ne serait-ce que de parler avec le Hamas. Chez tous les dirigeants israéliens, comme chez tous les dirigeants américains, il n’y a personne pour oser le proposer ouvertement. Ainsi, ce qui a été, sera.

    Nous tuerons une centaine de turcs et nous reposerons. Et de temps en temps, un turc viendra et tuera quelques uns d’entre nous.

    Mais pourquoi, enfin ? Qu’est ce que nous leur avons fait ?

   

    Source : Contre Info, publication originale Gush Shalom,
    Auteur Ury Avnery
    T
raduction NS pour Contre Info
    Date : 11 mars 2008

   

  

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Jeudi 13 mars 2008


 [ Le Monde - 10 mars 2008 ]

    Le président George Bush l'avait annoncé, il l'a fait : vendredi 7 mars, il a opposé son veto à une loi adoptée par le Congrès américain à la fin du mois de février, interdisant l'usage des méthodes "poussées" d'interrogatoires des "combattants ennemis illégaux", nom donné aux personnes soupçonnées d'appartenir à Al-Qaida. La principale méthode visée est le waterboarding, un simulacre de noyade basé sur la torture dite de "la baignoire". Après la Chambre des représentants, le Sénat avait voté l'interdiction de ces méthodes par 51 voix contre 45.

    Une fois de plus, le président a entaché la moralité de notre nation", a réagi le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid. Son homologue à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a jugé que "l'échec de l'interdiction légale des tortures sévères fait courir un risque au personnel militaire et diplomatique américain et sape la qualité du renseignement recueilli".

    Le directeur de l'Union américaine des libertés civiques, Anthony Romero, a estimé que les Etats-Unis "continueront, malgré le vote du Congrès, à se conduire de manière inhumaine et atroce". "Le président Bush restera dans l'histoire comme le président de la torture", a conclu la responsable du dossier du contre-terrorisme d'Human Rights Watch, Jennifer Daskal. Même réaction du sénateur démocrate Ted Kennedy, pour qui il s'agit "d'un des actes les plus honteux" de la présidence de George Bush. Candidat républicain à l'élection présidentielle, John McCain a, quant à lui, toujours manifesté son opposition à l'usage de la torture.

    "Devant la persistance des dangers, nous devons assurer aux responsables de nos services de renseignement qu'ils disposent de tous les moyens nécessaires" pour mener la lutte contre "les terroristes", a dit le président pour justifier so veto lors d'une allocution. Il a reproché au texte de loi voté par le Congrès son inefficacité : il "n'interdit aucune méthode d'interrogatoire" tout en empêchant l'usage des "procédures alternatives mises en œuvre pour interroger les terroristes les plus violents au monde", a-t-il expliqué.

SIMULACRE DE NOYADE

    Les manuels militaires américains excluent expressément les méthodes d'interrogatoire telles que le simulacre de noyade. Mais la Maison Blanche argue que la CIA n'est pas soumise aux mêmes règles, dès lors qu'elle est confrontée à des "combattants illégaux" qui n'opèrent pas dans le cadre des méthodes traditionnelles de combat. Son directeur, le général Michael Hayden, assure que le "programme" d'interrogatoire de la CIA est "conforme aux conventions de Genève et à la législation américaine". Selon lui, seules trois des personnes aujourd'hui détenues dans la prison de Guantanamo ont été soumises au waterboarding, dont Khaled Cheikh Mohammed, considéré comme le planificateur des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, arrêté en 2002. Cette méthode n'a, selon lui, plus été mise en œuvre depuis.

    Le directeur national du renseignement, Mike McConnell, avait indiqué il y a un mois qu'elle continuait cependant de faire partie des méthodes utilisables, à condition d'avoir été spécifiquement autorisée par le président et approuvée par le ministre de la justice. Ce dernier, Charles Mukasey, nommé à l'automne 2007, avait refusé de caractériser le simulacre de noyade comme une "torture" lors de ses auditions devant les parlementaires.

   

    Source : lemonde.fr
    Auteur : Sylvain Cypel, correspondant à New York
    Date : 10 mars 2008
    
    © Le Monde.fr

   

   

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Lundi 10 mars 2008

 

[ Le Monde - 9 mars 2008 ]

   

    Ce n'est pas un sondage ordinaire sur l'état de l'armée américaine : le parti pris de la revue Foreign Policy et de l'institut d'études Center for a New American Security a été de choisir un échantillon de 3 437 officiers supérieurs en activité et à la retraite, à partir du grade de commandant. Leurs réponses permettent de brosser un tableau plutôt sombre de l'état de préparation des forces armées des Etats-Unis, en raison de leur très forte mise à contribution en Irak et en Afghanistan.

    Si, dans l'ensemble, la haute hiérarchie militaire continue de croire que le moral des soldats reste fort (64 % sont de cet avis), 60 % des officiers estiment qu'en raison des conflits irakien et afghan, l'armée américaine est plus faible aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a cinq ans. 88 % d'entre eux jugent que ces deux théâtres d'opérations ont dangereusement sollicité les effectifs, et 80 % des officiers estiment qu'il serait "déraisonnable" d'attendre de l'armée, compte tenu de son "stress" actuel, qu'elle se lance dans une troisième guerre majeure avec des chances de succès.

    Parmi les différentes armes, l'état de l'armée de terre et du corps des marines (en première ligne sur les fronts irakien et afghan) est jugé le plus préoccupant, alors que la Navy et l'armée de l'air apparaissent relativement épargnées. Sur une échelle de 1 à 10, l'armée de terre n'atteint pas la moyenne s'agissant de sa capacité à être rapidement déployée sur le terrain. Les marines franchissent tout juste ce seuil, mais ils sont aisément dépassés par la Navy et l'armée de l'air.

    Cette enquête de Foreign Policy a été menée alors qu'à la date du 2 mars, l'armée américaine comptait 3 973 morts au combat en Irak, et environ 25 000 blessés. Bien qu'elle ait été critiquée pour avoir mélangé officiers d'active et à la retraite, cette enquête est l'une des plus complètes de ce genre réalisées depuis plusieurs décennies. Elle donne de précieuses indications sur les jugements que porte la haute hiérarchie militaire sur les décideurs politiques.

    Une large majorité d'officiers (66 %) pense que les hommes politiques américains sont plutôt mal ou très mal informés à propos de l'armée. Leur confiance dans le Congrès est très faible (2,7 sur une échelle de 1 à 10), alors que le chef de la Maison Blanche et le ministère de la défense obtiennent tout juste la moyenne (respectivement 5,5 et 5,6). Ils sont ainsi très critiques sur certaines décisions prises à propos de l'Irak, 77 % d'entre eux estimant que les responsables politiques ont fixé des objectifs irréalistes aux forces armées dans la période post-Saddam Hussein.

    Le fait d'avoir démobilisé l'armée irakienne est jugé très négativement, de même que la décision d'abaisser le seuil des critères de recrutement exigés pour intégrer l'armée américaine. Dans les faits, il s'agit d'admettre des recrues ayant commis des délits graves, afin de compenser la crise du recrutement. En 2003, l'armée de terre avait accordé 4 644 de ces "dispenses morales", contre 12 057 en 2007. Pour relever le défi des effectifs, les officiers sont favorables à l'incorporation de jeunes d'un niveau scolaire inférieur et au renforcement des primes d'engagement. Ils sont 78 % à préconiser un allégement des conditions permettant aux immigrés de servir dans l'armée en échange de l'obtention de la citoyenneté américaine. 38 % souhaitent un retour de la conscription, et 22 % se disent d'accord pour que les gays et les lesbiennes puissent servir ouvertement.

    Sans surprise, les officiers ne pensent pas que les tâches de reconstruction soient du ressort des militaires, et ils ont une opinion mitigée sur le rôle des sociétés privées en Irak. Ils ne sont que 4 % à estimer que les membres des sociétés de sécurité (comme Blackwater) doivent patrouiller dans les villages, et 23 % seulement à approuver le fait qu'ils assurent la sécurité dans la "zone verte" de la capitale. S'agissant de la torture, les opinions sont moins tranchées : 53 % estiment qu'elle n'est "jamais acceptable", alors que 44 % ne sont pas d'accord avec ce jugement. De même, alors que 46 % pensent que le "waterboarding" (simulation de noyade), relève de la torture, 42 % sont d'un avis contraire.

   

    Source : Le Monde
    Auteur : Laurent Zecchini
    Edition du 9 mars 2008
    
     © Le Monde.fr 

    

  

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Lundi 10 mars 2008

   

[ Le Figaro - 4 mars 2008 ]

Le GUD aurait reçu des enveloppes d'argent liquide pour payer des colleurs d'affiches durant la campagne présidentielle de 1974.

   

    Les fonds secrets de l'UIMM ont-ils transité par l'extrême droite étudiante française ? Et la campagne électorale de 1974 de Valéry Giscard d'Estaing en a-t-elle indirectement tiré profit ? Ces questions sont désormais posées dans le cadre de l'enquête sur les caisses noires de l'UIMM. Les vitrines successives de l'extrême droite étudiante Occident, Ordre nouveau puis GUD (Groupe Union Droit puis Groupe Union Défense) pourraient donc être une première clé dans l'instruction conduite depuis le 4 décembre par le juge Roger Le Loire qui, sur le même sujet, a convoqué à titre de témoin Yves Bertrand, directeur central des Renseignements généraux entre 1992 et 2004.

    Dans l'enquête, cette hypothèse trouve ses origines dans l'audition du délégué général adjoint de l'UIMM, Dominique de Calan, le 13 février dernier. Ce jour-là, juste avant d'être mis en examen à son tour, il évoque devant les enquêteurs de la brigade financière des «organismes universitaires» qui auraient bénéficié des fonds en liquide distribués par l'union patronale. Aucun détail supplémentaire n'est alors fourni.

    Mais cette théorie est nourrie par le livre de Yves Bertrand, Je ne sais rien mais je dirai presque tout, sorti en septembre 2007. À la page 153, cet ancien grand policier va plus loin. Selon lui, «seuls quelques naïfs croient encore que Giscard a pu mener campagne, en 1947, avec les maigres moyens des Républicains indépendants : sa logistique, son service d'ordre, ce sont les “petits gars” d'Ordre nouveau qui les ont assurés, grâce aux enveloppes en liquide de l'Union des industries métallurgiques et minières, la fameuse UIMM, dont la gauche ne s'est jamais privée de rappeler qu'elle descendait de l'ancien Comité des forges, le bastion des 200 familles». C'est pour en savoir plus que le juge souhaite entendre Yves Bertrand. Il est convoqué comme témoin le 13 mars.

    Membre d'Occident jusqu'en 1968 puis membre de l'équipe de campagne de VGE, l'ancien ministre Alain Madelin livre des précisions. Joint par Le Figaro , il affirme : «La thèse d'Yves Bertrand est un raccourci un peu intrépide. Que l'UIMM soutienne Giscard via le CNPF (Centre national du patronat français, l'ancêtre du Medef), pourquoi pas ? Mais qu'ils aient payé directement le GUD, c'est absurde.»

Un système généralisé

    Selon lui, le financement des meetings de VGE en 1974 était géré par Hubert Bassot, aujourd'hui décédé. Cet ancien député, fervent partisan de l'Algérie française, avait notamment participé à la revue L'Esprit public , proche de l'OAS. C'est lui qui servait d'intermédiaire discret entre les mouvements étudiants d'extrême droite et le patronat. Tellement discret que Valéry Giscard d'Estaing affirme n'avoir jamais eu connaissance de telles ramifications. « Qu'un mouvement d'extrême droite puisse coller mes affiches de campagne relève de l'invraisemblable» , nous confiait lundi l'ancien président de la République.

    Ce système de financement par le patronat était généralisé, accuse pour sa part Yves Bertrand, interrogé lundi soir par Le Figaro : «Ce que j'ai écrit pour VGE est valable pour toute la classe politique. Le patronat saupoudrait tous ceux qui pouvaient avoir une responsabilité locale ou nationale.» L'ancien policier, cependant, avoue ne pas connaître les circuits de financement via les «organismes universitaires».

    Juridiquement, la piste d'un financement étudiant ou politique présente un risque important pour les dirigeants de l'instance patronale qui, jusque-là, ont toujours affirmé que les fonds étaient distribués dans le cadre de pratiques institutionnalisées au sein de l'UIMM. Traduction : elles ne seraient juridiquement pas un «abus de confiance» puisqu'elles ne sortiraient pas du mandat donné au délégué général par son bureau. Mettant en avant la loi Waldeck Rousseau de 1884 sur le statut des syndicats, Denis Gautier-Sauvagnac a jusque-là répété que les fonds étaient destinés «aux représentants des organismes participant à la vie sociale de notre pays».

    Confronté pour l'instant à cette unique phrase d'explication, le juge d'instruction Roger Le Loire cherche actuellement à savoir quelles directions ont pu prendre les 18,9 millions d'euros sortis des caisses entre 2000 et 2007. La brigade financière doit procéder d'ici à la fin du mois à plusieurs vérifications.

    Les fortes rivalités internes au patronat qui sont apparues depuis trois jours sont-elles de nature à relancer l'enquête ? Jusque-là, pas un seul nom de bénéficiaire n'a été prononcé depuis que l'affaire a été révélée le 26 septembre par Le Figaro .

   

    Source : Le Figaro
    Auteur : Mathieu Delahousse et Anne Jouan
    Date : 4 mars 2008
    
   

  

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Lundi 10 mars 2008


[ Contre Info - 9 mars 2008

   

« Les banques de Wall Street, font face à un choc « systémique d’appel de marge » qui pourrait leur faire perdre 325 milliards de dollars en raison de la détérioration des titres subprime, affirme la banque JP Morgan Chase dans un rapport publié ce vendredi. » Le Tsunami de la crise du crédit enfle de jour en jour et prend la tournure d’un désastre majeur qui risque de dévaster l’économie réelle. Attachez vos ceintures, la crise ne fait que commencer et s’annonce sévère.

   

Par Walden Siew, Reuters, 8 mars 2008

   

    JP Morgan, qui a envoyé un avis de défaut à la Thornburg Mortgage Inc après que cette entreprise n’ait pu honorer un appel de marge de 28 millions estime que ces appels de marge et les défauts de paiement qu’ils provoquent vont s’amplifier. Un fonds d’investissement appartenant au Carlyle Group a également fait défaut sur un appel de marge de 37 millions de dollars cette semaine.

    « Un credit crunch systémique est en cours, provoqué par les dépréciations de titres subprime auxquelles les banques ont procédé, » avertit ce rapport co-signé par l’analyste Christopher Flanagan. « Nous pourrions décrire cette situation comme celle d’un d’appel de marge systémique. »

    La crise du crédit qui a commencé il y a environ un an va probablement s’intensifier après la publication vendredi des mauvais chiffres sur l’emploi aux USA, qui « signalent très certainement une récession », estime la JPMorgan.

    Le coût de la prime de risque associée aux obligations émises par les entreprises a atteint un nouveau record vendredi, dépassant les niveaux observés en octobre 2002 lors de l’explosion des faillites qui avait suivi l’éclatement de la bulle Internet. Les employeurs US ont procédé à des réductions d’effectifs en février pour le deuxième mois consécutif, détruisant 63000 emplois, ce qui représente la plus importante baisse mensuelle depuis près de cinq ans, selon le ministère du Travail américain.

    « La faiblesse des chiffres de l’emploi en février indique que l’économie est en récession » constate la JP Morgan.

    Le document de la JP Morgan contient de sombres prévisions pour l’immobilier lié au subprime. La banque, prévoit que la chute des prix dans le secteur atteindra 30%, au lieu de 25% dans sa précédente prévision. Ces prix ont baissé de 14% depuis la mi-2006, indique JP Morgan.

    La publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis intervient après l’annonce par la Fed qu’elle allait augmenter le montant de ses prêts à court terme (TAF) de 100 milliards de dollars afin de rassurer les marchés du crédit. La situation des assureurs obligataires, les monolines, et leurs efforts pour garder leurs notations pèse également sur l’atmosphère des marchés.

   

    Source : Contre Info, d'après Reuters
    Auteur : Walden Siew
    Traduction :
Contre Info
    Date : 8 mars 2008

   

    

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Lundi 10 mars 2008

 

[ Le Temps - 8 mars 2008 ]

   

Le «casse-toi, pauv' con» suscite bien des interrogations. Décryptage avec Pascal de Sutter, spécialiste du psychisme des hommes politiques.



Nicolas Sarkozy:«Le trait narcissique-compensatoire a des aspects positifs: c’est une personnalité inventive, imaginative, qui n’a pas peur de bousculer les règles établies.»Photo: Keystone
 Sylvain Besson, Paris, Samedi 8 mars 2008

   

    Tapez «Sarkozy est-il fou?» sur Google et vous obtiendrez 150000 réponses. Dont bon nombre sont effectivement des sites consacrés à la santé mentale du président français. Depuis le «casse-toi alors, pauv' con» lâché à un importun au Salon de l'agriculture, le 23 février, la psychologie du chef de l'Etat est devenue l'objet d'analyses innombrables, quoique souvent farfelues.

    François Léotard, ancien ministre de droite qui vient de publier un pamphlet anti-Sarkozy (Ça va mal finir, chez Grasset), livre un bon résumé des doutes qui pèsent sur le psychisme présidentiel. Les hommes politiques ont tous leur petit grain de folie, explique-t-il au Temps, car «la recherche du pouvoir implique un ego un peu différent». Mais la «psychologie défaillante» de Nicolas Sarkozy l'inquiète: il décèle chez lui une «forme de narcissisme très forte», de l'agressivité et un «comportement infantile» qui seraient «le résultat d'une incertitude profonde sur lui-même».

    Ces critiques ne sont pas isolées. Sur Internet et dans les médias, le président français est décrit comme névrosé, borderline, dépressif... mais pour le psychologue belge Pascal de Sutter, professeur à l'Université de Louvain-la-Neuve, tous ces diagnostics sont faux. Interview.

    Le Temps: Avant l'élection présidentielle, vous aviez décrit Nicolas Sarkozy comme une personnalité «ambitieuse-dominante» avec une tendance «narcissique-compensatoire». Ce profil est-il encore valable aujourd'hui?

    Pascal de Sutter: Je pense que oui. Nicolas Sarkozy a fondamentalement des complexes sous-jacents qu'il ne parvient pas à surmonter. Même après avoir été élu, il doit prouver à tout le monde qu'il peut faire des choses extraordinaires. Contrairement à Jacques Chirac qui est devenu beaucoup plus calme après son élection, il doit toujours en faire trop parce qu'il a besoin d'être aimé, reconnu, admiré.

- D'où viennent les complexes que vous évoquez?

- On a ri du fait qu'il ait évoqué son «enfance difficile» alors qu'il a grandi dans les quartiers bourgeois de l'ouest parisien. Mais dans ce milieu, il était le pauvre parmi les riches: son père avait plus ou moins disparu, sa mère dépendait de son oncle, on s'est beaucoup moqué de lui, de sa taille. Certes, il allait en vacances à Saint-Tropez, mais c'était dans la villa des autres. Normalement, une fonction de prestige permet de surmonter ces humiliations. Mais lui doit compenser continuellement, car même être président, ce n'est pas assez.

- Le fait d'être «narcissique-compensatoire» pose-t-il problème pour exercer ses fonctions?

- Là où c'est embêtant, c'est sur la scène internationale, où son manque de retenue risque de le faire passer pour un guignol. C'est lié à sa difficulté à la modération: avant, il avait une carotte - devenir président - qui pouvait modérer son côté excessif, bagarreur de bas de gamme. Maintenant qu'il est au sommet, il n'a plus tellement de garde-fous. Cela dit, je ne m'inquiète pas trop pour lui car il va sûrement rebondir à la faveur d'un incident, d'une crise quelconque. Le trait narcissique-compensatoire a des aspects positifs: c'est une personnalité inventive, imaginative, qui n'a pas peur de bousculer les règles établies.

- La psychologie de Nicolas Sarkozy se rapproche-t-elle de celles d'autres dirigeants?

- Churchill et de Gaulle étaient un peu dépressifs, François Mitterrand mégalomane... Je le comparerais plutôt à Napoléon, Mussolini ou au président américain Jimmy Carter.

- Nicolas Sarkozy est-il «fou», comme l'ont prétendu certains?

- Non, c'est exagéré. Ce n'est pas le diagnostic que je poserais. Etre fou, pour moi, c'est être dysfonctionnel, c'est ne plus pouvoir assumer ses fonctions. Il n'en est pas au stade où il doit être hospitalisé. En revanche, il est probable que seul un grave échec personnel, comme se faire massacrer aux élections, pourrait le guérir.

   

*Ces fous qui nous gouvernent, comment la psychologie permet de comprendre les hommes politiques,Pascal de Sutter, Paris, Les Arènes, 2007.


Petites phrases qui hantent son esprit


Dans son livre Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter décrit les pensées, ou «cognitions», qui influencent le comportement de personnalités «narcissiques compensatoires» comme Nicolas Sarkozy: «Tout le monde doit voir ma réussite pour ne pas voir mes défauts»; «je suis tellement imparfait que je dois être approuvé d'autres manières»; «je dois dominer la vie»; «je dois être exigeant avec moi-même»; «je dois toujours avoir raison (car reconnaître mes torts est humiliant)»; «je dois transformer le monde autour de moi pour confirmer ma propre personnalité»: «je dois être un personnage hors du commun»; «j'ai un immense désir de donner aux gens un sentiment de sécurité»...

    

    Source : Le Temps (Genève)
    Auteur : Sylvain Besson
    Date : 8 mars 2008
        
    © Le Temps, 2008 . Droits de reproduction et de diffusion réservés.

   

   

 

 

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Lundi 10 mars 2008


 [ Mecanopolis - 7 mars 2008 ]

   

Le texte qui suit est la traduction en français d’un article écrit par Daniele Ganser [1], historien de l’Université de Zurich. Il y aborde de manière sereine certaines questions posées à propos du 11 septembre, en particulier celles afférant à la tour 7 du World Trade Center. Il rapporte des témoignages d’experts plus que troublants.

    Aux États-Unis, mais aussi en Suisse, des questions fondamentales sont sans cesse reposées à propos des attaques du 11 septembre 2001, et des conflits provoqués, de ce fait, tant en Afghanistan qu’en Irak.

    Fadel Gheit, ancien manager de la compagnie pétrolière ExxonMobil, en est convaincu : la guerre en Irak n’a rien à voir avec le terrorisme, mais est principalement motivée par la volonté de contrôler des ressources globalement déclinantes en pétrole comme en gaz naturel. Le mode de vie américain nécessite la consommation quotidienne de 20 millions de barils de pétrole [2] dont la moitié doit être importée. D’après Gheit, les États-Unis s’apparentent à un patient sous dialyse de pétrole. “Dans ce cas, il s’agit d’un problème de vie ou de mort.”

    Contrairement aux allégations du vice-président Dick Cheney, Saddam Hussein, le dictateur irakien déchu, ne porte pas de responsabilité dans les attentats du 11 septembre, et ne cherchait pas à acquérir l’arme nucléaire, proteste Scott Ritter, ancien inspecteur de l’ONU en Irak. On nous a largement menti, et les médias ont aveuglément suivi et répété ces mensonges. L’administration Bush a manipulé les données pour justifier l’invasion de l’Irak.

    D’après Michael Ruppert, ancien officier du Los Angeles Police Departement, l’Afghanistan servirait de trait d’union aux pipe-lines pétroliers et gaziers de la Mer caspienne à l’Océan indien et de base militaire permettant le contrôle du Moyen-Orient au prétexte de la lutte contre le terrorisme.

Trois théories

    La thèse de la grande bataille géostratégique des superpuissances (USA, Russie et Chine) pour le contrôle des réserves pétrolières et gazières en déclin est a priori plausible et largement acceptée en Europe, notamment du fait de l’augmentation du prix du pétrole. Cette théorie pose tout de même un problème. Elle induit la question fondamentale de savoir si l’administration américaine traque les terroristes ou bien le pétrole.

    Il n’est donc pas surprenant qu’aux USA, ce débat exacerbé ne se soit pas limité aux guerres en cours en Irak et en Afghanistan, mais se soit élargi au 11 septembre, l’attaque terroriste la plus meurtrière de l’histoire, avec 2973 morts. Ces cinq dernières années, divers films, sites Internet et livres portant sur le 11 septembre ont fait leur apparition. Aujourd’hui, ils forment une masse presque ingérable d’arguments et de contre-arguments.

    Trois théories contradictoires s’opposent à propos du 11 septembre. Toutes trois sont des théories de la conspiration, bien que leurs promoteurs aient tendance à le nier. Ceci veut dire qu’elles présupposent toutes des accords à la fois secrets et antérieurs au 11 septembre, entre deux ou plusieurs protagonistes.

    La première théorie, appelée théorie de la surprise, a été proposée par le gouvernement américain et est corroborée par l’enquête officielle américaine dans le rapport “9/11 Commission Report” de Thomas Kean, sorti durant l’été 2004. C’est l’histoire officielle du 11 septembre : Osama Ben Laden aurait d’abord planifié les attaques avec Khalid Sheikh Mohammed en Afghanistan, puis un groupe de dix-neuf musulmans dirigé par Mohammed Atta aurait perpétré ces attaques aux USA en détournant quatre avions de ligne. Ben Laden et son réseau seraient coupables de cet acte criminel.

    La seconde théorie, appelée Let it happen on purpose (”sciemment laissez faire,” Lihop) soutient que Ben Laden et le réseau Al Qaida auraient planifié et fait exécuter l’attaque. Certains membres du gouvernement US auraient eu vent de l’attaque avant son exécution, mais, malgré cela, auraient délibérément laissé cette attaque se dérouler, et sacrifié trois mille personnes pour légitimer une série de guerres, dont celles d’Afghanistan et d’Irak ne seraient que les deux premières. Dans ce cas, les coupables de l’attaque seraient aussi bien Ben Laden que certains membres du gouvernement US.

    Enfin, la troisième théorie appelée Make it happen on purpose (”je m’arrange pour que ça arrive,” Mihop) soutient que les attaques auraient été menées par le Pentagone et/ou les agences de renseignement US, et que les vidéos de Ben Laden seraient falsifiées. Près de trois mille personnes auraient été sacrifiées de sang-froid, les citoyens américains et le monde entier auraient été trompés dans le but de justifier une série de guerres. Une partie du gouvernement US serait coupable de cet acte criminel.

    Kevin Barrett, chargé d’un séminaire sur l’islam à l’Université du Wisconsin- Madison, est un défenseur de la théorie Mihop, comme il l’a expliqué en juin 2006. D’autres Américains en ont eu le souffle coupé. Barrett serait “une honte pour l’université et les citoyens du Wisconsin,” a estimé le représentant républicain pour l’Etat de Wisconsin, Steve Nass, qui, avec d’autres républicains,a appelé l’université à démettre immédiatement Barrett de ses fonctions.

    Le doyen de l’Université, Patrick Farrell, s’y est opposé, insistant sur la liberté dans l’enseignement et la recherche. “Nous ne pouvons pas tolérer que des pressions politiques exercées par des personnes qui critiquent les idées impopulaires entravent la liberté d’opinion”, a expliqué Farrell. “Cela ouvrirait la porte à des restrictions plus fortes et plus larges encore.” Les étudiants seraient tous en mesure d’analyser les théories déviantes et de se forger leur propre opinion. “Le savoir grandit quand on débat des opinions”, affirme Farrell.

    James Fetzer, professeur émérite de philosophie à l’Université du Minnesota, considère lui aussi que la théorie de la surprise est absurde. Il pense que Lihop ou Mihop décrivent bien mieux la vérité. Pour cela, il a été mis en cause à plusieurs reprises. Ceci ne l’inquiète pas pour autant, ni lui, ni d’autres Américains .”Nous allons poursuivre”, dit Fetzer, interviewé sur CNN. “Notre rôle est de découvrir ce qui s’est vraiment passé le 11 septembre.”

Le débat en Suisse

    “Je ne suis pas surpris qu’après les difficultés en Irak et en Afghanistan, le 11 septembre fasse maintenant l’objet de débats,” affirme Kurt Spillman, professeur émérite en politique de sécurité à l’Institut ETH de Zurich. “Mais il faut être prudent, car les théories Lihop et Mihop seraient des bombes d’une puissance politique inimaginable.”

    Laquelle de ces théories a la faveur de la population suisse, cela reste un mystère. “En Suisse, à ma connaissance, aucun débat public à grande échelle n’a été mené sur ces trois théories. Mais elles ressurgissent constamment ici ou là,” d’après le professeur Karl Haltiner, directeur de la Conférence annuelle sur la sécurité de l’Académie militaire de l’ETH.

    Le journaliste Hanspeter Born, du journal Weltwoche, considère comme une “suspicion monstrueuse” l’idée que les services de renseignement américains aient pu tremper dans le 11 septembre, comme il l’écrit dans un article sur l’anti-américanisme, réaction qui est aussi largement répandue en Suisse. “Si tel devait être le cas, alors l’Amérique serait un pays à la fois corrompu et malade jusqu’au plus profond de lui-même.”

    Philippe Sarasin, professeur d’histoire de l’Université de Zurich, a écrit un livre sur les attaques à l’anthrax qui ont suivi le 11 septembre, dans lequel il analyse en profondeur la politique de la peur et avance la thèse que ces attaques aux lettres empoisonnées ont pu être fomentées de l’intérieur. Le 11 septembre resterait un mystère, affirme Sarasin : “Les historiens doivent encore travailler pour déterminer laquelle de ces trois théories est valide. Mais on peut déjà affirmer aujourd’hui que la version officielle - nous n’aurions jamais imaginé être attaqués avec des avions civils - est fausse sur un point au moins : de telles attaques avaient été envisagées comme possibles depuis des années. En novembre 2000, une attaque sur le Pentagone par un avion civil fut même simulée à grande échelle.”

    Les faits afférant au bâtiment 7 du World Trade Center (WTC 7) font partie des nombreux points obscurs à propos desquels les trois théories s’opposent. Il est peu connu que le jour du 11 septembre à New York, non seulement deux gratte-ciel se sont effondrés - WTC 1 et WTC 2, aussi appelés Twin Towers - mais également un troisième, le WTC 7, mesurant 170 mètres de haut (voir illustrations). Il s’est effondré en sept secondes, à 5 h 20 minutes de l’après-midi.

Suspicion à cause du WTC 7

    En mai 2006, un sondage Zogby révéla que 43% des Américains n’auraient jamais entendu parler du WTC 7. On peut largement l’attribuer au fait que seules les tours jumelles ont été montrées en boucle à la télévision. Déconcertés, 42% des Américains déclarent que le gouvernement et l’enquête officielle sur le 11 septembre cacheraient quelque chose.

    D’après le professeur Albert Stahel, de l’Université de Zurich, “les Américains ont été informés de manière partiale et imprécise à propos du 11 septembre. Dans un premier temps c’est la théorie de la surprise qui a été répandue par tous les médias. Aujourd’hui, les grands médias en payent le prix. Les médias alternatifs ont lancé une contre-offensive en diffusant les théories Lihop et Mihop. Seul l’avenir nous dira qui a raison. Le manque de confiance dans le gouvernement est très répandu.”

    “Il y a un problème avec le WTC 7,” nous explique l’acteur Charlie Sheen, connu pour ses rôles dans les films Platoon et Wall Street. “Et s’il existe un problème avec le WTC 7, c’est que toute l’histoire officielle du 11 septembre pose problème,” a confié Sheen à la radio en mars 2006. WTC 7 n’a pas pu s’effondrer à cause de l’impact d’un avion, car aucun avion ne l’a jamais percuté. Il n’a pas non plus pu s’effondrer à cause d’un tremblement de terre, ou à cause de la chute des tours jumelles, car près de sept heures se sont écoulées entre la chute des tours jumelles et celle de WTC 7. Les causes envisageables ne seraient que le feu, ou le dynamitage.

    Il y avait en fait un feu de petite ampleur dans le WTC 7. Mais Sheen ne pense pas que ce feu ait pu causer l’effondrement du WTC 7. D’après Sheen, celui qui croit en une telle version aurait besoin d’une “psychothérapie.” Un dynamitage aurait nécessité plusieurs jours de préparation. Il est inimaginable qu’Oussama Ben Laden et ses agents aient pu en être les auteurs, d’autant plus qu’ils n’en ont jamais été accusés. Ainsi, il ne resterait que Mihop.

    Les affirmations de Sheen ont provoqué de féroces débats. “Comment une personne sensée peut-elle imaginer que notre gouvernement ait pu attaquer ses propres citoyens ?”, se demandait un auditeur de CNN dans un courrier électronique. Un autre lui opposa : “C’est une question très importante qui doit être largement débattue et en toute transparence. C’est notre devoir de patriotes que de découvrir pourquoi et comment le 11 septembre a pu se produire.”

    Sheen, soutenu par la star hollywoodienne Sharon Stone, maintient son questionnement : “Je suis simplement un honnête citoyen américain qui paye ses impôts, qui aime son pays, et qui s’oppose à la diffusion de telles absurdités face à d’évidentes vérités.”

    Qui recherche dans le rapport Kean [3] de 566 pages la cause de l’effondrement du WTC 7 sera déçu. Pas un mot n’évoque le WTC 7 dans le rapport officiel sur le 11 septembre. Le professeur de théologie David Ray Griffin a sévèrement critiqué les “omissions et distorsions”, et publié un livre très remarqué sur les nombreux manquements du rapport Kean. Il y écrit : “La commission sur le 11 septembre élude un autre problème épineux - comment le WTC 7 a-t-il pratiquement pu s’effondrer de lui-même ? - en ne mentionnant tout bonnement pas l’effondrement du bâtiment.”

    “Si l’enquête officielle et finale sur le 11 septembre ne traite que de l’effondrement de deux gratte-ciel, alors qu’en réalité trois gratte-ciel se sont effondrés à Manhattan, il est difficile de considérer que le rapport Kean soit une source historique fiable pour l’événement hors normes du 11 septembre”, affirme le professeur d’histoire Georg Kreis de l’Université de Bâle. “Seul un petit nombre de personnes connaissent ces détails, mais ils sont plus qu’alarmants.”

Le feu ou la dynamitage ?

    Peter Forster, président de la Commission consultative helvétique pour la sécurité intérieure, souligne qu’il est très important pour la Suisse de savoir si la “guerre contre la terreur” n’est pas un subterfuge visant à masquer l’appropriation des ressources énergétiques. “Il est indispensable de suivre le débat sur le WTC 7. Mais les théories Lihop et Mihop sont explosives, ce serait monstrueux.”

    Aux États-Unis, la FEMA [4] a produit un rapport intermédiaire en mai 2002 expliquant que le WTC 7 aurait été un immeuble très particulier. Le Pentagone, la CIA et les services secrets américains auraient loué des parties du bâtiment. De puissants générateurs diesel destinés à prendre le relais en cas de coupure de courant étaient entreposés dans le sous-sol. D’après les conclusions du rapport de la FEMA, “la façon dont le feu aurait pu causer l’effondrement de l’immeuble resterait toujours inexpliquée.” Selon le commentaire du New York Times, le WTC 7 resterait le “grand secret” des attaques, parce que jusqu’à ce jour, aux Etats-Unis, aucun bâtiment en béton à structure d’acier ne s’est jamais effondré à cause du feu.

    “Nous ne savons tout simplement pas ce qui est exactement arrivé au WTC 7,” a dit Mario Fontana, professeur en poste de construction et d’analyse structurelle à l’ETH de Zurich. Lors des conférences d’experts en analyse des structures, on n’a découvert que peu d’informations sur l’effondrement du WTC 7. Au moins est-il envisageable qu’un long incendie ininterrompu ait pu entraîner l’effondrement du bâtiment.

    La FEMA a transmis le dossier du WTC 7 au l’Institut gouvernemental NIST [5]. Ce sur quoi des Américains et des journalistes troublés ont contacté le NIST pour connaître la raison de l’effondrement du WTC 7. “Je ne comprends pas cette fascination des gens pour le WTC 7″, surenchérit le porte-parole du NIST, Michael Newman, en mars 2006.

    “Mon opinion est qu’à une très forte probabilité, le WTC 7 a été démoli par des professionnels”, affirme Hugo Bachmann, professeur émérite d’analyse structurelle et de construction de l’ETH de Zurich. De même, un autre professeur émérite d’analyse structurelle et de construction de l’ETH de Zurich, Jörg Schneider, interprète les quelques enregistrements vidéo disponibles comme des preuves que “le bâtiment WTC 7 aurait très vraisemblablement été dynamité”.

    Le propriétaire de WTC 1, WTC 2 et WTC 7, Larry Silverstein, a été interviewé sur l’effondrement du WTC 7 à la télévision US, un an après les attaques, en septembre 2002. Les pompiers l’auraient informé d’un feu dans le bâtiment. Après cela, Silverstein s’est souvenu de ses propres mots : “Peut-être la meilleure solution est-elle de le dynamiter” (”to pull it.”) “Et ainsi ont-ils décidé de dynamiter le bâtiment, et nous avons assisté à son effondrement.” Plus tard, Larry Silverstein s’est défendu en expliquant qu’en disant “pull it” il voulait parler de l’évacuation des pompiers présents dans le WTC 7 [6]. Ce à quoi des critiques de la version officielle du 11 septembre, comme le millionnaire Jimmy Walter, rétorquent que cette interprétation n’a pas de sens, le mot “it” devant porter sur un objet.

Les poutres en acier expédiées en Asie

    Afin de déterminer si c’est le feu ou une démolition contrôlée qui a causé l’effondrement du WTC 7, il eût été nécessaire d’examiner les poutres en acier. Mais elles ont disparu. “Près de 80% de l’acier du WTC a déjà été vendu, en grande partie, sinon en totalité, avant que les scientifiques et les enquêteurs de la police criminelle aient pu l’examiner”, protestait Anthony Weiner, un député US de l’Etat de New York, au Congrès en 2002. L’acier a été recyclé en Asie. Le professeur Frederick Mowrer, du département d’ingénierie et de protection contre les incendies de l’Université du Maryriland, qui, avec d’autres experts, a eu à enquêter sur l’effondrement des bâtiments du WTC, a violemment critiqué ce recyclage : “Je trouve alarmante la vitesse à laquelle certaines preuves importantes ont été soustraites à l’enquête et recyclées.”

—-

Daniele Ganser [1], document original en langue allemande
Traduction : Dominique Larchey-Wendling
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[1] Daniele Ganser est un historien de l’université de Zurich. Son livre NATO’s Secret Armies (Ndt : les armées secrètes de l’OTAN) étudie le terrorisme d’Etat durant la Guerre froide. Il a écrit l’un des chapitres du nouvel ouvrage de David Ray Griffin 9/11 and American Empire : Academics speak out (Ndt : 11 septembre et l’empire américain : des universitaires parlent.)

[2] Ndt : un quart de la consommation mondiale.

[3] Ndt : rapport officiel sur les évènements du 11 septembre.

[4] Ndt : Agence fédérale de gestion des crises.

[5] Ndt : Institut national de la technologie et des standards.

[6] Ndt : le rapport de la FEMA, paragraphe 5.6.1, indique cependant qu’aucun pompier ne luttait contre le feu dans le WTC 7.

  

    Source : Mecanopolis
    Auteur : Daniele Ganser, publié dans Tages Anzeiger (Zurich)
    Traduction de l'Allemand : Dominique Larchey-Wendling
    Date : 7 mars 2008

   

 

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Jeudi 6 mars 2008

 

 [ Libération - 6 mars 2008 - Extraits]

   

 [...]  

    Comme dit partout Frédéric Saint-Geours, ignorant (sacré rigolo, va !) ce qu’il est advenu de la vingtaine de millions que Denis Gautier-Sauvagnac (DGS) a mis à gauche (enfin, à gauche…), «laissons la justice faire son travail». Et n’allons surtout pas, patrons vertueux, nous constituer partie civile ! Nous sommes si vertueux que la seule perspective de collaborer - autant dire «balancer», fût-ce à des juges - nous révulse. Et, tandis que se perpétuent dans les arrière-salles obscures les mafieux arrangements, tout le monde applaudit. Dansons en rond autour du pilori de DGS, chantons en chœur au banquet des «comités d’éthique» du patronat, et embrassons-nous comme on s’embrasse dans les familles pour en étouffer les secrets honteux. Ceux relatifs, par exemple, au financement occulte de certain parti politique et de certaine campagne électorale. Continuons plutôt de faire semblant de croire que seuls des syndicats de salariés auraient été arrosés par les caisses noires du Comité des forges.

    Cette fable, ce conte de fées (du Chabrol grand cru) de la moralisation du capitalisme, il fallait que quelqu’un - quelqu’une, en l’occurrence - l’incarnât. Le Figaro a trouvé dans les grands yeux bleus de Laurence Parisot l’icône ad hoc : femme, jeune encore et d’une adamantine innocence (au sens étymologique du terme : elle ne sait pas, ou plutôt feint admirablement ne pas savoir), qui incarne le pendant exemplaire au barbon Gautier-Sauvagnac, porteur de chapeau très cher dont le cynique silence est d’or. Elle ne veut surtout rien savoir, de ces trafics dont elle avait vaguement ouï dire ; elle savait sans savoir ; selon son aveu de l’automne dernier dans une expression qui restera, elle savait «inconsciemment».

    Ainsi le quotidien que dirige Mougeotte entreprit-il d’ériger la statue de la nouvelle Jeanne d’Arc du capital en top model de la transparence, titrant lundi sur sa une : «Medef : Parisot lance l’opération Mains propres». Ainsi fut lancée, et quasi unanimement relayée à destination de l’opinion ébaubie, la légende du «bras de fer» entrepris par la vertueuse «patronne des patrons» contre l’entité UIMM.

    De cette entreprise de nettoyage qui n’aurait de comparable que celui des écuries d’Augias, la restitution au Medef des mandats de négociateurs dont l’officine aciériste est détentrice constitue l’officiel enjeu. Avec notamment Gérard Filoche, qui a depuis son origine levé le lièvre Gautier-Sauvagnac, on restera plus circonspect. Dans le piètre combat de catch mis en scène par des larrons, la question subsidiaire des mandats dissimule mal cette autre, fâcheuse : à qui et à quoi ont servi les valises de billets que le taiseux DGS a si longtemps distribués sans que nul s’en émeuve ?

[...]

    

    Source : Libération
    Auteur :¨Pierre Marcel
    Date : 6 mars 2008
    
    © Libération

 
par Admin publié dans : Revue de presse
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