[ Lu sur ContreInfo ] 11 janvier 2008
Chiffres à l’appui, Pierre Larrouturou démonte les mécanismes et les dangers du libéralisme : dans tous les pays qui ont mis en place une politique de ce type, Etats-Unis et Chine compris, la précarité explose, le niveau de vie des salariés diminue, l’accès à la santé est de plus en plus difficile. Et la croissance ne se maintient qu’au prix d’un endettement privé qui atteint un niveau insoutenable.
Présentation de l’éditeur
Non seulement le libéralisme n’est pas la panacée, mais il peut, assez vite, nous mener à la catastrophe. " La crise des années 30 est devant nous ", affirment certains économistes. Qu’en est-il pour la France ?
Sur le chômage et les retraites, l’auteur dénonce les mensonges du bilan affiché par l’UMP. De façon très argumentée, il démasque les impasses et les dangers de la stratégie économique de Nicolas Sarkozy. Construire une alternative. Loin des idées répandues par la droite, Larrouturou met en évidence les performances françaises en termes de compétitivité et dessine un nouveau contrat social. Car, si le système économique mondial menace de s’effondrer, il y a urgence à construire une alternative.
Si la gauche ne le fait pas, n’est-elle pas complice du système ? Qu’est-ce qui bloque ? Pierre Larrouturou est rentré au PS après le 21 avril 2002. Ce qu’il raconte sur le fonctionnement réel de la rue de Solférino ne fera pas plaisir à tout le monde... Là aussi, l’analyse est sans tabou et pourrait conduire au pessimisme. Mais Larrouturou ne se contente pas de critiquer : il propose des solutions et un véritable plan d’action.
Préface de Michel Rocard
Ce que vous tenez entre les mains, cher lecteur, est davantage un pamphlet qu’un livre. Pierre LARROUTUROU y exprime le savoir considérable qu’il a accumulé sur l’état de l’économie contemporaine, et c’est déjà très important. Il y crie aussi son angoisse. Et si j’ai pris la plume pour écrire ces quelques lignes, c’est que je partage cette angoisse.
Ce que l’on sait de l’économie mondiale a de quoi faire peur, simplement parce que les grandes tendances que l’on voit à l’oeuvre aussi bien dans la finance mondiale que sur chaque grand Etat continent, Etats Unis, Chine, Europe, conduisent toutes à des aggravations de déséquilibres dont nul ne peut imaginer la résorption paisible. Le cri de colère que représente de la part de Pierre LARROUTUROU cet ouvrage est aussi une dénonciation du silence des experts.
Les économistes savent tout ce qui est dit là. Pour Smith, Ricardo et surtout Keynes, le chômage ou le travail précaire étaient des objets de préoccupation et d’étude pour la science économique. Ce n’est plus le cas. La science économique a dérivé et s’est recroquevillée pour n’être plus qu’une science de la circulation de l’argent.
L’être humain, qui en était le coeur pour les fondateurs en a été chassé. Il n’est plus qu’un solde. Pour les théoriciens du marché de la période contemporaine, le chômeur est le résultat d’un dysfonctionnement du marché. En tant que tel, il relève de la charité et de la police mais plus de la science économique. Le résultat de cette attitude c’est que le fléau majeur des sociétés développées du début du XXIème siècle, la précarité du travail, ne fait l’objet ni d’évaluations quantifiées ni de commentaires.
Or c’est de là, parce que toutes les classes moyennes sont concernées, que viendra la colère sociale qui pourrait devenir dévastatrice si la crise s’aggravait. Car il y a plus. La menace la plus grave que comporte le système tel qu’il fonctionne aujourd’hui tient aux déséquilibres financiers. Or aucun banquier (les seuls vrais spécialistes pourtant) n’en parle.
Tout banquier en exercice, et surtout bien sûr les banquiers centraux, est tenu par ses pairs de ne rien évoquer qui inquiète....la croissance économique est commentée, bien sûr, y compris dans la diversité de ses rythmes, mais jamais nulle part n’est commenté le fait que cette croissance n’est fondée que sur l’endettement !
Tout cela donne à ce volume de Pierre LARROUTUROU une allure de coup de tonnerre dans un ciel bleu, une allure de cri d’alarme, et mon ami Pierre a la forme emportée ! Je pense portant qu’il n’y a pas grand chose de plus essentiel aujourd’hui que de faire réfléchir gouvernements, banques centrales et experts au traitement approprié de cette situation.
Le lecteur sait peut-être qu’un des économistes français les plus respectés, le professeur Patrick ARTUS, vient de publier un autre petit livre intitulé "les incendiaires". Les incendiaires en question sont pour lui les banquiers centraux. Il doit vraiment se passer quelque chose dans le système.
Et si l’on ne fait rien, Pierre LARROUTUROU aura eu raison de consacrer une partie de la fin de son livre aux budgets militaires, et notamment à celui de la Chine. La science économique traite de la vie du genre humain.
Il est moins que jamais admissible de laisser le monopole de ses réflexions et de ses débats aux seuls spécialistes, alors qu’on les découvre en train de jouer aux apprentis sorciers"
