Opus Incertum prend quelques vacances ...
Reprise prévue vers le 15 mai
Opus Incertum le blog
Petite revue de la Toile et des médias
Ce modeste blog essaie de présenter les articles les plus marquants susceptibles d'éclairer l'actualité, pour satisfaire ses
lecteurs pressés.
En complément, ceux qui le peuvent doivent absolument consulter régulièrement le site Contre
Info, qui fait un travail absolument remarquable de mise en évidence des " infos absentes des prompteurs de JT " (pub
gratuite ! ) .
Opus Incertum prend quelques vacances ...
Reprise prévue vers le 15 mai
[ RIA Novosti - 26 mars 2008]
Les avertissements faits par nombre d'experts avant l'indépendance du Kosovo commencent à se réaliser: tous les attributs d'une grande base militaire de l'OTAN et des Etats-Unis apparaissent en
catimini sur le territoire enlevé à la Serbie. La décision du président George W. Bush de commencer à livrer des armes au Kosovo est l'un des derniers indices en date de ce processus. Moscou a
insisté sur la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil Russie-OTAN, qui se tiendra vendredi 28 mars à Bruxelles. D'ailleurs, il est douteux qu'il soit possible de persuader ce conseil
d'intervenir, car il s'est toujours révélé peu utile. A propos, le président Bush a pris cette décision deux jours après la visite à Moscou de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et du
secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui ont appelé à renforcer la coopération, à étendre les consultations et, en général, à assurer la transparence.
La précipitation avec laquelle le Pentagone accorde sa protection à l'oisillon encore sans plumes qu'est le Kosovo ne peut témoigner que d'une chose: l'Occident n'est pas certain que la paix règnera dans les Balkans aussitôt après la séparation du Kosovo d'avec la Serbie. Cependant, c'est bien sur la rhétorique de la nécessité de mettre fin à la crise yougoslave que l'Occident s'est appuyé pour justifier son soutien aux séparatistes kosovars. De quelle paix peut-il s'agir dès lors qu'on arme une partie contre l'autre? On est tout simplement en train de verser de l'essence sur un brasier déjà très chaud...
Les Serbes l'ont déjà compris. Dans la ville de Kosovska Mitrovica (Nord du Kosovo), ils se sont mis à défendre avec l'acharnement des désespérés leur dernier refuge: le tribunal où siégeaient jadis les magistrats serbes et où siègent aujourd'hui des juges internationaux qui prévoient à terme de transmettre leurs fonctions à des juristes albanais. Du sang a été versé lors d'affrontements avec les forces de la KFOR. Les manifestations en soutien à la minorité serbe du Kosovo se succèdent à Belgrade.
La ville de Kosovska Mitrovica, coupée en deux par le fleuve Ibar en communautés albanaise et serbe, sera désormais et pour longtemps une pomme de discorde entre les parties opposées. Belgrade a déjà envoyé à l'ONU un message exigeant d'attribuer à la Serbie le Nord de la province, attenant à Kosovska Mitrovica, où résident de façon compacte environ 100.000 Serbes. Ces derniers ont besoin d'une protection physique élémentaire. Mais il est peu probable que cela touche les partisans de l'indépendance du Kosovo à l'ONU. Dans la première moitié des années 90, les pays occidentaux avaient fermé les yeux sur l'exil de 300.000 Serbes de Croatie. Peuvent-ils donc se soucier à présent de 100.000 Serbes? "Si 300.000 oiseaux avaient quitté tout à coup une région, le monde serait bouleversé. Mais l'humanité n'a pas remarqué la tragédie des Serbes", dit-on tristement à Belgrade.
L'intention des Etats-Unis de commencer à livrer des armes au Kosovo s'explique, entre autres, par la volonté de retenir au sein de la province Kosovska Mitrovica, ville serbe insoumise, mais importante d'un point de vue stratégique. Mais il y a également un objectif plus important: donner carte blanche aux Kosovars pour la répression des actions de protestation dans les enclaves serbes à l'échelle de toute la province, estime Elena Gouskova, directrice du Centre d'étude de la crise balkanique contemporaine de l'Institut d'études slaves de l'Académie russe des sciences.
Les livraisons d'armes aux Kosovars sont une sorte de légalisation des futures actions des Albanais ayant pour but d'évincer la minorité serbe de la province. Autrement dit, les pays occidentaux assurent aux Kosovars la possibilité d'achever un processus déjà entamé: nettoyer la province de la population non-albanaise, mais à condition qu'ils le fassent eux-mêmes, pour éviter de compromettre les soldats de la paix de l'OTAN faisant partie de la KFOR et, à plus forte raison, l'Amérique.
Il semble également que la province du Kosovo soit appelée à devenir le premier Etat dans l'histoire se trouvant sous protectorat de l'OTAN. Les soldats de la paix de l'Alliance, au sein de la KFOR, maintiennent l'ordre dans la province depuis déjà neuf ans. Si l'on prend en considération l'admission prévue à l'organisation de l'Albanie, de la Macédoine et de la Croatie au cours du sommet de l'OTAN qui se tiendra du 2 au 4 avril à Bucarest, la province du Kosovo pourrait devenir le plus puissant appui de l'Alliance dans les Balkans. La base militaire américaine de Camp Bondsteel, la plus grande des Etats-Unis hors de leur territoire, y est déjà installée. Et le Pentagone a abordé la construction d'une deuxième base militaire au Kosovo, rappelle Elena Gouskova.
Leonid Ivachov, président de l'Académie des problèmes géopolitiques, se dit certain que la stabilité dans les Balkans, et même en Europe, n'est pas nécessaire à Washington, en tout cas en ce qui concerne l'administration actuelle. "Dans une situation de stabilité, les Etats-Unis ne peuvent pas influer sur les événements. Si le calme règne en Europe, l'Amérique n'aura rien à y faire. La stratégie politique des Etats-Unis consiste à diriger par le chaos", affirme le général Ivachov. Selon ses renseignements, l'Amérique prévoit de livrer au Kosovo des armes d'infanterie légères et des véhicules blindés sans matériel lourd. Mais, à l'étape suivante, des cadres albanais seront formés pour l'aviation et les unités de chars.
Que peut faire la Russie dans ces conditions? Hélas, pas grand chose. Elena Gouskova et Leonid Ivachov estiment qu'en plus de l'aide humanitaire aux habitants des enclaves serbes du Kosovo, déjà annoncée, le Kremlin pourrait poser la question de l'introduction d'un contingent de paix russe dans la région de Kosovska Mitrovica. Les experts russes discutent également de l'introduction de forces de paix russes dans le Sud de la Serbie, limitrophe du Kosovo. Mais il est peu probable que le président pro-européen Boris Tadic se risque à adresser une telle demande à la Russie. Par conséquent, Moscou ne peut employer que des moyens purement diplomatiques pour influer sur la situation. Quant aux moyens économiques, à savoir la participation du Kosovo au projet de gazoduc South Stream, la Russie n'y a pas eu recours, faute d'en avoir eu la possibilité, ou tout simplement parce qu'elle n'a pas souhaité le faire.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
Source : RIA Novosti
Auteur : Tamara Zamiatina, pour
RIA Novosti
Date : 26/03/2008
L'intérêt stratégique des Etats-Unis pour le Kosovo, à proximité des champs pétroliers de la Caspienne, s'est traduit dès 1999 par l'établissement du Camp Bondsteel, le plus grand des camp
américain situés hors du territoire des Etats-Unis.
Voir : Jean-Michel Vernochet Les enjeux stratégiques du Kosovo
Sur Wikipedia : Le camp Bondsteel
Sur GlobalSecurity.org : Camp Bondsteel (en)
[ Le
Monde - 30 avril 2008 ]
L 'emploi est de moins en moins protecteur contre la pauvreté. Tel est l'un des principaux constats mis en évidence par le cinquième rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, qui a été remis, mardi 29 avril, au Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, et à la ministre du logement et de la
ville, Christine Boutin.
Ce rapport confirme que le processus de réduction de la pauvreté globalement observé sur les deux dernières décennies marque une pause : en 2005, dernière année connue, 3,7 millions de personnes
(6,3 % de la population totale) vivaient en dessous du seuil de pauvreté (681 euros par mois pour une personne seule), soit un nombre identique à celui de 2003. Et l'intensité de la pauvreté tend
à s'aggraver. L'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté ne cessant de s'accroître depuis 2002 (16,3 % en 2002 à 18,2 % 2005), de plus en plus de personnes
s'éloignent de ce seuil et "s'enfoncent" dans la précarité.
TEMPS PARTIEL
Même l'emploi protège de moins en moins contre la pauvreté. En 2003 et 2005, le phénomène des working poor (travailleurs pauvres) s'est ainsi accentué : il y a trois ans, 1,74 million de personnes, soit 7 % des travailleurs, occupaient un emploi mais étaient malgré tout dans un ménage ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté ; deux ans plus tôt, ils étaient 1,47 million.
La pauvreté touche d'abord des travailleurs qui connaissant de longues périodes de chômage, mais aussi ceux qui sont employés toute l'année à temps partiel (21 % des travailleurs pauvres) et les non-salariés (27 % sont indépendants).
Les difficultés des travailleurs pauvres sont aussi souvent liées à leur situation familiale. Un tiers d'entre eux a un conjoint chômeur ou
inactif (contre 23 % de l'ensemble des travailleurs) et un autre tiers est sans conjoint (contre un quart de l'ensemble des travailleurs). Plus de 40 % des travailleurs pauvres ont ainsi un
revenu supérieur à un smic annuel mais qui, rapporté à la composition de leur ménage et en l'absence d'autres ressources, ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.
Source : Le Monde
Auteur : Laetitia Van Eeckhout
Edition du 30 avril 2008
© Le Monde.fr
Georges Stanechy, dans son excellent blog A contre courant nous montre comment le bashing, une technique organisée de dénigrement
systématique sur tout une palette de thèmes, alimente la désinformation. Il s'agit de d'influencer, voire d'intimider les pays qui posent problème aux "occidentaux".
Souvenons-nous du French bashing qui avait été mené par l'ensemble de la presse anglo-saxonne en 2002-2003 alors que se préparait la guerre d'agression contre
l'Irak...
[ A contre courant - 24 avril 2008 ]
Dans le tour d'horizon sur la désinformation et la propagande auquel je me livre, dans ce blog, existe une expression anglaise qui n'a pas son
équivalent en français, le : « bashing ». Dans son sens premier en français, c'est la "raclée". Mais, dans les techniques de propagande et de désinformation, il s'applique
à une activité bien précise : dénigrer, harceler, diffamer, à tout propos et de façon systématique.
L'industrie occidentale du
"bashing"
Cette technique, parfaitement rodée, est de plus en plus utilisée. Son organisation et son niveau de technicité ont été fortement améliorés au cours des dernières années. Notamment, pour la
coordination entre pays, et entre médias, occidentaux. Remarquez la totale intégration des médias en matière "d'information", réagissant au quart de tour, au doigt et à l'oeil.
Souvenons-nous des campagnes de l'hystérie
islamophobe, lors de la "loi sur le voile", en France, ou encore contre la communauté musulmane de Malaisie, dans tous les pays occidentaux. Dans un autre registre, simultanément dans tous les pays occidentaux encore, les campagnes anti-Poutine, anti-Chavez, etc. A présent c'est la Chine qui est au premier plan. Nous
vivons donc le : « China bashing ». Qui va s'accentuer jusqu'aux Jeux Olympiques...
En général, le bashing varie les angles d'attaque. Pour éviter la saturation de l'opinion publique. Depuis ces dernières semaines, comme on a pu s'en rendre compte, on assiste à une
campagne de grande intensité sur le Tibet, sur fond de "droits de l'homme" et de "liberté de la presse". Mais, il y avait eu, antérieurement, un galop d'essai. Souvenons-nous, à
la rentrée de l'été dernier, une campagne qui avait atteint son pic au mois d'octobre 2007. Dans tous les pays occidentaux en même temps, là encore.
Elle avait pour thème l'empoisonnement, auquel se livreraient les "sournois" Chinois, avec de la peinture toxique sur des jouets, et autres pièces dangereuses pour nos bambins. Avec en première
ligne l'entreprise américaine MATTEL, afin de crédibiliser les assertions. Elle avait dû, par la suite,
présenter ses excuses à la Chine. Incapable de justifier, devant les commissions d'enquête chinoises, ce qu'elle avançait dans les médias occidentaux... Car, il s'agissait, en fait, d'une
campagne « bidon ».
Un regard sur quelques uns de ces "angles d'attaque"...
[...]
Lire la suite sur A contre courant
[ Le Parisien - Dossier publié le 21 avril 2008 - n°19789 ]
Depuis 2001, mais surtout depuis les émeutes urbaines de 2005, les Etats-Unis s'implantent dans de
nombreuses cités défavorisées. Argent, moyens humains, tout est bon pour redorer leur image auprès les jeunes français issus de l'immigration, et effectuer leur travail d'influence.
« Après le 11 septembre, on a vu débarquer des mecs qui voulaient rencontrer des types de banlieue »
Cet universitaire très bien introduit auprès des associations et des milieux islamiques préfère taire son identité. A l'automne 2001, il a été approché par, deux hommes, la quarantaine, se
présentant comme des chercheurs américains. « Mon profil les intéressait. Je les ai vus au cours d'un dîner séparément. Les masques sont tombés très vite. Je me suis douté qu'ils étaient de la
CIA - j'en ai eu confirmation plus tard. J'ai refusé de les amener en banlieue. Mais ils ont dû parvenir à leurs fins par d'autres moyens. » Leurs motivations ? « Mettre la main sur le réseau
associatif ; poursuit le chercheur, et comprendre en passant du temps dans les banlieues européennes comment on pouvait basculer dans un commando terroriste. »
Les voyages d'Ali, Karim ou Fayçal tous frais payés
Ali Zahi raconte son voyage aux Etats-Unis avec des étoiles dans les yeux. «. Je me suis retrouvé en Arkansas, en Oregon, au Texas, et je n'ai qu'une hâte : y retourner. » On l'aurait rencontré
quelques1es mois plus tôt, pas sûr que ce grand escogriffe à chemise blanche ait tenu le même discours. Entre-temps, il est passé entre les mains des Américains et a côtoyé l'Oncle Sam pendant
trois semaines aux frais de l'ambassade des Etats-Unis.
Ali, 31 ans, né au Maroc, qui a grandi et a été élu à Bondy, dirige le cabinet du maire de Clichy-sousBois, berceau des émeutes de 2005. Un pur produit de la Seine-Saint-Denis qui le désigne
naturellement candidat à la nouvelle version de l'International Visitor's Program du département d'Etat américain. Depuis trois décennies, l'administration américaine repère les futurs leaders de
la planète et les prend sous sa coupe. Des générations de politiques et de grands patrons, dont Nicolas Sarkozy, François Fillon, Gordon Brown, ont bénéficié de ce programme.
A l'époque, le casting se faisait aux portes de l'ENA et des grandes écoles. Mais, en 2005, la cible change. L'Amérique se focalise sur l'autre France, cette société émergente, diverse, qui veut
se faire entendre, et dont les leaders pourraient rapidement prendre du galon. Amirouche Laïdi, président du club Averroès, le jeune chef d'entreprise Aziz Senni, Stéphane Pocrain... Tous ont
serré la main de grands décideurs américains et ont fini par nuancer leur propos sur les EtatsUnis. Peu échappent à la règle. Mohamed Hamidi, du Bondy Blog, et Karim Zeribi, président du
Parlement des banlieues, y sont en ce moment. « Evidemment, les idées américaines ne sont pas toutes transposables. Nous n'avons pas forcément les réponses, mais nous pouvons faciliter le
dialogue et confronter les points de vue », commente Randiana Peccoud, chargée de la diversité à l'ambassade des Etats-Unis en France.
Pour tous, le recrutement s'est déroulé de la même manière, en douceur. C'est un ami, Fayçal Douhane, militant de la diversité au PS, qui introduit Ali Zahi auprès de l'ambassade. Le premier
contact est informel. S'ensuivent des invitations à des colloques, des dîners en ville. Jusqu'au jour où il reçoit ce coup de téléphone. « On aimerait te faire partir. Ce serait vraiment
intéressant pour toi. Tu raconterais ton expérience. » Envoyé à l'automne Ali rencontre des politiques, un imam, des lobbyistes, les responsables de communautés. « Tous voulaient comprendre
pourquoi des Français, issus du Maghreb ou de confession musulmane, ont une telle défiance à leur égard alors qu'ils ne connaissent pas l'Amérique. »
L'administration Bush ne regarde pas à la dépense. Hôtels, traducteur, vols intérieurs, tout est inclus. Justin Vaïsse, chercheur, n'y voit rien d'autre que du « travail d'influence ». Clichy
travaille aujourd'hui en direct avec l'ambassade. « Je ne me pose pas la question de savoir ce qu'il y a derrière tout ça, avoue Ali. On n'a pas le temps. Ils nous présentent un projet
d'envergure, quasi financé, qui va valoriser les habitants. Sur le terrain, on prend ce qu'il y a à prendre. » Pragmatique, Ali Zahi, à l'américaine.
Des sponsors très convoités
Patrick Lozès, président du Cran (Conseil représentatif des associations noires de France), le regrette mais doit bien l'admettre. « Je ne me tourne pas vers la France en priorité; Je
m'adresse aux Etats-Unis quand j'ai besoin de financer un projet » Amirouche Laïdi, fondateur du club Averroès, décode: « Les Américains sont dans l'opérationnel. Je ne trouvais pas
d'interlocuteur pour parler de mon projet quand ils sont venus me proposer de l'aide. » Comme tous ces leaders associatifs en quête de subventions et en mal de reconnaissance, Amirouche ne
s'est pas fait prier. Depuis, l'ambassade est devenue l'un de ses meilleurs soutiens. Il n'y a pas trois semaines encore, ils coprésidaient avec Trace TV un colloque sur les nouvelles générations
urbaines, à deux pas des Champs-Elysées.
Sans les 3 000 € de l'ambassade, Adji Ahoudian, cofondateur de l'association les Braves Garçons d'Afrique (Paris XIXe), aurait eu le plus grand mal à boucler le budget du festival Afro 2005.
« On regarde d'autant plus vers les Etats-Unis que les responsables politiques ici n'ont toujours rien compris. Le président a beaucoup promis, mais rien n'est venu », poursuit Patrick
Lozès. C'est grâce à une fondation américaine qu'il finance en janvier 2007 la première enquête jamais réalisée sur la population noire de France. « Il s'agit de sommes conséquentes, je n'ai pas
peur de le dire. » Grâce à eux encore que la première chambre de commerce de la diversité en France, destinée à mettre le pied à l'étrier aux jeunes entrepreneurs de banlieue, verra le jour en
mai.
Source : Le Parisien
Auteur : Emeline Cazi
Date : 21 avril 2008
Voir la page du Parisien en pdf (1,4 Mo)
Le site Reopen911.info
présente l'enregistrement d'une conférence donnée par l'historien suisse Daniele Ganser, auteur, entre autres de l'ouvrage Les armées secrètes de l'OTAN paru en France en 2007. Daniele Ganser nous donne son regard d’historien sur les attentats du 11 Septembre et sur la fin de l’âge d’or du
pétrole.
(Enregistrement réalisé à Strasbourg, le 14 mars 2008 - Durée env. 25 mn)
[ Xinhuanet - 11 avril 2008 ]
LHASA, 11 avril (Xinhua) -- Le Bureau des statistiques de la région autonome du Tibet a publié des résultats de recensement de la région, montrant que les Tibétains représentaient au
moins 92,6% de la population totale de la région alors que le pourcentage des Hans n'a jamais dépassé 6% depuis 1959.
Voici quelques faits et chiffres tirés de l'enquête et d'autres documents, contrairement à la déclaration du dalaï lama selon laquelle les Tibétains sont devenus une minorité dans leur
pays natal.
-- La population tibétaine était de 2,84 millions fin 2007, soit de 31 500 de plus par rapport à la fin 2006. Parmi ses résidents
permanents, plus de 2,5 millions, soit 95,3%, étaient des Tibétains.
-- Le Tibet comptait 1,14 million d'habitants en 1951.
-- La politique du planning familial de la Chine, qui limite le nombre d'enfant des couples urbains à un seul et celui des familles rurales à deux depuis les années 1970, ne s'applique
pas aux Tibétains. Il en résulte que le taux de naissance et le taux de croissance naturelle au Tibet se trouvent au-dessus de la moyenne nationale depuis 1970.
-- Certaines épidémies, dont la variole, le choléra et la scarlatine, qui se propageaient dans la région sont maintenant sous contrôle et le taux de femmes qui meurent en couches a
baissé de 5% en 1959 à 0,399% à l'heure actuelle, alors que le taux de mortalité des nouveaux nés a baissé de 45% à 0,31%.
-- L'espérance de vie des Tibétains a atteint 67 ans, presque le double par rapport aux années 1950. La personne la plus âgée au Tibet, Amai Cering, a célébré son 117e anniversaire le
mois dernier.
-- Le revenu en moyenne de la population urbaine a augmenté de 24,5% l'année dernière pour s'élever à 11 131 yuans (1 590 dollars) . Les agriculteurs et pasteurs ont enregistré un
revenu net par tête de 2 788 yuans, en hausse de 14,5%. Le gouvernement central compte l'augmenter à 3 820 yuans d'ici 2010, proche de la moyenne nationale des
agriculteurs.
-- En 2007, le produit intérieur brut de la région s'est accru de 14% pour atteindre plus de 34,2 milliards de yuans, soit 12 100 yuans par habitant.
-- Moins de 2% des enfants allaient à l'école et le taux d'analphabétisme parmi les jeunes et les adultes d'âge moyen était de 95% avant 1951. L'actuelle politique d'éducation au Tibet
permet aux enfants urbains de recevoir une éducation obligatoire gratuite de neuf ans, et le taux d'analphabétisme a baissé à 4,8% chez les jeunes et adultes d'âge moyen, et à moins
de 30% parmi la population totale.
Fin
Source : Xinhuanet
Date : 11 avril 2008
[ Contre
Info - 23 avril 2008 ]
« Les actifs libellés en dollars possédés par la Chine sont une richesse gagnée par son peuple
à la force de son dur travail. Le gouvernement central a donc l'obligation de les préserver au lieu de permettre la dépréciation du dollar américain, » rappelle M. Mei Xinyu,
appartenant au Ministère du Commerce chinois. Depuis le 1er janvier seulement, le dollar a baissé de 5% face au Yuan. Sur les 1 500 milliards de réserves en dollars détenues en Chine, cela
représente une perte sèche de 75 milliards.
Mei Xinyu, Shanghai Daily, 21 avril
Le Secrétaire du Trésor américain Henry Paulson s'est récemment rendu à nouveau en Chine avec pour principal objectif de prendre des dispositions en vue de la quatrième session de dialogue
économique stratégique Chine Etats-Unis, qui se tiendra aux USA en Juin.
À un moment où le dollar américain connaît une baisse continue et provoque une énorme pagaille dans l'économie mondiale, la Chine doit insister pour faire de la dévaluation du dollar un thème de ce prochain dialogue.
Les effets négatifs du déclin du dollar sont évidents : hausse des prix de toutes les matières premières, intensification de la pression inflationniste au niveau mondial, perturbations dans le règlement des transactions internationales, etc...
Mais le pire de tous, c'est qu'il s'agit là pour les Etats-Unis d'un moyen déguisé pour éviter de régler leurs dettes envers les pays étrangers.
Il convient de noter que les États-Unis sont le plus grand pays débiteur dans le monde.
Selon les statistiques du Départment du Commerce américain, les États-Unis sont devenus un pays débiteur en dès 1986 avec une dette nette annuelle équivalente à 36,2 milliards de dollars au cours d'aujourd'hui. Les États-Unis avaient en 1989 avec une dette nette annuelle, calculée à la valeur du marché, atteignant 47 milliards de dollars.
À la fin 2006, ils avaient accumulé envers l'étranger une dette nette de 16 000 milliards de dollars.
Dans la mesure où la plupart de ces dettes ont été libellées en dollars américains, les États-Unis font en fait défaut de façon malveillante sur leurs dettes en permettant la dévaluation du dollar US.
La Chine, qui est le pays ayant les plus grandes réserves de change au monde, dont la plupart sont libellées en dollars américains, est donc touchée beaucoup plus durement par la dévaluation du dollar US.
La dette elle-même n'est pas un problème aussi sérieux que le fait que les États-Unis ne maintiennent pas le statut de leur crédit.
Pour ce qui est du remboursement des dettes, ils appliquent deux poids deux mesures selon qu'ils s'agisse d'eux-mêmes ou des pays étrangers.
Lors qu'ils exigent le remboursement de leurs dettes par des pays étrangers, ou évaluent des demandes d'aides sous forme de prêts émanant de pays étrangers en raison d'une crise financière interne, les États-Unis attachent une grande importance à la protection de leurs propres intérêts en tant que créanciers.
Le pays débiteur doit modifier ses règles économiques internes conformément aux exigences des États-Unis, payer d'énormes frais sur le prêts, gager en échange du pétrole ou d'autres recettes d'exportation fiables, réviser sa législation sur les faillites afin d'assurer la priorité des revendications provenant des créanciers étrangers, et ainsi de suite.
Mauvais antécédents
Lorsqu'ils sont en situation de créancier, le gouvernement américain, ainsi que les gouvernements de nombreux autres pays occidentaux, ont également appris à faire un plein usage de leur influence politique pour obtenir des avantages supplémentaires.
Toutefois, lorsque les États-Unis sont en situation de débiteur la situation est totalement différente.
Leurs mauvais antécédents d'emprunteur de crédits internationaux peut être retracés dès le moment où ce pays n'était qu'un marché émergent qui dépendait largement des investissements des pays européens.
Au cours de la récession des années 1840, la valeur marchande des obligations municipales américaines avait chuté de 1 dollar à 50 centimes.
Pourtant, cinq États, à savoir la Pennsylvanie, le Mississippi, l'Indiana, l'Arkansas, le Michigan et la Floride, ne furent toujours pas en mesure de payer leur intérêts dûs. En 1990, l'État du Mississippi n'avait pas encore réglé ses dettes vieilles de 150 ans.
Aujourd'hui, les moyens qu'emploie l'oncle Sam pour ne pas honorer sa dette envers les créanciers étrangers sont encore plus directs et plus insupportables.
En 2005, les USA ont fait à la Chine une proposition consistant à permettre dans les six mois l'appréciation de yuan de 27,5% face au dollar, tout en menaçant dans le cas contraire d'imposer une pénalité sous forme d'une taxe douanière de 27,5% sur les importations chinoises.
Cette mesure aurait été équivalente à la demande que la Chine réduise la dette des États-Unis envers elle de 27,5%.
Aussi déraisonnable que cette exigence ait été, les Etats-Unis l'ont proposée comme si elle était tout à fait justifiée.
D'une manière générale, concernant notre commerce extérieur et les négociations économiques, en particulier avec les pays développés, la Chine se trouve encore dans une situation de passivité. La meilleure preuve en est que les principaux thèmes abordés sont souvent proposés par nos homologues étranger alors que la Chine ne se contente que de répondre à ces propositions, ce qui est particulièrement le cas dans nos négociations avec les États-Unis.
En raison des contraintes objectives que constituent notre niveau de développement économique et nos limites en terme de compétences disponibles, il est peu probable que la Chine fasse la différence dans ces situations dans un futur proche. Mais nous ne devons pas non plus tenir cet état de fait pour acquis.
La Chine devrait également mettre en avant ses propres exigences en faveur des intérêts de son peuple, et les exprimer avec force et en toute confiance, tout en faisant également ses propres propositions.
Les actifs libellés en dollars possédés par la Chine sont une richesse gagnée par son peuple à la force de son dur travail. Le gouvernement central a donc l'obligation de les préserver au lieu de permettre la dépréciation du dollar américain.
Par conséquent, la Chine a d'autant plus de raisons de proposer que la dépréciation du dollar soit un thème du prochain dialogue économique stratégique entre la Chine et les Etats-Unis.
(M. Mei Xinyu occupe la fonction de chercheur senior auprès du Ministère du commerce. Les vues exprimées ici sont les
siennes. Il peut être joint sur le site www.meixinyu.com
Source : Contre Info, d'après une publication
originale Shanghai Daily
Dans les jours qui ont suivi mon "limogeage", les éditorialistes Jean Daniel, Bernard-Henri Lévy et quelques autres se sont empressés de me prendre pour cible. Prenant courageusement le parti du pouvoir contre un homme seul, ils ont caricaturé mes propos et stigmatisé ma personne. Point commun de ces commentaires peu amènes ? Sous une avalanche de procès d’intention, un pesant silence à propos des faits que j’avais mentionnés dans ma tribune. Sans toujours réitérer l’accusation grotesque d’antisémitisme proférée par Luc Rosenzweig, ils insinuent que je me serais condamné moi-même par l’outrance de mes propos.
Mais qu’en est-il, effectivement, des tirs de snipers israéliens sur les enfants et de la pratique de la torture dans les prisons ? Rien. Vrai ou faux ? À lire leur prose, nous n’en saurons pas plus. On préfère évoquer à mon encontre « les protocoles des sages de Sion », comme l’a fait Pierre Assouline. À croire que la coalition de ceux qui ne veulent pas savoir et de ceux qui ne veulent pas que l’on sache est majoritaire. Et au lieu de réfuter mes affirmations de manière factuelle, mes détracteurs préfèrent ainsi jeter l’anathème.
Mais, précisément, parlons plutôt des faits. Deux phrases inlassablement reprises en boucle, tirées de leur contexte, en effet, ont alimenté mon lynchage médiatique. « L’Etat d’Israël est le seul où des snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles ». Cette affirmation visait à répliquer aux signataires d’une violente charge contre l’Iran, pays où la peine de mort est cruellement appliquée. Une phrase choquante ? Sans nul doute. Mais les tirs de soldats israéliens contre des enfants, hélas, sont des faits avérés, évoqués par le quotidien israélien Haaretz depuis 2000. Des tirs délibérés, dont le journaliste britannique Chris MacGreal, pour l’hebdomadaire The Guardian, a notamment fait le récit détaillé dans un article paru le 29 juin 2005.
Une triste réalité dont Christophe Oberlin, professeur de chirurgie à l’hôpital Bichat, a lui aussi publiquement témoigné au terme de nombreuses missions médicales en Palestine. Il vient d’ailleurs d’écrire au gouvernement une lettre où il lui demande si, lui aussi, il sera limogé pour avoir confirmé mes dires. Livrée en pâture à l’opinion comme une énormité, la phrase que j’ai écrite avait quelque chose de monstrueux, en effet : elle était vraie. Et parce qu’elle disait la vérité, elle heurtait le formidable déni de réalité qui entoure, dans les médias dominants, la politique israélienne.
La deuxième phrase litigieuse est celle où j’évoque « les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on interrompt la torture durant le shabbat ». Choquant, là encore ? Le propos renvoyait à leur propre contradiction ces fervents partisans de l’État d’Israël qu’indigne, curieusement, l’inclination de certains pays à la défense de la religion. Mais le fait mentionné, lui, ne fait pas l’ombre d’un doute : il suffit de consulter le dossier établi par l’association israélienne de défense des droits de l’homme Bet’Selem.
Lorsque la Cour suprême israélienne tenta de limiter l’usage de la torture pratiquée sur les prisonniers palestiniens, en 1999, les services secrets ont argué de l’urgence pour la justifier. Les plaignants ont alors fait observer que du vendredi midi au samedi soir, cette pratique était interrompue, ce qui relativisait singulièrement l’argument de l’urgence. Cette affaire est parfaitement résumée par Sylvain Cypel, ex-rédacteur en chef du quotidien Le Monde, dans son livre « Les emmurés », paru aux éditions La Découverte en 2005, p. 94, note 17. Chacun peut s’y référer et vérifier la véracité de mes propos.
Reste un troisième grief, tout aussi paradoxal. Dans la tribune violemment antionusienne dont je faisais la critique, les signataires crurent bon de citer Goebbels, lequel invoquait face à la Société des Nations le fameux adage : « charbonnier est maître chez soi ». Cette citation visait la majorité des pays membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dont le tort était d’avoir dénoncé la violation du droit international par Israël. Les pays musulmans se voyaient ainsi "nazifiés", purement et simplement, par les auteurs du pamphlet que je passais au crible. « Analogie pour analogie », ai-je fait observer, il y avait plutôt ressemblance entre le Reich qui s’asseyait sur la SDN et l’Etat d’Israël qui bafouait l’ONU.
Mea culpa : j’avais oublié que les comparaisons les plus désobligeantes, aux yeux de l’establishment hexagonal, sont interdites à
propos d’Israël mais vivement recommandées à l’égard des pays du « Tiers Monde ». Mon principal tort, plus que d’avoir enfreint le devoir de réserve, n’est-il pas d’avoir heurté de
plein fouet la doxa occidentale ? Après avoir mis en lumière le déni de réalité dont le discours dominant entoure les exactions israéliennes, il faut croire que c’en était trop. À mes
dépens, j’ai fait la démonstration que la frontière entre ce qu’il est licite de dire et ce qui ne l’est pas, dans notre pays, n’a rien à voir avec le vrai et le
faux.
Bruno Guigue
Jacques van Minden est président du Cercle
Franco-Chinois
[ Défense nationale et sécurité collective - Mai 2008 ]
L'auteur, président du Cercle Franco-Chinois, proteste avec véhémence contre la désinformation sur le Tibet et les provocations auxquelles on assiste. La seule solution raisonnable est dans une
reprise du dialogue entre le Dalaï Lama et les autorités de Pékin.
LIBRE OPINION
Jacques van MINDEN
Combien de temps encore les médias vont continuer cette désinformation rituelle et périodique ?
Qui connaît réellement l'histoire de cette « province chinoise » ?
Les professionnels de la Chine, dont je pense faire partie, puisque mon premier voyage remonte à 1956, et reconnu comme tel par Alain Peyrefitte comme « ...précurseur des relations
francochinoises », en ont assez de la démolition systématique actuelle envers la Chine.
Ce n'est pas la jalousie envers le succès commercial, industriel et financier de ce pays, mais la recherche par tous moyens d'essayer de déstabiliser la Chine, et causer ainsi des troubles dont
personne aujourd'hui n'est capable d'estimer les dégâts à l'échelle de la planète si cette agression devait continuer.
Quel beau prétexte que les Jeux olympiques de Pékin pour attirer l'attention sur les « horreurs commises sur le peuple tibétain » ! Le monde politique s'en émeut, à tel point que l'on parle de
boycotter les Jeux, ou tout au moins la cérémonie d'ouverture.
À la demande de mes amis sinologues, je me fais donc leur porte-parole pour informer nos dirigeants sur la situation réelle du Tibet, puisque apparemment personne n'en parle faute d'y être allé
et bien entendu d'en connaître la chronologie historique.
Qui sait aujourd'hui qu'en l'an 1421, la plus haute autorité religieuse tibétaine a rencontré à Wuwei, dans la province du Gansu, le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai Kahn
?
Un accord a été signé et les Tibétains et les Mongols ont dirigé la Chine pendant plus d'un siècle.
J'ai assisté sur place au superbe spectacle annuel commémorant l'événement, avec photos à l'appui.
Qui oserait prétendre que le Tibet n'est pas partie intégrante de la Chine ?
Sur le plan religieux, le Dalaï Lama régnait en maître absolu avec un système d'exploitation féodal basé sur la propriété des domaines seigneuriaux.
Les propriétaires étaient des nobles, des fonctionnaires, les monastères et leurs représentants, soit 5 % de la population, exploitant les 95 % de la population en servage.
Les moines étaient de grands propriétaires terriens. Parmi les plus grands monastères, il fallait noter celui de Zhebang, ainsi que ceux de Sera et de Gangan, tous situés à Lhassa et possédant
321 manoirs, un millier d'hectares de terres cultivables, 26 pâturages, une centaine de milliers de bestiaux, et 40 000 serfs.
Au début de la dynastie Qing, la répartition des terres était de l'ordre de 30 % aux nobles ; 40 % aux monastères et lamas de haut rang ; 30 % aux autorités régionales. Les fonctionnaires du
gouvernement possédaient terres, pâturages et manoirs.
Une grande partie de ces biens servaient à entretenir le Dalaï Lama. Une petite partie des terres seulement était distribuée aux serfs qui les cultivaient et payaient ensuite des redevances aux
fonctionnaires, devenus des aristocrates anoblis, ainsi qu'aux membres des familles du Dalaï Lama et des Baingen Lamas. Il y eut jusqu'à 400 familles nobles à cette époque.
Qui sait aujourd'hui qu'en 1955 et 1956 une équipe de chercheurs anglo-américains avait découvert dans le massif tibétain de l'Himalaya, un gisement d'uranium phénoménal ?
En 1959, lorsque ces « étrangers » ont voulu l'exploiter, Mao Zedong a immédiatement réagi en envoyant l'armée. Il est vrai que dès qu'une troupe reçoit des ordres précis, il y a des dommages
collatéraux graves. Oui, il y a eu des monastères détruits, des moines abattus, et comme partout dans le monde, des abus répréhensibles sont commis lorsque la soldatesque
arrive.
Le Dalaï Lama s'enfuit dès l'arrivée des troupes, emmenant avec lui sa suite, les nobles seigneurs et autres riches fonctionnaires, emportant bien entendu avec eux les richesses accumulées. Il
n'est pas de ma compétence de porter un jugement sur l'une ou l'autre des parties, mais simplement de constater des faits historiques indéniables.
Cinquante ans ont passé, Mao Zedong est mort, deux présidents chinois se sont succédé avec Jiang Zemin et Hu Jintao. Entretemps, il y a eu 30 millions de morts de faim entre 1960 et 1961 (dont
personne ne parle plus), la révolution culturelle avec ses millions de morts, et qui a fait reculer la Chine de dix ans.
Les temps ont changé, le gouvernement chinois a réussi l'exploit de remettre la Chine en ordre de marche, grâce à l'ouverture de Deng Xiaoping, d'entrer à l'OMC, de figurer au rang des grandes
nations. Tout n'est pas parfait car des inégalités persistent dans ce que l'on appelle la « Chine profonde », mais j'ai toujours appris que l'on ne devait pas tirer sur une ambulance et ce n'est
pas rien de gérer une population de plus de 1,3 milliard de personnes dont 800 millions de paysans.
Qui pousse les « exilés » tibétains régulièrement de par le monde à intervalles réguliers à manifester contre la Chine ? Qui y a intérêt ? Je suis persuadé que ce ne sont pas le peu d'exilés
tibétains éparpillés de par le monde, et qui sont pour moi des Chinois à part entière, au même titre que les 55 autres minorités ethniques. Il y a des intérêts financiers extérieurs à la Chine et
il existe quelques suppositions. Le rapport du taux de change entre le Yuan chinois et le dollar américain n'en serait-il pas une pour faire plier la Chine ?
Je me souviens qu'il y a quelques années lors d'un dîner-débat que j'avais organisé au Sénat en présence de l'ambassadeur de Chine, j'avais eu vent d'une manifestation du même type et grâce à
l'intervention des CRS envoyés à temps par le ministre de l'Intérieur de l'époque, M. Nicolas Sarkozy, il n'y a pas eu d'incident grave.
Simplement quelques personnes venues en taxi pour déployer des drapeaux tibétains rue de Vaugirard. Je trouve ignoble que les mêmes individus saisissent l'occasion des Jeux Olympiques pour lancer
cette opération contre la Chine et faire ressurgir la haine.
Je reviens personnellement de Chine. Il est prouvé maintenant que ce n'est ni la police ni l'armée qui a attaqué à Lhassa mais bien au contraire des émeutiers professionnels qui ont agressé des
civils chinois. Des témoins et des films le prouvent.
Le plus grave reste le relais médiatique mondial. Cela est lourd de conséquence. Pourquoi le Dalaï Lama qui est invité depuis des années à se rendre à Pékin, avec toutes les garanties de sécurité
à l'encontre de sa personne, ne répond pas à cette invitation ? Alors qu'il vient de déclarer qu'il était contre le boycott des JO, cet éminent chef religieux bouddhiste dont le but est
la non-violence, devrait montrer l'exemple en appelant de ses voeux le retour au calme et accepter une réunion avec Pékin, où que ce soit dans le monde. Ce serait le meilleur moyen de régler le
problème « entre Chinois ». Je rappelle qu'il existe 30 provinces chinoises, dont le Tibet.
Personnellement, en ma qualité de président du Cercle Franco-Chinois, je souhaite que la France se tienne à l'écart de cette navrante polémique, qui ne pourrait qu'être préjudiciable à nos
relations avec ce pays, et navrantes pour nos entreprises au moment où nos parts de cet immense marché sont au plus bas.
27 mars 2008
Jacques van MINDEN
Président du Cercle Franco-Chinois
Washington a manifestement choisi de prendre avec Pékin un risque géopolitique majeur en attisant les foyers de violence au Tibet, au moment où leurs relations sont critiques, et que nous sommes dans la dernière ligne droite avant les Jeux olympiques de Pékin. Cela fait partie d'une stratégie d'escalade visant à déstabiliser la Chine lancée par l'administration Bush au cours des derniers mois. Cette stratégie inclut également la tentative d'initier une « Révolution safran » anti-Chinoise dans la région voisine du Myanmar [Birmanie] ; elle vise aussi à faire entrer les troupes de l'OTAN contrôlées par les Etats-Unis au Darfour, où des compagnies pétrolières Chinoises sont en train de développer l'exploitation des énormes réserves de pétrole existantes ainsi qu'à prendre de contrôle des richesses minérales de l'Afrique. Elle inclut enfin des efforts acharnés pour transformer l'Inde en une nouvelle et importante base avancée des États-Unis sur le sous-continent asiatique pour contrer la Chine.
Apparemment, le feu vert pour l'opération en cours au Tibet a été donné en octobre dernier, lorsque George Bush a accepté de rencontrer pour la première fois publiquement le dalaï-lama à Washington. Le Président des États-Unis n'ignore pas l'importance des enjeux d'une telle insulte pour Pékin. En acceptant d'assister à la remise de la Médaille d'or du Congrès au dalaï-lama, Bush a aggravé cet affront envers la Chine, le plus important partenaire commercial des Etats-Unis.
Le prompt soutien donné par George Bush, par Condi Rice, par le président français Nicolas Sarkozy et par la chancelière allemande Angela Merkel au pourpre des moines tibétains a pris récemment des dimensions absurdes. Mme Merkel a annoncé qu'elle boycotterait les Jeux Olympiques d'été de Pékin pour protester contre les violences exercées par Pékin sur les moines tibétains. Ce que son attaché de presse a omis de dire, c'est qu'elle n'avait en fait jamais prévu d'y assister.
Il a été suivi par l'annonce que le Premier ministre polonais, le pro-américain Donald Tusk, exerceraient le boycott, ainsi que le président pro-américain tchèque Vaclav Klaus. Il n'est pas certain qu'ils aient initialement prévu le déplacement, mais l'affaire a fait dans la presse des manchettes emphatiques.
La récente vague de manifestations violentes ainsi que les attaques menées par des moines tibétains contre des résidents Han chinois sont documentées ; Tout a débuté le 10 mars, lorsque plusieurs centaines de moines ont marché sur Lhassa pour exiger la libération d'autres moines qui auraient mis en détention pour avoir célébré la remise de la Médaille d'or Congrès américain en octobre dernier. Ces moines furent rejoints par d'autres, qui manifestaient à l'occasion du 49 e anniversaire du soulèvement tibétain contre la domination chinoise.
Le jeu géopolitique
Comme le gouvernement chinois l'a lui-même souligné, cette soudaine éruption de violence anti-chinoise au Tibet, ce nouvel épisode de l'action du mouvement dirigé par le dalaï-lama en exil est arrivé de manière suspecte à la veille des Jeux Olympiques, pour attirer l'attention sur le dossier des droits de l'homme. Les Jeux Olympiques de Pékin sont perçus en Chine comme l'un des principaux témoins de l'arrivée sur la scène mondiale d'une Chine nouvelle et prospère.
En arrière plan des évènements du Tibet, certains protagonistes confirment que Washington a fait le forcing ces derniers mois pour préparer une autre de ses infâmes Révolutions de couleur, attisant les manifestations publiques pour infliger à Pékin un embarras maximum. Les acteurs sur le terrain et en dehors du Tibet sont les suspects habituels, ; ils sont liés au Département d'État américain, par la National Endowment for Democracy (NED), la CIA's Freedom House par le biais de sa présidente, Bette Bao Lord qui intervient dans l'International Committee for Tibet, ainsi que la Trace Foundation financée par la fortune de George Soros, par l'intermédiaire de sa fille, Andrea Soros Colombel.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a accusé le dalaï-lama d'avoir orchestré les derniers troubles pour saboter les Jeux Olympiques, « afin de réaliser son objectif inavouable » l'indépendance du Tibet.
Bush a téléphoné à son homologue chinois, le président Hu Jint